GOUY-EN-ARTOIS
GOUY-EN-ARTOIS; Gogkum (1098) ; Qoy (1126); Qouy-a-LoL
Histoire. — L'autel de Gouy, accordé à l'abbaye d'Arrouaise en 1116, par l'évêque Robert, fut ensuite cédé au chapitre d'Arras, en échange de celui de Beaulencourt.
En 1270, des sergents d'Artois ayant fait une arrestation sur la terre de l'église, furent condamnés par lettre du 16 août, à en donner réparation en faisant par trois dimanches consécutifs, le tour de l'église, la torche au poing, suivis du clergé (Godefroy, Invent Ghron. Tome I^).
Les seigneurs de Gouy sont d'origine très-ancienne. Manassé de Gouy est repris dans une charte de 1206, concernant la rente
de la dîme de Beaulencourt à Tabbaye de Marœuil (Gart. de MarœuiJ).
Au XIV° siècle, Jean de Picquigny, Vidame d'Amiens, était seigneur de Gouy-en-Artois (La MorUère, coll. des antiq. d'Amiens). Cette terre passa ensuite dans la maison de Soyecourt par suite du mariage de Louis avec Théritière de la famille de Picquigny. Plus tard, elle appartint à la famille de Gardevacque.
Gharles-François de Gardevacque, chanoine et archidiacre de Gambrai, naquit à Gouy. Il fiit nommé au mois de septembre 1743, par Louis XV, à Tévêché de Perpignan.
Alexandrine-Pauline-Joseph de Gardevacque, fille de Philippe Alexandre, seigneur de Goùy, et de Pauline de Grenet, épousa en 1785, Romain de Diesbach, capitaine dans un régiment suisse de la garde royale, et fils de François-Philippe Ladislas, lieutenant général des armées du roi : cette famille est restée propriétaire du château de Gouy et de ses dépendances.
Outre la principale seigneurie, il y avait à Gouy un autre fief dont la maison de Lannoy fut longtemps propriétaire. Il fut vendu en 1718, par le comte de Beaurepaire, à messire du Mont-Saint- Éloi, seigneur de Gourcamp, qui lui-même le céda en 1722, à Ghrétien de Gardevacque.
Archéologie. — Il y avait à Gouy un de ces souterrains refuges où les habitants se retiraient pendant la guerre.
L'église moderne, 1775, sous l'invocation de saint Amand, est remarquable par la délicatesse de sa structure, Télégance de ses piliers et la beauté de la boiserie du chœur. Le clocher date de 1500 environ, G'est ime tour carrée d^une belle éJévation, surmontée d'une flèche en maçonnerie.
On a replacé plusieurs pierres tumulaires dont voici la description : P au bas du marche-pied du maître-autel, celle de Gharles- François de Gardevacque, évoque de Perpignan. Elle porte cette inscription :
Hoc lapide tegitur cor illustrissimi ac reverendissimi Caroli Francisci Alexandri de Cardevac de Gouy, miseratione divinâ et sancUe sedis apostolicœ gratid episcopi PerpiniaTiensis, regique
a sanctioribus consiliis per annos 40 gmm episcopatûs jiigum fortiter et sollicité portavit.
OUitdie P mensis martii anno 1783. Requiescat inpace. Amen.
2° Au milieu du chœur, celle de Pierre-François de Cardevacque, chevalier, seigneur de Gouy, décédé le 31 décembre 1729. L'épitaphe en est bien conservée. Elle est entourée des armoiries de toutes les familles alliées à celles des Cardevacque, savoir : Cardevacque, de Thieulaine, Le Vasseur, de Manchicourt, de Briois, du Bois, de Baillescourt, d'Hérigny, de Blondel, Le Merchier, de Montigny, de Bernard, de Senonch, Le Prévost, de Pétrins, Le Cocq.
3^ Celle de Robert-François Nettuof, curé de Gouy, décédé le 12 septembre 17...
4o Celle de Nicolas-Joseph du Mont-Saint-Éloi, décédé le 3 mars 1736, et de dame Isabelle-Philippine Carpentier, sa femme, du sieur Phihppe Creton,^ de demoiselle Isabelle-Louise Creton, et de Nicolas-Joseph Creton
L^église de Gouy possède encore plusieurs reliquaires qui lui ont été [donnés par la famille de Diesbach. Trois d'entre eux sont en argent, un autre en ivoire. Ils renferment des reliques de saint François de Sales, de sainte Jeanne de Chantai, de saint Quentin, de saint Clément, de saint Nicolas, de saint Silvestre, de saint Maurice. L'authenticité de ces reliques a été constatée en 1841, par Son Em. Mgr le cardinal de la Tour-d'Auvergne Lauraguais, évêque d'Arras.
