‹ Notice historique publiée a l'occasion du centenaire de la réouverture de cette institution artistique,Chapitre 9 sur 17 · ARRÊTE · texte numérisé non relu

ARRÊTE

Article

L’Académie de peinture, sculpture et architecture de cette ville, est rétablie et tiendra comme du passé, ses séances dans l’enceinte de cette maison communale.

Article 2.

Les professeurs sont les citoyens Cardon, pour le modèle d’après nature et d’après la bosse, Godecharles et Brice, pour les principes, et Werry jiour l’architecture.

Le cito3 en Bosschaert est nommé inspecteur honoraire de cet établissement.

La place de concierge est confiée au citoj^en Martin.

Article 3.

Ces citoj^ens ne jouiront d’aucun émolument autre que celui résultant des souscriptions des membres honoraires, et dont le produit sera réparti entre les professeurs et le concierge dans les proportions usitées.

Article 4.

Le cours sera de six mois : il commencera le quinzième jour du mois de brumaire et se terminera le i5 floréal. Les leçons se donneront journellement le soir, depuis six heures jusqu’à huit, à l’exception des décadés et autres fêtes nationales consacrées au repos et à la récréation.

Article 5.

Les professeurs se concerteront avec l’inspecteur pour les mesures à prendre afin de faire régner l’ordre et la décence dans leurs classes respectives.

Article 6.

Il sera pourvu par la mairie aux objets indispensablement nécessaires à cet établissement, tels que luminaire, chauffage.

modèles, etc., sur les fonds affectés à cet effet par le conseil municipal (i).

En séance le 19 vendémiaire an IX.

Par le maire : Le secrétaire général,

{Signé) Rouppe, maire. {Signé) ChateiGNER.

Vu et approuvé : le 19 vendémiaire an IX.

Le préfet,

{Signé) Danxet-Ponteurtant.

Le 29 germinal, la distribution des prix eut lien sous la présidence du maire Rouppe.

M. le préfet de la Lyle rappelle ses instances pour obtenir les secours nécessaires à rinstruction. « Si la guerre, dit-il, a reculé l’accomplissement de mes vœux, je suis convaincu que le héros qui nous prépare avec tant de gloire les douceurs de la paix, consacrera une partie de ses lauriers à couronner les autres. «

Ensuite le préfet fait la distribution des prix et donne aux lauréats le gage de la munificence nationale avec l’accolade fraternelle.

L’an X, la distribution des prix eut lieu sous la présidence du citoyen Louis De Vos, faisant fonctions de maire.

Le discours fut dit par le citoyen Bosscliaert, inspecteur honoraire de l’Académie; nous y notons cette phrase : « Sous Philippe II les troubles avaient désolé » la Belgique, les artistes s’étaient éloignés de ces » tristes contrées, mais le signal de la paix fut celui

(1) La ville donnait annuellement pour les cours académiques :

7 pots d’huile par jour, ce qui fait pour le cours de 5 mois. 840 pots.

6 livres de chandelles par jour, » » » 720 livres.

700 livres de houille par jour, » » » 42,000 »

Entretien des lampes, » » » 46 florins.

Impression de lettres, » » » 10 »

Brosses et savon, » » » 42 »

La ville accordait encore une somme de 20 pistoles pour subvenir en payement du modèle de la salle nature, 210 florins.

» de leur retour, ils accoururent à la voix de la patrie ; )) elle leur montra ses temples dévastés, et bientôt )) l’immortel Rubens et sa brillante école en rétablirent )) la splendeur. »

Citons, de la réponse du maire, ces mots : « Les cours » de l’an dernier donnaient de grandes espérances ; » ceux de cette année les réalisent. »

De l’an XI, sous le maire Yan Langlienliove, nous ne trouvons qu’une note disant : « Que les préparatifs » qu’on fait à la mairie pour la réception du consul, » font, qu’aucune j)lace ne s’y trouve disponible pour la )) distribution des prix aux élèves de l’Académie — la )) cérémonie devait avoir lieu dans une des salles de la » maison du peuple — mais on la remit jusqu’au )) dixième jour du mois de fructidor. »

Le citoyen Bosschaert prononça le discours.

L’an XII, M. Tamine, sculpteur (se disant élève de Pigalle et de Delvaux), se plaint aux citoyens maire et membres du Conseil municipal, il dit notamment : « Qu’après avoir établi l’Académie de Mons, il fut » appelé à Bruxelles, où il a exercé depuis vingt ans la » place de professeur d’après nature, qu’à la dernière » organisation de la susdite Académie, l’exposant fut )) négligé, sous prétexte, en partie, qu’il était mort, )) comme on en avait fait courir le bruit, et en partie, )) que les leçons de sculpture étaient inutiles ; ce » qui est contre les règles des Académies. Il se dit )) aussi le plus ancien professeur et redemande sa )) place. ))

Le 21 germinal de l’an XII, M. Bosscliaert écrivit au maire, en réj)onse à cette supplique : « Que M. Ta- » mine n’avait pas voulu se soumettre à l’épreuve de » faire un dessin d’après nature, épreuve à laquelle )) s’était soumis son collègue M. Cardon. )>

Cette année la distribution des prix eut lieu le

i8 germinal, sous la présidence du citoyen-maire Van Langlienliove.

