ORGANISATION DE L’ACADÉMIE DE PEINTURE ET SCULPTURE
La parole est accordée à M. l’éclieviii Van Volxem, chargé de rinstriictioii publique, lequel présente un projet de résolution pour la réorganisation de l’Académie de peinture et sculpture de cette yille. Il appuie ce projet, article par article, par des considérations dont le développement justifie les disi>ositions ])roposées successivement.
Après mûre délibération, le Conseil approuve à l’unanimité des voix le dit imojet en les termes de la délibération suivante : Le conseil de régence.
Considérant que c’est aux beaux-arts et en particulier à la peinture que la Belgique a dû, dans les teins déjà un peu éloignés, la plus grande partie de son lustre, et qu’ après l’école italienne, l’école flamande tient incontestablement le premier rang ; que celle-ci suiqiasse même la première dans plus d’un genre ;
Considérant qu’il imjiorte à la capitale de la Belgique régénérée de chercher à faire revivre, ou tout au moins à maintenir son ancienne splendeur dans les arts, et de procurer à la jeunesse studieuse l’occasion de mettre à profit les dispositions dont elle i^eut être douée ;
Considérant que chaque jour démontre l’indispensable nécessité de créer de bons dessinateurs dont l’heureuse influence se fasse ressentir dans presque tous les arts et dans presque tous les métiers, des architectes distingués auxquels le pays doive son embellissement, des sculpteurs habiles, des graveurs qui dispensent les industriels belges d’un talent payé depuis trop longtemps à l’étranger;
Considérant que M. le ministre de l’Intérieur a témoigné à l’administration municipale, par l’entremise de M. le gouverneur de la province, son désir de voir la capitale dotée d’une Académie « oû des professeurs choisis et d’un mérite distingué enseignent, non seulement la peinture, la sculpture et l’architecture, mais encore la gravure » ; d’une Académie qui ne le cède en rien à aucune autre, comme aussi « son intention d’accorder à la ville les subsides nécessaires pour la mettre à même d’organiser cet établissement d’une manière étendue, complette et forte » ;
Considérant que l’Académie actuellement existante, malgré les services qu’elle a déjà rendus, n’est i)as organisée d’une
manière proportionnée aux besoins d’une capitale, à l’époque actuelle, et que le moment est venu de procéder à la réorganisa" tion ;
Le conseil de régence arrête :
A compter du janvier i836, l’Académie de i)einture, sculpture et arcliitecture de Bruxelles sera réorganisée.
Sa Majesté le Roi sera prié de vouloir bien en être protecteur et de i^ermettre qu’elle i)renne le titre d’Académie royale.
L’enseignement sera gratuit.
Pour être admis à l’Académie on devra être âgé au moins de douze ans, avoir été vacciné et posséder les premiers éléments du dessin; un règlement ultérieur déterminera le mode et l’époque des admissions.
L’Académie aura : i° un directeur choisi parmi les jiremiers professeurs et qui jouira d'une indemnité de 5oo francs par année scolaire ; 2® un secrétaire dont les appointements sont fixés à i,5oo francs par an.
Il J aura un conseil i)our radministration de l’Académie. Ce conseil sera composé ; du bourgmestre, président; de l’éclievin chargé de rinstruction publique, vice-président; de deux conseillers de régence à désigner par le conseil; du directeur de l’Académie; du premier professeur de peinture, architecture et sculpture.
Le secrétaire de l’Académie tiendra la plume aux réunions du conseil sans y avoir voix délibérative.
Les fonctions de membre du conseil sont gratuites.
Ce conseil aura la surveillance sur l’Académie, son régime, son enseignement et ses progrès.
Il s’assemblera au moins une fois par mois.
Le directeur lui rendra comx)te de l’état de l’Académie.
Le conseil proposera au collège les moyens propres à améliorer renseignement et à assurer aux élèves les x)lus grands succès.
Le choix des membres du conseil de l’Académie (sauf les deux membres du conseil de régence), du directeur et du secrétaire, ainsi que des professeurs, sera fait par le collège.
