M::C::DO
L(uciliaf) Lupula M(ercurio) C(anetonnessif) do,
« Moi , Lucilia Lupula , je donne ceci à Mercure Ganetonnessis. >
Les mots sont séparés par des points groupés quatre à quatre.
Au lieu de Lucilia , on peut suppléer d'autres gentilices commençant par unL, soit Licinia^ Latinia^ Laelia, etc. On trouve rarement le vœu ou le don exprimé par un verbe à la première personne. En voici cependant un exemple (2) qui offre la plus grande analogie avec notre inscription :
[/']ERON[ïae] I G . MODIEIVS • C • F | C . N • lIANC{ipio) • DO.
Je puis en citer un autre , mais cette fois d'après une inscription funéraire que j'ai copiée au musée de Tours (3), où elle est cataloguée sous le n** 128, d • m |
CL • IANVAR/// I ABIANS AMAN | TI HAEC TIBI | PRO MERITIS | DO I CARATVS.
Quant au changement de la terminaison -ensis en -essiSy par un s redoublé, on aurait l'exemple de Decatresses , comparé à DekatrenseSj dans deux inscriptions de Pouzzoles (C. /. Z., X, 1696, 1697); celui de
(1) Le Prévost, op. /aud., pi. II, f. 3.
(2) C. /. L.,I, nM308.
(3) Rev. des Soc, savantes , G» sér., t. H, 1876, p. 475.
des quatre points correspond à un triens, soit 4 onces
> Rouchîer, ffUt. du VivaraiSj 1, p. 98.
Muratorî , Tfiës,^ p. 1170, n« 7.
(à 1 point par once), ou à un sextans, soit i onces, en rétablissant par la pensée les deux tirets horizontaux dont ces points seraient les extrémités. Le poids de l'objet justifie la seconde hypothèse ; en effet, le plateau pèse 1,026 gr. Or, trois livres et un sextans font 972 gr. 4- 54 gr. = 1,026 gr. Il n'y a donc aucun écart entre le poids effectif et le poids calculé au moyen de la marque pondérale, sur le pied de 324 gr. à la livre. Cet accord est très remarquable.
N^2841 (nouv. 3068). — Coupe à pied, sans ornements ; sur le bord , une inscription pointillée :
H" 2841. — Grandeur réduite aux «/lO.
DEO MERC :: Q .-. STATILIYS .% CARYS s- Y///L • M
Deo Merc(urio), Q(uintu$) Statilius Carus v(otum) [s(olviV] l(ibens) m(erito).
La lecture du mot Carus est certaine ; on l'avait toujours lu Clarus , à tort.
N^ 2813 (nouv. 3040). — OEnochoé ; sur la panse, une inscription pointillée sur trois lignes :
MtKLVPJo
CAMyiOGNÀlACoiCl fllïK
V'S'bM
N* 2813. — Grandeur rëdaite aux 7/10.
Mercurio, Camnlognata, Coici fllia, v(otum) sfolvit) l(ibens) m(erito)..
Le Prévost avait introduit dans la lecture , à la suite de Mercurio , le mot Aug(tisto) qui n'existe pas dans l'inscription.
Camulognata est un nom gaulois féminin , de même formation que Ategnata , BiLSSugnata , Cintugnata , Devognata. Comparez les formes masculines Boduognatus, Cassignatus , KapaiyvaToç , KaxoùfvaToç , CritognattiSy Eposognatus, Senognatics.
Il est à remarquer que la transcription grecque fait porter l'accent tonique sur l'antépénultième , tandis que l'inscription de Bernay montre Vapex vocalique sur le a de la syllabe pénultième , qui doit être considérée comme longue prosodiquement, et en conséquence être prononcée avec accent tonique.
Coictis est aussi un nom gaulois , auparavant mal lu Coigius; en effet, pour s'assurer que les deux consonnes qu'il contient sont bien Tune et l'autre des c , il suffit de les comparer à la première et à la septième lettres du mot Camulognatay qui sont indubitablement, Tune un c et l'autre un g à crochet spiral intérieur.
N*" 2882 (nouv. 3079). — Simpulum ; sur le manche, à l'extérieur , «on lit l'inscription pointillée ; sur trois lignes :
H* Î85Î. — Grandeur rtfelle.
Mercurio Aug(usto) , Combaromarus , Buolani fll(im)y v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito).
