‹ Notice historique sur l'œuvre de Terre-Sainte [microforme]Chapitre 4 sur 23 · SERRES · texte numérisé non relu

SERRES

plus ceux d’entre eux qui étaient les plus pauvres. Bien 1 firent plus, dans ses entretiens particuliers avec François, | at de il le conjura de demander pour lui au Seigneur la | etlen, grâce de s'attacher à la religion qui lui est agréable. li Lélic- | Quelques années plus tard, le saint apparaissait à fi

DOM | deux de ses religieux, alors en Syrie, et leur or- fl

1 ils donnait d’aller trouver le Sultan, dangereusement Ù

age? | malade, et de lui donner le saint Baptôme. Instruit fl

i dit de nouveau par ces deux Franciscains, Mélédin i

afin. |, abjuia secrètement ses erreurs, fut baptisé et alla i

a” recevoir au Ciel la récompense de sa charité pour ï

que: S 14

les chrétiens (°).

Dieu il (1). Vie de Saint-François d’Assise.—Mame, (Tours) 1876, à

md

Le saint, avec frère Illuminé, laissa donc l'Egypte. et se dirigea vers la Ville Sainte, déjà retombée

hélas ! entre les mains des Infidèles. Il put laisser néanmoins quelques-uns des Religieux arrivés avec lui en Palestine, sur la sainte montagne de Sion; il en laissa d’autres à Bethléem, près de la sainte Grotte où naquit la Sauveur du monde; de là se rendant à Nazareth, il en laissa d’autres encore près de la sainte maison où s'accomplit le grand mystère de l'Incarnation, et qui abrita, durant tant d'années, sous son toit vénérable, Jésus, Marie, Joseph, toute la Sainte Famille ! Pour lui, il se rendit à Saint-Jean-d’Acre où il recut, ainsi qu'en d’autres localités encore, un grand nombre de Croisés, comme Novices dans l'Ordre Séraphique, et gagna ensuite la ville d’Antioche où il fonda un monastère,

A huit milles d’'Antioche se trouve un endroit que l’on a appelé Montagne Noire, parce que cette montagne était entourée, à deux milles à la ronde, d'arbres très-touffus, qui donnaient un très-épais et très-obscur ombrage. Là se trouvait un grand monastère de Bénédictins. L’Abbé, ayant soigneusement examiné le genre de vie des premiers Frères-Mineurs qui venaient de s'établir dans le voisinage, renonça avec toute sa Communauté à tous les biens que possédait le monastère, entre les mains du patriarche d’Antioche, et avec l’agrément de Sa Béatitude, lui et ses religieux se firent

rypte.

mbée

isser rivés Le de le la : de itres it le rita, able, ile !

pù il

un dans An-

Iroit Lette nde, Das and S01-

Le nc à

tous Franciscains et continuèrent à habiter le même

couvent et la même solitude. Or, voici çe qui anvint, quek;ass années plus tard, dans cette sainte retraite : Un soir, aprés l'heure de complies, le père Gardien (1), homme de sainte vie, faisant oraison dans la sombre etsilencieuse forêt, se vit doucement et suavement environné d’une immense lumière, et au milieu des limpides clartés de cette illumination toute céleste, il vit distinctement apparaître un nombreux cortège de personnes vêtues d' écarlate, portant un cierge à la main et le saluant respectueusement sur le passage. Derrière ce premier groupe, en marchait un deuxième, en beaux habits verts; chaque personne formant ce groupe tenait également un flambeau à la main, et salua le religieux en passant; puis suivait un troisième groupe, en habits blancs comme la neige. Enfin un quatrième groupe formé de dix hommes vêtus d’écarlate, d’un aspect encore plus vénérable et ayant le visage plus resplendissant passa comme les premiers. Cette mystérieuse procession était fermée par une noble Dame, d’une beauté éclatante, et marchant au milieu de deux personnages dont l'un semblait atteindre l’âge mûr et l’autre déjà arrivé à une grande vieillesne. Le Père Gardien qui ne comprenait rien encore à cette grande vision, s’adressa, plein de confiance et avec une grande

* les convents. de notre Ordre, tous les supérieurs locaux sent Gérant hi ae js, Supè L locau

sérénité d'âme, à la noble Dame, et la pria pour l'amour de Jésus, de lui dire qui elle était, quelles étaient toutes les autres personnes de son cortège,

et où elles se rendaient ainsi avec tant de s0-.

lennité ?—“ Je suis, répondit la Dame, la mère de celui pour l'amour de qui vous m'adressez votre demande. Des deux personnes qui marchent à mes côtés, l’une est saint Pierre et l’autre saint Jean l’Evangiliste ; les personnes qui composent le premier groupe sont les Martyrs; le deuxième les Confesseurs ; le troisième les Vierges ; les dix derniers sont les Apôtres. Nous nous rendons ainsi à Antioche pour y recevoir l’âme d’un de vos Frères qui doit mourir demain matin à l'heure de Tierce. Sachez encore, vénéré Père, qu'après huit jours nous retournerons à votre propre Couvent, avec la même solennité pour y recueillir l’âme d’un autre religieux et l'emporter avec nous triomphalement au Ciel. La vision disparut et le Gardien rentra au Couvent. Cette nuit, après Matines, le Père Gardien, sans rien dire de la grande vision qu’il avait eue, envoya deux de ses religieux à Antioche ; à leur retour, ils annoncent le décès d’un Frère, mort à l’heure de Tierce. Alors le Gardien réunit ses religieux au chapitre, et explique à tous la vision avec beaucoup de larmes. (Chacun se prépare avec une irrésistible ferveur à la visite de la Reine des Anges, promise pour la semaine qui va suivre, Le huitième jour, après la sainte messe,

13 un

le père Gardien est pris d’un accès de fièvre et meurt à l’heure de Sexte.-—La sainte Vierge vient, avec son céleste cortège prendre son âme et l’emporte avec elle au séjour des Elus.........…..