Tous les ans, au mois de septembre, le directeur, d’après résolution du eonseil de l’Académie, présentera au collège le budget de la dé])ense i)Our l’année scolaire suivante, et ce budget ne sera définitif qu’après avoir été arrêté et ai)prouvé par qui de droit.
Le personnel de l’Académie se composera ainsi qu’il suit :
Un i)remier professeur de peinture et de dessin d’après nature choisi i)armi les x^eintres d’histoire, chargé de la classe de la figure antique, et de supi)léer au besoin le i)remier professeur, au traitement de 2,000 francs par an;
Deux i)rofesseurs de princix)es, chacun au traitement de 1,200 francs par an;
Un lu’ofesseur d’ostéologie et d’anatomie ai)i)liquée à la l^einture au traitement de 1,200 francs;
Un premier i)rofesseur d’architecture au traitement annuel de 2,5oo francs;
Un second x>rofesseur d’architecture au traitement annuel de 1,5 00 francs;
Un x^rofesseur chargé de renseignement secondaire des x^idncix:>es de l’architecture, au traitement annuel de 1,000 francs;
Un x^i’ofesseur de géométrie et de mécanique au
traitement annuel de 1,200 francs. (Les leçons se donneront Xn'ovisoirement au Musée.)
Un x^rofesseur de x^ersx^ective et de dessin linéaire au traitement annuel de 1,000 francs;
Un professeur de gravure en taille douce au traitement annuel de 2,000 francs;
Un xn’ofesseur de sculxAure au traitement annuel de 2,000 fr.;
Un concierge au traitement annuel de 000 francs ;
Trois surveillants, 3oo francs chacun.
Les déxmnses du matériel, telles que d’éclairage, chauffage, entretien des x^oèles, service de x^i’opi’cté, pose du modèle vivant, frais de bureau, médailles et x>idx, achat de modèles, gravures, plâtres, dépenses imx^révues, s’élever à
8,000 francs.
Les cours s’ouvriront le 10 septembre et finiront le i5 avril.
Ils se tiendront une demi-heure plus tard que d’après l’échelle X)rox^ortionnelle maintenant en usage.
Des x^rix seront décernés chaque année, aux élèves, à la suite d’un concours, dans le mois qui x>ï*écèdera les vacances. Ces X:>rix, ainsi que le mode du concours et du jugement, seront déterminés par un règlement ultérieur.
Les x^i’ofesseurs actuels de l’Académie qui ne seraient x^oiiit conservés dans sa réorganisation sont admis à faire valoir leurs droits à la retraite.
Ils pourront être nommés professeurs honoraires de l’Académie. .
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Et attendu que les finances de la ville sont dans un état trop l^en pros})ère pour qu’elle puisse seule faire face aux dépenses de l’Académie, M. le ministre de rintérieur sera prié de donner suite aux intentions bienveillantes qu’il a transmises au collège par l’intermédiaire de M. le gouverneur, et d’accorder à la ville un subside annuel de 8,000 francs au moins, en sus des médailles que le gouvernement accordait cliaque année aux vainqueurs dans les cours de rAcadémie.
Séance du 2G décembre i835.
Le bourgmestre fait lecture de l’arrêté royal en date du Il décembre, approuvant la résolution du conseil prise en sa séance du 3 septembre dernier, relativement à la réorganisation de l’Académie de dessin, peinture, sculpture et arcliitecture x^our le janvier xirocliain.
L’assemblée adhérant au contenu de l’arrêté royal susdit, M. le bourgmestre iii’ésente à son axii)robation le iirojet de résolution conçu comme suit :
Le conseil de régence :
Vu l’arrêté royal du ii du courant, 7'”^= division, n® i4974j autorise la régence de Bruxelles à faire iii’endre le titre d’ Académie royale à l’Académie des Beaux-Arts, et qui alloue à la ville lïft subside annuel de 8,000 francs ])our l’aider à suiqiorter les frais de réorganisation et les déiienses annuelles de cet établissement, sous la condition que la réorganisation, les règlements et les nominations des directeurs et i)rofesseurs à l’Académie seront soumis à l’aiîprobation du roi.
