‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 24 sur 52 · AUTEL VOTIF DE SAINT-GERMAIN-EN-MONTAGNE · texte numérisé non relu

AUTEL VOTIF DE SAINT-GERMAIN-EN-MONTAGNE

[Musée de Lons-le-Saulnier) — inédit.

Le musée de Lons-le-Saulnier possède un petit autel

TraféSy commune de Montolore (Allier), dans le Bull, de la Soc, d'émuL de V Allier, t. XII, 1873, p. 533.

(1) Archaelogische Zeitung, t. XXXIV, 4876, p. 28, pi. V, article de M. Fraenkel, Weihgeschenke an Artemis Limnatis und an Kora,

(2) La Diana Limnatis est mentionnée par Tacite {Annal, IV, 13.)

en bronze recueilli, il y a plus de vingt ans, dans le village de Sainl-Germain-en-Montagne (Jura), par le docteur Germain, de Salins. Nous le reproduisons d'après un bon dessin, dont nous devons la communication à M. Léon Palustre. C'est une base quadrangulaire creuse, en forme de table , reposant sur quatre pieds reliés entre eux par des arcatures évidées; il n'y en a qu'un d'intact, les autres sont plus ou moins cassés. Hauteur, 0'»069; largeur, 0»093. Sur la table on lit Tinscription suivante disposée en quatre lignes, respectivement le long de chacun des côtés :

I • O- M C. I. SENECIANVS THVRA ////////////////

T QYATTYOR

Le milieu de la table est occupé par quatre cercles concentriques gravés au burin ; entre les deux cercles intérieurs, et en regard de chacun des côtés de la table, on voit quatre lettres pointillées comme les précédentes:

La première de ces sigles correspond au quatrième côté, de manière que la lecture de l'inscription centrale circulaire fasse suite, par une transition continue, à la dernière portion de l'inscription rectiligne. Il est utile d'insister sur cette règle de continuité que nous avons eu l'occasion de signaler ailleurs (1), parce qu'elle permet de déterminer, dans quelques cas embarrassants, Fendroit où il faut reprendre la lecture après une bri-

(1) BulL de la Soc, des Ànt. de fronce, 1880, p. 126.

sure dans la direction des lignes. C'est en vertu de cette règle que, sur un vase d'argent du fameux trésor de Bernay, la formule d . s . d, ^e suo dedit, se lit suivant un diamètre aboutissant à la dernière lettre de Tinscription circulaire qu'elle est destinée à compléter, MER(cwr) 10. CANETO . EPATiccvs. Scmblablemeut et sur une patère du même trésor, l'inscription circulaire q. lvcanivs. BLAESvs. EX. sc Complète par le mot stipe, inscrit dans son intérieur, suivant un diamètre qui passe, sinon exactement par le mot ex, du moins extrêmement près. On peut donc poser en principe que, dans une inscription composée d'une partie enveloppante et d'une partie enveloppée, cette dernière est orientée de manière à faire suite à la précédente par le plus court chemin.

Le commencement de mot thura appelle mécaniquement la restitution thura[rtus]; quant au mot quattuor, par un t redoublé suivant la bonne orthographe, il se réfère évidemment au nombre des objets formant Toffrande et sans doute tous semblables au petit autel, arula, qui porte l'inscription. En y introduisant le nom de ces objets on obtiendrait une lecture telle que celleci : l[ovi) 0(ptimo) Ma[ximo) — C(aius) I[ulius) Senectanus thura[rim arulas?] — [donav]it quattuor — v[otum) s(ol' vit) l[ibens m[erito]. Il s'agirait donc de la consécration de quatre petits autels en bronze à Jupiter par G. Julius Senecianus, marchand d'encens. Pour n'avoir pas à répéter sa dédicace sur chacun d'eux, le dévot a trouvé plus simple de la mettre sous forme collective sur un seul, celui qui nous est parvenu.

Le nom géntilice lulius était si commun en Gaule qu'on en était venu à l'indiquer en abrégé par sa seule initiale. En voici des exemples au masculin et au féminin :

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