‹ Notice historique sur le canton de Beaumetz-les-Loges (arrondissement dChapitre 8 sur 8 · RIVIÈRE · texte numérisé non relu

RIVIÈRE

RIVIÈRE, Riparia, Riverium. (Godefroy, Invent, chron.)

Histoire. — Héluin est le premier seigneur de Rivière, mentionné dans un acte du 15 décembre 1242.

En 1595, l'armée française, ravageant l'Artois, sous la conduite du duc de Biron, se retrancha à Rivière; elle incendia le village en se retirant, le 8 septembre.

La ville de Stenay, n'ayant pu soutenir longtemps le siège, en 1640, le roi, qui désirait délivrer Arras, envoya' au secours de Turenne toutes les troupes qui y étaient occupées. Le commandement en fut donné au maréchal d'Hocquincourt, dont la bravoure était connue, et qui combattait alors dans les rangs français à la tête des gens d'armes et des chevau-légers du roi, des gardes du cardinal Mazarin et même des officiers de sa maison, des gardes suisses et français. D'Hocquincourt vint établir son camp à Rivière, mais ce village était très-rapproché des lignes ennemies, et l'on pouvait craindre que les Espagnols n'attaquassent les Français avant qu'ils n'eussent le temps de s'y^fortifier ; aussi Turenne envoya au maréchal d'Hocquincourt cinq escadrons de cavalerie, sous le commandement de d'Espence, puis il sortit de son camp, prêt à lui porter secours au premier mouvement des ennemis.

€ Ceux-ci, voyant notre contenance, demeurèrent fermes trois ou quatre heures durant, sans oser s'avancer, étant toujours derrière les masures d'un village ruiné, à la portée du mousquet de

nos retranchemeûts.Qny tira cent coups de canon de cinq grosses pièces, qui percèrent lesdites masures aisément et donnèrent dans leurs bataillons. Ils se lassèrent de cela, à la fin, quittèrent ce poste sur les dix heures et marchèrent, faisant semblant de retourner au quartier de Bailleulmont ou de Rivière- Gomme ils furent vis-à-vis du quartier de Rantzau, ils tournèrent sur leur main droite tout court, faisant marcher cinq gros escadrons et quatre bataillons à leur tête avec six pièces de canon de 24 livres de balles. » (D'Héricourt, Les sièges d'Arras. — Rélat. Dict.. par le maréchal de Ghatillon. — Mém. d'Aubry,tome IV, page 640.) En 1711, le marquis de Hauttefort campa aussi à Rivière, qui, avec tous les villages voisins, dut pourvoir à Tapprovisionnement du corps d'armée.

Rivière n'est à proprement parler, qu'une agglomération de six fiefs ou hameaux qui avaient chacun leur terroir et leurs seigneuries, et dont les noms suive!ïit.:

Bellacourt, Beîîocurtis^ mentionné dans les chartes du XIIP siècle, re^sortissait au Conseil supérieur d'Artois. Pierre Payen, d'Arras, écuyer, avocat au Conseil d'Artois, était se%neur de Bellacourt, en 1580. Il y avait 30 feux à BeUacourt, en 1733. La Seigneurie de Bellacourt appartenait alors à M. de Belvalet; plus tard, elle devint la propriété de la famille de Cuinchy.

On cite comme exemple de longévité un vieiUard, nommé- Michel IJouliez, mort à Bellacourt, à Tâge de 122 ans.

11 y avait dans cette localité une chapelle bénéfieiale, sous l'invocation de saint Pierre.

Bellacordel était tenu en fief du comté d'Artois, en 1277; au XVIIP siècle, il avait pour seigneur M. Galhault.

Bretencourt, Bretenhort. (Godefroy, Inverti, chron., tome I.) En 1237, Wagon, d'Arîas, chevaUer,. reconnaît temr du comte d'Artois, en hommage-lig,e,, la forteresse de Bretencourt. Èh 1250, un seigneur de Vimy» nommé d'Argicourt, propriétaire de la dîme de Bretencourt, en donna ime portion pour aider à lia construction, dans^ ce hameau, d'une^ chapelle* sous Finvocation de saint Éloi. La seigneurie de Bretencourt appartint successivement aux, familles de Warluzel et Briois de Beaumetz.

C^est au-dessous de Bretencourt que le Grinchon prend sa source. La fontaine est entourée dé murs et entretenue aux frais de la viUe d'Arras. Elle était annuellement visitée par un échevin. Les droits de la ville sur ce cours d'eau résultent de divers actes, et notamment d'une ordonnance de Philippe le Bon, due de Bourgogne, de 1436, qui reconnsdt que ce courant d'eau> depuis Bretencourt jusqu'à Arras, appartient à ïa ville; et ont les échevins auctorité de le visiter, et entretenir et faire nettoyer p3i,r quelqu'héritage qxCil passe, même hors des mites de Banlieue • (Ordonnances de 1416, 1419; Lettres du prévôt de Beauquesne, du 3 février 1443; Ordonnances de 1545, Archives,) En 1723, le gouvernement fit exécuter les travaux nécessaires pour faire converger les sources dans im bassin commun à tous les hameaux, et d'une longueur de 35 mètres sur 11 de large et 18 de haut. Il est fait en briques; xme pierre scellée dans la muraille contient l'inscription suivante : L'an 1723, sous le règne de Louis XV, les sources du Crinvhon ont été rechercliées et renfermées dans ce bassin par ordre du roi.

