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Notice historique sur l'enseignement du droit en Canada [microforme]

Nous voyons par les écrits de Cugnet, que, sous la domination française, le Procureur-Général du Roi en cette Colonie, donnait des conférences de Droit, et que ses élèves, sur ses certificats de capacité, étaient admis Conseillers Assesseurs au Conseil Supérieur. D’avocats, il n’y en avait point en Canada.

La conquête fit cesser cet enseignement, et, du- rant quatre vingt-dix ans, les étudians n’ont eu d’autre aide que quelques leçons spontanément données et à de longs intervalles, par M. Plamondon à Québec, et à Montréal, par MM. Viger, O’Suliivan et autres. En 1789, les Anglais de cette Colonie formaient le projet d’ériger une université ; Mgr. Hubert, Evêque de Québec, tout en déclarant le pays non préparé à cette entreprise, proposait cependant le premier le rétablissement d’une Ecole de Droit. Bien des années plus tard, le Grand- Juge Sewell fesait un nouvel appel cn faveur de l’œuvre. Ce ue fut néanmoins qu’en 1849, lors de l’incorporation du barreau canadien, que la loi encouragea, sans le créer, l’enseignement régulier du Droit, en accordant un stage privilégié aux étudians qui suivraient un cours complet dans une institution collégiale incorporée. Je euivais alors, après avoir fait ma théologie au grand séminaire de Montréal, Pétude de Toussaint Peiltier, premier Bâtonnier de l’Ordre des Avocats. Un jour que je me rendais à la Municipalité pour agir comme

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témoin à un acte de bienfaisance, je rencontrai Mr. depuis Mgr. de Charbonnel, que j'avais connu quand je portais l’habit ecclésiastique. Notre conversation tourna sur l’enseignement du Droit; il s’étonnait qu’il n’y en eût point en Canada, quand tous les pays civilisés en étaient dotés, et il me conseiila de diriger mes nouvelles études vers ce but. Je me disposais en effet à donuer des cours rivés. Je ne conçus l'espoir des cours publics que

le jour de mon admission au barreau, arce que ce projet me fut suggéré à examen même. M. Cartier et M. Morin en eurent l'initiative ; d'autres s’unirent à eux ensuite, et tous ces hommes éminens s’adressèrent à la Compagnie de Jésus, qui fesait construire à Montréal un magnifique collége. En attendant un acquiescement définitif, j’ouvris mes cours dans l'Ecole de Médecine, le 1er Mai 1851, en présence des professeurs et des élèves de cette institution, et de plusieurs membres du barreau, pour six élèves. Ce nombre était quelque chose, si lon considère que l’incorporation du collége, qui seule pouvait leur procurer les priviléges de la loi, n’était encore qu’une espérance, et qu’il paraît qu’à Québec on a dû commencer avec trois

\ élèves. Le premier repetitorium solennel put avoir lieu, le 12 Décembre, 1851, dans le coilége des Jésuites, le R. P. Rothaan, Général de la Compagnie, ayant permis au R. P. Boulanger, Provincial à New-York et au Supérieur à Montréal, de décider sur les lieux. C'était la véritable inauguration de l'Ecole de Droit ; Mgr. de Montréal, M. LaFontaine, le Juge Bruneau, le Surintendant de l’Instruction Publique, étaient présens, et Sa Grandeur voulut bien comparer les quatre élèves qui figuraient : aux quatre pierres angulaires d’un nouvel édifice. Le vénérable Mr.. D. B. Viger daigna passer à ; mon étude pour s’excuser de n'avoir pas pu se | transporter à la séance. Malgré ce beau comimnencement, il ne fut pas tout-à-fait facile d’obtenir lin- | gorporation du Collége, et M. Drummund fit perdre

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