L’an XIII, le premier de l’Empire, le 22 floréal, eut lieu à II heures du matin, dans une des salles de l’Hôtel de ville où se trouvaient exposés les dessins des élèves, en présence de M. Louis De Vos, faisant fonctions de maire de Bruxelles, accompagné des adjoints, du secrétaire général de la mairie, des membres du Conseil municipal et des commissaires de police, la distribution des prix aux élèves de l’Académie. Toutes les autorités constituées y assistaient, les professeurs et les élèves, et un grand nombre de personnes que l’objet de cette cérémonie avait attirées.

M. Cardon, l’un des professeurs, prit la parole au nom de M. Bosscliaert, absent par indisposition.

Xous recueillons dans ce discours les fragments suivants :

« L’Académie fut fréquentée cette année par )) 347 élèves.

)) Le nombre allait croissant d’année en année. C’est )) à l’aide du dessin que l’ébénisterie, l’orfèvrerie, la » fabrication si renommée de nos voitures, l’imprime- » rie des toiles, les dentelles et une infinité de manu- )) factures ont étendu au loin le débit et la réi^utation » de leurs ouvrages.

» S’agit-il d’autres travaux? l’iiomme éclairé par le )) dessin aperçoit d’un coup d’œil si ses intentions )) sont suivies, et il attend avec confiance le succès » qu’il s’en est promis.

)) C’est ainsi que furent tracées ces promenades )) délicieuses qui font l’admiration des étrangers. »

Ici l’orateur rappelle l’époque des troubles sous Philippe II, la renaissance de l’art flamand — idées que nous avons citées, ayant été énoncées dans un autre

discours. Il paraît que ce cliché servait à toutes les occasions.

Parlant de Raphaël, il dit : « Ce grand homme, )) livré tout entier aux élans de son génie créateur, )) était resté longtemps dans la classe des coloristes )) médiocres; prenant ensuite un nouvel essor, il a » fait voir dans d’autres productions et principalement )) dans son dernier tableau, La Transfiguration^ le )) prix qu’il attachait à rehausser par l’éclat d’un cdlo- » ris pur et vrai, le mérite de ses sublimes et immor- » telles compositions. ))

De la réponse du faisant fonctions de maire De Vos, nous détachons ces phrases :

« Au moment où je couronne les vainqueurs, il )) m’est pénible, je l’avoue, d’avoir à reprocher à quel- » ques élèves l’insubordination qu’ils ont montrée )) pendant le dernier cours; la honte doit être leur )) j)artage : une conduite meilleure ]3eut seule faire » oublier leurs torts.

)) Mais si je me trouve contraint de témoigner com- » bien cette manière d’agir a paru répréhensible à » l’administration que je représente, c’est avec une )) satisfaction bien vivement sentie que je paye un )) tribut d’éloges à ceux des élèves dont la docilité a )) servi d’exemple.

» Les hommes ne peuvent prétendre à l’estime sans )) la pratique des vertus sociales; celles-ci doivent » toujours accompagner l’étude des arts libéraux. ))

Les lauréats de cette année furent : J. Larroze, Henri Rommel, Fr. Despiets, François I^avez, J. Judo, Fr. Chenu, J. Wittouck.

Le faisant fonctions de maire, en parlant ainsi, avait en vue une pétition que les élèves avaient faite

contre les décisions du jury, où ils disaient que les examinateurs étaient ivres au moment du jugement.

Nous continuerons à donner année par année, autant que j)ossible, les extraits des procès-verbaux de la distribution des prix, parce que ces documents renferment les faits de l’année. Nous omettons toutefois les reprises que contiennent maints discours.

En l’an 1806, le 4 mai, la solennité eut lieu en présence du maire, M. de Mérode-Westerloo, etc. Furent également introduits : MM. Cliaban, préfet de ce département; Cliambailliac, général commandant la 24® division militaire; le général Du Moulin, commandant le département de la Dyle, et leurs états-majors ; LaHecq, premier président de la cour d’appel; Mercx, substitut du procureur général impérial, et plusieurs fonctionnaires publics.

Ce fut M. Bosscliaert, inspecteur honoraire, qui fit le discours.

(c Nous célébrons, disait-il, la fête des beaux- » arts. Qu’elles sont heureuses et touchantes, ces w époques qui nous présentent successivement de nouw velles espérances de gloire et de prospérité ! Jeunes » élèves, vous, dont les talents doivent multiplier les )) ressources de notre industrie, rappelez-vous les » leçons que vous avez reçues. Vos professeurs vous )) ont conduits de l’étude des principes à celle de la y) savante antiquité. Un jeune homme sans expérience » croit que, pour devenir peintre et sculpteur célèbres, )) ou habile architecte, il suffit de le vouloir et de tra- )) vailler. Il ignore qu’il faut encore que la nature ait )) placé dans son âme le germe des talents, et que les )) circonstances dans lesquelles il se trouve, secondent )) son développement.

)) La peinture est de toutes les professions celle qui

)) exige le plus de dispositions naturelles. Sans compter )) ce qui tient immédiatement à l’art, comme le dessin, » la persi^ective, l’anatomie, l’arclütecture, la couleur, )) il faut encore connaître à fond l’iiistoire ancienne et )) moderne, la Fable, les j)oètes, toute la littérature de )) tous les siècles et de toutes les nations. Il faut con- )) naître les mœurs et les costumes de tous les peuples ; )) les sites les plus remarquables de chaque pays, leurs

productions et les principaux monuments de l’indus- )) trie de leurs habitants.

