JACOBO. BEN 1 GNO. BOSSUET
Mbldensium. Præsuli.
Hoc. Monumentum.
Dedicavit. Meedensis. Civitas.
Atque. Propitio. Rege.
Et. Famulahtibus. Vicinarum. Urbium.
Màgistratibus. Et. Populis.
PoSUIT.
Grata. Et. Mirans.
Anno. R. S. MDCCCXX.
Ce Monument , dont la première idée est due au Conseil général du Département de Seine-et-Marne et au Conseil municipal de Meaux , a été exécuté par le sculpteur Rutxiel , au moyen des sommes votées par le Conseil général et le Conseil munici-
pal de Meaux, et de souscriptions volontaires. Tous les marbres ont etc donne's par le Gouvernement. La statue a été' placée dans la Cathédrale de Meaux en 1822.
Tableaux. 11 nous reste à dire quelques mots des douze grands tableaux qui décorent le chœur, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et les deux portails latéraux. Onze de ces tableaux ont été donnés par Louis XV, et sont d’excellentes copies de Raphaël et du Dominicain.
Raphaël avait fait douze cartons ou dessins coloriés qui devaient être exécutés en tapisserie à Bruxelles , sous la direction de deux artistes flamands, ses élèves. Sept de ces cartons décorent aujourd’hui une galerie du château d’Hamptoncourt, appartenant au roi d’Angleterre ; les cinq autres ont été perdus.
Les sept cartons d’Hamptoncourt représentent la Pêche miraculeuse , Jésus Christ donnant les clefs à saint Pierre, saint Pierre et saint Jean guérissant un boiteux à la porte du temple, la mort d’Ananie, saint Paul frappant Elymas d’aveuglement, saint Paul et saint Barnabé à Lystres, et saint Paul prêchant à Athènes. La Cathédrale de Meaux possède la copie de ces sept tableaux, et en outre celle de la Lapidation de saint Etienne et de la Conversion de saint Paul , deux des cinq cartons dont les originaux sont perdus, ce qui en rend les copies doublement précieuses.
Aux portails latéraux , on voit d’un côté le martyre de saint Barthc'lemi , et de l’autre, saint André conduit au supplice. Ces deux tableaux ont été copiés d’après les fresques du Dominicain , exécutés dans l’Eglise de la Trinité-du-Mont, à Rome.
Le douzième tableau, placé dans le bas-côté droit du chœur, représente la mort de la mère de saint Pierre. Ce tableau, peint en 1765 par Sanson, ne paraît avoir aucun mérite.
M. Maquin, ex-professeur de rhétorique au collège de Meaux, a publié, dans l’Encyclopédie de Londres, une intéressante description des sept carions d’Hamptoncourt j on peut la consulter à la Bibliothèque publique de la ville de Meaux.
§ VIII. — Remarques archéologiques.
Cette Notice e'tait terminée et déjà livrée à l’impression, lorsque j’ai eu la satisfaction de voir la Cathédrale visitée en détail , le 25 juillet dernier, par trois architectes habiles, MM. Biet, Caristie et Debret, commissaires nommés par le Ministre des Cultes, pour constater l’état de l’édifice, de concert avec M. Dupont, architecte du Département.
Ces Messieurs ont bien voulu confirmer de leur autorité l’opinion que j’ai émise sur l’âge de notre Cathédrale , et ils ont été unanimement d’avis qu’il ne restait rien du XI* siècle dans les constructions aujourd’hui existantes. Mais les observations artistiques de MM. les commissaires, combinées avec les documens historiques que j’ai pu leur soumettre , me fournissent l’occasion d’ajouter ici quelques remarques archéologiques.