Le G est à crochet retombant , de la forme dite en faucille ; les a sont dépourvus de traverse et en forme de lambda grec cursif, X , par suite du prolongement du bras droit dans la partie supérieure ; les m et le n sont de ce même style. Dans le mot Buolani , le a et le N suivant se touchent par le pied ; il en résulte que ce mot pourrait se prêter à la lecture Buolnui; déjà auparavant , il avait donné lieu à une lecture Buolmui, qui n'est possible , à la rigueur , qu'à la condition de supposer une ligature de mv ; or, dans les inscriptions pointillées, les ligatures semblent avoir été formellement exclues, à ma connaissance, du moins ; et cela se comprend, l'artiste n'aurait pas songé à compliquer par
des ligatures le déchiffrement, assez difficile en laimême , d*une inscription pointillée. Je repousse donc le déchiffrement Buolmui ; il reste à choisir entre Buolnui et Buolani ; je préfère cette dernière forme. Quant à CombaromaritSy je crois qu'il nous donne la véritable forme du nom du roi galate que Tite-Live (XXVIII, 19) transcrit Combolomartcs , corrigé en Comhoiomams par Gluck, Keltischen Namen, p. 22. Le premier élément combaro-s a produit le diminutif Combarillius , et se montre à la base du nom de lieu Combaristum de la Carte de Peutinger , identifié par quelques géographes avec Gombrée (Maine-et-Loire).
N°« 2833, 2834 (nouv. 3060, 3061). Une paire de patères , portant l'une et l'autre la même inscription pointillée en long par le manche :
aae: r c- Ave. creti c\js fiM
N* 2838. — Grandeur réelle.
L'une , Merc(urio) ; l'autre , Mercur(io) Aug(UBto)
Creticut, Bunatis (fllius), s(olvit) l(ibent) m(erUo).
d(e) $(...) o(...), v(otum)
p.:\iHxr\s DJ-0 vxi>x'
Ne 2834. — Gruideur réene.
Les A, les g, les m, donnent lieu aux mêmes remarques que dans Tarticle précédent.
Le nom Bunas (gén. Runatis) paraît gaulois. Il peut se faire que Creticics le soit aussi et n'ait aucun rapport avec le nom de Tîle de Crète ; il se rencontre sur un ex-voto provenant du G^and-Saint-Bernard et conserve au British Muséum (1), où je Tai copié.
Lessigles • D • S • n*ont pas encore été expliquées d'une manière satisfaisante ; la lettre est certaine dans Tune et l'autre inscription et ne peut être confondue avec un D , d'où résulterait la formule d(e) s(uo) d(at). A tout hasard, je suggère la lecture d(e) s(uo) o(btulit), v(oto) s(oluto) l(ihenter) m(erito). Il peut cependant se faire que le poinçonneur ait mis par erreur un pour un D.
(i) Bulletin moniAmental, t. XLVIII , 1882, p. 449.
N^ 2840 (nouv. 3067). — Petite patère ; sur le fond, une inscription pointillée , composée de deux parties,
N* 3840. - Grandear réelle.
Tune circulaire ,
, MERIO . CANETO • EPATICCVS •
l'autre , diamétrale ,
Mer(cur)io Caneto(nnemif) Epaticcus d(e) s(uo) d(at).
Le poinçonneur, sans doute préoccupé de l'insuffisance de place, a oublié trois lettres à l'intérieur du mot Mercurio ; l'épithète du dieu paraît devoir être restituée Canetonnensi , d'après l'inscription du disque n^ 2811. Mais si l'on n'avait pas eu ce terme de comparaison, il aurait fallu accepter le mot Caneto comme complet , en quoi on aurait été justifié par une inscription du Donon où ce mot se retrouve en entier ; cette inscription étant peu connue, peut-être même inédite, j'en donne ici la transcription d'après un
moulage que je dois à l'obligeance de M. Alfred Dieterlen, de Rothau.
DM.
CANETVS MARTIALI MDo
Ici le mot Canetus est certainement un nom d'homme ; on doit reconnaître qu'il est à la base de Tépithète Kanetonnessis donnée à Mercure ; il ne serait nullement surprenant que le mot Canetus ait été lui-même employé comme qualificatif de ce dieu.
Epaticcus ^ nom du dédicant, est gaulois. On en connaît un autre exemple , fourni par des légendes de monnaies britanniques (1), epaticcv — tascif.
Les sigles centrales paraissent devoir être lues d(e) s(uo) d(at), bien que les D se montrent sous la forme de deux très allonge ; le déchiffrement • S • serait d'interprétation difficile ; on a cependant proposé la lecture (2) o(b) s(alutem) o(btinendam) , dont la latinité n'est pas conforme au style épigraphique.
N^ 2831 (nouv. 3058). — Patère plate , décorée dans la partie centrale d'un oiseau à longue queue , becquetant des baies, incrusté en or. Dans le champ, une inscription pointillée , disposée sur deux arcs concentriques.
MERCVR AVG SACRVM GERMANISSA VISCARl VS L*M .
(1) Evans, Roman Coins, pi. VIII, 12, 43, 14.
(2) I^ Prévost, op. laud.y p. 24.
Mercur(io) Aug(usto) sacrum ; Germanissa^ Viscari (fHius)y v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito).
o KVG o
N* Î831. — Grandeur réduite aux 6/40. ^Tw^
Les lettres sont d'une belle exécution ; le crochet des G affecte la forme d'un enroulement en spirale intérieure ; le bras gauche des v présente à sa partie supérieure une inflexion caractéristique qui se retrouve sur deux inscriptions de Bourges , l'une au nom de Galigula , l'autre de Drusille. Les signes de ponctuation sont d'une rare élégance ; l'un est triangulaire , un autre en forme de feuille de lierre , celui de la fin en forme d'oiseau tourne à gauche.