Voulant se conformer au jirédit arrêté royal et ax)i)orter les modifications nécessaires à sa résolution du 3 sei^tenibre dernier,
A résolu :
La réorganisation, le règlement, ainsi que la nomination des directeur et i)rofesseurs de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, seront soumis à rai)])robation du roi. Le dit règlement sera modifié en conséquence dans les termes suivants :
Considérant que c’est aux beaux-arts et en i)articulier à la X)einture que la Belgique, etc.
Vu l’arrêté royal du ii courant x>ar lequel Sa Majesté, accueillant la demande de la régence de Bruxelles, autorise celle-ci à donner à son Académie des Beaux-Arts, ai)rês sa réorganisation, le titre de « royale a, et accorde à la ville un subside
amiiiel de 8,000 francs, sous la condition que les règlements, la réorganisation, ainsi que la nomination des directeur et j)rofesseiirs, seront soumis à rai)probation de Sa Majesté.
Le chiffre total des inscriptions pendant la durée des cours i836-37 s’éleva à 480 élèves.
Une assez curieuse lettre des élèves de la 2^^ et 3me division d’architecture, en date du 3o avril 1837, demande au bourgmestre que la commission du jury veuille recommencer l’examen du dessin du concours, étant donnée la légèreté avec laquelle elle s’est acquittée de son devoir en jugeant dans l’espace de trois heures une si nombreuse classe d’élèves.
Cette même année M. Navez proposa de supprimer, à titre d’économie, les anneaux des médailles. De cette façon, dit-il, on économiserait une somme de fr. 427.80.
La distribution des prix eut lieu le 2 juillet 1887, et le discours p>our les années i835-36 et 1887 fut prononcé par M. L. Al vin, secrétaire.
Xous en extrayons quelques passages :
« L’administration, en réorganisant, l’année der- » nière, l’Académie royale des Beaux-Arts, s’est par- )) ticulièrement attachée à lui donner le degré d’utilité, )) d’applicabilité dont un pareil établissement est sus- )) ceptible : elle n’a rien négligé cependant de ce qui )) pouvait lui assurer éclat et renommée.
» On a compris que c’est une erreur funeste de )) croire que les écoles des Beaux-Arts destinées à )) former exclusivement des artistes, des peintres, des » sculj)teurs, ne professent l’art que pour l’art même.
)) Que, de loin en loin, des esprits privilégiés )) s’élèvent au-dessus de la foule et fixent l’attention » publique sur les créations originales de leur génie, )) ce sont d’heureuses, mais de rares exceptions.
)) Il faut faciliter le développement de ces facultés
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» précieuses ; il faut en même temps se garder d’encou- » rager les esprits ordinaires dans leurs prétentions » à s’élever au-dessus des autres.
» Il serait surtout dangereux et contraire aux prin- » cipes d’une sage politique, d’instituer des établi sse- » ments qui enlèveraient aux professions utiles les )) intelligences et les bras, jDOur les pousser dans une )) route que la nature ne les a pas destinés à parcourir.
)) Aussi l’enseignement, dans notre Académie, est-il » combiné de manière à présenter aux jeunes gens les » moyens d’acquérir des talents facilement applicables » aux besoins particuliers de leur profession ou de leur » position sociale, en mettant en état de parcourir une )) plus brillante mais plus épineuse carrière, ceux » qu’une voeation réelle et décidée appelle à la culture )) des arts libéraux, etc., etc.
)) Jusqu’ici l’insuffisance des locaux dont nous pou- )) vous disposer a mis obstacle à l’érection d’une classe » de peinture et de composition.
)) La sollicitude de nos magistrats municipaux pour » les progrès de l’art, nous est un sûr garant que des » considérations d’économie ^ qui ont été toutes-!) uis- » santés jusqu’ici, ne feront pas ajourner indéfiniment )) une amélioration aussi importante.
