‹ Notice historique sur l'œuvre de Terre-Sainte [microforme]Chapitre 8 sur 23 · SON ÉTAT ACTUEL · texte numérisé non relu

SON ÉTAT ACTUEL

En retisant nos Livres Saints, l’Ââme chrétienne s'arrête toujours avec bcnheur à ce passage du livre des actes des Apôtres où St Luc parlant des premier; fidèles de Jérusalem, leur fait cet éloge : mullitudinis autem credentium erat cor unum et anima una : la multitude des croyants n'avait au’un cœur et qu'une âme (act. c. 4 v. 32), A ax-huit siècles de distance, il fut donné à un pauvre enfant de Francois d'Assise de reüire ces paroles, dans la Ville Sainte, des mêmes fidèles de Jérusalem, et cela dans une des cérémonies les plus saisissantes que nous ayons eues depuis le rétablissement du patriarcat à Jérusalem.

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C'était le 4 mai, de l’année 1879: un jeune comte de Lyon M. A. de P. qui bâtit (exemple aumirable) de ses propres mains, un hospice monumental, à la porte de Jaffa, pour nos infirmes et nos chers malades, avait tout préparé pour la pose de la première pierre. Toutes les autorités, tant civiles que religieuses et ecclésiastiques devaient assister à cette cérémonie religieuse. Un seul ne figurait point sur la liste des invités. Son Excellence Monsieur le Gouverneur-Général de la Palestine (Pacha de Jérusalem), comme musulman, oserait-il accepter de prendre part publiquement à une cérémonie catholique ? Cet exemple serait sans précédent dans l’histoire. Nous lui en fimes toutefois la proposition en toute simplicité, et son Excellence, à notre vraie surprise, accepta avec beaucoup de courtoisie. Le choix du prédicateur de circonstance était tombé sur notre humble personne, Un grand bloc de pierre placé aux pieds d’un gigantesque térébinthe nous servit de-chaire. Nous voyions raugés en hémicycle autour de nous, d’abord et sous un pavillon champêtre : Sa Grandeur Mgr le Patriarche, ayant à sa droite le Gcuverneur de la Province (Pacha de Jérusalem) avec plusieurs nobles pèlerins tant ecclésiastiques que séculiers, à sa gauche le Consul de France, premier dignitaire civil parmi les Latins, et le Révérendissime Père Custode; venaient ensuite les au dignitaires de la Custodie, le clergé du patriarcat, et

les supérieurs des différents établissements catholiques de la Ville Sainte : plus loin et en plein air : se tenaient debout Les Frères des Ecoles Chrétiennes avec un petit bataillon de leurs chers élèves, les bonnes Sœurs avec leurs orphelines, enfin la foule des Latins de Jérusalem et de Bethléem, et un mélange indescriptible, aux rangs d’arrière, de protestants, de Grecs, de Russes, d’Arméniens, de Cophtes, et peut-être de Juifs et de Musulmans, Nous voyions devant nous, par delà cette multitudes de têtes humaines, se prolonger la longue ligne des murailles crénelées de la Cité Sainte, et au-dessus d’elles, dans la direction du soleil du Midi, la cime de la sainte montagne de Sion. Cette cène imposante nous saisit jusqu’au fond de l’âme : la vue du saint Cénacle (converti aujourd’hui tristement en une mosquée musulmane) nous rappela l’'admirable discours de la dernière Cêne, le trèsdoux et le très-aimant Jésus disant.à ses Apôtres : Je vous donne un commandement nouveau, (commandement qu'avait la venue de JÉSUS-CHRIST, ies hommes ne furent jamais capables de comprendre) c'est que. vor : vous aimiez les uns les autres, comme je vous at aimés moi-même:

Jésus prêchant à ses disciples, avant. de mourir par excès d'amour pour nous, la grande loi de la charité fraternelle ! Jésus nous faisant à tous, cette ennoblissante promesse, vous éles mes, amis, si vous: vous aimes. les uns: les autres, Jésus, le

l}, divin Jésus, répétant encore avec le sublime du cœur aimant : Je vous l’ordonne, aïmez-vous les uns les autres ! Puis, toujours là sur cette sainte montagne que nous contemplions d’un regard ému, le très aimant Jésus, levant les yeux au ciel, vers son Père céleste, et lui adressant cette divine parole : PATER, VENIT HORA, mon Père, voici l'heure: Je demande pour mes disciples et pour tous ceux qui croiront en moi par leur ministère (et que demandez-vous donc Ô aimable Jésus ?) UT SINT UNUM SICUT ET NOS! qu’ils soient unis, comme vous, mon père el moi, nous sommes unis nous-mêmes.

