Notice explicative des ruines du temple de Louxor
C'est au cours des huit dernières années que le temple de Louxor a été déblayé. Auparavant il était impossible au voyageur de se rendre compte de la disposition et de l'étendue du monument, tant les terres amoncelées et les maisons construites jusque sur son faîte permettaient peu d'en saisir le plan.
A cette époque l'obélisque et les pylônes marquaient l'extrémité septentrionale de l'édifice ; quelques architraves étaient visibles dans la mosquée d'Abou l'Haggag et dans les maisons voisines; plus loin, quatorze grandes colonnes sortaient de terre, entourées de masures dont faisait
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p i l'agence consulaire de Grande- Bretagne: puis on rencontrait la grande cour, circonscrite par le portique d'AmenhotepIII, dont les architraves dominaient les huttes des fellahs. Les colonnes de la salle hypostyle ne s'élevaient au-desssus du sol que de trois mètres environ ; on avait entrevu quelques fresques de l'église copte, mais les plans dressés alors ne portent aucune indication relative aux chapelles latérales. Seule la partie méridionale du temple était à peu de chose près dégagée ; elle était bien recouverte par les bureaux de la poste, ceux de la police et la Maison de France (1) qui se dressaient sur les terrasses, mais on pouvait visiter le sanctuaire et les chambres adjacentes.
Du temps de Mariette pacha, quelques rares touristes seulement visitaient la Haute-Egypte, aussi faisait-on moins de
Cl) C'est ainsi qu'on appelait la maison construite pour les officiers de marine qui rapportèrent à Paris l'un des obélisques de Louxor. Elle servait, depuis l'époque travaux, de logement à l'agent consulaire de France.
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travaux qu'aujourd'hui pour leur faciliter l'accès des monuments. Les fouilles avaient alors plus spécialement pour but la recherche des textes inédits et la découverte d'objets de toute nature destinés à enrichir les vitrines du musée naissant. C'est à M. Maspero que revient l'honneur d'avoir commencé les déblaiements qui ont montré le temple dans son état actuel. En 1881- 1882, le successeur de Mariette fit dresser, par le Ministère des Travaux publics, le plan des terrains et des maisons que possédaient divers propriétaires sur l'emplacement du monument. Une souscription fut ouverte par le Journal des Débats et le Times en 1883- 1884 , et produisit une somme de 19,000 francs. Ces ressources permirent d'acheter une partie des immeubles et les fouilles furent commencées le 5 janvier 1885, mais entravées au début par l'opposition des habitants, elles furent arrêtées bientôt de nouveau, faute de fonds et ne reprirent que l'année suivante. Cette
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fois les travaux étaient payés par les seules ressources budgétaires du Service des antiquités, qui avait pour auxiliaires les cultivateurs indigènes, autorisés à enlever gratuitement le sebakh (1). En 1887, M. Grébaut, successeur de M. Maspero dans la direction du Service des Antiquités, poursuivit les travaux engagés par son prédécesseur; mais les ressources financières faisaient toujours défaut ; les travaux exigeaient des sommes considérables dont on ne disposait pas et l'œuvre ne progressait que lentement. En même temps qu'avançait le déblaiement, on s'apercevait chaque jour qu'il y aurait à consolider sérieusement bien des parties de l'édifice.
A cette époque, M. Grand bey, ingénieur, directeur du Service des Villes et Bâti-
(1) En Egypte, on nomme sebakh la terre salpétrée qu'on rencontre dans les sites antiques et que les fellahs emploient pour amender les terres ; le sebakh résulte de la décomposition de toutes les matières organiques qui de tout temps s'amoncellent en Orient autour des habitations.
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ments, reçut la mission d'examiner les ruines antiques et plus spécialement le temple de Louxor, et de signaler les points qui avaient le plus promptement besoin de secours. La publication du rapport de ce fonctionnaire décida le Conseil des Ministres à demander à S. A. le Khédive de signer un décret établissant une taxe d'une livre égyptienne (25 fr. 92) par chaque touriste visitant les monuments anciens de la Haute-Egypte ; le produit de la taxe devait être intégralement versé au Service des Antiquités pour servir aux déblaiements, aux réparations et à toutes les mesures de conservation jugées nécessaires. Dès lors le travail put être mené avec plus d'activité, et grâce à l'achat d'un matériel de chemin de fer Decauville, le transport des déblais à jeter au fleuve se fit plus rapidement. Pendant les hivers 1888-1890. sous la direction de Al. Grébaut, et en 1892 sous celle de M. de Morgan, nouvelle oient nommé Directeur général du Service, les
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chantiers furent ouverts pendant 4 ou 6 mois. Les consolidations à exécuter sont bien plus importantes que le rapport de M. Grand bey ne l'avait fait prévoir ; au cours de la dernière campagne, il fallut établir deux égouts pour permettre à l'eau du Nil d'entrer librement dans le temple pendant l'inondation (1), consolider quelques colonnes qui menaçaient de s'écrouler, construire un mur d'enceinte afin d'empêcher les habitants de faire du temple un réceptacle d'ordures, prolonger et surélever le quai romain, pour éviter la destruction du monument par les grandes eaux du fie ave. Ces divers travaux sont en bonne voie et seront promptement terminés si les maisons riveraines sont rapidement expro-
(f) Une des causes principales de destruction des monuments en grès esl la présence du salpêtre, qui pénètre dans l'intérieur de la pierre et la désagrège. L'enlèvement des déblais, imprégnés de nitre, préserve en partie de ce danger; mais il faut encore substituer à l'eau d'infiltration, chargée de sels, qui envahit le temple chaque année, l'eau du neuve qui dissoudra les dépôts cristallins déjà formés et les emportera.
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priées. Quant au temple lui-même, toutes les parties en sont rendues accessibles : toutefois clans l'angle du nord-est, est encore la mosquée d'Abou l'Haggag, qui met obstacle à L'achèvement complet des travaux.