)) Je sais que la Belgique a produit d’excellents pein- )) très, mais leur exemple même ]3rouve l’extrême )) difficulté de l’art. Pourquoi dissimuler les fautes )) dans lesquelles ils sont tombés? Rubens, le grand » Rubens, ne justifierait pas de nos jours les écarts )) passagers de sa trop ardente imagination. Cependant » ce grand homme joignait, à tous les dons de la )) nature, les avantages d’une brillante éducation. Il )) était riche, etc.

)) I^apoléon le Grand a ouvert à tous les talents )) l’arène de l’émulation. C’est au centre de l’Empire, )) c’est aux regards de la France entière que les efforts )) du génie doivent être exposés et jugés. Artistes » belges, osez descendre dans cette arène, et vous en )) reviendrez avec des couronnes.

» Les modèles plus variés d’instruction ont facilité » le développement de vos diverses dispositions. »

Une musique harmonieuse se faisait entendre pendant l’intervalle qui avait lieu entre chaque distribution de i>rix.

A l’extérieur, des fanfares continuelles annonçaient au loin la célébration de cette cérémonie.

Les lauréats étaient : C. François, L.-S. T’Kint, C. de Manch, Th. Ragot, J. Lepez, P. Hellemans, Ch. Vernimmen, P. Leva.

Le i8 avril 1807 la distribution des prix eut lieu avec le même cérémonial que de coutume, dans le salon de l’Hôtel de ville où, comme toujours, étaient exposés les travaux des élèves. M. De Vos, l’adjoint au maire, j^résidait. On remarquait sur l’estrade. M. Beyts, procureur général impérial près de la cour d’appel, M. De Beaufort, colonel du génie, directeur des fortifications. M. Bosseliaex't prononça le discours.

Betenons-en ces mots : « Les glorieux souvenirs qui » accomi:)agnent cette fête, nous assurent que les jeunes )) vainqueurs, appelés en ce jour à recueillir la récom- » pense de leurs premiers succès, aspirent tous à la » gloire de soutenir l’éclat de notre ancienne et bril- » lante école.

Suit une définition des différents genres de peinture :

(c J’appelle peindre l’iiomme, le représenter sous les )) traits convenables à la dignité de son être, agissant )) avec ardeur et faisant briller à nos yeux l’éclat impo- )) saut de ses vertus.

)) L’étude du peintre devient celle du poète. Admirez » avec quel art le touchant Bacine, dans son inimitable )) tragédie de Phèdre, fait passer dans notre âme cette » émotion profonde, que lui seul peut-être était capable » de nous faire éprouver.

)) Tous les genres d’imitation ont droit à nos hom- » mages. L’immortel Poussin n’a pas dédaigné de nous )) conduire avec les Grâces dans les plaines de l’an- )) tique Arcadie.

» Marchez avec confiance dans la route que vos )) illustres prédécesseurs vous ont tracée, et vous )) verrez croître pour vous les lauriers dont le génie » des beaux-arts se prépare à couronner vos efforts. »

Ont obtenu des prix : P. -G. Dewalsche, P. Helle-

mans, H. Goevaert, J. Judo, P. Borremaeker et Cil. Visseau.

Xous devons mentionner, en cette année 1807, une lettre datée du ii mars, du maire de Mérode, se plaignant à M. Bosscliaert, de ce que Godecliarles vient de se désister de sa place de professeur à l’Académie en faveur d’un certain M. Van Malderen.

C’est le i5 mai 1808 qu’eut lieu la distribution des i^rix, toujours à l’Hôtel de ville. Même affluence de monde. Betenons du discours de M. Bosscliaert le paragraphe suivant : « La peinture d’iiistoire n’est O) pas le seul genre qui soit ouvert à vos travaux. Les )) Poussin, les Caraclie, les Claude Lorrain, les Carlo -)) Du Jardin, les Paul Potter, les Bercliem, les Teniers, )) ont su, par le choix heureux de leurs ]iay sages ou )) par d’autres compositions, charmer nos yeux et )) captiver nos cœurs. ))

L’an 1809, le 18 juin, ce fut M. J. -Fr. De Burbure De Wesembeke, exerçant les fonctions de maire de Bruxelles, qui présida la cérémonie. Du discours prononcé cette année par M. Bosscliaert, nous signalons encore cette constatation: «Le nombre des élèves, )) 3oo, et le mérite des pièces exposées au concours, )) disposent assez en faveur d’un établissement dont les )) habitants de cette ville ont, dans tous les temps, )) reconnu l’utilité. Outre la peinture et la sculpture, » l’Académie nous présente encore un objet non moins )) intéressant, c’est l’étude de l’architecture. Bien n’a » été négligé depuis l’époque du rétablissement de )) l’Académie pour donner à cette branche d’enseigne- )) ment une nouvelle extension. Les élèves de la classe

de composition ont exécuté avec intelligence les pro- )) grammes qui successivement leur ont été proposés.

)) N’arrêtons pas plus longtemps l’instant du triomphe, •)) venez recevoir les lauriers que vous avez mérités. »

Après quelques paroles encourageantes de M. le maire et après avoir donné l’assurance de l’appui des autorités, les lauréats suivants viennent cher cher leurs prix : P. Helleinans, N. Verhaegen, Engels, J. Frederickx, A. Pierre-Joseph Tasson, Ch. Turlot, A. Le Chein.

