I- ANEX
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Cette fois-ci, nous arrivons enfin à un monument dont l'existence ou l'authenticité ne saurait être mise en question, car il a sur ceux dont nous venons de nous occuper l'avantage de s'ofirir aux yeux du curieux qui demande à le voir. Cette inscription est conservée depuis longtemps au musée de la préfecture du Mans, où j'en ai pris un estampage avec l'obligeante assistance de M. Hucher. Je ne sache pas qu'elle ait jamais été publiée ; en tout cas elle paraît peu connue et mérite d'être signalée, ne fût-ce que pour provoquer des éclaircissements sur sa provenance; car, si étrange que cela semble, on ne sait même pas, de façon positive, comment elle est entrée au musée, et encore moins quel est son lieu d'origine.
Elle est gravée sur un fragment de tablette quadrangulaire, en marbre gris, qui avait été découvert, suivant quelques personnes, par M. l'abbé Petit, ancien curé de Jublains. En rapprochant cette circonstance du fait que des ornements d'architecture, taillés dans un marbre semblable (i), avaient été retirés par M. Henri Barbe des ruines
(1) Des moulures identiques à celles de Jublains, sous le rapport de la forme, des dimensions et de la matière, ont été recueillies par M. Fornier, conseiller à la cour de Rennes^ dans les ruines du Haut-Bécherel, près de Corseul, qui passent pour les restes du fameux Fanum Martis de la carte de Peutinger. Non loin de là; le même archéologue a exhumé quelques mor-
du petit édifice connu à Jublains sou6 le nom de temple de la Fortune, j^avais espéré que le fragment absent se retrouverait dans cette dernière localité. En conséquence, je demandai des renseignements, non-seulement à M. Tabbé Duval, successeur de M. Tabbé Petit, mais aussi à M. Barbe, dont la gracieuse complaisance est bien connue de tous ceux qui ont visité le fameux castellum coafié à sa garde éclairée. La réponse de ces messieurs fut que Ton ignorait complètement à Jublains la découverte attribuée à M. l'abbé Petit, dont je ne pus me procurer Ja nouvelle adresse. Le résultat de mes recherches à Mayenne a également été négatif. D'autres personnes ont supposé que l'inscription était originaire d'Alouoes; mais ce n*est qu'une présomption dénuée de preuves (l).
Le fragment que possède le musée de la prélecture forme la partie droite d'une tablette, qui dans Tétat actuel a 0°'44 de largeur, O^ST de hauteur et O'^OS d'épaisseur. Le texte consiste en trois lignes ; les lettres, hautes
ceaux d'une fort belle inscriptioQ sur marbre blanc. D'autre part, une inscription antique sur marbre rose a élé découverle à Nantes. Ces faits sont intéressa tils à no 1er, car on sait qu'il n'existe de carrière de marbre ni en Bretape, ni dans le Maine. (4) D'après une lettre de M. Du gasseau, conservateur du m usée delà préfecture, lettre communiquée au Congrès du Mans par M. Hucher, il est simplement possible que rinscription provienne du fond du cabinet de M. Mauiiy, acquis par la ville vers 4806, et Ton sait que cet amateur avait formé son cabinet d'objets rassemblés de tous côtés ^ et eu partie de Localités étrangères au département de la Sartbo^ même du midi, Y ot là un exemple du tort que font à la seieuce archéologique les collectionneurs qui déplacent et dépay^sent les monuments antiques, sans avoir le souci de conserver et de transmettre utilement l'indication de leur lieu d'origine.
de O^'OG, sont d'un bon style et paraissent appartenir à l'époque Antonine. Le I qui termine la deuxième ligne et celuiqu'on voit au milieu de la troisième ont une hauteur qui dépasse notablement Talignement supérieur des autres lettres. Cette intéressante particularité, destinée à indiquer la longueur prosodique de la syllabe, est fort importante, car elle nous ofiFrira un grand secours pour Tintelligence du texte mutilé q^ui nous reste.
Première ligne. — Sur le bord de la cassure, à gauche, on aperçoit un jambage vertical que Ton serait tenté de prendre, dès l'abord, pour un i. Ce serait une erreur; en effet, le t final des mots latins étant toujours long, il s'en suit que, si le jambage en question représentait cette lettre, il devrait avoir la dimension de celui qui termine le mot deI; or, il a la même hauteur que les autres lettres ; il ne peut donc appartenir qu'à un h, ou à un n, ou, ce qui est plus probable, à un m. A la suite on voit un point, après lequel on lit anex; ce sont évidemment les deux premières syllabes d'un nom propre très-rare, dont je n'ai encore rencontré que deux exemples. Le premier est donné par une estampille de potier, sous la forme ANEXTLÂi [Anextlati)^ trouvée à Poitiers et appartenant à l'ancienne collection de M. Bonsergent, qui Ta publiée dans les Archives historiques du Poitou^ tome I"; Anextlati est le génitif de Anextlatus. C'est également à Poitiers que se trouve un autre exemple de nom propre commençant par les lettres anex. On le lit sur un fragment d'inscription déposé au musée de cette ville et non publié jusqu'à présent. Je donne ici ce texte d'après mon carnet de voyage collationné sur un excellent estampage que M. de Longuemar a eu l'obligeance d'exécuter à ma prière.
{Inédite.)
anexTlo
inbelgio
sororis- f
iexTlipatris
Cette inscription est doublement intéressante; d'abord à cause du nom d'homme Anextlus que font connaître la première et la quatrième ligne, et qui est certainement la forme d'où dérive le diminutif Anextlaius; ensuite, à cause de la mention géographique m Belgio^ qui apparaît pour la première fois en épigraphie, et l'on sait que le nom du Belgium n'est usité que par César.
Le troisième exemple de nom propre commençant par les lettres anex, est moins sûr que les précédtîuts ; il est donné par une inscription deLangres (Muratori, p, 1689, n*' 8; cf. Luquet, Antiq. de Langres^ p. 88, n° 4), ainsi conçue ;