II
taires : il les engagea vivement à rester à leur poste, et si beaucoup d’entr’eux crurent prudent de se retirer, plusieurs autres, ras-* sures par le ministre, conservèrent leur emploi. Toutes les personnes dont les talens étaient jugés utiles, furent appelées par Monge, quelles que fussentleurs opinions. L’on citera M. Icr vicomte Duboucbage, son prédécesseur au ministère, que uous avons vu y revenir en dernier lieu, et qu’il nomma inspecteur-général de l’ariilierie de là marine : poste qu’il occupa pendant plusieurs années. M. le chevalier de Borda refusait, depuis le lo août, de correspondre avec le ministre ; Monge descendit, à la prière pour obtenir la continuation de ses services, et le succès de ses efforts lui parut l’équivalent d’une victoire. Le chevalier de Grimoard resta trois mois près de lui à l’hôtel de la marine ; les sollicitations du ministre en obtinrent des conseils, mais ne purent lui faire accepter un commandement j malgré toutes les représentations de celui qui était devenu son ami, M. de Grimoard voulut retouiTier à Rochefort, où, peu de temps après, il périt sur l’échafaud. Plusieurs
jeunes officiers, de marine se proposaient d’émigrer ; Mrnge les retint ou leur donna des missions lointaines, qui les mirent à l’abri pendant la tempête de la révolution (i). Plût àï)ieu que l’exemple donné par Monge eut trouvé plus d’imitateurs j et ne doit-on pas convenir que s’il exécuta de cette manière dépuration . dont il était cliargé , c’est qu’il avait et plus de lumières, et plus de bonté que ceux qui depuis en ont agi avec moins de modération dans des circonstances moins difficiles.
Bientôt la France appela toute sà jeunesse sous les drapeaux pour résister aux invasions étrangères > et l’on se souvient des efforts prodigieux qu’ellé eut à faire, pour armer les bras de ses douze cent mille défenseurs. C’est à cette époque que nous voyons Monge ^ sans traitement -, quoique l’extrême médio-^ crité de sa fortune ne se fût pas améliorée pendant son ministère ^ travaillant avec i’ar-
(i) On peut citer, entr’autres, M. de. . . ., envoyé à Cette époque dans f’tuoè. A son leiour , s üs ie re'ginië impérial, Monge obtint encore pour luLune sous-prélecture.i,.
deur la plus infatigable à établir des fonde-, ries et des foreries de canons, ! des ateliers d’armes, des raffineries de salpêtre , des fabriques de poudre. C’est a lui et à quelques savans que la France dut cette impulsion qui la transformâ quelque temps en un vaste ar-senal. Sans doute il est j liste que leurs travaux les fassent entrer en partage de la gloire qu’obtinrent depuis lors nos armées.
Mais c’était,peu défaire marcber momentanément les sciences ari secours de .la patrie ^ il fallait lui assurer à jamais: deui-; appui.- ét recréer en France l’instruction .publique que les erreurs, et les excès de là: révolution avaient anéantie. On ouvrit Une Ecole n^male dans laquelle des savans les plus .illustres donnè:^ rent, sur les brançbes . principales des connaissances bumaines, des: leçons propres à former , 4 %a^biles profess.eurS:^ Monge ÿ Et
un cours ; de :^épmétrie descriptive J. et ce fiit la première fois que eetfee ; s.cience si utile aux artS iSortit de l’obscurité où elle était née pour être publiquement démontrée. L’Ecole normale n’eut que quelquesmois d’existence; mais elle fit renaître sur un sol réceniment ravagé la culture des lettres et des sciences. :
A cette époque se faisait également sentir le besoin de pourvoir d’bommes instruits les différentes parties du service public qui exigent des connaissances précises et des études spéciales. Monge conçut Fidée de l’Ecole polytechnique dont il devint le fondateur, î^ous fûmes choisis d’après des examens propres à constater notre intelligence, et au nombre de quatre cents jeunes gens, nous fûmes appelés à Paris de tous les points de fe France. Cinquante d’entre nous, pris parini ceux qui annonçaient une instruction plus avancée, furent réunis d’abord et destinés à devenir les guides de leurs camarades- C’est à cette première réunion quenous contmençâmes à connaître cet homme si bon , si attaché à la jeunesse, si dévoué à la propagation des sciences. Presque toujours au milieu de nous j âux leçons de-géométrie-, d’analyse ^ de physique, il faisait Succéder d^ entretiens particuliers où il y avait plus a gagner encoié^ îl déVenaitl’nmi de chacun de nous, s’associait aux efforts q'u’ir provoquait sans cèsse, et applaudissait avec toute la vivacité de son Caractère aux suéeès de la jeune intelligence de ses élèves. Quelques-uns
d’entre nous avaient reclierdhé par l’analyse les courbes d’égale teinte sur la surface d’une sphère non polie ^ l’un d’eux se chargea de dessiner en secret une sphère en disposant les teintes du lal?is d'après les résultats du calcul : l’image était parfaite^ sitôt qu’elle fut achevée , Un fa plaça sous les yeux de Monge. Il est difficile de se faire une idée du moment déliorihéur qud éprouva j vingt ans après il ne jpOuvait en parler sans émotion.
