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“ phètes, Empereur des victorieux empereurs, “ distributeur des Couronnes aux plus grands “ Princes de la terre, serviteur des deux très- ‘ sacrées et très-augustes villes, belles entre toutes “ celles du monde, Mecque et Médine, protecteur “ de la sainte Jérusalem, etc, etc.
“ Au bénin Prince et approuvé Seigneur, dis- “ tributeur des éminentes dignités de son obéi et “ honoré, et à ce destiné par l’immense miséricorde “ divine, le Bascha Féroue qui auparavant fut “ Bey de Naplouse et maintenant a pour son entre- “ tenement la principauté de Jérusalem, (la félicité “ duquel Dieu conserve!) et au Révérend Seigneur “ sage et juste juge, fontaine de la vraie prudence, “ oracle de la justice et de la vérité, héritier de la “ doctrine des Prophètes, et, à ce destiné par l’im- « mense miséricorde divine. Le Seigneur Mou- “ lacady, de Jérusalem, (la doctrine duquel aug- «“ mente!), étant arrivé ce mien sacré et impérial “ Seing, vous savez que l’empereur (le roi) de “ France m'a fait entendre que de toute ancienneté, “les prêtres et religieux francs qui servent les “ Eglises et lieux de dévotion qui sont tant dans “la ville de Jérusalem qu'aux environs comme “ aussi les pèlerins qui les vont visiter, avaient “ accoutumé de n'être point inquiétés et de vivre “en pleine liberté, conformément aux impériales “ capitulations qui sont entre nous, et que même “de toute ancienneté ils sont en possession de
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“ l'Eglise de Bethléem; car, encore que par le. “ passé ils aient permis à la nation arménienne et “aux autres nations chrétiennes d’avoir une cha- “ pelle en la dite Eglise de Bethléem pour y faire “ leurs prières selon leurs usages, st est-ce qu'ils “ se sont toujours réservés à eux la Grotte où “ Jésus est né (à qui soit honneur et gloire !), la- “ quelle est au-dessous de l'Eglise : et quoique “ par plusieurs fois les autres nations Chrétiennes “ leur en aient voulu débattre la possession, il a “ toujours été jugé qu'il n’y avait que les Religieux “francs (les Franciscains) qui eussent droit en “ l'Eglise de Bethléem et qui puissent célébrer la “ Messe ou Liturgis en la dite Grotte, ni moins y “ allumer des lampes : et que si les autres nations “ Chrétiennes y avaient des Chapelles et célé- “ braient leur Messe ou Liturgie dans la dite “ Grotte, ce n'était que par permission des Reli- “ gieux francs. Ce qui appert par plusieurs com- “ mandements des Sultans d'Egypte, qui depuis “ la conquête du pays ont été confirmés au temps “ que régnait l’heureuse mémoire de mon miséri- “ cordieux agent Sultan Soliman (qui soit en “ gloirel) et approuvés par plusieurs Cadis.........
—Le même document reconnait que de toute ancienneté les religieux francs, sont en possession du très-saint Sépulcre et du tombeau de la Sainte- Vierge, etc., et continue ainsi :
“ Partant, afin que les Eglises et lieux que les.
“ religieux francs possèdent d'ancienneté juridique- “ ment, conformément aux capitulations et titres “qu'ils ont en leurs mains, soient de nouveau “ rendus, et qu’ils ne soient plus troublés en leur “ possession par les Arméniens et autres nations “ chrétiennes.
“ Non seulement l’empereur (le roi) de France “ nous en a requis par lettres ; mais encore son “ambassadeur nous en a prié en son nom: de “ manière que, ayant égard à la supplication qui “ mous a été faite en mon sublime trône et que “ l’empereur (le roi) de France a toujours été sin- “ cère ami de mes aïeuls et bisaïeuls, et semblable- “ ment avec mon éminente Porte, la requête a été “ de mon impérial consentement. C’est pourquoi “ afin que tous les lieux qui d'ancienneté étaient “ en la possession et au gouvernement des reli- “gic1x francs leur soient derechef rendus et con- «“ signés en leurs mains,.et que ceux qui voudraient “ brouiller et inquiéter à l’avenir les dits religieux “ en soient détournés et empêchés, mon impérial
“ commandement est intervenu. JE COMMANDE
“ qu’à l’arrivée de ce mien haut et impérial com- “-mandement, accompagné d’entre les Daouds de “ ma souveraine Porte, de l'honorable parmi ses
“ semblables, Isouph (le bonheur duquel croisse):
“vous fassiez, selon le contenu en icelui, que les “ églises et lieux de dévotion de la ville-de Jérusa- “lem et des environs que de toute ancienneté
“ voulaient être tenus et possédés par les religieux # francs leur soient restitués et rendus, et les en “ fassiez jouir en la même sorte et manière qu'ils ‘ ont fait par le passé, et empêchiez qu'ils ne soient “ molestés, fâchés ni troublés par les Arméniens et “par les autres nations chrétiennes... PR “ Partant vous userez de grande diligence et pren- ‘“.drez bien garde qu'aucune chose ne soit faite ‘“ contre ce mien souverain et impérial commande- ‘“ mert, lequel après avoir lu, vous consignerez “és-mains des religieux francs, et ajoutez foi à ‘“ ce mien sacré et impérial seing.