» L’étude de l’areliitecture occupe une place consi- » dérable dans notre enseignement.
» Bruxelles est devenu une des plus jolies villes de )) l’Europe, nos fabriques de porcelaine, nos toiles )) peintes, nos tapis, l’art typographique, la lithogra- » pliie et vingt autres industries florissantes doivent, )) en grande partie, leurs progrès à la connaissance du )) dessin que notre école a vulgarisé.
» A ceux qui ne s’attachent qu’à l’art même, je )) pourrais rappeler des noms de eompatriotes qui ont » jeté un vif éelat. Je me bornerai à vous citer les
» Delvaux, les Gels et les deux Jacobs, dont l’uii, )) vainqueur au grand concours de iDcinture à Milan, » ne survécut pas même assez à sa victoire pour rece- )) voir la couronne qui lui était destinée. ■»
La réorganisation de l’Académie et le décès de l’iionorable prédécesseur de M. Al vin furent cause qu’il n’y eut pas durant deux ans de distribution des prix.
Les inscriptions aux cours étaient pour l’année scolaire 1887-38 de 55o. De ce nombre 287 avaient déjà fréquenté l’Académie, il y avait 268 élèves nouveaux. Avant, le nombre des élèves présents à l’Académie n’avait pas dépassé 4^0.
Cette année M. Al vin fut nommé secrétaire de l’Académie. Mentionnons dans le palmarès en 1887-88 un nom qui reviendra souvent dans cet historique, M. Jean-François Portaels, élève de M. I^avez, qui obtint le 2® prix de dessin d’après nature.
Par sa déj)êclie du 4 niai i838, S. M. le Poi accorde à l’Académie treize médailles dont trois en vermeil, quatre grandes et six ordinaires en argent.
Le directeur propose la suppression de la classe de gravure. Cette proposition est laissée sans suite.
Voici la liste des professeurs et du personnel de l’Académie, avec les émoluments attachés à leurs fonctions : MM. ]^avez, directeur, 5oo francs; Navez, professeur, 2,5oo; Suijs, architecte, 2,5oo; Paelinck, 200; Jéhotte, 2,000; Spol, 2,000; De Landsheer, 1,200; Caene, 1,200; Payen, 1,200; Tasson, 1,000; Bossuet, 1,200; Poget, 1,200; Kindt, 1,200; Graux, 1,200; Alvin, i,5oo; Thijs, 600; Barboux, 3oo ; Bernard, 3oo; Smonth, 3oo; Mlle, i5o.
En 1889, M. Jean Van Eijcken est nommé en remplacement de M. Paelinck, décédé. Les inscriptions, cette année, étaient de 552 élèves. Le 16 juillet M. le
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bourgmestre écrit au commaiiclant d’armée de la place de Bruxelles, demandant de bien vouloir donner des ordres x>our que les tambours de la garde montante s’abstiennent de battre dans les rues aA^oisinant l’Hôtel de ville, afin de ne pas troubler la cérémonie de la distribution des prix qui a lieu le dimancbe 21 juillet.