Les membres du jury étaient : MM. Landtsheer, Haeseleer, Thijs père, Puhens, Latour, Crockaert, Plateau, Jacobs, Gels, Antoine, Bertels, Godecharles, Duzel, Bergé, Maeck.

L’an X, M. Charles d’Ursel j)résidait la distribution des récompenses. Voici les passages saillants du discours de M. Bosschaert :

(c Le jeune artiste à l’abri de tout assujettissement )) étranger ne connaît d’autres besoins que ceux de )) s’instruire et d’éclairer son esprit. Parvenu au terme )) de ses études, c’est à lui-même, à la justice, à l’élé- )) vation de ses pensées qu’il doit la gloire de ses )) succès. L’hommage de ses contemporains est sa )) première récompense. L’historien le • nomme, le )) poète chante ses exploits. La capitale de l’Empire » dans son Musée, qu’immortalise à jamais le nom » auguste de « Xapoléon )>, contient en tableaux, en » statues, et autres objets d’art, des modèles en tout » genre inestimables.

» Le Musée de Bruxelles ne peut jusqu’à ce jour )) vous offrir des ressources aussi précieuses, mais ce » Musée, qui s’honore du glorieux souvenir d’avoir )) possédé dans son enceinte l’illustre Marie-Louise, » n’admettra plus de ces j>roductions médiocres qui » pourraient ternir l’éclat des premiers dons d’un » héros. )) (Allusion aux tableaux qui avaient été accordés, sept ans auparavant, au Musée de Bruxelles.)

« L’éeole qui a dirigé votre entrée dans la carrière )) ne possède pas, je l’avoue, tous les moyens néces- )) saires à des progrès rapides ; mais l’inspiration du

génie supplée aux privations qui voudraient arrêter » son essor.

)) En clierelierons-nous un exeinx^le loin de nous?

)) Heureux Del vaux, quelle fut votre joie au moment )) où un fils tendrement aimé, et si digne de l’être, est )) venu déposer à vos pieds les fruits de ses études en )) Italie !

» Bruxelles qui, l’année dernière, arrosait de ses )) larmes les lauriers déposés sur la tombe de l’infor- » tuné Jacobs, voit avec transport renaître sés espé- » rances dans celles d’un jeune artiste. ))

Les lauréats étaient : J. L’Épée, L. Boens, A. Boens, Pli. Poelaert, P.-S. Lesage, H. de Pauw, Jean Madou.

L’administration à cette époque clierclia de tout son l^ouvoir à multiplier les encouragements, mais, malgré ses réclamations, le budget fut réduit à la somme de 3,000 francs. Nombre de jiersonnes n’attendaient que le moment d’être invitées à souscrire.

Les souscriptions seraient à volonté, sans obligation, et se renouvelleraient chaque année.

Elles serviraient : à l’achat d’une foule d’objets qui

manquent à l’instruction ; 2° à assurer aux professeurs un traitement convenable.

La rétribution des élèves serait supprimée. On ajouterait aux prix annuels des prix de composition, et de peinture pendant l’été. L’élève qui aurait annoncé les meilleures disi^ositions serait envoyé à Borne; celui qui se destinerait aux travaux d’industrie jouirait du même avantage et serait envoyé à Paris.

Le TI mai 1811, l’adjoint au maire, M. L. De Vos,

préside, et M. Bosscliaert fait le discours annuel :

c< Bruxelles, depuis longtemps, aspirait au moment » où, à l’exemple de nos villes voisines, elle offrirait » à la peinture, à la sculpture, à l’arcliitecture, un » nouveau cliamp d’émulation et de célébrité. Sur- » montant les obstacles qui s’opposaient à ses désirs, )) elle a fixé le jour où, à la voix de ses .encourage- » ments, les artistes, dont la Belgique s’honore, )) viendront recueillir le tribut d’éloges dû à l’éclat de )) leurs productions.

)) Un concours s’apprête.

» Le sujet d’histoire est : Agar et son enfant )) renvoyés par Abraham.

» Que de choses dans ce peu de mots! Dessin, )) correction, composition, expression, situation, con- )) venance, costume, coloris, etc., etc. Ce sujet » embrasse toute la science.

» Bientôt, dans une même enceinte, s’offriront à vos )) yeux enchantés mille objets d’admiration. A leur » aspect chacun de vous, guidé par l’heureuse impul- )) sion de son propre génie, saisira ces rapports qui, )) à la vue des chefs-d’œuvre de Baphaël, ont fait dire » au Corrège : a Et moi aussi je suis peintre!... )) Anch' io son pittore! » (Cette phrase faisait allusion à la prochaine exposition.)

Les lauréats étaient : L. Boens, A. Boens, P. Massy, P. -J. Tasson, J. -B. Van Hoof, H. Badeau, D. Diricke.

