‹ Notice historique sur l'enseignement du droit en Canada [microforme]Chapitre 2 sur 24 · RE EE · texte numérisé non relu

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une première fois la mesure, Nous recommencä: mes avec courage dans la même session parlementaire, et nous réussîimes, L’Honorable L. J, Papineau et l’Honorable W. Badgley votèrent pour nous. (1852). Nous avions joué notre fortune, car il y avait eu crise; nos six élèves s'étaient bientôt. réduits à quatre, où même à trois élèves effectifs ; mais ils avaient été bientôt rejoints, avant même l’acte d’incorporation, par deux notaires publics, un étadiant notaire, et un autre étudiant avocat. Si l’auditoire était petit, il était au moins honorable. L'hiver de 1853, il y eut onze éièves ; quatorze en 1858, dix-sept en 1859, vingt-sept en 1860 et trente-et-un en 1861. Si l’on met en ligne de compte les réceptions aux professions légales durant l’année, on peut aller au delà de quarante cinq noms. Il y avait eu tout-à-coup engouement pour la carrière du professorat, au point que trois juges.ont accepté des chaires, sans néanmoins aucun profit pour l’œuvre. Le collége McGill avait organisé en 1853 une faculté de bacheliers, qui sont censés donner des cours réguliers de droit, et Puniversité Laval, en organisait une autre en 1854. Si ces deux institutions n’ont pas eu tout le succès désirable, cela n’a pas peu dépendu de ce que, dans ce pays, où les cours ne sont point obligatoires, on a voulu avoir plus de professeurs que dans ceux où ils le sont, et où ceux-mêmes qui ne se destinent pas au barreau font leur droit. Au Temple même, qui est une école spéciale de droit, anglaise, le nombre des professeurs est fort limité, un par collége (inn). L'université de Cambridge 6n a deux ainsi que celle de Dublin. Celles d'Oxford, de Londres, de Durham, de Glasgow n’en ont qu’un; seule, celle d’Aberdeen en a trois. C’est le nombre actuel} de P Ecole de Droit: res faciunt collegium, dit Neralius«-Priscus. Alors que la faculté Laval n’avait que cinq élèves inscrits, elle nommait sept professeurs, et en appelait de France un huitième! Elle a d’ailleurs bien fait de se procurer les services du

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professeur Aubry, non seulement à cause de sa spécialité en fait de Droit Romain, mais pour ces belles qualités du cœur qui font hônneur à l’homme et dont nous entirtiennent les élèves qui passent de la faculté Laval à l'Ecole de Droit. Mais qu’estil arrivé ?.. c’est qu’on n’a point tenu, à beaucoup près, tout ce qu’on avait promis, et que, lorsque trois élèves se sont présentés pour la première fois devant le comité du barreau, ils ont été refusés sous prétexte que tous les cours annoncés ne se fesaient point. (1859). L’Ecole de Droit avait été plus heureuse à Québec même, puisque M. Alexandre Lusignan y avait été admis en 1855 aux bénéfices du stage sur présentation de notre Diplôme. Cependant, ceux des cours annoncés de li faculté Laval qui sont en opération se font avec régularité ; on ne peut pas en dire autant de ceux de la faculté McGill, et c’est sans doute à cette circonstance qu’il faut attribuer que ses élèves aient reflété si peu d’éclat sur l'institution aux examens professionnels. (*) Un élève a déciaré hautement devant le comité d’examinateurs, et il est notoire, que le cours de droit criminel n’est nullement en opération. Pour ce qui est du cours de droit Romain, si on juge de la cause par l'effet, comme on y est autorisé, il est tout-à-fait inutile, puisque M. Hugh Taylor, le seul membre du comité qui examine sur cette branche, a invariablement vu les ‘élèves du collége McGill muets obstinés, tandisque MM. McCoy et Colovin, de l'Ecole de Droit, ont répondu brillamment et à sa grande satisfaction. (f) Et

* We believe that the whole of these courses have not as yet been completed and 1hat the lectures have not been hitherto so regalarly given in the faculty cf Law as in the faculty of Medicine. The same thing may .be said of the Laval University, and it will always be the case, more or less, so long as these institutions will have to depend chiefly on Judges or gentlemen with a large practice at the bar, for filling their chairs.—Chauveau’s Journal of Education.

t Lors de l’examen du premier de ces messieurs, cet examinateur

dit à un rédacteur de journa!, qui avait suivi le cours McGill, que.

s’ii eût suivi les cours du collége Ste. Marie, il se fût trouvé en état de répondre à ses questions,

