L’HOTEL FIEUBET JUSQU’A NOS JOURS
a prospéré. Au lycée, les élèves écoutent les leçons des professeurs les plus distingués de l’Université. Revenus à l’école, leur travail, leur conduite, leur éducation morale et leur instruction religieuse sont l’objet d’un contrôle incessant et des préoccupations de tous. Sous une discipline paternelle, l’enfant grandit, avec l’originalité de sa nature que l’on tâche de bien diriger, et non pas d’anéantir. Après les heures consacrées au travail, il rentre, chaque soir, dans sa famille : il retrouve son père, sa mère et la douce influence que de si profondes tendresses ne peuvent manquer d’avoir sur son cœur.
Tel est l’idéal de l’École Massillon. Ne semblerait-il pas que M. l’abbé Nouvelle, en la fondant, ait deviné l’avenir et pressenti ces jours malheureux où des maisons d’enseignement libre verraient expulser leurs maîtres, parce qu’ils sont d’un ordre religieux? Dieu a béni son œuvre.
De cet aperçu historique que faut-il conclure? C’est que l’École Massillon, en venant abriter ses élèves et ses études dans l’ancien hôtel Fieubet, n’interrompt point le passé de cette maison : elle le continue. L’hôtel, bâti par Mansart, fréquenté par La Fontaine et Mme de Sévigné, habité par un poète délicat, était comme un cadre naturel pour une maison de travail intellectuel, de culture littéraire et religieuse, de formation vraiment chrétienne et française.