Becueillons de la cérémonie du 12 mai, année 1812, du discours de M. Bosscliaert, inspecteur honoraire de l’école :

(c En réfléchissant au temps qu’il a fallu pour ame- )) lier la peinture, la sculpture et l’architecture, à

» leurs développements actuels, quels hommages ne » devons-nous pas à la mémoire des hommes célèbres, w dont le génie affranchissant la science des entraves )) qui, 2:>endant tant de siècles, en avaient arrêté les » progrès, a ouvert aux beaux-arts des sources iné^Dui- » sables! On sait que les Grecs, en tout si passionnés, » ne l’étaient jamais davantage que lorsqu’il s’agis- » sait de leurs solennités publiques et religieuses. » Leurs fêtes étaient accomj)agnées de jeux de » combats. En entrant dans l’arène ils se dépouil- » 1 aient de leurs moindres vêtements, par conséquent )) écartaient le seul obstacle qui aurait pu empêcher » les artistes d’observer les formes et les différences )) que la nature a mises entre la force, la légèreté, » l’adresse, la grâce, etc.

)) N’est-il pas apparent que les formes prodigieuses » et colossales d’un Polydamas, d’un Théogène, d’un » Mil on, ou de quelque autre fameux athlète, ont » inspiré le statuaire, à qui nous devons l’hercule, )) modèle de la plus grande force à laquelle l’homme » puisse atteindre.

)) Nous lisons que les habitants d’Agrigente, ayant » désiré du pinceau de Zeuxis, une Hélène nue, )) ce peintre leur demanda pour modèle quelques » jeunes filles, les plus belles et les mieux faites. On )) lui en envoya plusieurs, parmi lesquelles, choisi s- » sant ce que chacune d’elles avait de plus parfait, )) Zeuxis fit ce tableau, qu’on pourrait citer comme un » exemple du beau idéal.

» Jamais époque ne s’est montrée plus favorable à » nos progrès.

» Hommage aux habitants de Bruxelles, leurs )) généreux sacrifices ont comblé les voeux de nos » artistes. L’élève, en traçant un timide et premier » contour, croit déjà apercevoir dans l’avenir, le jour

)) qui célébrera ses succès. Dans son ardeur enfantine, )) il imagine, il multiplie les productions qui lui méri- » teront les éloges et l’admiration de ses concitoyens. » Dn premier concours, une nombreuse et brillante » exposition, ont donné une nouvelle vie à l’émulation )) des beaux-arts, et ce rang, dont elle connaît l’impor- » tance, nous assure à jamais les nobles effets de ses » encouragements. »

Noms des lauréats : A. Boom, F. de Coster, P. Badeau, F. Brincan, J. Oorlof, J. -B. Brice, J. Van Hove.

Le 2 5 avril i8i3, à midi, eut lieu la remise des récompenses aux élèves de l’Académie, en présence dé M. le préfet, de M. le maire et d’autres autorités.

Citons du discours de M. Bosscliaert ce passage : (c La civilisation, donnant à nos idées plus » d’étendue, et à notre goût plus de pureté, nous » porte à clierclier de nouvelles jouissances dans les » beaux-arts. Qui parmi nous serait insensible aux » cliarmes d’un tableau, d’une statue, d’un dessin... » C’est à l’arcliitecture que nos villes doivent leurs )) utiles embellissements; nos liabitations, les re- » clierclies que l’art peut ajouter aux douceurs de la >'> vie sociale. )>

Ont été couronnés : N. Verliaegen, J. -B. Madou,

L. De Gand, J. -J. Badeau, H. Cordemans, J. -B. du Bois, P. Gorner.

L’Académie fut réorganisée en 1814 par les soins de

M. le baron Josepli Vander Linden d’Hoogvorst, alors maire de Bruxelles.

'A ce sujet, M. Brice, ancien professeur, expose au maire sa situation. Agé de soixante et un ans, dit-il, il a exercé les fonctions de professeur de dessin

depuis vingt-liuit ans, pendant lesquels il n’a cessé de partager les travaux et les peines avec les autres professeurs, lorsque l’Académie avait le plus besoin de leurs soins, et lorsqu’elle n’offrait rien d’avantageux sous le rapport du lucre. Il ajoute qu’à sa grande douleur il vient d’apprendre que dans la nouvelle organisation de l’Académie qui se fait en ce moment, il n’est point porté sur la liste des professeurs, et demande de continuer ses fonctions.

Le 28 août 1814, M. le baron De Cappellen, secrétaire d’Etat, présidait. Ce fut encore M. Bosscliaert qui fit le discours.

Il y dit : « Les événements qui se sont succédé » dans le courant de l’année dernière n’ont point » interrompu le cours de nos études. Vous qui aspirez )) à marclier sur les traces des grands liommes qui ont » illustré la Belgique, livrez-vous avec confiance à )) l’espoir que leur exemple vous inspire. Votre pre- » mier soin doit être de consulter le talent auquel vos )) dispositions naturelles vous appellent. Il est d’autres » professions qui, sans briller de l’éclat des beaux- )) arts, contribuent à la félicité des villes qui les » lionorent. )>

On sent qu’à cette époque la parole n’était pas aux longs discours,

Les lauréats étaient : Ign. Brice, J. Brice, J. De Landtslieer, J. Braemt, J. Emmereclits, Fr. Brimener, Fr. Taelmans.

Cette même année, au concours de la ville de Gand, deux artistes de Bruxelles, MM. Delvaux et Van Assclie, obtenaient des médailles d’iionneur pour des tableaux de genre, et M. Malaise, l’aîné, chef de la seconde division à la mairie, reçut le même lionneur

pour avoir concouru pour le prix de sculpture qui était le buste du célèbre Teniers.

