EN TEMPS ORDINAIRE
A l'exception des tuileries de Blairville, de quelques moulias à eau et des moulins à vent exploités dans un simple intérêt de consommation, et d'une fabrique de sucre nouvellement établie à Rivière, l'industrie a peu d'importance dans le canton. On s'occupe beaucoup de l'engraissement des veaux et la facilité de transport à Paris a donné une très-grande étendue à ce genre de commerce.
Les habitants, faisant de l'agriculture leur principale occupation, conservent les mœurs et les usages de la vie champêtre; ils sont sobres^ laboîieux> économes; on y compte pourtant un assez grand nombre de pauvres.
Le canton de Beaumetz-lez-Loges esttraversé par la voie romaine jl'At-
ras à Amiens par Thièvres. Il était couvert de bois sur une grande partie de sa surface avant le IX^ siècle, comme beaucoup de noms de lieux Findiqitônt. 11 eut £ort à souffrir des ravages qu'y exercèrent les Français en 1585^ et surtout dans la guerre de 1635 à 1640. La plupart des villages et des fermes furent brûlés^ les bestiaux enlevés, les cultures détruites, les femmes mises à mal. Les habitants^ pour se soustraire à la rapacité et aux violences des soldats, se réfugiaient au premier bruit d'une nouvelle incursion dans des terrains creusés en d^autres temps et pour le même usage, et y déposaient ce qu'ils avaient pu emporter de leurs biens ; quelques-ims de ces refuges existent encore.
11 reste peu de monuments historiques dans le canton; on peut citer toutefois les suivants :
1^ La forteresse de Bailleulmont, dont il ne resjie plus qu'un pan de muraille, et qui fut dévastée en 1477 par les Suisses de Louis XI ; 2® ime commanderie de Templiers établie à Haute-Avesnes dans le XI11« siècle; une partie de ces bâtiments existe encore, servant à usage de ferme; 3<» l'église d'Agnez-lez-Duisans, qui se fait remarquer par son architecture gothique.
ADINFER.
ADINFER, Andinfevy Audinfer (titres de Saint-Vaast, 1194).
Histoire. — Dès 1194, la châtelaine d'Adinfer est citée parmi les bienfaitrices de Tabbaye de Saint-Vaast. En 1350, la seigneurie appartenait au sieur de Mailly. Sa fille, Guillemette, Rapporta en mariage à un seigneur de la maison de Guînes. Ce dernier, qui était aussi propriétaire d'Hendecordel, vint habitera Adinfer lin château-fort dont les derniers restes ont à peine disparu. Plus tard, la terre d'Adinfer devint Tapanage de la famille d'Halluin, par suite du mariage contracté par Marie de Hames avec im de ses membres. Elle fut cédée par échange, en 1554, au fils du célèbre comte d'Egmont que le duc d^\lbe fit décapiter à Bruxelles en 1568. Mais la famille d'Egmont, soumise à la domination espagnole, s'inquiéta peu que les anciens seigneurs d' Adinfer conservassent un titre dont elle seule jouissait des revenus.
En 1521, après avoir quitté les rives de TEscaut et de la Scarpe, l'armée française entra dans les plaines de l'Artois, à partir de l'Écluse, et vint camper à Adinfer. François P' fut informé qu'il n'y avait point de garnison à Hesdin, et qu'on y devait célébrer le lendemain, avec de grandes réjouissances, les noces de la fille du receveur général de la province. Le roi détacha aussitôt le prince de Bourbon avec son corps d'armée, le duc de Vendôme avec l'arrière-garde, et le comte de Saint-Paul avec les six mille hommes
qu'il commandait. Le détachement partit du camp d'Adinfer malgré les pluies continuelles qui régnaient alors, et se rendit dans cette ville avec la plus grande diligence.
En 1578, lorsque Louis XIV, sur les conseils du maréchal de Vauban, résolut de faire élever la citadelle d'Arras, il fit prendre dans les bois d'Adinfer, comme appartenant à un prince étranger, la plus grande partie des arbres dont on avait besoin pour la construction de cette forteresse.
