‹ Notice historique et descriptive sur l'Eglise SaintEtienne de BeauvaisChapitre 10 sur 15 · PRIEZ DIEU POUR LES TRÉPASSÉS EN DISANT PATER NOSTER AVE MARIA · texte numérisé non relu

PRIEZ DIEU POUR LES TRÉPASSÉS EN DISANT PATER NOSTER AVE MARIA

Venez à moi mes enfants et amis Et contemplez tétai où je suis mis Vous qui passez cheminant par la voie Je vous requiers que chacun de vous voie S*il est douleur à la mienne pareille , Voyez mon corps teint de couleur vermeille Comme un raisin rendant liqueur sanglante Sur le pressoir de la croix exélente Metant sur moi de vos péchés la somme Je suis celui dont on dit voici l homme L'homme inocent lequel convient mourir Dut autrement toute la gent périr Icy languis , icy d'amour je meurs Pour corriger et pour purger vos mœurs.

Faisant de vous très ville pouriture Une nouvelle et sainte créature Donc approchez et pleurez à voix haute

Non pas pour moi, mais pour votre defauite

Repentez vous et faites pénitence

Et je donnerez pardon à votre offence.

« Au haut de cette épitaphe il y a un crucifix. La » famille de Le Pot subsiste encore à Beauvais dans un » vitrier grande rue Saint-Martin et Robert Le Pot » prêtre et niarguillier ecclésiastique de la cathédrale » de cette ville.

» Un peu plus loin que l'épitaphe d'Engrand le » Prince vers le chœur, l'on trouve une croix de bois » avec tous les instrumens de la passion et un tableau » représentant plusieurs capucins à genoux et au-des- » sous leur épitaphe, ce sont des religieux qui sont

» morts en servant les pestiférés à Beauvais en il

» serait à propos de leur dresser un monument plus » durable que le bois; on ne peut trop reconnaître la » générosité de ceux qui sacrifient leur vie pour le » soulagement de leurs frères et de leur prochain. »

« Robert de Francastel maire en 1629 est inhumé » au bas des cloches de St.-Etienne dans le cimetière. » Sa femme Marguerite le Lanternier, morte le 13 juil- » let 1639, repose à Saint-Etienne chapelle Notre- » Dame. Leur escu de gueules au château d'or ma- » çonné de sable , et au chef de roses d'or. »

« Pinguet frère d'Arthus, chanoine de Saintm Pierre en 1582 a son épitaphe devant la chaire à » sermons. Son escu a un chevron brisé d'or, deux » molettes au-dessus et une au-dessous (i).

(0 Mémoires pour servir à l'histoire de Beauvais, recueillis par M. Borel.

orgue Le buffet d'orgue est un seize-pieds ordinaire renfermant trente-trois jeux que Ton met en vibration par les claviers de positif, de grand chœur, de récit , et de pédales. Les tuyaux proviennent en majeure partie de l'abbaye de St. -Paul, et des églises Saint-Michel et Saint-Sauveur, les anciens jeux (sauf les montres) ayant été volés pendant la révolution , alors que Saint- Etienne servait de grange à foin. On y fit en 1820 d'urgentes réparations qui furent commises aux soins de Dallery, facteur d'orgues -, c'est toutefois à l'ingénieuse obligeance de M. Hamel que l'on est redevable des améliorations données à cet instrument. Les flûtes, les prestans et les doublettes sont les jeux les plus estimés ; les jeux d'anches ont une mauvaise qualité de son et produisent un assez pauvre effet; la voix de l'instrument se trouve étouffée à sa naissance, ce qui tient au surbaissement des voûtes de la nef comparativement à l'élévation démesurée de celles du chœur.

Chœur.

vue Qu'on se figure le jubé flamboyant décorer le seuil •ncraie. ^ 53^^^ ] a rosaC e absidale illuminer le lieu saint de ses rayons étincelans et déployer aux yeux éblouis la richesse de ses panneaux à grands sujets , les hauts vitrages assombrir le jour de leurs nuances multipliées, les arceaux ornés d'armoiries et de figures emblématiques se dessiner en nervures amincies sur le fond azuré de leur ciel, tel était le chœur de St.-Etienne aux jours de sa magnificence 5 mais une fois dépouillé de tout ce luxe d'ornementation , il dut perdre la splendeur de

son aspect. Comme nous le voyons , il est nu. Une grille moderne remplace l'ancien jubé , et enceint le pourtour; deux bancs d'oeuvre tiennent lieu des degrés où montaient le sous-diacre et le diacre d'oflice pour annoncer répître et l'évangile au peuple présent. Le tassement des fourrages ayant fait justice de la rosace et des fenêtres de l'hémicycle, il fallut bien en construire d'autres tellement quellement ; l'abside reçoit le jour d'un rang de hautes fenêtres dont les vitraux furent brisés d'abord par une trombe qui éclata sur l'église en 1780, puis par les foins qui y fureut rangés pendant la révolution. Les rayons de la rosace sont remplacés par une ignoble étoile en charpente , les meneaux des fenêtres sont grossièrement refaits pour la plupart, et leur élégante nervure prismatique primitive ne se retrouve qu'isolément. Tous les vitraux de couleur ont fait place à des verres blancs , et , mutilées à l'envi par la république et le badigeon , les arcades sont presque confondues dans la teinte uniforme des voûtes.

Dans l'état actuel des choses, ce qui offre le plus s t* lle »d'intérêt est la boiserie sculptée des stalles qui appartiennent à l'époque de cette partie de l'église. Plusieurs reliefs en font l'ornement , non pas toutefois avec cette riche et délicate profusion qu'on admire à St. -Martin aux- Bois ou dans le chœur de la cathédrale d'Amiens, mais les miséricordes et les bras offrent une curieuse variété de grimaces et de caricatures fort comiques , qui semblent trahir dans les sculpteurs de ce tems-ià la manie d'exercer leur esprit satyrique aux dépens des porte -capuchons. Le pourtour extérieur des stalles est décoré de quarante-cinq figures en demi-relief; les unes sont des martyrs, parmi lesquels on reconnaît

saint Etienne en dalmatiquc, saint Laurent avec son gril, saint André avec sa croix, saint Paul avec le glaive qui trancha sa tête de citoyen romain; d'autres tiennent des équerres , des marteaux, des compas , où portent les divers instrumens de la passion. On voit à l'entrée du chœur deux tables de marbre noir formant autels, et soutenues jadis par Luther et Calvin, sculptés en caryatides.

Trente -deux piliers de médiocre dimension supportent les voûtes maîtresses et collatérales. Ce ne sont plus des faisceaux de colonnes bien reliées comme dans la nef*, de simples nervures les remplacent, et l'art gothique , déjà fatigué , ne taille plus de chapiteaux. Pour les bases, elles sont très-multipliées , prismatiques et à pénétration, caractères de la période ogivale quaternaire.

Les voûtes soutenues par des arceaux croisés trèssaillans, et ramifiés à l'infini , sont surchargées de pendentifs, d'écussons, d'emblèmes, d'instrumens de la passion, et d'autres diverses figures à tous les points où s'opère la conjonction des traverses. A toutes les clefs de voûtes on voit encore la peinture primitive des arceaux; le pinceau mal arrêté du badigeonneur semble laisser à regret cette trace de la parure si religieuse des nervures de la voûte.

Dans les bas-cotes et dans les chapelles on admirera des pendentifs d'une grande délicatesse de travail. Mais c'est ici le lieu de visiter les neuf chapelles collatérales du chœur ainsi que les peintures sur bois et sur verre qui les décorent.

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