‹ Notice historique sur le canton de Beaumetz-les-Loges (arrondissement dChapitre 3 sur 8 · BERNEVILLE · texte numérisé non relu

BERNEVILLE

BERNEVILLE. — Bernivilla, Berneam-villa (cart. P' août 1024), de Baronismïla (Mirœus, l)i]^l. lelg.).

Histoire. — Sous le nom de Bermvilla, la terre de ce village a été donnée en 653 par le roi Thierry III à Tabbaye de Saint- Vaast.

Le diplôme d^Hincmar de 850, assigne ce lieu ad necessaria fratrum. En 1110, le pape Paschal II confirme à Tabbaye Tautel de Bemeville, que l'évêque Lambert lui avait accordé en 1098.

Lors du siège d'Arras, 1492, le maréchal d'Esquerdes vînt camper à Berneville (d'Héricourt, les Sièges d'Arras).

Après la promulgation de la constitution de l'an III, Berneville fut chef-lieu de canton, et, par suite, lieu de réunion des assemblées républicaines.

Ge village eut sa coutume particulière (Clément. — Usages locaux).

Archéologie. — On voyait encore en 1720 deux tours dans une ferme de ce village ; elles servaient d^escalier aux bâtiments du prieuré que les religieux de Saint-Vaast y occupaient anciennement, d'est dans ce môme emplacement que Péglise fut construite en 1763. L'abbaye céda le terrain occupé par le chœur et le fit bâtir à ses frais. La nef doit sa construction aux nombreuses donations des habitants.

BLAIRVILLE.

BLAIHVILLE. — Blarvilla, Blaremlla (charte, XIP siècle).

Histoire. — Au XIP siècle, Tabbaye de Saint-Vaast avait des droits sur ce village. Ils furent reconnus par une bulle du pape Alexandre III, en 1169. Nous voyons, de plus, Guillaume de Blairville assister aux plaids de 1285.

Les Templiers eurent à Blairville une tnaison semblable à celle de Haute-Avesnes. Le Père Ignace dit, que dans son temps, on pouvait encore y voir deux portes de cette ancienne maison, fort étroites, selon Pusage de l'époque, et construites en grès bien façonnés. Un seigneur de Blairville ayant pris les armes contre son suzerain, fut battu, et sa défaite entraîna la destruction du château.

La terre de Blairville a momentanément appartenu à la Société de Jésus à qui elle avait été cédée par un de ses membres nommé

Obert, fils de Wallerand Obert, conseiller au Conseil d'Artois, et qui mourut de la goutte à Saint-Omer. Les Jésuites la vendirent à Gillon, qui décéda à Bapaume et fut enterré dans la chapelle des Archers, sise en l'église paroissiale. Gillon laissa une fille qui épousa M. de Saisserval. Ce dernier fit planter l'endroit appelé les Confosses, où se trouve une veine d'excellent sable. C'était autrefois un bien communal, il a cessé de l'être, parce que les habitants ne se sont pas opposés à ce que les Jésuites la vendissent avec la seigneurie.

Blairville eut sa coutume rédigée en 1507 ; l'église fut bâtie en

Le village eut à supporter les réquisitions des escadrons de cavalerie prussienne pendant l'invasion allemande.

BOIRY-SAINTE-RICTRUDE.

BOIRY, Bariacum, Bourekh (VIP siècle).

Histoire. — Boiry est connu depuis le VII« siècle par la légende de Sainte-Rictrude qui y fit séjour en 656. Son mari, Adalbalde, duc de Douai, ayant été assassiné, elle vint habiter son domaine de Boiry, où elle fut en vain recherchée par les seigneurs de la cour de Clovis IL Le roi lui-môme, jaloux de faire tomber son choix sur quelqu'un qui lui devrait cette haute fortune, vint la visiter quelques mois après. Rictrude fit les honneurs de son château à son hôte royal avec toute la magnificence du temps. A la fin d'un repas somptueux, le roi lui adressa de pressantes instances en faveur d'un de ces prétendants.' Rictrude, après avoir repoussé ces propositions avec dignité, et réclamé avec énergie les privilèges d'une noble Franque, tira de son sein un voile béni par Saint-Amand, et s'en couvrit en déclarant qu'elle se consacrait à Dieu. Le roi irrité, quitta Boiry le jour môme. Rictrude se retira à Marchienne^ et fit don de sa terre à la

— aspuissante abbnye qu'elle fonda. Il y eut pendant plusieurs siècles, à Boiry, un prieuré qui fut desservi par des religieux de ce monastère.