En 1709, Lépine, chef de bataillon du régiment des vaisseaux, à la tête d'un détachement de l'armée du maréchal de ViUars, vint établir ses retranchements entre Adinfer et Hendecordel. ^
Du 26 décembre 1870 au 29 janvier 1871, cette commune fut constamment traversée et visitée par des patrouilles prussiennes entrant nuit et jour dans les maisons et pillant tout sur leur passage.
Archéologie. — Robert de Hames possédait à Adinfer un antique château ; si l'on en juge par les vestiges qui subsistent encore de nos jours. Ce dut être une forteresse bâtie sur un terrain élevé, flanquée de tours de distance en distance et environnée de fossés. On voyait encore, en 1731, une partie de murailles, des fossés, les débris d'une tour et deux portes, -dont l'une était ornée des armes de la maison de Hames.
Un seigneur de cette maison repose dans un caveau construit sous le chœur de l'église. Dans l'espace que laisse un centre de soutènement, on voyait jadis un mausolée en marbre noir, portant deux statues en rehef couchées et les mains jointes avec cette inscription : Seigneur d'Andinfer, Tulloy, et laronde Langubois,
décédé en mil Sa femme morte en 1534. Au centre du
monument étaient les armes de la famiUe. L'éghse, annexe d'Hendecourt-lez-Ransart, a été rebâtie en 1760. Vendue en 1797, elle fut soustraite par M. L. Ledoux, de Douchy, à la pioche dévastatrice des démolisseurs. Elle n'a qu'une nef, avec bas-côtés, soutenue par trois piliers ronds, sans voûte. Le clocher carré est surmonté d'une flèche en bois, ayant en dehors deux jambes de force en briques, sous lesquelles s'ouvre le grand portail.
Dans Pangle qu'il forme sur la droite, en sortant de Téglise s'élève une statue monolithe ayant 2 mètres 66 de hauteur, et représentant Jésus flagellé.
Outre le bois d'Adinfer qui existe encore de nos jours, il existait un autre bois appelé le bois des Dames, et qui, en 1789, appartenait aux Dames de l'abbaye d'Avesnes.
AGNEZ^LES-DUISANS.
Agnezy Anez (Cart. de Saint-Vaast, 369), AnieZy Agnès (Chartes du XIP siècle, Inv. de Godefroy).
Histoire. — En 1152, dix maisons d'Agnez dépendaient du chapitre d'Arras. Le fief d'Agnez fut saisi en 1252 par Robert, comte d'Artois; il appartenait alors au sire de Habarcq
Ce village fut ravagé en 1475 par l'armée de Louis XI : Le 25' jour dejuing au dit an, furent loutez les feux en Artois "par le dit roy Loys en plusieurs plaches^ c'est assavoir Dainville, Halarcq, Agnez, Duisans et autres lieux circonvoisins (d'Héricourt, — les sièges d'Arras). Ce fut à cette époque que furent détruites les fermes dites le Petit Garnirai, situées vers le chemin d'Avesnes. Elles appartenaient à une maison conventuelle du Gambraisis.
La famille d'Egmont possédait une seigneurie à Agnez-les-Duisans ; elle la vendit en 1531.
Le village d'Agnez est traversé par la petite rivière du Gy; il renferme un hameau appelé la Raissée, situé sur la route d'Arras à Auxi-le-Ghâteau, et dont l'importance vient d'être doublée par suite de l'établissement d'une fabrique de sucre.
Archéologie. — L'Eglise, placée sous le vocable de saint Martin, fut érigée en paroisse en 1803. La tour et le clocher furent
restaurés en 1842, sous la direction d'Alexandre Grigny. L'intérieur fut entièrement transformé en 1859. Une belle voûte en pierres, style gothique , un pavage régulier, des fenêtres nouvelles, furent les travaux les plus importants confiés à cet habile architecte.
BASSEUX.
BASSEUX, Batsala (charte du roi Thierry III; Baldéric, Chron. cam.)
Histoire. — Basseux, avec son église et ses dépendances, fut donné à Téglise d'Arras, en 674, par l'évêque Saint Vindicien. Le chapitre de cette ville y possédait des bois fort étendus, et un chanoine était préposé à la surveillance de cette propriété. Son brevet de nomination portait ce titre : ad superintendentiam nemorum de Basseux.