L’École polÿîéchnîque s’ouvrît enfin j il avait refusé d%h être le directeur en titre, ,quoiqueau"fàît tout se fît par sfô conseils et son impulsion ^ mais 41 valait 4nièuix,, di=- Sait-ilV pour attelé àu ékar que pottr Twonie/’ ‘iUrSjé NOusle vîmes rëfairê là ,
pour quatre cents élèves, ce qu’fl avait fait d’ahOrd pour ciHcpiante. dPlusieurs cours a la fois ^ surd^ânalyse, la gèOmétrie^t la phÿsiquOj ne Lempêehaieht pas dë-venir dans nos salles ddtùdës lever nOs difficultés', causer de science avec nous^i et lorsque -le soir - IL regagnait sa demeure y Une foule d’élèves- l’accompagnait jusqu’à'^a porte, -pour profiter encOrede son entrëtièn; ©’aU-
très professeurs parlaient mieux que Monge, aucun ne professait aussi-bien que lui.
Ses gestes, sa pose, les tons variés de sa voix, tout lui servait à développer ses pensées et ajoutait à ses expressions j l’oeil tour j ours fixé sur les yeux de ses auditeurs, il savait y deviner le degré où en était l’intelligence de chacun d’eux ^ il recommençait sa démonstration , variait ses tours, et rie jjassait jamais à la seconde partie d’un raisonnement que la première ne fut généra^ lement comprise. C’est ainsi qu’en peu de temps il nous donna une foule d’idées nour Telles, qu’il init à notre portée des recherches regardées comme difiS^ciles par d’habiles géomètres eux-mêmes. Et comment ne nous aurait-il pas électrisés ? ce qu’il nous enseignait, c’était presque toujours lui qui l’avait découvert, etil joignait la chaleur de l’inventeur à toutle zèle, à toute la patience d’un pèrê.
L’auteur de cette notice, dans la province où le retiennent ses devoirs, manque des matériaux qui lui seraient nécessaires pour parler convenablement des travaux scjmxtifiques de Monge j et d’ailleurs , la natiire et les bornes de cet écrit ne lui permctteiît
ï[ue de rappeler en peu de mots fceux qui ont eu le plus d’éclat.