La Mission ou Custodie Franciscaine est désormais fondée en Terre-Sainte: elle comprendra successivement l’île de Chypre, l'Egypte, la Syrie et la Palestine, toutes ces contrées que saint François a visitées lui-même. Telle est l’origine de cette mission qui s’étendra de Constantinople à la mer Rouge, et renfermera en elle les plus augustes sanctuaires du monde, origine noble et sainte, remontant directement à François d'Assise, le patriarche des pauvres, le stigmatisé de l’Alverne. Mission, disons-nous, qui se développera à travers les âges, comme nous allons le voir dans la suite de cette notice, soutenue et encouragée par les Pontifes romains, placée sous le haut protectorat de la France, malgré toutes les persécutions, arrosée des sueurs de ses missionaires et cimentée de leur propre sang, le tout pour conserver au monde catholique ses précieux sanctuaires et aux pauvres populations latines du Levant, leur Foi toujours si gravement en péril, au milieu des infidèles.

De retour en Italie, saint François envoie frère Benoît d’Arezzo comme provincial d'Orient, où ses religieux ont déjà bâti de nombreux couvents. En 1222, les Franciscains construisent une petite ré-

sms T4

sidenice sur le mont Sion, près du Saint Cénacle. En 1226, le gardien du couvent de la Ville Sainte, frère Jean de St-Martin, est sacré patriarche de Jérusalem. En :229, le ministre provincial, frère Benoît, donne l’habit de novice À l’empereur de Constantinople, son ami, Jean de Brienne, qui quitte le sceptre et la courvine pour revêtir les humbles livrées d’un disciple de François d'Assise. En 1230, une bulle du pape Grégoire IX confie aux Franciscains LA GARDE DES SANCTUAIRES ; une autre bulle du pape recommande les Frères Mineurs (lés Franciscains) aux patriarches de Jérusalem et d’Antioche. Vers la même époque et pendant les années subséquentes, le Sultan d'Egypte reconnait et accorde aux Cordeliers (Franciscains) des droits sur les sanctuaires, les regarde comme Custodes et maîtres du Très-Saint Sépulcre et du Calvaire : un nouveau firman de Saladin confirme leurs titres de propriété sur le Cénacle et le T. $. Sépulcre, Et de tous ces précieux sanctuaires, pas un n'avait été confié à notre père saint François, ni à ses enfants, à leur arrivée en Terre-Sainte. Les catholiques ne possédaient déjà plus alors un seul pouce de terrain, ni à Jérusalem ni dans la Judée entière: ce sont nos Pères, qui avec les aumônes d'Occident, les acquirent peu à peu, un aan, eau prix : de mille difficultés «et de grandes souffrances, ut bientôt ils auront à les défendre au prix dé leur: propre sang.

Les farouches Kharesmiens qui avaient été appelés. contre les Croisés accoururent en Palestine, se ruèrent contre Jérusalem, s’emparèrent de la Ville Sainte et firent des catholiques un horrible car-

nage. Cinq mille chrétiens y furent massacrés par

ces barbares, et avec eux tous les Franciscains qui se trouvaient dans le très-saint Sépulcre et au Saint

Cénacle (1245). D'autres Franciscains des diverses |

missions de la Palestine allèrent sous peu partager avec leurs Frères de Jérusalem la gloire du martyre. Les Mamelouks pillent et brûlent Bethléem, Nazareth et Arsouf, et y mettent à mort plusieurs de nos pères. A Saphet, deux Franciscains sont

écorchés vifs en haïne de la foi, puis soumis à une |

flagellation inhumaine et enfin décapités. En revenant d'Egypte, son Sultan le cruel Bibas, saccage la ville de Jaffa, ravage la Syrie, détruit nos couvents de la Montagne Noire d’Antioche et de Tripoli ET EN MASSACRE TOUS LES RELIGIEUX. Ailleurs ce sont d’autres martyrs: à Azoth, le Fr. Philippe du Puy eut, par ordre du Sultan, la langue arrachée, et toutes les phalanges des doigts coupées successivement les unes après les autres; on l’écorcha vif après cette cruelle torture, et enfin on lui trancha la tête (1260-1290).

L'an 1291, date lugubre, Saint-Jean-d’'Acre, dernier boulevard des Croisés en Palestine, tomba au pouvoir des infidèles. Tout le clergé latin,

comme on le sait par l’histoire, avec tout ce qui

ARS LE ht a RS RTE 2

Page 1