En i8i5, rinstallation de l’Académie se fit le i6 janvier, M. Bosscliaert restait comme inspecteur lionoraire. Comme professeurs : MM. François, aux appointements de 1,000 francs; Godecliarles, de i,ooo francs ; Verliulst et De Landslieer, cliacun de 65o francs; Malaise aîné, comme secrétaire honoraire.

Sous le gouvernement hollandais l’Académie comptait trois protecteurs, savoir : i° le prince Frédéric des Pays-Bas; 2® le duc d’Ursel; 3^ le comte Demery d’Argenteau. Les professeurs étaient : MM. François, professeur du modèle vivant; Godecliarles, pour la sculpture ; Caen, pour le dessin figure antique ; De Landslieer, pour les principes ; Werry, pour l’architecture ; Tasson, comme deuxième professeur d’architecture.

En 1817, le gouvernement dota l’Académie d’un subside annuel de 2,000 florins, indépendamment des sommes portées au budget de la ville.

Par un arrêté pris le 14 février 1817, M. Vanderfosse, bourgmestre, avait supprimé la jilace de trésorier de l’Académie et ordonné le versement de sa caisse dans celle de la ville. On profita de cet arrêté pour faire tourner au profit de la ville le subside donné à l’Académie par la munificence royale. M. Vanderfosse, président du conseil de l’Académie, craignit probablement les observations fort justes qu’aurait pu lui faire le conseil, car ce fut depuis lors qu’il ne fut plus convoqué. Dans tous leurs rapports les directeurs se plaignaient du peu de fonds mis à leur disposition, ce qui leur interdisait toute espèce d’amélioration.

Cette année, la distribution eut lieu dans le local de l’orangerie du Jardin des Plantes.

Une fâcheuse nouvelle arriva le 28 août 1819. En effet, le ministre de l’Instruction publique. Industries

nationales et Colonies — signé O. -R. Jalry — informe MM. les Gouverneurs des provinees qu’il est fâché d’annoncer que l’état financier du royaume n’a pas permis à Sa Majesté d’accorder sur le trésor les subsides demandés.

En 1820, M. le baron Tliysebaert fut nommé directeur et M. Coene, professeur, en remplacement de M. Yerhulst, décédé.

Dans un rapport aux magistrats du 25 janvier 1821, fait par le directeur de l’Académie, nous trouvons la phrase suivante :

« La fin du xviii® siècle fut remarquable, un de nos )) compatriotes, après des études approfondies, réforme )) les vices, les erreurs de nos peintres modernes, et » leur trace, et par ses écrits et par ses tableaux, une » marche fixe et certaine, dont ils ne se sont pas » écartés.

» Ces mêmes vices avaient été détruits en France )) i)ar les soins de l’habile M. Vien ; ainsi les deux )) écoles, en tendant au même but, ont concouru à la » perfection de l’art, w

Le corps professoral se composait, en 1821, de MM. François, peintre d’histoire; Godecharles, statuaire; De Landsheer, j)eintre d’histoire; Coene, ]3eintre de genre; Werry et Tasson, architectes; Lens, peintre d’histoire; Cardon, Paelinck, Vuly, architectes; Cartet, docteur en médecine, pour l’anatomie.

De la correspondance du baron de Thysebaert, en 1822, nous extrayons d’une lettre « à nos nobles et honorables Seigneurs » :

(c ]S"os rapports des 19 juin 1820 et 5 janvier 1821 » vous ont offert l’état de l’Académie, sous le rapport » de l’instruction, à ces deux époques.

)) Le premier de ces rapports, par sa partie liisto- )) rique, vous a fait connaître son origine, les causes )) qui ont contribuées à sa i^rospérité, enfin les motifs )) qui, sous le gouvernement français, ont contribuée à » sa décadence.

» La fin de cette partie du rapport vous donne w l’époque de la réorganisation de l’Académie en i8i5, » et les succès brillants et soutenus de ses élèves » dej)uis cette date.

)) Nous croyons qu’il est inutile, nobles et honorables w Seigneurs, de nous arrêter sur le contenu de ces » rapports. Il vous est connu, en effet, que l’Acadé- » mie, etc., etc., que son instruction, qui s’était res- )) sentie du mauvais gofit et du genre maniéré des » Bouclier et des Van Loo, fut réformée par les écrits » et les productions d’un de nos compatriotes, juste- )) ment célèbre, M. Lens, et que depuis cette époque )) qui date de la fin du xviii® siècle, une marche fixe et )) régulière a contribué à ses succès et à rinstruction. )) De là est résultée cette propension vers le bien et )) cette foule d’artistes d’un talent distingué, dont la » supériorité sur les ]3eintres du commencement du » xviii® siècle n’est plus contestable.

)) Il est inutile également de vous citer les artistes » qui se sont formés à l’Académie, nos expositions )) ]3ériodiques vous offrent successivement leurs )) ouvrages Ilaiis tous les genres. Il en est qui, » quoique jeunes encore, peuvent disputer la palme )) de leur art aux meilleurs artistes de la capitale )) de France.

w Depuis la réorganisation de l’Académie en i8i5, )) son état de prosj)érité s’est augmenté d’année en » année; notre rapport du 19 juin renferme, à cet » égard, les plus petits détails et ne laisse rien à » désirer. »

La population de l’Académie se décomposait à cette époque comme suit :

Modèle vivant : dessinateurs 17, modeleurs 3 élèves. Dessin : 1^’*^ division, le nu 20, la tête 25 et les principes 98 élèves. L’arcliitecture : Composition 16, copie 23, ordres 27 élèves, en tout 281 élèves.

