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restait de Croisés en Palestine, ainsi que tous les Ordres tant religieux que militaires, tous quittèrent la Terre-Sainte : les Franciscains restèrent seuls au milieu des ruines et de la désolation générale ; et ils resteront ainsi durant près de six siècles, en butte à des vexations sans nombre, visités par des tribulations continuelles, mais gardant fidèlement, et jusqu’à l’effusion de leur sang, la double mission qui leur est confiée : la garde des sactuaires, et la conservation de la foi parmi les Latins indigènes.
Qu'il nous soit permis de citer ici quelques exemples, pris entre mille, pour essayer de donner une faible idée du caractère barbare, odieux ou
.même ridicule de ces vexations et de ces contradictions qui furent durant six cents ans, comme le pain quotidien de nos Pères, en Terre-Sainte.
Après l’irréparable désastre de Ptolémaïde, et l'expulsion sans retour des Croisés, nos Pères ne furent pas néanmoins totalement abandonnés dans leur isolement. Le saint Père leur assura toute sa sollicitude, l'Ordre Séraphique toute son activité, lés princes chrétiens, de grandes largesses.
Frère Roger Guérin d'Aquitaine, Franciscain de France et celui de nos religieux qui a le plus fait pour la conservation au catholicisme des SANc- TUAIRES DE TERRE-SAINTE, fut délégué par l'Ordre, pour ouvrir des négociations avec les nouveaux mäîtres de la Palestine : il obtint en 1307 du Soudan d'Egypte, la faculté pour les Franciscains,
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d’habiter les sanctuaires et de les desservir librement... En 1337, ce même Roger fit bâtir le couvent du très-saint Sépulcre, celui du mont Sion et celui de Bethléem, après avoir conclu un nouveau traité avec le Sultan du Caire, auquel il transmit le prix des sanctuaires payé par le pieux roi de Sicile, Robert d'Anjou, et sa vertueuse épouse, Sanche de Majorque. Le roi en demanda ensuite la confirmation au pape Clément VI qui, par deux Brefs, l’un au Ministre général de l'Ordre, et l’autre au roi lui même, CONFIE, À PERPÉTUITÉ, LA GARDE DES SAINTS-LIEUX AUX ENFANTS DE SAINT FRANCOIS d’ASSISE.
L'œuvre de Terre-Sainte, par ce grand acte, ne pouvait être reconnue et confirmée d’une manière plus noble, plus authentique et plus solennelle : de telles garanties semblaient devoir lui assurer une sécurité tranquille, sinon une abondante prospérité. Il n’en fut pas ainsi cependant : car, nos annales nous disent qu’à l’époque même de ces transactions, le sang de nos Missionnaires coulait sous le cimeterre musulman aiguisé par la vengeance ou le fanatisme. C’est ainsi qu'un Franciscain, au Caire (Egypte), fut écorché vif en haine de la foi chrétienne; qu’un autre y fut scié par le milieu du corps, qu’un troisième fut scié entre deux planches, dans la Basse-Egypte.
L'an 1365, le Grand-Maître de Rhodes, avec un de ses alliés, met à sac la ville d'Alexandrie et se
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retire chargé de butin. Les Musulmans s’en vengent ! sur les chrétiens, mais surtout sur les Franciscains * % d'Egypte et de Palestine. Les douze religieux du mont Sion sont pris par le Soudan, et retenus cinq ans dans un noir cachot d’où ils ne sortent | que pour aller au martyre. D’autres enlevés aux f* divers couvents de Palestine sont conduits à Damas, où ils subissent un affreux emprisonnement suivi de mort... Quand les Franciscains revinrent à Jérusalem, ils trouvèrent que les Georgiens s'étaient emparés de la moitié du Calvaire ; les Arméniens de la pierre du très-saint Sépulcre, et un derviche musulman du tombeau de la Sainte Vierge !