On sait què pendant que Cavendisli à Londres , traVoisier à Paris, découvraient les principes constituans de l’eau, considérée jusqu’alors comme un corps élémentaire, Monge obtènait à Mézières des résultats équivalens par uné expérience ingénieuse et directe. Ses mémoires sur les pliénomènes capillaires, sur diverses parties dê la météorClogie, ont jeté un grand jour sur des problèmes impôrtàns. Il fut au premier rang parmi ces sa vans qui fécondèrent les sciences physiques en les alliant au'x matliématiques, et en portant , dans lés reclierclies naturelles , cet esprit dé calcul èt cette exactitude rigoureuse qui jusque-là n’avaient presque jamais appartenu qu’aux sciences; abstraites. -
C’est dans les mathématiques sur-tout que le nomdeMonge vivra pour l’honneur delà France. Jeune encore, peu au courant des travaux récens des autr e8“géqmètres, il t raçait les premières méthodes générales connues pour l’intégration des équations aux différentielles partielles , tandis qu’Euler à Pétersbour^,
Lagrange à Berlin, y parvenaient par des considérations absolument différentes. Il interprétait les équations des courbes à double courbure, et en donnait les intégrales; il développait enfin cette théorie des surfaces qui émit entièrement sa création, et il la liait aux calculs différentiel et intégral, dont elle lui servait à éclairer les détours les plus obscurs. Traduisant sans cesse, dans le langage analytique, les images que lui offrait la géométrie la plus relevée, et ensuite redonnant dans l’espace des formes aux résultats de l’analyse, il assurait leur marebe commune en les faisant servir tour à tour^ çt l’une à l’autre, de guide et d’appui (i). Ce ^ui forme le caractère particulier des écrits analy tiques de Monge ^ c’est leur Ordonnance parfaite, c’est cette syniétrie des formules qui soutient et soulage l’attention du lecteur, cette netteté de calcul enfin , qualité pour laquelle Lagrange seul peut-être fut son égal, et qui nous paraît , dans la langue des
(i) C’était en parlant de ces ouvrages que Lagr-mge s’écriait, avec une naïve vivacité à’ému\&t\on: Avec son application de l’analyse à la géométrie, ce diable d’homme sera immorteL
sciences exactes, ce que le nombre et la clarté du style sont dans les compositions de la littérature.
Mais c’était principalement àdes recherches utiles aux arts, et d’une application immédiate du bien de la société, que Monge se plaisait à céhsâcrer cette force de tête et cette sagacité dont l’avait doué la nature.
Il était uhé branche de la science de l’étenduè dédaignée jusqu’alors par les savans, et qui végétait ighèrée dans l’ombre des atèliét^ de quelqués arts pour lesquels il estindispéii-^ sable de mettre de la précision dans les traëés quidirigentleurs opérations. Monge recuéillit ou retrouva les procédés exacts, découverts et mis en usage par les hcninîes''obscui*S j qui ^ de temps immémorial , les^ pratiquaient et se les transmettaient soùs le' secret; il les perfectionna, les étendif, les coordonna dans une théorîe-générale'j ^ir forma enfin cette science de la géométrie dèscrîptive, qui, grâcé à ses ttavaux ^ est aujourd’hui passée dans l’enseignement public. Il'avait conçu le plaU d’un autre ouvragé également intéressant pour les progrès de l’industriéyet nous promettait une théorie des élénièns^des machines-;
il en avilit fait le sujet de ses méditations et réuni les matériaux. Combien nous devons regretter qu’une main aussi habile n’ait pas achevé un monument d’une si grande utilité pour les arts! ; ;
. Eendant que nous noe^s livrions à l’ardeur, que le créateur de l’École^ polytechnique savait nous inspirer pour les sciences, dont, on nous prodiguait toutes les richesses, des dissensions civiles troublèrent un instant nos, études. La plupart des sections P^ris avaient prisles armes contre la Convention , au i 3 vendémiaire an IV. Le sang eoula, e^ à la soite de son triomphé, la Cqnventî^; poursuivit ceux qui aval eut pçisipart au çqmn bat.^ l?lusieurSr. <le:;nQs camarades; étaient de, ce nombre, air^i quiun de nosTprofesseurs|^ officier distin^uév Gé dernier r fut obligé; 4^ s’éioignef, maisJ^loïig^iobtint pour lui, p^ni de tempsaprès , une place équivalente à c^liej qu’il avait été forcé d’abandonner; Quanb aux élèves, ils ne dissimulèrent pas la eop-'t duite. qu’ils avainntrt®P^® j ^l^ur expulsions paraissait inévit^jn ^p'le. conseil de l’Écoléj ail ait exécuter^ ies-prdres qu’il ayait reçus ^ lorsque Monge s’y opposa -, et faisant tête au;fc plus exaltés et aux plus craintifs de ses colla-
borateurs, il maintint dans nos rangs ceux qii’on voulait en exclure (i).