J’ai parlé d’un premier plan suivant lequel les collatéraux n’auraient eu que moitié de la hauteur qu’ils ont aujourd’hui. L’existence de ce plan a été reconnue aussi par MM. les commissaires. La preuve en est écrite sur les huit gros piliers du chœur et sur les piliers de la nef les plus voisins du transept. Mais il faut convenir que la ressemblance qui existe entre les anciens piliers du chœur et ceux des collatéraux, tant pour leur base que pour leur fut cantonné de quatre colonnes engagées, et pour leurs chapiteaux ornés presque constamment de feuilles en crochets, porte à croire qu’il y a eu peu d’intervalle entre les premières constructions et celles qui les ont suivies.
M. Debret a reconnu dans les quatre colonnes monostyles des collatéraux de la nef des bases et des chapiteaux antérieurs à saint Louis , et probablement du commencement du XIII* siècle. La hauteur de ces colonnes, à une époque aussi reculée, semblait une contradiction avec nos documens historiques , et l’cxisteuce déjà admise d’un premier plan beaucoup moins hardi que celui qui a été exécuté. Cette contradiction ne s'expliquait qu’en supposant une reconstruction avec d’anciens matériaux j supposition qui s’est changée pour nous en réalité, lorsque considérant avec attention celle de ces colonnes qui est la plus rap-
prochéc du transept dans le collatéral méridional, nous avons reconnu les restes d’une ancienne astragale , précisément à la même hauteur que les anciens chapiteaux de la nef et du chœur, preuve évidente que ces colonnes ne s’élevaient pas plus haut dans l’origine.
Les piliers de la nef voisins du transept offrent jusqu’à trois rangs de colonnes superposés, et présentent des traces incontestables de nombreuses retouches , ce qui explique le mélange de formes anciennes et de formes plus modernes.
.On est étonné de trouver dans plusieurs travées de la nef des portions de galeries très pesantes , offrant tous les caractères du XIII e siècle et suspendues au-dessus de piliers qui semblent appartenir au XV e . On pourrait croire, au premier abord, que l’on a fait ici emploi d’anciens matériaux ; mais quand on considère que ces parties de galeries se coordonnent parfaitement avec les grandes fenêtres qui leur correspondent, on est conduit à penser que cet ensemble appartient à la première époque des grandes constructions (fin du XIII e siècle ) ; que les gros piliers de la nef formant l’angle du transept ont été seulement retouchés, et que les petits piliers qui suivent ont été repris en sous-œuvre.
MM. les commissaires avaient cru remarquer dans les colonnes trapues qui supportent la retombée des arcs-boutans, des chapiteaux et des bases d’une époque antérieure. Peut-être quelques fragmens ont-ils été conservés de l’ancien édifice j mais j’avoue que je me le persuade avec peine : un grand nombre de ces colonnes ont leur chapiteau orné de feuilles à crochets, semblables à celles que l’on retrouve aux piliers du chœur et de ses collatéraux ; et il est bien présumable que toutes ces constructions sont de la même époque.
Une dernière observation constatée par MM. les commissaires, c’est que dans le collatéral , à droite du chœur, les piliers butans qui s’élèvent au-dessus des combles ne répondent pas parfaitement aux colonnes de l’Eglise qui sont au-dessous , et que l’un d’eux porte entièrement à faux. On ne peut expliquer ce fait extraordinaire en supposant les parties supérieures plus anciennes ; car en admettant qu’à la fin du XIII e siècle , lorsqu’ Adam de Yaudoy entreprit scs grands travaux , on ait
eu la hardiesse et l'habileté de tenir une partie de l’e'dificc suspendue en l’air pour refaire les parties inferieures, il faudrait supposer qu’avant 1268 les collatéraux du chœur avaient déjà la même hauteur qu’aujourd’hui , ce que contredit évidemment le niveau constant des anciens chapiteaux du chœur et de la nef, et ce que contredit également, autant que je puis en juger, l’ornementation de ces piliers butans. Quant au porteà-faux dont j’ai parlé, et qui n’est malheureusement que trop avéré , je dois laisser à décider aux architectes s’il faut l’attribuer à l’incurie des constructeurs, à la mauvaise nature du $ol sur lequel est élevée celte partie de l’édifice , ou enfin à toute autre cause que je ne saurais apprécier.