“Ecrit à Daoust Bascha les Contantinople, à “Ja mi-lune de Guimazi el Achir, l’année du ‘“ Prophète mille trente (qui est l’année du Christ “ mille six cent vingt un, le sixième de mai). ”
Nous avons déjà vu par les douloureux faits qui précèdent le cas que lee autorités musulmanes faisaient et de la justice de nos traités et de la solennité de leurs firmans. Le fait suivant met le comble à leur ironique conduite. Suivons encore le chroniqueur de l'Ordre :
Au commencenient de 1757, l'ambassadeur français, comte de Vergennes, obtint d'Othman III un nouveau firman, confirmant les Latins dans la possession exclusive des sanctuaires que Louis XIV leur avait fait rendre en 1690 ; les prétentions des Grecs y était déclarées sans fondement, et le pa-
cha de Damas avait ordre de châtier sévèrement
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les trois caloyers qui avaient battu notre Frère sacristain du St-Sépulcre. Or, voici que le jour des Rameaux, lorsque les Franciscains se furent retirés, après leur procession accoutumée, les Grecs renversent notre autel dressé devant le Très-Saint Sépulcre, brisent toutes les lampes d'argent, dé- Chirent les tentures de velours et de brocarts que les Franciscains y avaient placées pour la fête, dévastent tout ce qui appartient aux Latins, frappent les catholiques qu'ils rencontrent et cherchent à attenter à la vie des religieux, Le gouverneur, prévenu trop tard, et circonvenu par un grec, son secrétaire, remet au lendemain, sa visite sur les lieux. C’est en vain toutefois que les Grecs cherchent à le tromper, il envoie des troupes qui permettent aux Franciscains de rentrer à St-Sauveur, puis il dresse un acte constatant légalement et authentiquement ce vandalisme des Grecs.
Mais, pendant qu’il en attend la punition, un des trois caloyers qui avaient dû être châtiés en vertu du firman cité plus haut, revient de Constantinople où il a acheté la faveur du Grand-Visir pour la somme de cinq cent mille piastres (monnaie turque) et, à quelques jours de distance, il est suivi d’un officier turc porteur d’un firman donnant aux Grecs la Basilique de sainte Hélène à Be-
thléem, les sept arcades de la Madeleine (DANS LA
BASILIQUE DU TRÈS SAINT-SÉPULCRE) le très saint- Sépuilcre de Notre Seigneur, avec celui de la Sainte Vierge ! ! !
M. de Vergennes voulut protester contre une si inqualifiable conduite : le Grand-Visir Règyb- Pacha se contenta de répondre avec insolence : “ Ces lieux appartiennent au Sultan mon maître: il les concède à qui il lui plait, et quoiqu’ils aient été jusqu’à ce jour entre les mains des Francs, Sa Hautesse veut que désormais il soient aux Grecs!” Tous les ambassadeurs catholiques présents à Constantinople se concertèrent alors pour savoir s’il n’y avait pas lieu de faire au gouvernement turc des représentations communes ; mais tous furent d’avis qu’il fallait attendre la mort du Grand-Visir, Elle arriva peu d'années après (1762) : mais les puissances catholiques avaient déjà oublié les Franciscains et les Sanctuaires de Palestine : c'est que l'on approchait de la grande révolution,
Nouvelles douleurs et nouveaux sacrifices pour les pauvres Gardiens des Sanctuaires. 1798— Bonaparte entre en Egypte et aussitôt 80 soldats de garde sont mis au couvent de St-Sauveur, et l’on s’émeute dans Jérusalem, contre les Chrétiens. Le Père Procureur et un Discret (membre du Conseil de Terre-Sainte) sont jetés en prison. La populace envahit le couvent qu’elle pille ; les Religieux doivent fuir : ils sont pris et enfermés dans le très saint-Sépulcre, pour y être brülés vifs, si
Bonaparte avance sur Jérusalem. Quand il arrive
à Jaffa tous les chrétiens sont enfermés durant deux mois et demi dans le très sainte-Sépulcre.
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Unordré de la Porte délivre les Arméhiens ét les Grecs; mais les catholiques laïcs et Religieux ne sont délivrés que moyennant une rançon de 60,000 piastres, à payer par les Franciscains.—La peste se déclare à Jaffa, tous les Religieux y meurent
“auf le Procureur.
Le dix-neuvième siècle s'ouvre ainsi à Jérusalem par deux événements de lugubre et douloureuse mémoire.
1808.—Dans la nuit du 11 au 12 octobre, une main criminelle incendiait le très-saint Sépulcre ! Nos pères, dans cet immense malheur, font un recours à toutes les puissances catholiques : il reste sans effet, (Les temps étaient alors si mauvais |) Entre temps néanmoins les Grecs obtiennent un firman pour reconstruire le Monument sacré et ils en profitent pour effacer toutes les incriptions latines et détruire les tombeaux de Godefroy de Bouillon et de Beaudoin.