Du discours de l’année 1889, retournons sur ces quelques notes de la biographie du professeur M. Joseph Paelinck. Le secrétaire, au nom de l’Académie, A^oulait rendre un témoignage public de la haute estime qu’elle professe pour son beau talent, et le tribut d’admiration que méritent les excellents ouAU’ages dont il a enrichi l’art belge :
J. Paelinck naquit à Oostacker, AÛllage des environs de Gand, en 1781, le 20 mars. Ses parents étaient x^aiwres et x>eii éclairés. Sans autre inaitre que la nature, sans autre instrument qu’une branche d’arbre que façonnait son couteau, sans d’autres matériaux qu’un i^eu d’argile, il sculptait des figures de saints et de Christ dont il faisait un petit commerce. C’est ainsi qu’il réunit assez d’argent pour acheter une anatomie. Il trompa un protecteur en M. de Looze, de Gand, qui le laissa étudier. Un travail incessant, des luûvations de toute espèce, valurent à Paelinck de jiremiers succès à l’Académie de Gand ; ils lui facilitèrent l’accès de l’école, si célèbre alors, du peintre David. Sortant de l’atelier de David, le jeune peintre vint occuper à l’Académie de Gand une j)lace de professeur, mais quitta peu après cette place pour faire un a oyage en Italie ,• il y resta cinq ans. C’est là qu’il i:>eignit L’Invocation de la Sainte Anne, Le Christ en croix, TjCS Embellissements de Rome par Auguste, tableau appendu dans une des salles du Quirinal. Le nombre des tableaux i)eints l)ar Paelinck est très considérable. Aussi beaucoup de x)ortraits, dont quelques-uns sont des chefs-d’œuvre, décorent les hôtels des princii)ales familles du i)ays. Le genre ai)pelé romantique fut un coui) mortel i)our quelques artistes, car on ne se borna pas toujours à l’indifférence : on accabla d’insultes les rivaux que l’on i)rétendait avoir vaincus. Les réputations les ])lus légitimes furent contestées. Ce fut le cas de Paelinck. Il n’eut pas la force, à la fin de sa carrière, pour fouler aux i)ieds
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le mépris de juges incapables de l’apprécier. Malade, il reçut sur sou lit de dovileur la croix de l’ordre de Léopold. Il mourut à Bruxelles le 19 juin 1889. Il était depuis trois ans seulement ]>rofesseur à l’Académie.
M. Al vin, dans le même discours, rend hommage à la mémoire de M. Rouppe, qui, rannée précédente, quelques jours avant sa mort, et malgré son état maladif * (car à la sortie de la cérémonie il eut un évanouissement), avait tenu à remettre lui-même, 'aux lauréats, les couronnes.
Le 16 décembre 1840 un congé fut accordé au professeur Bossuet pour un voyage à faire en Espagne et en Afrique. Le collège encouragea l’artiste et exprima l’espoir que son voyage serait fructueux, au point de vue des beaux-arts, autant pour le pays que pour l’artiste.
Cette séance était présidée par M. le ministre de l’Intérieur et le bourgmestre, le chevalier Wyns de Baucourt.
M. Alvin, dans son discours de 1841, dit :
(c En i835, lorsque la Bégence de cette ville songea » à réorganiser l’Académie des Beaux-Arts, cette )) institution subissait, comme tous les autres établis- )) sements d’instruction publique du royaume, les » conséquences de la situation politique. Parmi ces » causes, il faut placer en première ligne les change- » ments opérés dans la législation par l’introduction » de principes nouveaux qui sanctionnent les con- )) quêtes de i83o : la liberté de l’enseignement et » l’accroissement des franchises communales. C’est )) dans ces circonstances que l’administration commu- » nale de Bruxelles résolut de sauver son Académie )) et qu’elle donna aux autres villes de Belgique un » exemple que plusieurs suivirent. Elle opéra, sans
)) autres ressources que celles de la commune, la )) réorganisation de son école; elle sollicita, il est vrai, )) et elle obtint de Sa Majesté le titre d’ Académie )) royale, mais elle se contenta de le partager avec ses » sœurs des autres provinces. » Il fait aussi allusion à un acte d’insubordination qui priva une des classes supérieures des prix qui couronnent les travaux de toutes les autres. Ces désordres étaient principalement dus à des révélations indiscrètes qui avaient présenté l’administration supérieure comme hostile à l’Académie et comme disposée à la sacrifier au profit d’une institution rivale. Les instigateurs de ce désordre furent exclus de l’établissement par décision du conseil académique.
Le plus ancien professeur de la vieille Académie, M. Constantin Coene, décéda cette année, laissant une réputation fondée sur un talent populaire et vrai. On déplora également la mort du jeune Aloïs Geefs, artiste plein de talent, qui j)romettait pour l’avenir. On appela aussi- l’attention sur la toile d’un jeune Belge, M. Louis Gallait, formé par les leçons de l’habile Hennequin, mûri par de profondes études dans la capitale de la France, et qui excita l’admiration et l’enthousiasme du public. On rendit hommage au Bruxellois De Biefve, qui venait de remporter un éclatant succès.