Une de ces grandes réunions de jeunesse, nommées marché aux filles y se tenait jadis à Basseux, le lundi de Pâques.
En 1711, le territoire de Basseux fut entièrement fourragé par les troupes françaises campées à Rivière sous les ordres du marquis d^Hautefort, lieutenant général des armées du roi.
En 1729, la veille de F Ascension, le maître-autel, la sacristie et les ornements de Téglise furent entièrement consumés par les flammes. Cent cinq ans après, le 8 avril 1834, im incendie plus considérable dévora la moitié du village.
Le P*" janvier 1871-, la commune de Basseux fut témoin d'ime légère escarmouche entre les dragons français et des uhlans prussiens.
Archéologie. — L^église date de 1540, les fenêtres en sont
étroites et de forme ogivale ; vendue en 1798, elle fut rachetée
.par une personne qui la reiidit au culte. La tour du clocher ren-
ferme cette curieuse inscription : <iAnno Domini 1711, cum in Ms regionibusacerbîssimumgrassaretur léllum, magister Stephanus, Dominicus Gelé, hujus loci pastor, 6b militum incursmies, latrocinia. Me in turre, cum totâ suâ familial omnique su'p'pellectili sese recepity die 23 junii, pastoraiûs sui incurrente anno 2. » « Uan du Seigneur 1711, alors que dans ce pays sévissait une guerre terrible, maître Etienne Dominique Gelé, pasteur de ce • lieu, pour fuir les incursions et les brigandages des soldats, se réfugia dans cette tour avec toute sa famille et tous ses meubles, le 23 juin au commencement de la seconde année de son pastorat. »
La cloche porte aussi une inscription : « J^ai été bénie en 1790, nommée Marie-Antoinette par messire Antoine-Pierre-Joseph de Gardevac de Gouy, seigneur de Bailleul, Lisquen, Péronne, chanoine de Téglise cathédrale d'Arras, maire de ce lieu, et par trèsnoble dame Marie-Robertine-Françoise deVillers au Tertre, abbesse du noble chapitre et abbaye d'Avesnes-lez-Arras. Nous appartenons, moi et mes deux sœurs à Téglise de Basseux-les-Loges. »
BAILLEULMONT
BAILLEULMONT. — MlleoU-MonSy Ballieu-Mo7is , Bailleuœ-Mont (Godefroy, Inv. des Chartes d'Artois).
Ce village, dont le territoire est traversé par la petite rivière du Grinchon, qui y prend sa source, est situé sur Tancienne voie romaine d'Arras à Amiens. En 1743, Tentrepreneur du nouveau chemin d'Arras à DouUens, en recherchant des cailloux, découvrit dans les fouilles, à quatre mètres de profondeur, une chaussée large de six mètres et ayant une épaisseur d'un mètre. Ge chemin était parfaitement bombé et présentait tous les caractères d'une grande solidité. Près de cette chaussée s'élevait un magnifique châlefi[u-fort. On retrouve encore, à l'extrémité du village, sur un
terre-plein entouré de fossés larges et profonds, de curieux débris de ces vastes constructions. Selon le P. Ignace, le château de BaiUeulmont serait beaucoup plus ancien que le village qui ne devait son origine qu'à Tagglomération des maisons construites par les vassaux des puissants seigneurs qui Thabitaient. Cette forteresse consistait en une cour vaste, entourée de murailles en jpierres taillées et assises sur un soubassement de grès piqués. Elle était soutenue par plusieurs tours dont Tune d'elle nous oflfre encore ses ruines. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un pan n'ayant pas moins de quatre mètres d'épaisseur.
La terre de BaiUeulmont eut d'abord des seigneurs de ce nom en 1096; le chevaher Romuald de Balleoli-Monte, joute au tournoi d'Anchin. Il fut .probablement le constructeur de la forteresse qui était une position importante avant l'usage de Tartillerie. La seigneurie passa ensuite successivement dans les maisons de Saveuse, d'Estouteville, de Bé thune, de Melun, Epinoy, et enfin de Guines Bonnières. (Rôles des 20mes).
