Quels seraient les moyens les plus efficaces pour
rendre aux libertés gallicanes leur énergie et leor lafluence, et de rétablir en entier Tantique discipline?
5. Quels seraient les moyens d'inspirer aux sanas, gens de lettres et artistes, du courage civil, de la dignité; de prévenir, de guérir cette propension qu'ils ont presque tous pour Tadulation et la servilité?
4. Quels seraient les moyens d'extirper le pcéjugé injuste et barbare des blancs , contre la couleur des Àfiricains et des sang-mêtés?
tt. Des sociétés respectables en Europe et en Àmériqos s'occupent du projet d'empdcher & jamab la guerre M d'extirper ce fléau. À leurs vcsnx j« joins les nûmii quoique l'espérance du succès n'égale pas l'étondue deo désirs. Parmi les moyens préparatoires k la téusisîte , oa pourrait avoir , ce me semUe, un bon oiivrag.e sw ^ mi^ suivant , mis an concours :
Les militaires, assouplis par l'obéissance passiViS et p^r remploi de la force physique , ont une UndiMce h négliger ou fouler aux pieds les devoirs de citoyens , quels se* raient les moyens df'empftcfaer qu'ils ne les publient , «t i» les porter à les accomplir?
6. Les nations avancent beaucoup plus en lumière i en connaissances, qu'en morale pratique ; recbercher les causes et lef remèdes de cette inégalité dans leurç progrès... Je regrette que ma fortune ne me permette pas d'y attribuer des sommes plus considérables.
L*Eg1isë galH^ne, qui, par les vertus et lasoieDce était, du temps de Boâsuet , l'une des plus illustra de la catholicité, est présiEttiteineiit envahie par rignorance et Tultramontanisme. On conçoit les préventions , Vaversion , la haine dà clergé ^ui dotnine là France actuelle contre les évêques et les prêtres assermentés , qui ^ à travers la teni« pète d^ntië persécution inouïe dans les fastes de TEglise , ont conservé le dépOt sacré de la religion. Sans leurs efforts, TEglise catholique eût été peut- ôtre à jamais exilée de la France ; ite furent les instrumens dont Dieu se servit pour l'y maintenir. Malgré les fureurs dirigées contre eu:i,ils rétablirent le culte-, en' sorte que i52,214 paroisses^ , presque tontes desservies par des prêtres assermentes, avaient, en 1796, l'exercice public 'du culte, quatre ans avant le concordat de Bonaparte', auquel l'adulation a voulu très maladroitement faire honneur de ce rétablissement. Ils tinrent des sinodes et des conciles sous les yeux de leufs ennemis.
Une persécution d*un autre genre est présentement dirigée contre eux par le clergé émigré rentré. Plusieurs fois il a refusé les honneurs funèbres à dira ecclésiastiques assermentés, tandis qu'il accordait les funérailles chrétiennes (à Saint^enott de Paris) à Tastronome Lalande, athée déclaré, et (à Saint-Sulpice ) à Yolney, mort décidément incrédule. Qui sait si le même clergé n'outragera pas, jusque dans le cercueil , celui qui rédige ce codicile!
— sosie lai accorde on pardon anticipé , et je aoohaite qae Dieo
ratifie ce pardon \ c*e8t loi qui nous jugera. Je présume,
d'ailleurs , qoe peu de personnes assisteront à mon inbs-
lion-, les amis dignes de ce nom sont si rares! Les Immi-
mes poar la plupart sont si Cbiux et si lAches ! mais je di«
sire qu'on appelle des paurres à mon convoi, je veux eoi-
porter leur bénédiction. Mon intention est quon lesr
distribue des aumOnes.
Je Tcnx être enseveli par des hommes» et revêtu des insignes de mon ordre , par respect pour le caractère épiicopal dont j'ai l'Iionneur , quoique indigne » d'être revêto.
Sur ma tombe on placera une croîs de pierre , avec mon nom et cette inscription : Mon Dieu, /aùes-mm miséricorde 9 et pardonnez à mes ennemis.
Je demande pardon aux personnes que j'ai pu oflenseï; et pardonne de tout mon cœur, non seulement i tontes celles qui m'ont fait ou voulu do mal , mais encore aux furibonds qui ne manqueront pas de m'insulter jasqnaa* delà du tombeao. Je laisse à mes amis^ aox hommes^ justes et impartiaox, la défense de ma mémoire.