En 1841 eurent lieu les nominations deM. Stapleaux, en remplacement de M. Coene, et de M. Meulenbergh.
Le 25 septembre 1842, assistaient à la cérémonie des récompenses M. Seymour, ministre d’Angleterre, et le comte Amédée de Beaufort. Voici un extrait du discours que le bourgmestre Wyns prononça à cette occasion :
« Dans les siècles antérieurs, les écoles de Flo- )) rence, de Borne et de Venise l’emportaient sans
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)) doute à plusieurs égards sur celles de Flandre et de » Hollande, mais le phénix du Midi, mort au vi® siècle, » n’a pu renaître de ses cendres. Michel- Ange et » Eaphaël n’ont eu depuis longtemps un successeur )) qui les rappelât. L’Italie ne vit jdIus que de souve- » nirs : les écoles du Nord, au contraire, n’ont jamais » Yu la chaîne artistique se rompre entièrement. » Depuis quelques années surtout, elles brillent de )) tout l’éclat de leurs anciens jours, et les Wappers, )) les de Keyser, les Gallait, les Yerboeckhoven, les )) Madou, recueillent dignement l’héritage des Rubens, » des Van Dyck, des Paul Potter, des Teniers. Les w i^rinces et les peuples de l’Allemagne accueillent )) actuellement avec la plus haute distinction un des
élèves de l’Académie, un de ceux au talent desquels » nous applaudissons le plus vivement, M. De Biefve. ))
M. Al vin, dans son rapport, constate le nombre toujours croissant des élèves, et les i^rogrès réalisés par eux. Il félicite les professeurs et adresse des éloges aux anciens élèves, Gisler, Portaels, Swaertenbroek, Legrand, Robert.
En 1842, le jury témoigne sa satisfaction à l’égard des concours de j^lusieurs classes, notamment de dessin et de sculpture d’après nature. Les élèves Stallaert, Bonnet, Luyck et T’Kint ont été particulièrement signalés.
Il y avait en i843 741 élèves inscrits.
Le rapport de M. Al vin, lu à la distribution deé prix de 1844» nous apprend : (c que les leçons de )) l’Académie sont suivies par 65o élèves, dont 385 de » Bruxelles et 268 nés hors des murs de Bruxelles; )) dans le nombre, les pays étrangers ont fourni » 52 élèves.
)) La réputation de l’Académie de Bruxelles, dit
)) encore le rapporteur, est parfaitement établie dans » tout le royaume ; de toutes les provinces on nous » envoie des élèves pour compléter leur instruction. )) Mais, il faut le dire, quelquefois les jeunes gens de » Bruxelles, esclaves d’un préjugé, vont au loin et à » grands frais, clierclier une instruction qu’ils pou- » valent trouver si facilement cliez eux. »
» L’Académie n’a pas de classe spéciale de peinture. » Mais, de même que les élèves sculpteurs complètent )) leur instruction pratique dans les ateliers de nos » principaux statuaires, et entre autres dans celui de » leur professeur, M. Jéliotte, plusieurs élèves de la )) classe de dessin d’après nature suivent aussi, pen- » dant toute l’année, l’atelier de nos premiers peintres, )) et particulièrement celui du directeur, M. J^avez.
)) La classe de gravure est la seule école d’applica- )) tion qui soit officiellement adjointe à l’Académie. » Cette classe remonte à l’époque de la réorganisation )) en i836. Déjà 23 élèves sortis de cette classe )) exercent lucrativement leur art.
)) L’élève de l’Académie, au travail duquel le jury » n’a décerné que le second X3rix, le sieur J. Laure^^s, )) d’Ostende, a j)u n’être pas assez bien inspiré dans )) notre concours; mais il a prouvé d’une manière )) éclatante que le second de Bruxelles peut être le )) "premier partout ailleurs.