Le château fut reconstruit d'%n lél ouvrage par les seigneurs de Saveuse au commencement du XV® siècle (Du Belloy-Turpin) ; il fiit dévasté en 1477 par les Suisses de Louis Xl, en représailles de l'alliance de Philippe de Saveuse avec Charles le Téméraire. Il n'était pas encore entièrement réparé, lorsqu'il fut attaqué et emporté en 1521 par l'armée de François P' qui y mit une garnison de 300 hommes. Il fut bientôt repris par les Espagnols en 1523.
Le duc de Vendôme ayant pénétré en Artois en revenant de Doullens, mit le siège devant le château de BaiUeulmont. Malgré l'hésitation de ses officiers devant une forteresse que l'on considérait comme imprenable, il parvint à s'en emparer ; mais plusieurs de ses capitaines y furent tués ou blessés, entre autres, Antoine Halluin, seigneur de Fiennes, grand louvetier de France. De Vendôme fit sauter les tours et raser toutes les constructions.
Lors du siège d'Arras en 1644, le quartier général de Rantzau fut étaÊli aux environs de BaiUeulmont. Les troupes de Louis XIV furent obligées de faire le siège du château pour s'en emparer.
Il y avait anciennement à Bailleulmont une prévôté de l'abbaye d'Anchin.
Ce village eut sa coutume particulière rédigée en 1507.
Nous ne terminerons pas cette notice sans accorder quelques lignes à la légende de la salle du Désespoir, nom que portait une chambre haute du donjon.
GoUart de Bois-Huon, écuyer, seigneur de Vis-en-Artois, avait épousé une fille naturelle de Philippe de Saveuse. Gomme ce jeune homme était folastre et de folles manières^ son beau-père avait obtenu du roi un mandat pour le mettre en tutelle, et Tavait enfermé dans une tour de son chastel oii il le faisait garder pour le corriger. Ges mauvais traitements aigrirent Tesprit de cet infortuné, et un matin (11 octobre 1438), le varlet qui entra dans •sa chambre pour le servir, le trouva pendu avec un long sac dans lequel on lui avait la veille apporté du fruit. Le jour suivant, son cadavre était descendu silencieusement et sans appareil dans la cave sépulcrale du château, et Toubli aussi glacial que le marbre de la tombe vint peser sur sa mémoire. Pendant sa longue détention, on avait souvent vu le malheureux GoUart, la figure collée aux barreaux de son étroite fenêtre cherchant à respirer Tair pur de la campagne et à récréer ses yeux. Les villageois s^étaient apitoyés sur le sort du prisonnier, et, longtemps après sa mort, des idées superstitieuses s'attachèrent à cette partie du château. La tradition rapporte que la veuve de Gollart vint ensevelir ses remords dans le couvent de Sainte-Glaire, fondé à Arras par Philippe de Saveuse (Jacques Duclercq, J/m., Iv. 3).
Une colonne prussienne, forte d'environ 1500 hommes, traînant avec elle des chevaux et 2 canons, traversa la commune le 26 décembre 1870, venant de Berles et se dirigeant vers Bavincourt. Le 30 décembre ils vinrent y faire une réquisition et le P*" janvier 1871, on vit pour la dernière fois les uhlans aller et venir en éclaireurs.
Archéologie. — On retrouve encore à Bailleulmont, un vaste souterrain communiquant, selon Topinion des habitants, avec la tour de Bailleulval. Le propriétaire des ruines a trouvé un grand
nombre de pièces de monnaie et d'autres objets, tels que mousquets, boulets, lances, etc., etc.
L'église ancienne ne formait qu'une seule cure avec Bailleulval, La Gauchie, La Herlière. Elle était sous l'invocation de Saint Martin et érigée sur un terrain mitoyen entre ces communes à l'endroit où se trouve encore le cimetière commun à Bailleulmont et Bailleulval. L'église actuelle fut bâtie en 1760.
BAILLEULVAL.
BAILLEUVAL. — Balleolirvallis, Baïlleuml. (Arrêt du Conseil d'Artois du 29 janvier 1721).
Histoire. — ^^En 1126, ce village n'était qu'un hameau dépendant de Bailleulmont.