Tel nous avons connu Monge j et dans les; souvenirs dé notre Jeunesse, le savant illustre est inséparable de rhcmme simple et bon qui se dévouait à notre instruction , et qui voyait en nous ses enians, dont il n’eût pas voulu se laisser enlever un seul, '
Deux âpres la fondation de l’École polytechnique, Monge fut chargé d’aller en Italie recueillir les obj ets d’arts et de sciences que les traités, fruits de nos victoires, nous avaient assurés. C’est là qu’il vit pour la première fois le général, auquel les armes de la France devaient alors tant d’éclat. Lé savant ne put résister à l’ascendant du guerrier qui i’âccueilîâit avec les distinctions les plus flàtteùses ; son ame ardente, livrée a tout l’enivrement de la gloire., lui fît prendre part à la concéption du projet de cette expédition brillarité qui montra pendant quelques momens une colonie française sur l’ancienne terre des Sésostris et des Ptoloméés.
(i) Parmi les éîèyes dont on vient'de parler , on ns citera ici (jue MM. Màlus et Biot.. .
Ce fut à cinquante-deux ans qu’il quitta la famille la‘plus tendrement chérie, les habitudes d’une vie privée, pour suivre Farmée française sous le ciel de l’Afrique j entraîné partout ce qu’il y avait de plus séduisant.et de magique dans la pensée de reporter le flambeau des arts et des sciences sur les rives du Nil où les Grecs ont Jadis été chercher la lumière qu’il nous ont transmise, et de rendre à l’Egypte, au profit de la France, l’entrepôt du commerce de l’Europe et de l’Asie.
Nos anciens camarades, qui firent partie dé cette excursion célèbre, peuvent dire qu’ils y retrouvèrent Monge tel qu’ils l’avaient vu à l’École polytechnique, mêlant la bonté la plus touchante au zèle le plus actif pour les sciences. Ils se rappelleront que ce fut dans la traversée du désert qu’il trouva l’explication du phénomène du mirage. L’année, marchant dans une plaine immense de sable brûlant, croyait voir à peu de distance autour d’elle un vaste lac d’une eau tranquille, dont la surface réfléchissait les objets qui s’élevaient au-dessus de l’horisonjles soldats, dévorés par la soif, couraient et n’atteignaient jamais les rivées fantastiques de ce lac qui
touj ours reculait cl evaiit eux. Moîige recoiiBut dans ce pliénomémC un effet remarquable de la réfraction produite par la dilatation des couclies inférieures de l’atmosplière due à Texcès de la chaleur du sol sur celle de lair.
Il s’occupa du soin de rechercher les traces des anciens canaux qui paraissent avoir uni le Nil a la mer Rouge^ il visita les lagunes qui forment l’extrémité septentrionale de cette mer fameuse, mais peu connue, et retrouva sur les indications des historiens de la Grèce une foule de lieux célèbres dans l’antiquité la plus reculée. Quoique atteint d’une maladie grave, il ne put résister au désir de suivre Farmée en Syrie, et de voir un pays plus célèbre encore que l’Égypte par l’inïluence f|u’il a eu sur les destinées du monde.
Lorsque le chef de .cette expédition aventureuse regagna la France, il ramena Monge avec lui^ et bientôt après, devenu maître du gouvei-nementde l’état, il plaça, dans le sénat qu’il venait du créer, le savant qui avait été le compagnon d’une partie de ses travaux.
Mongerevit son oeuvre chérie, l’École polytechnique, et voulut y reprendre les fonctions
de professeur. Son nom et son activité râoU maient clans les élèves l’ardeur de l’étude; ils Voyaient avec une joie respectueuse le créateur de l’École venir se livrer encore à leur instruction, et un autre motif ajoutait à leur vénération pour lui. Ils savaient que le traitement affecté aux soins qu’il se donnait pour eux, était entièrement consacré à soutenir à l’Ecole ceux d’entr’euxmêmes qui étaient les plus dénués de fortune. Lorsqu en i8io, l’âge et les suites d’une longue et douloureuse maladie, le forcèrent de cjuitter le professorat, la pension qui lui fut allouée, reçut jusqu’en i8i6, époque de sa suppression, ce noblie et touchant emploi.