Fermoutc — Ce lieu était tenu en fief du comte d'Artois, en 1277. La seigneurie en appartint plus tard an baron de Lâmbres. Grosville était tenu de l'abbaye de Gorbie, dès l'année 825. La seigneurie appartenait au sire d'Arancourt, qui la vendit, ^n 1690, à un nommé Gharité, mort sans enfants en 1751 « A l'époque de la Révolution, le seigneur de GrosviUe était K. L'Hoste, chanoine d'Arras.

Hamel) Jlamellus, ffamellum, Hamlettum. — Ges composés du mot Ham signifient, comme lui, habitation. (Ducange, Gloss.; Ménage, Dict. étym.)

Le Blanc-Mont. — On donne ce nom à un moulin à vent, situé sur un terrain élevé et calcaire dans la direction de Ficheux.

Bien boisée^ ayant de nombreuses prairies situées sur les deux versants opposés et arrosées par le Grinchon, cette commune est pendant l'été le séjour le plus agréable des environs d'Arras. On y compte quatre châteaux.

Le 26 décembre 1870, Rivière fut traversé par les Allemands, traînant avec eux trois pièces de canon. Le lendemain, 25 fantas-

sîns vinrent faire quelques réquisitions, notamment chez M. le- Doyen. On ne les revit plus depuis cette époque.

Archéologib. — L'église de Rivière, sise à Grosville a été construite vers 1767. Cet édifice a de grandes proportions. Ses murs sont en pierre de taille et les voûtes des trois nefs solidement, construites en briques. La tour, carrée, est surmontée d'un campanille. Depuis le Concordat, Rivière est devenu chef-lieu de doyenné.

SIMENCOURT.

SIMENGOURT, Simonkorty Cemencourt, Simoniscorti. (Le Carpentier, Hist. de Cambrai)

Histoire. — Baudoin de Simencourt souscrivit, en 1071,^ une charte de Tévêque Liébert. La dame d'Adinfer accorda à Saint- Vaast des cHmes sur ce village, en 1294. Claude de Miraumont était seigneur de Simencourt au temps de Charles-Quint. Il vivait encore en 1550, et fut enterré dans la chapelle deMonchiet. Après Miraumont, la terre de Simencourt appartint à la famille de Bétancourt, puis à celle de Diéval. Un membre de cette dernière y fixa sa résidence et y fit construire une maison seigneuriale. Elle consistait en un simple corps de logis, avec une tour carrée, assez élevée et surmontée d'une petite flèche. Elle était située à l'extrémité du village dont elle était séparée par Péglise.

Albert Diéval, chevalier, seigneur de Berles et de Vaudricourt, la vendit à Ignace Venant, seigneur de Famechon. Elle appartenait en 1789 à la famille Le Mayeur de Cambrai.

La maladrerie de Simencourt, fondée par le seigneur du lieu,, fut réunie à Thôpital d'Arras, par lettre d'amortissement du roi,, en 1698.

Ce village donna le jour à Antoine Havet, religietut dominicain; évoque de Namur et l'un des Pères du Concile de Trente.

La seigneurie deSimencourt relevait de Noyelle-Vion. Il existait dans ce village un fief appelé Le Nœu^ qui appartenait, au commencement du ÎVIIP siècle, au sieur Pelet d'Arras.

Lieux dits. — Le village de Simencourt est divisé en différentes parties : l'une s'appelle en général Simencourt, les autres ont différents noms, savoir :

Le Vieux-Sim^court, que les habitants appellent encore la Vieille-Ville ; le Château, Simencordel ou le Petit-Simencourtf La

WANQUETIN.

WANQUETIN, Bmpeetin, Wanqwet^ Wènhtein. Chartes ie7(V 1078 et 1270.)

HiSTOiRB. — En 1070, Pévéque d'Arras, Liébert, accorda au chapitre de cette ville l'autel de Wanquetin. La Seigneurie du lieu appartenait, en 1078, à un seigneur nommé Sandrart. (Le Carpentier, Jïisi. de Garnirai.)

En l'an 1270, de graves discussioais s'étaient élevées entre l'Église et le comte d'Artois ou ses officiers* Il paraîtrait que l'autorité ecclésiastique supérieure avait prononcé contre ces derniers une sentence d'interdit, qui leur défendait d'assister aux offices et qui les excjpmmuniait

Jean, archevêque de Bayeux, et Guillaume de Capriaco, chevalier, vinrent de la part du roi, faire cesser toutes ces difficultés.