En 1823 survint la mort de M. le baron Tliysebaert. M. Tliijs le remplace iDrovisoirement, et écrit à M. de Wellens, bourgmestre et éclievin, en réponse à une réclamation formulée par les élèves au sujet des prix.

« Pour répondre à votre demande datée du 4 » vier, j’ai l’iionneur de vous rapjDeller qu’avant » l’époque de la restauration, l’Académie n’ayant de )) la ville qu’un subside peu suffisant, il a fallu y) recourir à un moyen toujoui-s précaire, c’est-à-dire )) à une souscription, ce qui eut lieu ; les souscrip- )) teurs avaient le droit, à raison de la somme dont ils » contribuaient, d’envoyer un ou plusieurs élèves à )) l’Académie. Les jeunes gens qui n’étaient point pré- )) sentés par un protecteur, payaient 6 francs d’entrée. » Ces sommes réunies, servaient à parer aux frais » indispensables de l’établissement, l’excédent se par- » tageait au prorata entre les employés. D’après cet » ordre des choses, l’on conçoit que l’intérêt de » ceux-ci était d’attirer grand nombre d’élèves et de » souscripteurs, que les moyens de réussir étaient de )) ménager les uns et les autres ; aussi le désordre qui » a régné dans cette ancienne école était-il à son com- )) ble. C’est dans ce temps-là qu’a pris naissance » l’usage d’inviter les artistes de la ville à juger

les dessins du concours. »

Cette année Sa Majesté, par lettre du 5 mai, daigne

accorder sous le titre de médailles royales, indépendamment de celles qui se décernent aux élèves couronnés de rAcadémie, respectivement, une médaille pour le cours de j^einture, de sculpture et dans les ire, 2^6 3me aiiiiées d’arcliitecture.

^N'ous sommes en 1824. Sont directeurs de l’Académie : MM. De Vinck d’Orp et Hennesy, et secrétaire M. Malaise.

En 1827 le concierge Tliijs se plaint aux nobles et honorables Seigneurs Bourgmestre et Eclievins de la ville, que les élèves ne payent plus à l’entrée leurs redevances habituelles, ce qui lui inflige une perte de plus de 200 florins des Pays-Bas. Il dit que l’on a toujours payé, que l’on veuille le demander aux anciens élèves, MM. Havez, Yordecker, Coen, Lepez, Haseleer, AVerry, T as s on.

Par arrêté pris le 20 février 1827, défense est faite au concierge de percevoir une plaquette par mois de tous les élèves, sous le prétexte de garder leurs portefeuilles.

Un rapi^ort du 28 janvier 1827 mentionne que depuis la réorganisation de l’école, le 12 octobre dernier, toutes les places de l’Académie sont occupées. Que depuis l’arrêté royal permettant aux élèves de concourir à Amsterdam et à Anvers, il y a beaucoup d’émulation. Déjà l’élève De Fiennes vient de remporter le prix à Amsterdam, l’élève Piquet à Gand, et l’élève Bodumont aurait eu probablement le prix à Anvers, si celui-ci avait été décerné. Aussi avons-nous à Borne comme pensionnaire l’élève Landsheere.

On décida de reviser le règlement de l’Académie quand les bâtiments seraient appropriés (lettre du l5 mars 1828).

Sa Majesté fait savoir qu’Elle désire que l’on donne en prix l’ouvrage de M. Van Straaten, architecte, et de

M. Timmermau, d’Amsterdam, intitulé : Aiitieke en moderne Boiiwkiinde voorwerpen.

Une lettre du 28 janvier 1829 adressée par M. l’éclievin, directeur de l’Académie royale, à MM. les bourgmestre et éclievins, dit en substance :

« Les cliangements intérieurs de l’Hôtel de ville ont » motivé le déplacement de l’Académie ; ce déplace- » ment a retardé la rentrée des classes. L’Académie » s’est ouverte le 4 novembre dernier dans les locaux » de rancien liôtel des Finances. A l’exception de la )) classe de dessin d’après le model vivant, tro^) res- » sérée pour ses élèves, l’Académie peut marcher; il )) est à désirer, cependant, qu’on s’occupe des construc- » tions projettées pour qu’elle puisse un jour se placer » dans les bâtiments de l’ancien Palais Granvelle. »

Cette même lettre demande une pension convenable pour le respectable professeur M. Godecliarles, vu son grand âge et ses infirmités.

L’Académie était alors fréquentée par 3io élèves. On y donnait aussi un cours d’été.

Un autre effet encore des dispositions de l’arrêté royal, admettant les élèves de l’Académie de Bruxelles aux grands concours des villes d’Anvers et d’Amsterdam, ranima la classe des études d’après nature (modèle vivant). Vingt-sept élèves se firent inscrire.

En i83o, l’année de la révolution et de notre indépendance, il est compréhensible que, iDar suite des événements qui eurent lieu, rien de marquant ne se produisit à l’Académie. Le 20 octobre i83i MM. Godecharles, âgé de 84 ans, François, 78 ans etWerry,62 ans (ce dernier était professeur depuis 1792), sont pensiomnés et remplacés respectivement par MM. Havez, Paelinck et Caen.