Nous prîmes donc pour sujet de ce discours de circonstance, la charité fraternelle, l’union des cœurs, l’union des âmes, cor unum et anima una et nous osâmes dire à tous nos Latins de Jérusalem, même devant cette foule de frères séparés accourus eux aussi pour être témoins de la fête: “ Des pélerins mal informés ont écrit dans des relations sur la Terre-Sainte qu’ils ont publiées en Occident, que nous ne nous aimons pas toujours comme doivent s'aimer les frères !......Notre réponse à cette insinuation elle-même si peu charitable, religieux habitants de la Ville Sainte, vous l'avez ici devant vous : cette assemblée vénérable vous la donne, en exemple, toutentière. Oui! cette réunion cordiale de toutes les autorités de Terre-Sainte. de tous les fondateurs et directeurs des œuvres cha-

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ritables, et de toutes les Communautés Religieuses (!} est et restera une protestation victoriense contre ceux qui n’ont pas craint de parler défavorablement de nous sans nous connaître. L’ère des persécutions sanglantes semble désormais close pour nous: il faut aussi que tous les malentendus disparaissent. Nous commencons une ère nouvelle….:..Puis nous adressâmes à chacun, avec vénération, avec déférence etavec un fraternel abandon, des éloges justement mérités, et nous ne trouvâmes personne pour nous contredire.

Deux ans plus tard, Sa Grandeur Mgr Le Patriarche se rendait à Jaffa pour y bénir la chapelle de lhôpital catholique, construction imposante bâtie par la générosité d’un pieux marchand de France, et là nous pûmes devant un auditoire choisi, nous épancher ainsi avec abandon: Beati maisericordes : Bienheureux les miséricordieux. Oui, bienheureux êtes-vous, mes Frères, car je ne vois ici dans cet auditoire d'élite que des âmes miséricordieuses, tout adonnées aux œuvres spirituelles et corporelles de la charité catholique.

Je vois ce vénérable Pontife qui vient de bénir cette belle chapelle, lui dont la condescendante bonté va si loin que son cœur paternel est toujours disposé a verser d’abondantes bénédictior,s, non seulement sur des enfants dociles et reconnaissants,

(1) Les pauvres Carmélites cloîtrées elles-mêmes étaient reprétées par un def leurs Pères.

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mais encore, à l'exemple du divin Maître, s’il s’en rencontrait, sur des ingrats et des rebelles.

Je vois ces Ministres du Sanctuaire, et cette blanche robe du missionnaire du désert (1), et cette bure du pauvre, tous prêtres et serviteurs, de JÉSsus-CHRIST, dont les cœurs unis par les liens de la charité fraternelle vibrent à l’unisson avec le cœur de leur premier pasteur et Père.

Je vois, dans cette enceinte, le digne représentant dé la France Catholique en Terre-Sainte qui travaille, depuis tant d'années, malgré des difficultés toujours renaissantes, à multiplier autour de nous les plus belles œuvres de la charité chrétienne, et ses honorables collègues qui témoignent par leur présence, des mêmes sympathies pour nous aussi encourageantes que nous les savons cordialement sincères.

Je vois ce noble jeune homme, à qui, naguère, dans une circonstance analogue (,) nous adressions nos plus joyeuses félicitations, je le vois, avec une vertu poussée jusqu’à l’héroïsme, continuer à bâtir de ses propres mains, aux portes de la ville Sainte le monument de sa généreuse charité. Et vous, bien-aimé frère, vous choisi de Dieu, entre tous les autres, pour élever ici dans le premier port de la Terre-Sainte cet établissement qui redira à tous les pélerins du monde, comme aussi aux généra-

(1) Les missionnaires d'Alger. | (2) La pose de lu première pierre de l'hôpital de Jérusalem.