Cette même variété se retrouve dans une belle inscription d'un sévir augustal de Lyon (1), avec un oiseau gravé entre les deux dernières sigles p et c, et aussi dans une inscription de Bordeaux (2), avant la sigle finale l. Il est visible que ce système mixte de ponctuation ne
(4) De Boissieu, Inscr. antiq. de Lyon, p. 184, fac-similé. C2) Ch. Robert, Les Etrangers à Bordeaux, p. 77, fac-similé.
peut appartenir qu'à une époque de courte durée , qui ne nie paraît pas s'écarter beaucoup du milieu du premier siècle.
Le nom Germanissa est un dérivé diminutif de Germanus , qui est gaulois , ainsi que l'atteste la légende d'une monnaie gauloise, gerbianvs indvtillip.
La désinence a n'implique pas nécessairement qu'il est féminin ; on est même certain que quelques noms en issa sont masculins : patribus Magissa filius [(aciendum) c(uramt); Atccissa est un nom de bronzier. Les textes epigraphiques font connaître des noms de même formation : Vindoinissa (1) , Indxicissa , Mogetissay Eluissa, Tocissay Troucissa. Je suppose donc que Germanissa est masculin, d'autant plus que s'il eût été féminin , la filiation eût été explicitement indiquée par le mot filia. Le i final de Viscari a une hauteur double de celle des autres lettres ; cela indique la longueur prosodique de la désinence du génitif ou le redoublement du i ; on peut donc lire Viscari ou Viscarii, L'une et l'autre forme , Viscariis ou Viscaritis, dérivent de Visctis , nom propre donné par une inscription du C. L Z., V, 4201.
N« 2832 (nouv. 3059). — Patère à manche ciselé ; dans le haut , un buste de déesse voilée , entre deux têtes d'épervier, pose sur une guirlande de fleurs et de fruits ; au-dessous , figure féminine tenant de la main droite un caducée , de l'autre une corne d'abondance ; je reconnais , dans cette divinité , Maia , mère de Mercure.
Dans le fond du vase, on lit une inscription pointillée
(1) BulL de îa Soc. des Ant. de France, 1878, p. 145.
disposée en cercle ; les lettres ont 41 millimètres de hauteur :
^gôooooq. ^«^>OOo^
»OOO00€^
N« 2832. — Grandeur réduite aux 8/10.
MERC • AVG - GERMANISSA' VISCARI VS . LM :
Merc(urio) Aug(tisto) , GermanissUy Viscari (filius) v(otum) s(olmt) l(ihens) m(erito).
Le long du manche , entre 1^ bord et la jambe droite
de Maia, on voit une inscription poiniillée qui parait être une indication pondérale :
P II INIII
P(ondo) : (librae) duo
Le premier signe est un P à jambage curviligne, de la forme que nous avons signalée dans les noms Primilla et Vimpuro des patères de Notre-Dame d'Alençon et d'Evaux. Puis viennent deux jambages verticaux représentant deux unités , soit 2 livres = 648 gr. ; enfin , une succession de jambages verticaux , horizontaux et obliques difficiles à analyser, mais représentant certainement l'appoint pondéral. Or, la patère pèse 896 gr. dans son état actuel ; mais on y remarque un trou qui représente une perte d'environ 2 gr. ; en y ajoutant 2 gr. pour le frai , on arrive à un total d'environ 900 gr. pour le poids primitif; la défalcation de deux livres ou 648 gr. laisserait un appoint de 252 gr., c'est-à-dire un dodrans (243 gr.), plus des binae sextulae (9 gr.), mais j'avoue ne pouvoir discerner la représentation de cet appoint dans le groupe final.
N^ 2814 (nouv. 3041). — Tasse sans anse, à large
panse. Sur le col, on lit, en caractères pointillés, l'inscription circulaire
N» 2814. — Grandeur réelle.
MERCVRIO SACR''" MAXVMINVS CARANTINI FI D S V"*
Mercurio sacr[um\, Maxumimcs, Carantini fl(litis), d(e) s(uo) d(at).
Les A privés de traverse , et les M à jambages inégaux, ofTrant Taspect de doubles lamhdas cursifs. Notez le nom gaulois Carantinus et la forme archaïque Maxuminv^ pour Maximintis.
N^ 2825 (nouv. 3052). — Patère avec un emblema central , représentant Mercure debout , la main droite posée sur la hanche , la main gauche appuyée sur le
caducée ; à gauche , la bourse. Au revers , trois lignes d'inscription pointillée , la dernière incomplète :
N* 2835. — Grandeur rëelle,
Sollemnis vo(tum) s(olmt).
N^ 2836 (nouv. 3063). — Patère : sur le revers du manche , on lit une inscription pointillée :
Avr tnj p^r'^yn
N» 2836. — Grandeur réelle.