L’on peut citer bien d’autres preuves de ^on désintéressement. On sait que le chef de l’ancien gouvernement ne lui fit accepter qu’avec peine les largesses dont il voulait le combler; il les refusait en lui demandant de les reporter sur ceux qui avaient des besoins plus grands que les siens, ou sur iesdiorames encore jeunes et plus en état que lui de servir utilement leur pays. Qu’il me soit permis de révéler encore ce dernier trait. A la fin de i 8 i 3 ,ouaux premiers jours dè 1814, lors-
que nos armées, trahies parla fortune, se repioyaient sur les frontières de l’ancienne France, que le reste de l’Europe allait envahir, Monge est envoyé en mission dans les départemens de l’Ourthe et de la Meuse-Inférieure j il apprend que le corps d’armée du duc de Tarente, qui se retire de Maëstricht sur Liège, n’a pas reçu de solde, et il renvoyé sur-le-champ aux mains du payeuî sept mille francs qu’il avait touchés la veille, et qu’un ordre supérieur lui allouait comme rem-^ boursement de.dépenses faites pôur lé service public; ^
Nous lie parlerons'pas des peines qui ont attristé'ses dernières années. A plus d’une reprisé sa sensibilité fut vivement blessée ; et sa force moralé, diminuëè par l’âge et les fatigues d’une vie laborieuse et agitée, céda aux secousses qui assaillirent sa vieillesse. Les soins de la compagne dont il fit quarante et un ans le bonheur, et la piété filiale de tout ce qui l’entourait, allégèrent pour lui le poids des infirmités, et adoucirent les souffrances qui précipitèrent sa fin.
La mort l’a enlevé à l’âge de soixante et
douze ans à l’amour de sa famille, et au tendre attachement de ses anciens disciples.
Nous tous, qui devons les connaissances par lesquelles nous nous rendons utiles à uotre pays, aux leçons d’un tel maître, et à l’impulsion que son génie et son zèle surent donner à un des plus, beaux établissemens qui aient jamais été créés pour l’instruction publique j militaires ou fonctionnaires civils , manufacturiei’s ou agriculteurs, dispersés aujourd’hui sur toute la surface de la France, ou lancés en des climats étrangers , nous ■ sommes bien sûrs que la même douleur mous anime, que ce doux lien de confraternité qui rattaçhe entr’éux tous les élèves de f École polytechnique, ce lien, dont nous reconnaissons que Monge fut le premier et le principal auteur, nous réunisse en idée autour de, son tombeau pour rendre à sa mémoire un der-, nier et public hommage de notre vénération, et acquitter en partie du moins la dette de la pjatrie, ,
Et vous, qui, dans cette École, occupez ac-^ tuellement les rangs que nous remplissions il y a vingt-deux ans, vous n’avez connu qué par tradition l’homme. que nous pleurons j
c’est sur les rapports de vos prédécesseurs que vous appréciez les services qu’il vous rendait avant que vous vissiez le jour. Cependant vous vous êtes associés à notre douleur j et, placés à Paris, vous avez pu devancer par votre hommage l’expression du nôtre. Ce mouvement si libre et si pur qui vous a conduits sur le tertre où reposent les restes de Monge pour y déposer la couronne civique que lui décernent tous ses disciples (i), montre combien le noble sentiment de la reconnaissance a d’énergie dans vos cœurs. Vos devanciers vous, en rendent grâce j vousles avez dignem.ent représentés ! î I
(t) Aucuns des élèves de l^’École n’a pu assister au convoi de Monge j mais aussitôt qu’un congé leur a laissé la faculté de sortir, ils se sont rendus sur sa tombe , et ils y ont déposé une couronne. .
( Nota, ) Un grand nombre d’anciens élèves de l’Ecole polytechnique a demandé àsousçrire pour ériger un monument à Monge.
La souscription est ouverte chez M. Bertrand, nolaire, rue Coquiüière, n® 46*