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tions futures, votre riche aumône en faveur de nos frères, les pauvres ah! acceptez donc................….

Et lorsque peu auparavant arrivèrent d'Afrique les zélés Missionnaires à qui la France a confié la belle église de sainte Anne (dont elle est propriétaire) près de la piscine probatique, nous pûmes, à la réouverture de ce sanctuaire, au milieu d’une foule réjouie, leur souhaiter la bienvenue en ces termes :

Benedictus Dominus Deus Israel, qui facit | marabilia solus (ps. 71). Ce monument de la foi et de la piété de nos Pères, après six siècles de profanations et d’oubli, est enfin rendu au culte catholique, le Sang du Divin Agneau y coulera de nouvean sur l’autel paisible de l’Auguste Sacrifice : la parole de Dieu réveillera l’écho endormi de ces

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voûtes antiques, et c’est à un pauvre Enfant de er François d'Assise qu’il était réservé d'y publier le | premier les louanges et d’invoquer la protection de s À la bonne sainte Anne, qui mit au monde l’Auguste hi | Vierge Marie, ici même dans la crypte de ce béni \ sanctuaire, : d

Merci, Excellence (Mgr le Patriarche) c'est vous, premier pasteur de cet incomparahle diocèse, vous dont la bienveillance se montre de jour en jour

. plus paternelle pour toutes les âmes confiées à | votre sollicitude pastorale, c'est vous qui avez hâté | la réalisation de cette consolante solennité,

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À vous aussi digne fils de la France Catholique (1) qui continuez à remplir si noblement au milieu de nous le mandat que vous a confié la nation protectrice des Saints-Lieux notre Mère:Patrie, à vous aussi tout le tribut de notre sincère gratitude, vous avez contribué pour une large paït, avec autant de dévouement que d'intelligence à trouver des âmes d'élite que la sainte Eglise à solennellement acceptés comme gardiens de ce doux sanctuaire,

Un habile architecte (*), autorisé à puiser à pleines mains dans le trésor mis à sa disposition par la munificence de son gouvernement (°), a su, par la plus heureuse des restaurations, faire surgir du sein des décombres ce bel édifice et le montrer à nos yeux réjouis, dans toute son antique majesté.

Tout était prêt... et vous êtes venus bienaimés pères, vrais enfants gâtés du bon Dieu, après

Fix siècles pour être les trop heureux gardiens de

ce saint asile: oh! oui, vous le garderez fidèlement et vous vous y livrerez à de nobles occupations, soyez les bienvenus au milieu de tous vos frères... Nous ne voyions là que des âmes sympathiques, des cœurs sinéèrement unis qui comprenaient bien ce langage.

Un de nos plüs consolants souvenirs de Terre-

(1) M. le Consul de Fränce.

(2) Monsieur M... qui était présent à la cérémonie.

(3) Le gouvernement français a dépenséfprès d'un million pour cette restauration.

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Sainte, c'est d'avoir eu l’occasion de prêcher partout dans les grandes retraites annuelles ou dans des solennités de circonstance, la grande loi de la charité fraternelle, l’indissoluble union des cœurs, et d’avoir rencontré partout des âmes qui la mettaient admirablement en pratique ; au sanctuaire de l’Ecce-Homo par le Père Ratishbonne (dont la corversion et les œuvres sont bien connues); au milieu de la nombreuse et si belle communauté des Filles de Sion; chez nos excellentes Mères Carmélites, au sanctuaire du Pater, sur le sommet de la Montagne des Oliviers, et chez leurs Sœurs du Carmel de Bethléem, à l’ombre de la Sainte Crêche : dans toutes les maisons de nos si dévouées Sœurs de saint Joseph: chez les dignes enfants du Vénérable de la Salle et dans toutes les communautés religieuses qui vivent en Egypte sous la direction de nos Pères : chez le digne fondateur du bel orphelinat catholique à Bethléem (1), dans des entretiens intimes tant avec lui-même qu'avec les prêtres dévoués qui l’aident dans la direction de cette œuvre si méritoire, partout nous avons trouvé des âmes qui, comme nous, pensent que la divine Providence attend maintenant de nous des œuvres nouvelles pour le développement de nos chrétientés de Palestine, et la conversion des Musulmans et des Schismatiques qui se prépare, et que ces