En 1517, Sélim fit la conquête de Jérusalem. - K+ A cette occasion, il emprisonna dans la tour de David tous les religieux de la ville, parce qu’ils ne
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rendre maîtres et la livrer aux chrétiens ! Souvent ba
lui livrèrent pas le trésor de l'Eglise du très-saint 1 C Sépulcre. Lorsqu'il les délivra, après vingt-sept L 0 mois de captivité, plusieurs étaient morts dans 80 leurs cachots. Vers le même temps, nos Pères du de saint Cénacle étaient en butte aux plus odieuses vexations de la part des J'uifs et des Musulmans: | n on portait contre eux, devant la Sublime Porte, les ni accusations les plus ridicules, comme celle d’avoir U | des dépôts d'armes, avec la perspective d'appeler pe | les Franks d'Occident à leur secours, pour trans- Æ, su | former leur couvent en citadelle, d’où, dominant la © et |. ville, ils pourraient facilement la bombarder, s’en ca ||
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le Grand Seigneur les condamnait sans même les entendre, et finalement, après des tracasseries incessantes et des avanies intolérables, nos Pères furent expulsés pour toujours de leur couvent, et l’auguste sanctuaire fut converti en une mosquée turque, comme il l’est aujourd’hui ! Les Grecs essayèrent d'obtenir, de leur côté, au très-saint Sépulcre et dans la vallée de Josaphat, ce que les Juifs et les Turcs avaient obtenu sur la montagne de Sion: à l’occasion de la restauration faite vers ce même temps, par le Custode de Terre-Sainte, de la Coupole du très-saint Sépulcre et de la pierre de l’Onction, les Grecs accusèrent les Franciscains d’avoir volé cette pierre, d’avoir volé le très-saint Sépulcre, et d’avoir volé... LE CORPS DE LA SAINTE- VIERGE, APRÈS L’AVOIR VENDU AU PAPE DE ROME ! Ces choses devront paraître invraisemblables à ceux qui viendront à les lire; et pourtant, malgré son absurdité, cette accusation, coûta aux Latins des sommes fabuleuses.
Il n’y avait pas jusqu’à Fhospitalité exerccée par nos Pères qui ne devint pour eux une cause d’avanies et parfois une occasion de grave péril même. Un jour, au couvent de Saint-Sauveur, un haut personnage musulman se présentait avec une suite très nombreuse, pour prendre son repas, lui -et toute sa suite, chez les Franciscains, ce qui occasionnait aux pauvres religieux de grands embarras et des dépenses considérables: tout se
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passait bien néanmoins, lorsqu’au beau milieu du festin, quelque officier subalterne (si notre mémoire nous est fidèle) vint troubier brusquement toute la joie de la fête: le frère Franciscain de service au couvent est accusé d’avoir laissé tomber un chat dans la citerne : Son Excellence a bu de cette eau mise en contact avec le chat, et sa vénérable personne en est toute souillée ; quel crime pour ce Frère! Ordre est donné immédiatement d'arrêter ce Franciscain là et de le jeter en prison, avec menaces de mort! Ce n’est qu’à force de supplications et de prières, et moyennant un cadeau de quelques robes de belle soie de Damas pour les femmes de ce haut personnage, et plusieurs centaines de piastres (en valeur turque) que le pauvre Frère fut mis en liberté! Cent et mille fois, les Franciscains virent leur hospitalité payée par des délicatesses de ce genre! Et l’on croira peutêtre qu’à mesure que nous approcherons des temps plus modernes, ces avanies disparaîtront, pour nous laisser nous aussi prendre part aux bénéfices d’une civilisation plus éclairée ? Ecoutons un instant encore le langage non exagéré de l’impartiale histoire : c’est le chroniqueur de l'Ordre qui continue : Dans l’île de Chypre, il y eut plusieurs fois des massacres en masse des religieux Franciscains. En 1571, lorsque Sélim s’empara de Chypre, les couvents furent détruits, les églises converties en mosquées et tous les religieux passés
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au fil de l'épée, excepté le Custode et quelques autres qui furent faits esclaves,
1579.—Un caloyer porte à deux reprises différentes un cadavre dans le jardin des Franciscains de Bethléem, afin de les faire passer pour homicides. [1 y eut alors des avanies tellement nombreuses, que l’on dut en une seule année, recourir jusqu’à sept fois au Sultan lui-même contre les exactions de ses subalternes.