Pierre Lifransures et Michel Lorel, sergens du comte, s'étaient emparés, par ordre de Jean Robin, bailly, de Wiot, dit Legrand, demeurant à Wanquetin, sur les terresde l'église d'Arras; la vérité

— sodé ce fait ayant été constatée, les commissaires ordonnèrent que les deux sergens, portant des verges à la main, se rendraient nupieds et à bras nus, in brachiis et camisiis, à la procession solennelle qui devait se faire dans cette église le jour de la nativité de la Vierge, et qu'ils y prendraient la place qui leur serait indiquée de la part du doyen ou du prévôt.

Le dimanche suivant, les mêmes sergens se rendirent dans réglise paroissiale de Wanquetin, où ils se reconnurent, après PofiFertoire, coupables du délit qu'on leur imputait, et où ils suivirent la procession dans Tétat où ils avaient suivi celle de Téglise d'Arras.

En 1492, ce ne fut pas la ville d'Arras seule qui eut à soufiBrir des désordres des troupes allemandes ; leurs ravages s'étendirent aussi dans les villages voisins, A Wanquetin, où le chapitre d'Arras possédait plusieurs maisons, ainsi que l'autel, soixantequinze personnes périrent dans les flammes. La perte fut estimée à plus de mille livres. (D'Héricourt, Les sièges d'Arras, p. 136.)

En 1597, on fit élever un fort près de l'église pour s'y retirer pendant la guerre. Elle fut brûlée en 1635. Le comte de RuflFec J^gea au presbytère tout le temps que les troupes de Louis XIV campèrent à Montenescourt.

Il existait plusieurs seigneuries à Wanquetin :

1** Le chapitre d'Arras possédait des droits honorifiques assez étendus et était seigneur du clocher;

2® Jacques Mullet, écuyer, seigneur d'Achiet-le-Petit, succéda aux anciens seigneurs de Wanquetin; Jean Mullet, aïeul de Jacques, en avait fait l'acquisition en 1640;

3® Une troisième seigneurie appartenait au sieur Le Maire, officier dans l'armée de Philippe IV, et qui mourut à Arras, en 1680. Elle fut vendue à Antoine Paulin, fermier de l'abbaye de Saint- Vaast, à la Gourt-au-Bois. Charles Paulin, seigneur de Wanquetin, fiit heutenant de l'électeur de Bavière au service de la France. Il fut fait prisonnier en 1703, et conduit en Hollande, où il se maria, à son retour en France, le prince de Groy le nomma son bailli à Houdain;

4» La quatrième seigneurie de Wanquetin était le fief à^Arconr

val, qui relevait de celle des Mullet. Elle appartint successivement aux familles de Marconville, de Fiennes et de Payen de Montenescourt.

Ce village a toujours renfenné des protestants, depuis leur introduction dans le diocèse d'Arras. On dit qu'il existe à Amsterdam une rue qui porte le nom de Wanquetin, et qu'il y en a une dans la localité qui porte celui de Hollande. Un temple à Tusage de cette religion y a été élevé en 1828. Les protestants furent longtemps désignés dans ces contrées sous le nom de Eauts-Capiauœ et de gens de la Vache à Colas.

WARLUS.

WARLUS, Oarluise, Warluis, Warlux.

HiSTomE. — En 1102, le pape Pascal II confirma à Pabbaye de Saint- Vaast la possession de Tautel de Warlus, que Pévêque Lambert lui avait accordé en 1098.

La seigneurie de Warlus appartint d'abord aux anciens comtes dé Saint-Pol, d'où elle passa dans la maison de ChâtiUon, devenue propriétaire de ce comté. Au milieu du XIV' siècle, Marguerite de Ghâtillon la porta en mariage à Jean Tirel, seigneur de Poix en Picardie. Jean Tirel, seigneur de Poix, Marœuil et Warlus, fut tué à la bataille d'Azincourt. La terre de Warlus passa successivement dans les familles de Soissons-Moreuil, de Lens et de Sainte-Aldegonde. Maidmilien de Sainte-Aldegonde, baron de Noircarme, gouverneur général d'Artois, en était propriétaire vers le milieu du XVIP siècle. Une de ses filles épousa Pierre- Eugène de Gavre, marquis d'Ayseau, gentilhomme liégeois, qui devint ainsi seigneur de Warlus. Il vendit cette terre, en 1676, à Jean-Baptiste Bouquel, écuyer, conseiller au Conseil d'Artois.

11 existait à Warlus un grand nombre de fiefs, dont voici les

pnncipaux^ savoir; le fief de Montaigae, de Blangy, dô Gaudri" CQurt, de Qama, appartenaiit h JeannFouquier, avocat et échevin d'Arras, de Bétencourt, appartenant au sieur Le Prévôt. Le ébAr^ teau geigueurial fut coastmit eu 1488, par Jean-Baptiste Bouquel. L'église n'ofifre rieu de remarquable; la tour, qui est contigUe, porte le millésime de 1660.

AfffM, ^p. Sohcwliifin

Arras, typ, Schoutheer^ rue des T f ois-Visages ^ 53.

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