» C’est à cet élève que la Société des Beaux-Arts de » Gand vient de décerner le grand prix d’arcliitecture, )) disputé j)ar une foule de concurrents de toutes les » écoles du pays. ))
En 1844 J démarclie fut faite auprès de Sa Ma-
jesté pour qu’Elle daignât honorer de sa présence la cérémonie de la distribution des prix.
En 1845 la ville ne voulant soumettre la réorganisa-
IIO
tion, le règlement et la nomination des professeurs à rai)probation du gouvernement, celui-ci supprima son subside.
A cette suite, M. Gendebien s’exprima comme suit en séance du 17 décembre 1845 :
« Si ma mémoire est bonne, il y a deux volumes à » cette histoire : on a commencé par offrir au Conseil )) un subside à la condition qu’on qualifierait de » royale l’Académie communale. On a dit alors que )) s’il ne s’agissait que de ce titre, les difficultés ne )) seraient pas grandes, mais on a craint que cette )) qualification n’amenât l’intervention du gouvernew ment dans le ménage communal. On a passé là-dessus
et notre Académie a été qualifiée de royale.
» Le deuxième volume est arrivé : la qualification )) royale a amené la prétention du gouvernement à )) intervenir dans l’administration de l’Académie, dans » la rédaction de ses règlements, etc. En i835, on )) avait de justes et légitimes appréhensions sur les » conséquences de cette intervention ; on a fait remar- » quer alors que c’était nous enlever une partie de )) nos prérogatives consacrées par un article formel de )) la loi communale. Le gouvernement d’aujourd’hui ne )) m’inspire peut-être de la même défiance, il est vrai )) qu’il peut m’en inspirer demain. )>
M. Fontainas répondit : « JS’ous ne pouvons, pour )) un subside, compromettre un droit que nous donne la » loi ; nos droits sont sacrés, nous ne pouvons les )) altérer. »
Pourtant on s’inclina: sur 22 votants, 18 répondirent pour l’affirmative, 4 pour la négative.
S. M. le roi accorda en i844-4^’ médailles, dont 4 grandes en vermeil, 8 grandes et 8 petites en argent.
M. Fr. Stallaert obtint cette année le i®^ prix dans la composition historique. La distribution des prix se fit dans la salle Gothique de l’Hôtel de ville.
Le collège autorisa en 1846, mais temporairement, que le cours d’anatomie fût donné à l’IIniversité.
On j)réconisa aussi, vu l’état défectueux de l’éclairage et la dépense exorbitante, de substituer au gaz portatif le gaz ordinaire, ce qui réduirait la dépense de 2/5.
Cette année nous trouvons dans le palmarès comme premier prix d’architecture (composition) M. Beyaert, et pour la composition historique entre les dessinateurs, M. De Groux, Charles.
En 1847 le gouvernement refusa à nouveau son subside à la ville. M. le professeur Meulenbergh fut nommé professeur de la classe de gravure, en remplacement de M. Spol, démissionnaire.
Dans le raj)port de M. Henne, secrétaire, lu à la distribution des prix le 3 octobre 1847, nous trouvons que l’Académie a été fréquentée par 769 élèves; parmi ces élèves il y avait 342 artisans.
(c Or, dit ce rapport, si en présence de ces résultats,
)) on pouvait nier encore la corrélation naturelle » existant entre les beaux-arts et l’industrie, nous en )) appellerions à cette brillante exposition dont Bru- » xelles vient d’être le théâtre ; nous citerions ces )) nombreux chefs-d’œuvre où le crayon de l’artiste a )) guidé la main de l’artisan, et établit entre eux une i » généreuse émulation, source féconde pour les uns et )) pour les autres de bien-être et de gloire.
» Le rapport finit en rendant hommage à M. Por- )) taels, dont les succès ont si bien justifié les espé- ? )) rances qu’avaient inspirées ses premiers pas dans la )) carrière des arts. M. Portaels, en 1842, remporta le )) grand prix de peinture à Anvers ; en 1843, la Société