Il existe à Gouy plusieurs hameaux oîi lieux dits qui ont une certaine importance historique, tels que le Calvaire Zouison^ hameau situé sur la grande route d'Arras à Amiens, la rue de la Citadelley le Champ Cardevacque^ le Mont du Temple; cette dernière désignation semble indiquer l'existence ancienne d'une maison de Templiers.
Il y avait autrefois à Gouy un monticule entouré de fossés et sur lequel étaient restées quelques vieilles murailles, aucienô débris d'une forteresse. Pierre-François de Cardevacque, seigneur de Gouy, les fit abattre et éleva sur le même terrain le château^ propriété actuelle de M. le comte de Diesbach.
Le 31 décembre 1870, 1300 hommes du 5* cuirassiers de Saxe- Weimar, commandés par un colonel, vinrent à Gouy faire des réquisitions. Ils en repartirent le lendemain V janvier. Plusieurs d'entr'eux furent poursuivis par des mobiles du Nord, de la Somme et du Gard^ et Tun d'eux, blessé mortellement, vint mourir à Sombrin.
HABARCQ.
HABARGQ, — Habarcgy Haharcum (1071), Hdbarqnmm.
Histoire. — Armand de Eàbarco, figure comme témoin d'une donation faite en 1071 par Liébert, évêque d'Arras et de Cambrai (Le Carp. Hist. de Gamimi). La puissance des châtelains d'Habarcq était citée. Leur château fut brûlé pendant le XIIP siècle.
En janvier 1269, une aprise ou enquête eut lieu relativement aux prétentions du comte de Saint-Pol, qui soutenait contrairement au comte d'Artois, que la haute justice lui appartenait dans toute la châtellenie d'Aubigny et ses dépendances. Cette enquête, dans laquelle figure Habarcq, renferme des particularités qui nous apprennent comment la justice se rendait dans les temps féodaux :
« Deux sergents d^ Artois ayant exploité en ce village, vers 1240, à l'occasion d'un crime qui venait d'y être commis, Hugues, sire d'Habarcq, les pria de ne pas enlever les dépouilles, c'est-àdire les effets mobiliers du déUnquant. Sur leur refus, une querelle s'en suivit. Hugues tua un des sergents et blessa l'autre. Bientôt les gens du comte vinrent en force et brûlèrent la tour d'Habarcq. Pour ne pas demeurer en reste ou ne pas laisser prescrire ses droits, un sergent du comte de Saint-Pol mit le feu à la salle ou cour du château. Ce sergent fut conduit à Arras et mis à la prison de la cour le Comte ».
Il est à remarquer que dans les guerres féodales et dans les exécutions des suzerains sur leurs vasseaux, le donjon ou grosse
tour du château, était toujours respecté. Il n'était détruit que pour félonie. Aussi celui du château d'Habarcq fut-il conservé (Godefroy, Inv. Chrmi.).
A la fin du XIV® siècle, la seigneurie d'Habarcq appartenait à la maison de Beaufort. Elle devint ensuite Tapanage d'un cadet de cette famille qui prit le nom de Habarcq. Ce village fut brûlé en 1475 par l'armée de Louis XI.
Dans le siècle suivant, les seigneurs de Habarcq jouirent d'une grande influence dans la contrée, sous la domination des ducs de Bourgogne. En 1502, Jean de Habarcq devint gouverneur d'Arras, et son fils Pierre remplit les mêmes fonctions de 1525 à 1535. Marie de Habarcq ayant épousé Gilles de Lens, en eut plusieurs enfants dont une fille, qui apporta la terre de Habarcq en mariage au comte d'Egmont.
Le gouvernement d'Arras ayant été donné à Saint-Preuil, en récompense de la belle conduite qu'il avait tenue pendant le siège, le maréchal de Châtillon resta seul pour commander les troupes françaises dans l'Artois, et le 21 septembre 1597, il écrivait en ces termes au prince d'Orange :
« Je suis demeuré seul général des armées du roi Isns l'Artois. « Après trois semaines de séjour à Aubigny, bourg situé sur la « Scarpe, je suis venu depuis deux jours loger à Habarcq, mai- « son du comte d'Egmont, une lieue plus près d'Arras. !> (D'HÉ- RiCOURT, les sièges d'Arras).
