INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE
L'intérieur de cette Basitique, qui a i44{ûeds de hanteor sous def , snr 4^ pieda de largeur eDive lea murs de face , offre par le grandiose de ses fuoportiona, un alqpect vraiment uuyjest
lueux qui saisit d'ëtonnement et d'admiration, lorsqu'on pénètre dans son enceinte. Elle présente dix-neuf arcades ogives , un rang de galeries et un de fenêtres d"'une très -grande dimension, et dont les compartimens en pierre sont d'une extrême délicatesse. Indépendamment de cette galerie, il en existe une autre petite au-dessus du pourtour des arcs ogives du bascôté qui environne le chœur, autour duquel règne un rang de neuf chapelles.
L'escarpement des piliers des deux faces latérales du chœur , ayant occasionné des lézardemens assez considérables, on fut obligé, comme nous l'avons dit, de doubler le nombre des arcs ogives , et de construire des colonnes intermédiaires, qui n'étant pas de la même proportion que les autres, produisent une discordance désagréable à l'œil , qui est également choqué du rétrécissement des arcades dont ^ subdivision nuit à ce caractère de hardiesse et d'élégance qu'elles oflFriraient, si l'architecte n'avait pas eu la témérité de donner aux premiers entre-colonnemens upe largeur disproportionnée.
• Cette église est éclairée en partie par de magnifiques vitraux peints, la plupart exécutés à la plus belle époque de la peinture sur verre.
On croit que cetix qui clëcorent les roses du nord et du midi, sont de Jean et de Nicolas Lepot', très-habiles peuitres sur Teire* Lia'rose da Nord est d'un très-agrëable effet ; le soleil répand ses rayons aU milieu d^ cdel étoilé : au-dessous de ce brillant tableau, on a placé plusieurs sibylles ou prophètesses.
Dans la rose -du Sùà y le peintie a représenté des Saints et des Prophètes ; on y aperçoit aussi le portrait du iamcnrs Jeati-François Fernel , médecin de Henri 11 ; c'est un hommage rendu au plus habile médecin de son temps , né en 1496, à Monltdidier (Somme à dix lieues de Beauvais.
On voit de fort-belles vitres peintes dans la chapelle de Saint-Pieite et de Saint-Paul. Le Saint Paul est dessiné dans une attitude aussi noble que les apôtres de Raphaël. On remarque un très-beau Saint- Jeau à c6té de ces apAtres ; il est d'Angrand ou d'Enguerrand Leprince, autre peintre sur verre fort habile, mbrt en i53o* ' Au-dessus de Fautèl de Sàinté-Barbe/ sontùii Crucifix un Saint Christophe et un Saint ilubert, d'^après les dessins d'Albei^t Durer, * qu'on croit d'Angrand Leprince. Dans la iiiénie chapelle se voit la Sainte Vierge contemplant Jésus*Christ descendu delà croix , placéé entre le donateur de ces vtires et de sa femme.
Tous ces morceaux du sei2dème siècle sont Irès-recommandables par leur. dessin, par leur couleur et leur effet général.
; Près de la rose et sur la douelle de la voûte de la croisée septentrionale , on voitla date suivante i55o; sur celle qui est à la proximité du chœur , l'année 1577. Sur la voûte des deux premières travées du chœur , on aperçoit la date répétée deux fois : 1576 ^ ces deux dernières dates indiquent l'époque de la construction de ces voûtes après la chute de la grande tour pyramidale dont on a parlé ci-dessus. Les deux premières dates sont également celles de la construction des voûtes de la croisée.
Le buffet d'orgues , dont l'origine remontait au seizième siècle, n'avait sans doute été placé que provisoirement sous la première arcade du second bas-côté du chœur.
Les changemens successifs qu'il subit , ayant détruit l'intérêt qu'il aurait offert comme monument de l'art , s'il avait pu être conservé intact, et l'état de vétusté où il était faisant craindre sa chûte, on résolut de le reconstruire en 1826. On eut alors l'intention de le mettre en face du chœur; mais le défaut d'un point d'appui assez solide , la nécessité qu'il y aurait eu de construire un mur en pierre au lieu de la cloison
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de bois qui existe, les dimensions colossales qu'il eut £idlu doniier à la montre pour la mettre ea rapport a^reo la place qn'dle eat occupée, et les dépenses excessives que tout cela aurait entraîné, firent lenonoer à oe.projet» et le hoaTel oi^e - fat reconstruit à la place de l'ancien. Les figures qui ornaient la balustrade , ont été conservées et placées dans les daices-voies de la partie supérieure du buffet.