Le tableau du personnel administratif de i833 ren-

seigne MM. Navez, directeux" lionoraii’e et gratuit; Malaise, secrétaire; Le Loi, économe; Tliijs, concierge; Barbant et Beiuiard, surveillants. La population de l’Académie était de 4^4 élèves. Les membres des jui-ys étaient : MM. Paelinck, Sels, Picxuet, peintres ; Van Assclie, paysagiste ; Braems, graveur; Van Glieel, statuaire; Kavez, François, de Landslieer, X)einti*es d’iiistoire, et Caen, xxeintre de genre. Pour l’arcliitecture : MM. Suijs, arcliitecte du roi; Sleutemans ; Payen, archiviste de la ville ; Pardoens, architecte des hos^xices ; Engels, architecte des jxonts et chaussées; Poelaert, Co^xpem, Janssens, Maech, Diniel, De Borremaekere et T’Kint, architectes.

Le 6 août i833, M. le boui’gmestre donne ordi-e à M. Malaise, secrétaire de l’Académie, de faire confectionner le j)hxs tôt x>ossible, et sur le x>ied de son état de fixais de 1829, les médailles en vermeil, ai*gent et bronze nécessaires j)Our la distribution des prix de i83o à i833. L’état de i83o xxortait : a deux grandes )) médailles en vermeil, une grande en argent, six ' )) petites en bronze, se^xt jxetites en argent avec cercle, » sept petites en ai’gent sans cercle, vingt-et-une jxetites » en bronze. )) Il fallut le même nombre pour i833.Le 21 octobre i833, M. de Ca^xpin, gouverneur de la xxrovince, fait connaître à M. le boui’gmestre de Wellens qu’il reste cinq médailles du gouvernement, qui étaient destinées à être distribuées en i83o. Le 23 octobre i833 le directeur, M. Navez, informe la régence que le sieur Brichaut s’est distingué comme ciseleui*-graveur de médailles, que les coins resteront la xxroj) inété de la régence. Le cours de perspective, xxrofesseur M. Bossuet, se donnait au Musée de la ville.

En i833 commence au Conseil communal la discussion concernant la réorganisation de l’Académie ; maints rapports et projets furent élaborés ; des discus-

sions nombreuses en furent la suite. Nous publierons le résumé de cette marquante époque à la fin de l’année i836.

Le i4 janvier i834, M. Navez adressa à l’administration un rapport sur la situation de l’Académie. Dans ce rapport le directeur exprime sa satisfaction sur les progrès réalisés par les élèves, leur conduite, etc. Il annonce la création de deux nouvelles classes, une d’arcliitecture et de perspective.

Le bourgmestre adresse à ce sujet une lettre de félicitations à M. Navez et le remercie de son dévouement.

Le roi accorde en i834 six médailles en argent.

Le 17 mai i834, M. le directeur Navez propose, par suite de la mort du duc de Brabant, d’ajourner la distribution des i^rix pour prendre part à l’avènement mallieureux qui plonge la Famille royale dans le deuil, la douleur et l’affliction la plus profonde.

Le 8 décembre i834, M. S. Bouvrier, archiviste et bibliothécaire de la Chambre des représentants, présente i30ur la réorganisation de l’Académie un rapport demandant l’annexion d’un cours d’histoire et d’archéologie (antiquités) appliqué à la peinture, la sculpture et l’histoire de ces arts, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours.

En i835 on continue la discussion de la réorganisation de l’Académie.

Le bourgmestre demande à M. Navez une liste d’artistes capables pour être nommés professeurs. Une commission composée de MM. Maecq-Dansaert, Engels et Navez, propose d’augmenter les cours académiques :

1° D’un cours de peinture d’après nature ;

2® Augmenter le cours d’architecture d’une classe ;

3° Etablir un cours d’ornements, de géométrie et de perspective ;

4*^ Etablir un cours de physique mécanique.

Le concours de cette année fut très brillant. Le roi accorda dix médailles d’argent.

Dans une lettre du 29 février i836, M. î^avez écrit à M. le bourgmestre, disant : c< Qu’il a communiqué à » M. l’éclievin Van Volxein le dossier de l’Académie, )) espérant qu’il sera aussi complet que le désire M. le )) ministre, avec prière de soumettre l’organisation à » l’approbation royale, car il serait désolant que l’état )) des choses perdurât.

)) Quant à moi (Navez), M. le bourgmestre, après » avoir soutenu, pendant cinq ans, cet établissement, )) quels que soient mes efforts et mon désir, je me )) verrais forcé d’abandonner cette direction, si elle )) devait encore exister sur le pied actuel. »

Le 6 juillet i836, il est donné en séance du Conseil communal lecture du rapport sur la réorganisation de l’Académie :

Messieurs y

c( Il vous est connu que dans la séance du 3 septem- )) bre dernier, le conseil de régence a arrêté que l’Aca- )> démie serait réorganisée et que Sa Majesté serait » priée d’accorder sa haute protection à cette institu- )) tion et de permettre qu’elle prît le titre d’ Académie )) royale. Enfin qu’un subside annuel de 8,000 francs » serait demandé au gouvernement.

)) Sa Majesté accepte par arreté rendu en décembre » i835. »

Le ministre de l’Intérieur présente au sujet du règlement plusieurs observations, notamment qu’il ne fait pas mention des attributions du directeur, et ensuite plusieurs autres observations concernant l’organique.

ISTous laissons suivre les extraits des procès-verbaux des séanees de i836, concernant la réorganisation de l’Académie.

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