‹ Notice épigraphique de diverses antiquités gallo-ramainesChapitre 10 sur 52 · IVL- ANEXIA M- IVLIPORA · texte numérisé non relu

IVL- ANEXIA M- IVLIPORA

Nous pourrons donc essayer d'introduire dans Tinscrip* tion conservée au Mans, soit le nom d'homme AnexLius, soit son diminutif Anextlatus (1).

(1) L'élude philologique des formes Anextlatus et AnexUm conduit à de curieux rapprochements. Daus mon mémoire sur la Découverte d'une inscription gauloise (voir Reime archéologique, tome XXXV (4878), p. 100;, j'ai ras^emlilé quelqnei noms gaulois renfermant le groupe des consonnes xt, et j'ai démontré que ce groupe équivaut à la notation oriliographique 19; c'est ce qui est rendu sensible par la comparaison deg noms

PIXTILOS, LVXTHRIOC, DIVIXTVy, CONTEXTOS , ATESTV3 , KPADA- TEXTORIX, VENEXTOC, aVOC PICTILOS, LVCTERÏVS, DIVJCTA, ATE- CTVS, ATEGTORIX, VENNECTIS. Il S'cnSUit qUC ANEXTLVS COrrC^-

Deuxième ligne. — Les mots bivs deT font évidemment allusion à une divinité masculine mentionnée au commencement de rinscription. Il y avait donc, au début, une dédicace se terminant probablement par le mot sacrum, dont la dernière lettre n'aurait laissé d'autre vestige que son jambage de droite encore visible à la première ligne, sur le bord de la cassure. Mais ces mots eius dei ne peuvent être que le complément du régime direct du verbe dat ou dédit, signifié par la sigle d qui termine l'inscription. Le mot eius devait donc être précédé de quelque mot à l'accusatif, indiquant l'objet consacré à la divinité, aram, templum, signum.

Troisième ligne. — La longueur de la deuxième syllabe deENTÏs, indiquée par le prolongementdu I, prouve que l'on a affaire à un datif-ablatif pluriel d'un mot dont le nominatif singulier se termine en entum, et non au génitif singulier de quelque substantif ou participe en ew5, entis^ comme parentis, ardentis, dans lequel le t est bref. La restitution qui s'offre naturellement à l'esprit est celle de la locution [cum suis omaJMENTis, qui accompagne trèssouvent le nom de l'objet dédié, autel, temple, portique, colonne, statue, etc.

Nous en savons maintenant assez pour affirmer que l'inscription relate une offrande consacrée par un Gau-

pondrait à anectlvs^ si celte dernière forme venait à se rencontrer; le cas ne s'est pas présenté. Cependant on possède la forme Anectius, nom d'un chef nervlen connu par un passage de Tite-Live (^^peïomae CXXXIX). Or de Anect-ius dériverait régulièrement le diminutif Anect-ilus, et, par conséquent, Aneocitlus. Anextlatus n'est donc qu'une sorte de sous-diminutif de Anectius, Autre observation : ce dernier nom parait être entré dans la composition du nom de peuple Silu-anectae (Senlis).

lois, nommé Anextlus ou Anextlatos, à un dieu dont il est impossible de restituer le nom avec certitude. La beauté de l'inscription, son caractère monumental et la mention eum omame tù tuis^ donnent à penser que la dédicace était appliquée, non pas à un objet portatif ou de petite dimension, mais à quelque construction ayant une certaine importance.

Le dédicant devait être, en conséquence, un personnage riche et de condition libre,' et je pense que son inscription était du genre dont on trouve à Nantes l'un des types les plus complets ;

[a]VG MARTIM[ii} [/i]ONI SIGNVM [cyu SVO TEMPLO [etjORNAMENTIS fo]MNIBVS SVO ET TOVTIL :rAE FILIAE NOMINE AGEDOVIRVS MO RICI F- V- S- L* M

Dans ce texte, comme dans tant d'autres, on reconnaît que l'usage gaulois était de mentionner le nom du père à la suite de celui du titulaire ou du dédicant, sans doute comme signe de race et de noblesse, ou au moins de condition ingénue. Nous supposerons donc que le dédicant de notre inscription n'avait pas dérogé à' l'usage national et que son nom était suivi de celui de son père. Sauf le nom de la divinité, que rien ne laisse deviner, le texte dans son ensemble pouvait être quelque chose comme ce qui suit :

deo Mercurio? scunruW AN EX

tlus t. f. signum EIVS DEI

cum omnUms omamENTlS* D

Outre cette inscription sur marbre, le musée de la pré- M. 5

fecture du Mans possède deux autres objets épi graphiques inédits.

Le premier est une bouteille carrée en verre, pourvue d'une anse qui relie la tranche du goulot à l'épaulement de la panse. Sur le fond on voit des caractères moulés en relief, formant une légende rectiligne centrale :

entourée d'une légende circulaire dont les quatre sigles sont séparées par des points triangulaires :

L'autre objet est une brique estampillée en relief; l'empreinte est en forme de médaillon, d'environ 0"»11 de diamètre. Au centre, on voit un scorpion, et sur le pourtour, une légende disposée sur deux cercles concentriques, et formée de lettres ayant 0"»011 de hauteur. L'inscription extérieure, partiellement endommagée se lit ainsi :

OPVS DOLIAR EDIS DNAVG

opus doliar[e ex pra] edi[i)s d[omini) n{o8tri) Aug{usti).,

L'inscription intérieure, complète, est ainsi conçue :

EX FIGLIN1S DOMITIAN MINOR ex figlinis Dom%Han[ù) minoribus.

Cette brique, probablement rapportée d'Italie, paraît être, sinon un double, du moins une variété de celle qui appartient au Louvre (i), et sur laquelle on voit un scorpion entouré de la légende

(1) De Clarac, Musée de Sculpture; 10® livr., p. 945, n«823 etHMivr., pi. LVIII.

OPVS-DOLIAR-EX^PBAEDDDNN EX FIG DOMITIÂNIS MINQR

Les produits des célèbres briqueteries de la famille Domitia se trouvent un peu partout; Mitliu (1) ea a signalé un spécimen qu'il a^aît vu à Garpentras, avec cette inscription :

OPVS DOLIARE PRIMITJV DOM LVCILUE opus doliare Primitiv(i, servi) Dom{itis) LucUlae,

Un autre a été trouvé à Arles (2) ; il porte, à l'intérieur d'un médaillon, une inscription très-iotéressante à cause de la mention d'un consulat, celui de Q. Ârticaleius Paetinus et de L. VcnolBius Apronianus, en l'an 123 :

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