Le diplôme de Tempereur Charles-le-Chauve, de 877, confirma à l'abbaye de Marchiennes toutes ses possessions, savoir : Infago A trèbatensiy villam Bariacum cum integritate (Mirœus, dipl. Belg.)

La coutume du temporel de Boiry-Sainte-Rictrude fut rédigée en 1507.

L'ancienne propriété des ducs de Douai est encore l'une des exploitations agricoles les plus importantes de l'Artois. Les bâtiments de la ferme furent entièrement rétablis en 1721, par les soins du frère Éloi, chargé d'affaires du cardinal Ottoboni, abbé commendataire de Marchiennes.

L^église, sous l'invocation de Sainte-Rictrude, tient à la ferme construite en 1687. DémoKe et réédifiée en 1778, elle servit d'atelier pour la fabrication du salpêtre, et c'est sans doute à cette destination qu'elle doit d'être restée debout pendant la Révolution.

Le 4 avril 1790, la commune de Boiry fut le théâtre d'un violent incendie qui consuma quarante-quatre des cinquante maisons dont elle était composée.

Il existait à Boiry-Sainte-Rictrude, un fief appelé la Mairie; Vindicien Bhn, seigneur de Grincourt-lez-Hendecourt, et conseiller secrétaire du roi, audiencier à la chancellerie près le Parlement de Flandre, séant à Douai, en était propriétaire. Il en portait le nom, quand il mourut à Arras en 1648.

Pendant l'invasion allemande, deux batteries d'artillerie, escortées par plusieurs régiments d'infanterie et de cavalerie, traversèrent la commune de Boiry-Sainte-Rictrude, le 26 décembre 1870. Elle eut à subir de nombreuses réquisitions qui se terminèrent par un véritable pillage le 27 janvier 1871.

BOIRY-SAINT-MARTIN.

BOIRY-SAINT-MARTIN, Ghrand'Boiry, BoiryAa-Montagne.

HiSTOiRE. — Lambert, évêque d'Arras, accorda ?autel de ce lieu à l'abbaye de 3aint-Vaast, en 1098. Cette concession fut confirmée en 1102, par le pape Pascal II (Locrius, Chron. lélg.).

La famille Quarré de Boiry, possédait autrefois une maison seigneuriale contiguë à l'église. Cette dernière fut rebâtie à la fin du XVIP siècle, et la tour terminée en 1702.

Le 26 décembre 1870 et le 27 janvier 1871, la commune de Boiry-SaintrMartin dut satisfaire aux réquisitions de nombreux détachements d'infanterie et de cavalerie prusienne.

FICHEUX.

FICHEUX, Ficiliacum (diplôm. de saint Vindicien, 674) ; Fiscau (archives de Saint-Vaast, 1098); Fissau {iMd.fl02i); Fischeu (1269, Le Carp).

Histoire. — Ce village est compris au nombre des possessions de l'abbaye de Saint-Vaast, reconnues par le diplôme de saint Vindicien^ en 674. L'archevêque Hincmar lui assigna en 870, le revenu de l'autel de Ficheux. Les habitants de ce village eurent le sort de presque tous les autres de l'Artois, de ne rien dépouiller en 1709. Leur territoire fut fourragé en 1710, 1711 et 1712 par les armées françaises.

Le chœur de l'éghse fut rebâti en 1664, et le clocher en 1726. La cure était desservie par quelques religieux de Saint-Vaast qui demeurèrent momentanément dans la ferme située près de l'église. Il y avait à l'extrémité est du village une chapelle de dévotion érigée en l'honneur de Notre-Dame-de-Grâcé.

Au mois de mars 1739, le sieur Poitau, échevin d'Arras, seigneur de Ficheux, fit ériger à ses frais un calvaire dans cette commune; un chanoine de la cathédrale présida à la cérémonie à laquelle avait été conviée la musique de la garnison.

La nouvelle église a été construite en 1840.

Ficheux fut visité par les troupes allemandes le 29 décembre 1870 et les 8 et 29 janvier 1871.

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