(1) Don Belloni, prêtre du patriarcit Latin, chanoine du trèssaint Sépulcre. (

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œuvres, nous ne les accomplirons que dans la bonne entente, l’union, l'harmonie des âmes ! Cette union (et Dieu en soit béni mille fois,) existe donc parmi nous, et nous continuerons nos efforts réciproques pour qu’elle devienne encore plus étroite, et que les pèlerins qui nous arrivent de toutes les contrées de la terre puissent diremt dé nous, en toute réalité ce que nos Saints Livres disent des premièrs fidèles de Jérusalem : tout est commun parmi eux, aucun intérêt ne les divise, ils travaillent tous à la même œuvre et ils n’ont tous qu’un cœur et qu’une âme, cor unum et anima una.

L'ère des persécutions sanglantes est donc close : une époque de liberté plus “grande a commencé pour nous en Terre-Sainte. De nouveaux ouvriers, nous venons de le voir, sont venus travailler avec nous dans la même vigne. Le Patriarcat latin a été rétabli dans la Ville Sainte, et forme actuellement un diocèse proprement dit, comprenant la Palestine et l’île de Chypre, avec üne population chrétienne bien petite, prise absolument, mais comparativement grande pour ces pays-là, une population catholique de dix à douze mille âmes. Mais où le patriarcat, pauvre comme la Custodie, trouvera-t-il des ressources pour soutenir les établissements qu’il renferme et les œuvres qu'il dirige ?

Dans sa sage ÉNÉVOYANNS, la Cour Romaine a étudié cette question et l’a résolue, La, sacrée

Congrégation de la Propagande, par la voix de . :

son Préfet, l’éminentissime cardinal Barnabo, de pieuse mémoire, a statué, en date du 3 juin 1861, que le produit de la quête du Vendredi-Saint soit remis 2ntégralement aux Franciscains, mais que pour établir un juste équilibre et fournir au Pa. triarche latin de Jérusalem un revenu en harmonie avec sa haute position—ce sont les paroles mêmes de l’éminent cardinal—-les Franciscains renonceraient désormais en faveur du dit Patriarche à la nomination des chevaliers du Saint-Sépulcre ainsi qu’à l’offrande de mille, deux mille ou trois mille francs (deux cents quatre ou six cents piastres) que chaque Chevalier verse à sa OH ME. et de plus ils seront tenus de verser à la chancellerie du même Patriarche une somme annuelle d'environ huit maille piastres. L'œuvre de la Propagation de la Foi ajoute à cela le supplément nécessaire pour l'entretien convenable et complet du dit patriarcat et elle ne souffrirait pas, ainsi que Mgr le Patriarche nous l’a déclaré personnellement à nousmême, que Sa Grandeur fut réduite à demander l’'aumône pour le soutien de ses propres œuvres en Palestine, |

Et maintenant l’œuvre de Terre-Sainte, qui n’a rien absolument de la Propagation de la Foi, parce qu’elle est censée pouvoir se suffire avec la quête du Vendredi-Saint, quel usage fait-elle du produit de cette quête à Ames charitables qui lirez ces

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lignes, permettez-nous de faire ici le simple exposé des œuvrés multiples qu’elle alimente, en dehors de la garde et de l'entretien de tous nos œugustes Sanctuaires.

T'ableau des Etablissements et des Œuvres de la Custodie Franciscaine de Terre-Sainte,

46 Couvents ou Résidences—39 Ecoles, Orphelinats, Ouvroirs, ete. .38 .Paroïsses. —44 Sanctuaires. A

L—Dans la patriarcat-Latin de Jérusalem.

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