1581.-——Le Cadi de Jérusalem fait renverser le four (où nous cuisons chaque jour mille à douze cents livres de pain pour nos pauvres), l’infirmerie et une partie de l'hôtellerie (hospitalité gratuite pour les pèlerins) du couvent de St-Sauveur, qu'il disait être une forteresse capable de recevoir jusqu’à diæ mille hommes! La porte du couvent avait été murée et les Franciscains devaient passer par la fenêtre.
1600.—Fr. François Manerbe arrive avec 44 Franciscains, mais la peste qui sévit affreusement à Jérusalem le laisse seul avec 3 religieux.— Le Couvent de Bethléem est plusieurs fois assiégé par les Bédouins.—Le Custode, quelques religieux et les drogmans sont mis aux fers.
1603.—Fr. Césaire de Crino arrive à Jérusalem
, avec 47 religieux. Les avanies qu'il eut à subir
sont incroyables, Les Grecs lui suscitèrent des procès ridiculement odieux, et il fallait toujours acheter chèrement la justice.—Jérusalem est assiégé durant 32 jours par les Bédouins.
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1605.—Fr. Gaudence eut aussi à souffrir énormément et à débourser des sommes considérables pour se délivrer des fausses accusations qui, 8% n'eut payé le Cadi et le Gouverneur, auraient fait condamner tous les Franciscains à la mort ou à
l'exil, et aurarent sûrement occasionné la perte
des Sanctuaires.
1607.—Les Juifs, en haine des chrétiens, obtiennent au prix de cinq cent maille écus d'or, l'ordre de détruire le très-saint Sépulcre. Par une miséricordieuse intervention de la divine Providence, cet ordre infernal fut révoqué.
1627.—Le procureur général de Terre-Sainte (R. P. Vasquier) et le drogman sont mis aux fers, sous l’accusation d’avoir sapé les murs de la ville (c'est à la lettre!) afin que, lors d’une guerre, les armées chrétiennes puissent s'emparer plus facilement de Jéruselem !!!
1630.—Théophane, patriarche grec de Jérusalem et son neveu Grégoire, archidiacre, convertis tous les deux dans leur jeunesse au catholicisme et envoyés à Rome pour continuer leurs études, étaient depuis revenus au schisme. L’archidiacre falsifie plusieurs documents, suppose des firmans, gagne le Grand Vizir, obtient l'appui de la Sultane-Mère, Grecque d’origine, fomente une émeute parmi les Héllènes de Constantinople qui empalent le drogman de l’ambassade française, pendent celui du Doge de Venise, et font emprisonner (chose 1in-
eroyable) les ambassadeurs de France, d'Allemagne et de Venise!!! Amurath IV signe, en 1633, l'ordre d’'expulser les Franciscains des Sanetuaires, qu’il donne aux Grecs. Cependant Grégoire revient au catholicisme, fait son abjuration entre les mains du Commissaire de Terre-Sainte, à Constantinople (le P. Antoine Vasquier), révèle toutes ses turpitudes en présence des trois ambassadeurs sus-nommés, et se retire à Venise où il finit chrétiennement sa vie.
La confession de Grégoire, examinée au Divan, est reconnue axacte et l’on délivre (1635) en notre faveur un firman qui est mis à exécution l’année suivante. Mais en 1637, Théophane court à Constantinople, et obtient par des moyens odieux un nouveau firman en sa faveur. Tout ce que les Franciscains peuvent obtenir du Sultan, c’est la permission, achetée à prix d’or, de célébrer la sainte messe sur le très-saint Sépulcre. Le Calvaire leur reste entièrement interdit ! Pendant que ceci se passait à Jérusalem, on interdit aux Franciscains de Bethléem, l'entrée de la sainte Grotte (leur plus indéniable ropriété !), et il leur faut désormai payer aux Grecs un droit d'entrée, chaque fois tn et aller Le sur le lieu de la Nativité
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Franciscains A parce qu'un pourceau échappé de
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