Je désavooedans mes ouvrages imprimés et manuscrits, tout ce qui peu| être condamnable , inexact et déplacé ; je les soumets an jugement de l'Eglise catholique , apostolique et romaine; elle est la colonne de la vérité, Tarcbe sainte hors de laquelle il n'y a point de salut ; mes demieis souhaits sont pour son triomphe.
Je recommande mon ame' aux prières de la sainCc Vierge, des saints » de mon ange^^ardien, et à celles de mes amis. Je me prosterne anx pieds de Jésas-Christ, Thomme- Ken mort pour mes péchés. Arântde rédiger cet acte de dernière volonté, je me sois jeté à genooxpoar demander ses graciés *, je les implore de nouveau -, je meurs dans l'espérance qne Dieu me pardonnera mes péchés par les mérites de mon Sauveur, son divin fils^ et si d'un côté ^ je tremble à l'aspect de sesjugemens^ de l'autre je m'abandonne à sa miséricorde. 182S, 24 mai.
J'ai publié un ouvrage sur les domestiques , pour améliorer leur conduite et leurs mœars ^ un autre sur rutilit^"? d'un établissement pour former de bonnes gardes-malades. Si Tétat paie enfin ce qui m'est redû , comme ancien sénateur, madame Dubois et mes exécuteurs testamentaires aviseront aux moyens de former cet établissement , etc. . (Extrait ,du codicile du 10 mai 1831).
H. Gbégoibr ,
Ancien évêque de Blois. >;
Si maintenant nous jetons on coup d'œil sur la vie publique de Grégoire , voici le résumé qu'elle nous présente :
Dès avant la révolution y il demande pour les Israélites l'exercice de tous les droits de citoyen ,
et roblient de TiNâsemblée constituante^ — il réclame et fait décréter successivement l'admi»sion des hommes de couleur aux mêmes droits et l'abolition de la traite des noirs; il propose la suppression de la peine de mort et Tétablisseilient d'un droit public international ;
Il contribue puissamment à la réunidn des trois ordres dans les États-Généraux ; il donne à ses collègues du clergé l'exemple du serment civique ^ il demande l'abolition du cens d'éligibilité : il devient Tun des fondateurs du gouvernement républicain ; — il s'oppose à l'érection du trône impérial, au rétablissement delà noblesse et des msyorats ; il combat la création des tribunaux extraordinaires et les conscriptions de l'empire , le concordat des Bourbons avec* la cour de Rome , et la liste civile de Louis-Philippe;
Il protège les savans et les artistes , et leur fait distribuer des encouragemens ; il fonde une société de secours mutuels entre eux ; il s'efforce d'organiser une association générale des hommes de lettres et de science dans l'intérêt de la civilisation ; — il devient l'un des créateurs de l'Institut national, du Conservatoire des arts et
— 3i1 — métiers, du Bureau des longitudes et de TObservatoire ; — il conserve à la France ses bibliothèques, ses collections , ses monumens ; il participe activement à l'organisation de Fînstruction publique ; il travaille sans relâche au progrès de l'industrie et de l'agriculture ;
Il demande qtie le nom de Dieu soit inscrit en tête de la Déclaration des droits de l'homme ; il refuse, au péril de sa vie, d'abjurer ses croyances religieuses 5 il concourt puissamment au rétablissement du culte catholique en France , et en même temps à faire décréter la liberté de tous les cultes.
Que de travaux accomplis, que d'exemples donnés !
Et pourtant cet homme a été peint comme un énergumène sanguinaire , comme un impie et comme un hypocrite 5 il a été persécuté par ceux qui se déclaraient les ennemis de la religion et par ceux qui affectaient d'en être les défenseurs exclusifs; délaissé par le gouvernement impérial , il fut expulsé de l'Institut par les Bourbons , et déclaré indigne de siéger dans l'assemblée des représentans du peuple ; il est mort négligé par le pouvoir révolutionnaire de juillet , qui n'a pas
ifii^mc su protéger sa cendre contre le fanatisme.
Et cet homme, si l'église chrétienne savait être fidèle à la pensée de son fondateur, si elle mettait au rang des premières vertus Tamour de régalité , au rang des premiers devoirs là charité envers ses semblables , au rang des premiers mérites celui de souffrir pour sa foi, cet homme se* rait, dans TÉglise chrétienne, honoré comme un saint.
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