1810.--La nuit du 20 juillet notre Frère sacristain vit les Grecs enlever d’une main sacrilége toute la partie du rocher qui contenait la cavité même dans laquelle avait été plantée la sainte croix de Jésus sur le haut du Calvaire. Cet acte impressionna tellement ce pauvre religieux, qu'il ‘en mourut de douleur, trois jours après. Les Grecs prirent aussi la pierre de l’Ange, et embarquèrent, ces précieuses reliques à-Jaffa pour Constantinople ; mais une tempête fit couler le navire, et.ce riche
trésor disparut au sein des ondes avec les deux
Popes qui l’aecompagnaient.
L'Europe n’envoyant plus d’'aumônes : nos Pères restés sans ressources se virent forcés d'emprunter sur gages: n'ayant plus de crédit, ils voyaient approcher l'heure où ils devraient quitter l'Orient, en abandonnant les Sanctuaires. La nourriture était rationnée et se bornait à un simple plat de fêves par jour : dans cette extrémité, les Supérieurs permirent à tous les religieux de retourner dans leur patrie, s'ils ne se sentaient pasassez de force pour supporter une privation si grande. Tous restèrent. La divine Providence veillait sur eux, les secours afrivèrent..…...….
Et maintenant, âmes pieuses et bienveillantes œui daïgnerez lire ces lignes, ne vous sera-t-il pas facile de conclure du simple exposé des faits qui précèdent,que depuis le commencement du treizième siècle jusqu’au commencement du dix-neuvième, c'est-à-dire durant le long espace de six siècles, les Franciscains en Terre-Sainte ont eu une vie de véritables martyrs: martyrs .de la patience, en butte sans cesse à la malveillance, à la calomnie, à toutes sortes de vexations pénibles ; méprisés, tyrannisés jusque dans leurs propres demeures : martyrs de là charité, la peste ce fléau si fréquent autrefois en Orient et qui sévissait toujours avec une violence si terrible, emporta un trèsgrand nombre de nos religieux; plus de. six mille:
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moururent ainsi, victimes de leur dévouement pour la garde des Saints-Lieux et pour le salut des catholiques indigènes, leurs frères: martyrs du sang, deux mille donnèrent leur vie pour JÉSUS- CærisT, expirant pour la plupart, ainsi que nous l'avons vu, au milieu des plus cruels supplices !
“Mais toutes leurs souffrances sont passées à l'heure présente, et ils nous ont laissé avec la Foi conservée dans le cœur des Catholiques indigènes, le riche trésor de nos augustes Sanctuaires. Le pèlerin y vient faire aujourd’hui sa prière avec une liberté et une sécurité que souvent même il ne trouve plus dans sa propre patrie ; et ces glorieux martyrs, du haut de la J érusaÿem du Ciel, font descendre par leur intercession puissante, sur la Jérusalem de la terre, et sur tous ses Bienfaiteurs, les plus abondantes et les plus vivifiantes bénédictions.
1831. Ibrahim-Pacha entre, sans coup férir à Jérusalem le 7 Décembre 1832. Il ordonne que les Franciscains de Jérusalem et de Nazareth n'aient plus à payer de contributions aux gouverneurs ni aux juges; et que les pèlerins de leur côté n’aient plus à payer pour entrer dans le trèssaint Sépulcre. Chaque année nos Pères avaient dû payer jusqu'alors au gouverneur, aux juges et aux autres notabilités Turques, vingt à vingt-cinq mille francs, le seul droit de garder le très-saint Sépulcre et les autres Sanctuaires !
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1846.—-Le saint Siège rétablit à Jérusalem la dignité patriarcale : le premier titulaire fut Mgr. Valerga, secrétaire avant son sacre de Mgr Villardel, franciscain, vicaire apostolique d’Alep et premier délégué apostolique de Syrie. Peu d’années auparavant, 1840, Mgr Guasco, franciscaiu, fut le premier vicaire apostolique d'Egypte et délégué apostolique de l'Egypte et de l'Arabie. Leurs deux successeurs actuels sont également Enfants de saint François d'Assise.
Avant qu’il n’y eût un Evêque latin en Orient, le Custode de Terre-Sainte avait reçu du Saint- Siège de grandes facultés et de nombreux priviléges. était délégué apostolique pour tout l'Orient. .l pouvait donner le sacrement de Confirmation et les Ordres-Mineurs, se servir de ls crosse et de la mitre, consacrer les calices et conférer l’ordre du saint-Sépulcre. Maintenant il n’a plus aucun de ces priviléges, sauf celui &e célébrer avec la crosse et la mitre, en s’entendant, toutefois, toties quoties, avec le Patriarche s’il est présent. (1)
(1) Tableau synoptique de l'histoire de l'Ordre séraphique, par le
R. P. Marie Léon Patrem, missionnaire apostolique et actuellement discret de Terre-Sainte. (Paris 1879).
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L'ŒUVRE DE TERRE-SAINTE