La terre de Bailleulval était possédée, au XVP siècle , par les seigneurs de Bèvres. Elle passa auXVIP siècle dans la famille de Béthune-Hesdigneul, par suite du mariage de Camille-Marie Guillaume de Pietra Sancta, dame de Bailleulval, avec Eugène-François de Béthune, chevalier, seigneur d'Hesdigneul, dont elle eut des enfants. Il y eut plus tard entr'eux, uue séparation de biens, et elle fut autorisée à revendiquer ses droits sur le domaine de Bailleulval, en qualité de dame du lieu (sentence de la gouvernance d'Arras, 18 mars 1670).
En 1711, le maréchal de* Montesquieu, gouverneur d'Arras, fit camper ses troupes dans les environs de Bailleulval. Le marquis d'Hesdigneul en ayant été informé, se transporta immédiatement sur le théâtre de ce mouvement ; il y apprit que les soldats avaient reçu l'ordre de couper des arbres dans les bois de Basseux, pour venger leur général d'un affront que lui avait fait le chapitre d'Arras, en lui refusant une place dans le chœur de la cathédrale, pendant un Te Deum chanté par ordre du Roi. Les bois du sieur d'Hesdigneul furent épargnés.
Archéologie. — On remarque à Bailleulval les restes d'un château-fort. L'état actuel des ruines laisse entrevoir l'importance de cette ancienne forteresse. On voyait encore en 1731, dit le Père Ignace, un antique pavillon carré, flanqué de deux tours, dont le sommet était garni de nombreux créneaux ; les tours, presqu'entièrement démolies de nos jours, renfermaient des salles bien voûtées et reliées entr'elles par des dégagements assez étroits, mais conmiodes pour passer de l'un à l'autre.
L'escalier était ménagé dans l'intérieur de la muraille, qui avait 1 mètre 40 centimètres d'épaisseur. Dans le rez-de-chaussée se trouvaient deux places basses voûtées, dont l'une servait de fournil et l'autre de chambre pour le fermier du château. Les fenêtres ne consistaient qu'en des créneaux que l'on avait agrandis pour obtenir le plus de jour possible. La façade, du côté du village, est le seul objet qui fixe encore Pattenlion de l'archéologue. En effet, sous le pavillon central se trouve la porte d'entrée dont la clef do voûte est ornée d'un écusson représentant les armes de la maison de Béthune-Hesdigneul. En voici la description : Ecu portant une face accostée d'une étoile cantonnée au côté droit, et surmontée d'un heaume à la couronne de marquis.
On voit encore dans les murailles les ouvertures destinées à recevoir les deux branches d'un pont-levis.
La cour était plus élevée que le terrain du rez-de-chaussée, ainsi que cela se rencontrait souvent dans les constructions de l'époque.
Enfin, les plus beaux vestiges de la grandeur du château de Bailleulval consistent dans les fossés, presque comblés de nos jours, qui furent jadis témoins des luttes que les seigneurs eurent à soutenir. Très-étroits et couverts de bois ils donnaient à l'enceinte la forme d'un hexagone.
Le Père Ignace rappelle de plus l'existence d'une chapelle claustrale, ayant nef, choeur et campanille et placée sous l'invocation de Notre-Dame-de-Gràce. La nef avait été diminuée de moitié en 1729. Naguère encore on voyait quelques traces d'un portail enrichi de sculptures.
Partout où Ton trouve une enceinte fortifiée, partout aussi on
Digjtized by LjOOQ IC
rencontre quelques indices de constructions souterraines. Il existe à Bailleulval un souterrain qui reliait son château à celui de Bailleulmont, distant de deux kilomètres environ ; il dut sans doute son établissement aux guerres sanglantes, aux ravages des armées espagnoles et aux représailles des Français qui obligèrent souvent les habitants à y chercher un refuge et un moyen de salut.
BEAUMETZ-LES-LOGES. — Bellum Mansum (charte 1126) ; BiaumeS'Pourchélet, BoweZy Biometz (XIIP siècle).
Histoire. — Nous voyons en 1218, le châtelain de Beaumetz accorder une dîme à Tabbaye de Saint-Vaast. Roger et Siger de Beïlo-MansOy sont repris comme témoins dans une charte de 1226, concernant la confirmation de la dîme de BaveUncourt à Tabbaye de Mareuil. A cette époque et pendant les deux siècles suivants, la terre de Beaumetz appartint successivement aux puissantes maisons d'Habarcq, de Beaufort et de Groy.