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mème en fait de droit commercial, plus d’un élève gradué au collége McGill ont répondu à l'examen professionnel qu’il faut deux ou trois témoins pour prouver un fait commercial, que l'épouse peut être témoin pour son mari ; et n’ont pu dire ce qu'il faut faire pour conserver un endosseur sur billet. A quelques examens assez brillants près, dont quelques uns sont dus, de l’aveu des candidats, à la lecture des conférences de l'Ecole de Droit ou aux rapports intimes avec ses élèves, on est en droit de dire que les étudians du collége anglais subissent communément des examens moins honorables que les clercs qui n’ont étudié que par eux-mêmes, et citer des noms propres serait ici une chose facile, si cela n’était propre à nuire à la sympathie qui doit régner entre tous les membres d’une même profession. Feu M. Pierre Doutre, élève gradué, et un autre élève nor gradué du collége McGill, se sont présentés aux répétitions de l’Ecole de Droit, absolument étrangers aux notions qu’il faut posséder pour subir l’examen professionnel, et un troisième élève gradué, a fait en vain application pour y être admis. Cela accuse moins la réputation professionnelle des professeurs, que l'absence de méthode dans l’enseignement. A en juger par les programmes, leurs cours sont plutôt calqués sur Blackstone que sur les lois françaises en force en Canada. Les examens annuels ne roulent peut-être pas assez sur les prineipes du droit. Chez nous, s’il fallait proclamer tous ceux qui ont subi des examens brillans, il faudrait nommer tous les élèves, moins deux ou trois, dont les examens ont été médiocres. Pour ne citer donc que des examens spéciaux, rappelons MM. W. Marchand, Desnoyers aîné, McCoy et Colovin, sur le droit Romain ; MM. Marchand, Desnoyers, Rod. Masson, Mousseau, sur l’histoire du droit, et MM. A. Meilleur et C. de Lorimier, sur P& droit criminel. L'histoire du droit est la spécialité de M. Cherrier ; or, il n’a jamais examiné sur cette branche que les élèves de l’Ecole

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de Droit. Lors de l’examen de M. Desnoyers, M. Taylor fit l'éloge de cette Ecole, à l’occasion de ses réponses. Le jour de celui de M. P. Fauteux, M. R. Mackay jugeant à ses premières réponses qwil était au fait de ses matiéres, trouva qu'il était inutile de procéder à l’examen. M. Day, président du comité, a déclaré, lors de l’admission de M. de Bellefeuille, que le dit comité voyait avec satisfaction que les élèves de l'Ecole de Droit étaient presque toujours en état de subir de brillans examens, et il a bien voulu me féliciter personnellement tout haut lors de l’admission de MM. Chapelcau et Trudel. Non moins flatteur avait été l’accueil qu’il avait fait à M. Globensky. Quand M. Ludger Labelle se présenta, il soutint avec aplomb ses propres opiñions contre celles de

MM. Papin et Cassidy, ses habiles examinateurs.'

Devant la Chambre des Notaires, il faut citer particuliérement les examens de MM. D’Eschambault, Hétu, Bériau, Wright, Beaudryÿ, Devlin, Riendeau et Simard. £L’Ecole de Droit est encore, à l’heure qu’il est, la seule qui fasse des notaires. Elle a seule donné au public la plupart des exercices dont les universités de l’Europe donnent le spectacle, elle s’est prononcée dans des thèses et des disputes publiques sur les grandes questions juridiques du jour. MM. Sénécal, Desbarats, de Bellefeuille, Globeusky, Colovin se sont distingués par leurs essais ou thèses sur Pothier, l’esclavage, le mariage, Pusure. Au collége McGill, Mr. D. Girouard s’est fort distingué par son Essaï sur les lettres de change. La pratique n’a point été sacrifiée à la théorie. C’est en fréquentant tous les comités d’examinateurs qui ont été formés depuis onze ans, qu’on a mis les élèves de l’Ecole de Droit seuls en état de

répondre avec aplomb aux questions le plus sou-

vent pratiques qui s’y posent, et on ne voit nulle autre raison que cet avar‘age inappréciable pour que trente élèves aient déjà laissé les facultés La-

valet McGill pour venir à l’Ecole de Droit, (*) tandis-que, pour toute compensation, le collége McGill n’a recneilli qu’un élève qui n’était pas en état de suivre les dictées de l'Ecole de Droit, et dont l’examen professionnel a été des plus méchans. Cette Ecole est une véritable société de discussion, où les élèves font toutes les objections qu’ils veulent. Ce mode leur donne de l'assurance ; aussi, sontils à peu près les seuls qui, à l’examen professionnel, parient d’une voix audible pour l’assistance, A l'Ecole de Droit, on tient aussi beaucoup à l’assistance, et on ne se relâche un peu que pour accommoder les patrons. On a refusé quatre jeuhes gens

: des premières familles du pays, et on a sévi contre quelques élèves irréguliers.

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