En septembre 1742, après une mission donnée par le R. P. Jésuite Duplessis, ce dernier et le curé d'Habarcq convinrent d'ériger un calvaire hors du village. Ils furent arrêtés dans leur projet par des habitants de l'endroit et de Gouy en Artois, Noyelle-Vion et Wanquetin, à la tête desquels se trouvait un maréchal ferrant, qui eut la hardiesse de dire au jésuite, que si l'on plantait cette croix il y mettrait le feu. De la Roque, lieutenant du roi à Arras, fut informé de cette rébellion; il envoya à Habarcq quelques soldats. Leur présence dissipa les mutins ; quelques-uns disparurent, entre autres le maréchal.
On a fréquemment trouvé dans les enclos des maisons isolées, ayant sortie sur les champs, des ossements humains qui témoi-
-signent que Habarcq fut habité par de nombreux protestants. En effet, ces derniers enterraient leurs morts dans les jardins.
Du reste, longtemps avant la Révolution de 1793, on faisait allusion à la foi peu ardente des habitants de ce village, en lés surnommant les durs d' Habarcq, les hauts capiaux. Pendant la Terreur, V\m deux détacha le Christ du calvaire, le traîna dans les rues et le brûla. Il mourut peu après dans d^atroces douleurs.
Archéologie. — L'église, brûlée en 1475, fut reconstruite en 1678. Elle fut conservée, pendant la Révolution, par M. Asselin, qui avait acheté le château et la seigneurie. Sa construction gothique est de la dernière époque de ce style ; elle n'a qu'une seule nef surmontée 4'une voûte remarquable et très-bien éclairée. Le clocher s'élève sur le côté de l'égHse contre le pignon du château : il est en pierres dentelées, dans le genre espagnol.
En 1835, le chœur fut pavé en pierres bleues. Ce travail mit à jour sous le marchepied de l'autel de la Sainte-Vierge, l'entrée d'un caveau où l'on trouva trois cercueils en plomb et très-anciens, renfermant, dit-on,les corps de Pierre de Habarcq, de Marie de Habarcq et de Gilles de Lens.
Le Père Ignace qui a visité la plupart des lieux dont il parle, nous apprend qu'au moment où il écrivait, on voyait dans l'égUse le mausolée de Pierre de Habarcq enchâssé dans la muraille du sanctuaire, sous une voûte, du côté deU'évangile. Plusieurs ouvrages en pierres très-bien travaillées en faisaient les ornements. Pierre de Habarcq était représenté avec sa femme sous un marbre autour duquel on Usait l'inscription suivante : « Ci gisent Pierre « d'Habarcq, chevalier, seigneur d'Habarcq, d'Aubigny-la-Mar- « che, Villers-Châtel, capitaine de la garde de l'empereur, capi- « taine des ville et cité d'Arras, et Antoinette de Marquais, dame « dudit lieu, de Warlus, laquelle mourut le 24 novembre 1529 et « lui le 23 octobre 1530. »
11 y avait autrefois trois cloches avec carillon à horloge. Celle qui existe de nos jours porte cette inscription :
« Très-Haut et très-puissant prince monseigneur le comte € d'Egmont et g"" d'Habarcq et autres lieux considérables, grand
« d'Espagne-, chevalier de la Toison-d'Or, lieutenant général des « armées du roy, très-haute et très^uissante princesse madame « Duplessis-Richelieu, son épouse. M. P. L. De la Cressonnière, « mon curé, m'a bénie ainsi que mes deux compagnes. Monsei- « gneur Gui-Michel-Anastase Asselin, seigneur de Willencourt, « écuyer du roy son pr*"" en maîtresse des eaux et forts de la « ville d'Arras, échevin en exercice et agent général de monsei- « gneur le comte d'Egmont, seigneur d'Habarcq, mon parrain, et « demoisdUe Augustine-Josephe Payen, épouse du sieur Gou-
€ demetz, lieutenant du D Habarcq, marraine, 1770 M'ont
« nommée Augustine. »
Faite par les|Gouveno( et Beaudon.