En 1711, le marquis de Hautefort qui campait à Rivière, lors du siège d^Arras par les Français, fit fourrager tout le territoire de Beaumetz. L'année suivante, le 27 avril 1712, il y eut une rencontre meurtrière entre des carabiniers commandés par le marquis de Maizières, lieutenant général, gouverneur d'Amiens, qui se rendaient à Doullens, et 100 hussards de troupes alliées; ces derniers furent mis en pleine déroute.
En 1743, les États d'Artois firent travailler à l'ancienne chaussée Brunehaut, devenue alors route royale d'Arras à Amiens. G'est à cette époque que Beaumetz acquit quelque importance.
Le fief du Poncheauœ ou Porchélet fut possédé en 1621 par Glande de Landas, écuyer, seigneur de Thun, Vermont. Il devint la propriété du prince de Rubempré en 1757.
Adrien-Joseph Mullet, sieur du Petit Rieux, chevalier d'honneur du conseil d'Artois, étant mort sans enfants en 1747, François-Albert de Briois, avocat général du môme conseil, lui succéda dans cette terre comme à un plus proche héritier.
Le dernier seigneur de Beaumetz fut M. Bon-Albert Briois de Beaumetz, chevalier, né à Arras le 24 décembre 1759, premier président au conseil d'Artois, homme recommandable par ses lumières et ses talents; député à l'Assemblée constituante, il s'y distingua par la rectitude de ses vues. Forcé d'émigrer en 1792, il mourut à Calcutta en 1800.
Le 26 décembre 1870, la commune de Beaumetz fut visitée par un détachement de uhlans qui revinrent les jours suivants, avec de nombreux renforts, accabler les habitants de réquisitions.
Le hameau des Loges dépendait autrefois de la paroisse de Basseux; réuni à Beaumetz par décret du 12 avril 1868, il renferme une distillerie très-importante, située sur la route d'Arras à Amiens et exploitée par M. Lamart fils.
Archéologie. — L'église, sous l'invocation de Saint Michel, fut bâtie en 1759. Elle n'a qu'une nef très-étroite et fort obscure. Elle est surmontée d'une tour carrée datant du XV* siècle.
BERLES-AU-BOIS.
BERLES-AU-BOIS. — Berlo, Belles^ Berles-Moustier, Berles-Sire- Wistace.
Histoire. — L'évêque Liébert accorda en 1070 au chapitre d'Arras, l'autel de Berles (Locrius, Chron. iélg.). Un chevalier, Nicolas de Beaucamps, était seigneur de Berles et de Monchy en 1253, et son successeur Théobald assiste comme pair aux plaids
-ao-
du comte, le 4 avril 1285. Berles-au-Bois, est composé de deux agglomérations distinctes reliées entre elles par quelques maisons, et qui, avant la Révolution, formaient autant de villages et de seigneuries.
La première de ces agglomérations, Grand-Berles^ a longtemps porté le nom de BerJes-sire- Wistace.
La seigneurie appartenait au comte d^Egmont. Elle fut vendue à un sieur d^Ervillers, qui, par succession, la laissa à Deslyons, écuyer, sieur de Fontenelle, seigneur de Bavincourt, baron du Locon et maire delà ville d'Arras en 1717. Après sa mort, ce fief tomba en partage à sa fille aînée qui en fit don en 1746 à Tabbaye d^Arrouaise.
La seconde, appelée Berles-Moicstier, et de nos jours Petit- Berles, dépendait de Tabbaye de Gorbie dès sa fondation, en 662. Elle fut cédée en 1470 à Pabbaye d'Arrouaise.
A l'époque de la Révolution, l'église ayant été vendue, fut livrée à la destruction ; les femmes de Berles, indignées de cet acte de vandalisme, poursuivirent les. démolisseurs à coup de pierres. Elles furent arrêtées, conduites en prison à Saint-Omer, et renvoyées après jugement. Il existait dans ce village un souterrain refuge. Berles-Witasse eut sa coutume en 1507.