Les travaux de.la xeconstraotion de cet orgue, pour ce qui concerne la bctnve, ont été confiés à M. Cosyn, facteur d'orgues de l'Académie Eoyale de mnsiqne. Cetjinstnunent est an grand • seize pieds des plus complets qui existent. 11 est le premier oii Ton ait introduit des ieux expressifs qui, par leur combinaison avec les jeox de fond, corrigent ce que les anciennes orgues présentaient de monotone^ et produisent des e&ts entière* ment neufs.
Toutes le^ arcades duchœursont fermées par des grilles en 1er. Au-dessus de ces grilles , et sur
les deux faces latérales , sont tendues huit belles pièces de tapisseries de la manufacture de Beau- ▼ais , représentant plnsirars snjds de Panoien et du nouveau testament, et les actes des apôtres d'après les cartons de BaphaeL On a supprimé fort judicieusement depuis la
rfSvolutioii » le lourd jubé de etjrle inodenie qui
obstruait l'entrée du chœur, et l'on a mis dans l'espace qu'il occupait tme grille eu ièr chm goût Ineii mesqufaik '
Le Maitre-Autei et les peiatures imitant des paoueaux de ineouiseiie, qtti Krreiit de irevétement à la partie inCéneure des colonnes du saoQtuaijre, n'offrent rien de remarquable, les colonnes produiraient un meilléur effitt *8«is cette décoration parasite et de mauvais goût.
On voit dane les chapelles à droite du ofaanir^ pinceurs tapisseries curieuses et intéressantes , parmi lesquelles on en remarque une d'une seule pièce, et divisée eu trois parties. Elle représente l'origne fabuleuse des villes de Paris, de Tiroyes et de Beauvais. Cette tapisserie exécutée vers le commenceiiieiit du ' seisième siècle à la uianuiacture d'Arras , présente des costumes de cette époque extrêmement déganta. Dans le bas-côté qui est à l'oppoiiite, on voit é^Iement d'autres tapisseries dont Tune représente la viUe de Reîtna $ le Rmus , prétendu fondateur de cette ville j y est représenté, et par un anachronisitie assez bviarre , le &iiieax popr f ail de je cathédrale de cette ville n'a pas été oublié dans ce tableau.
Sur ose antre pièce -d^ tapisserie , le sublU Sa-
motbès. Ueat cinq lettres à Ja-maio, G, D, E :
il est 1 ëpulé pour cLre Tiii venteiir des lettres gsdateB .qui se répandirent daufi l!Asie, et que ^ Cadmus porta dans la Grèce. Il est assez curieux de voir à c^tte époque réculée, quels étaient les progrès de pos pères dans les sciences*
Plusieurs contrées, la Gascogne, la Bretagne, avçG le Rhône, sont tracées sur ces tapisseries ; on y remarqae un Jupiter Celte ; ces lambeaux sont assez bien exécutés et intéressaus pour r}ustoire«
-Sous le second bas-^c6téà gauche, se voit le tombeau, en marbre blanc, du cardinal de Fnrbinjde Janson, Evéque de Beaurans^-mort à Paris le 24 mars lyiS, à Fàge de 83 ans. Ce monument £ut exécuté, par Nicolas Coustoo , statuaire, terminé et mis en place en i^SS , par CruiUaume Coustouson frère. Pendant les évéuemens de la révolution de 1789, il fut démonté et déposé dans la sacristie; il a elé replace en i8q4« Le Cardinal de Janson est à genoux devant un. prie-Dieu. Cette statue, qui a 6 pieds d^ proportion, est placée sur un piédestal en n^arbse qui se termine en console;
Près du tombeau du Cardinal de Janson , se voit .un petit cabinet d'fhorl(^e de style arabesque,' dont le mécanisme fait mouvoir un
carillon. Ce Cabinet est snrmonté d'un dais de style gothique d'une forme élégante.
Avant les événemens de la révolution , cette église renfermait plusieurs monumens de sculpture et d'orféverie du moyen-âge aussi précieux pour la richesse de la matière , que par leur antiquité , le bon goût et la variété de leur composition. Des châsses d'argent doré , des pierres gravées , des reliquaires travaillés avec beaucoup de recherche et de soin, d^anciens émaux , des croix , des ostensoires , des calices, des bustes d'argent, des tombes sculptées; les tombeaux de Phihppe de Dreux, et de Roger de Cham« pagne ; et une multitude de chartes , auraient également fourni de précieux documens aux antiquaires et aux artistes, pour lesquels ces monunens curieux seraient aujourd'hui du plus haut intérêt, si l'avide rapacité des Erostrates modernes n'eut tout détruit.
• Cest ainsi que l'antiquité s'éloigne de nous et que ses restes mutilés s'efiEaçent plus encore par la barbarie et l'inertie des hommes, que par la main du temps. Entourons donc d'un respect religieux les monumens qui nous en restent, empressons-nous de les restaurer, afin d'offrir aux investigations des générations futures d'utiles sujets de recherches et de méditations sur