‹ Notice historique sur le canton de Beaumetz-les-Loges (arrondissement dChapitre 7 sur 8 · MONCHY-AU-BOIS · texte numérisé non relu

MONCHY-AU-BOIS

MONCHY-AU-BOIS, Monciacum nemorosum. (Gartulaîre de Saint-Pierre de Corbie, année 662.)

Histoire. — L'abbaye de Corbie eut, pendant longtemps, une prévôté à Monchy, où elle possédait un domaine considérable,, dont la donation, remontant à 662, fut confirmée en 825 et ea 1408, par l'évêque Lambert. Sous la domination espagnole^ elle l'échangea avec l'abbaye d'Arrouaise contre d'autres, immeubles de même importance (27 juin 1568).

Le Seigneur de Monchy était, en 1235, un chevalier nommé Nicolas de Beaucamp. (Godefroy, Inv. cTiron.) Son successeur, Théobald, sire de Séries, y établit une léproserie, en 1283. (Malbranq, de MoriniSj tome III.)

Le domaine de Corbie ou d'Arrouaise, formait la première seigneurie de Monchy. Il en existait encore une autre; celle-ci, possédée au XV« siècle par la maison de Beaufort, passa dans celle de Groy, comte de Solre, gouverneur de Péronne , qui la vendit à un curé de Monchy. Cet acquéreur, n'ayant pu se libérer en temps utile^la seigneurie qu'il venait d'acheter fut définitivement adjugée à Adrien-Henri de Fromentiii, membre du Conseil d'Artois.

Vn coûcordat, passé antérieurement entre l'ajihay^© ^ h §àu gneur de Beaufi3rt, stipula qu'elle aurait eu, à l'e^^cliMsion 4e celui-ci, basse, moyenne et haute justice àMonchy. Elle noounait les éehevins et les renouvelait tous les ans, le 24 juin, jour 4e la SaintrJean-Baptistè,

En 1710, le marquis de Gfuesbriant oampa à Monchy tout 1q temps que le maréchal de Villars eut son quarlier-^énéralè Agny. Pendant 22 jours, il y eut une garde avancée de 300 hommai dans le cimetière.

L'assassin qui étrangla, en février 1757, Permite deNotre-Dameau-Bois, à Saint-Laurent-Blangy, était de Monchy •au-Bois.

Archéologie. — L'église de Monchy n'offre rien de remarquable. Bâtie en 1611, elle fut démolie en 1703, et reconstruite en 1828. La tour date de 1628.

Qe yillage possédait un so^terrain-ireluge.

Lieux dits. Le Gabaret-Boiry. — Le 8 janvier 1871, 46 cavaliers pn^isiens dînaient au CabaretrBoiry, situé sur la route 4e M<miçhy à Arras, à 500 mètres du village, lorsqu'une vingtaine de tiMÔlleurs volontaires du Nord, venant du côté de Ransart, et suivant un ravin, arrivèrent, à la faveur d'une bourrasque de neige, en face de ce cabaret. A la sonmiation qu'on leur fit de se rendre, Tofficie? qui commandait et un de ses hommes répondirent paf un refus, et s'élançant sur leurs chevaux, qui se trouvaient tous sellés dans la cour, voulurent prendre la fuite. Cette tentative fut accueillie par quelques coups de fusil qui jetèrent b^s hommes et montures. Le chef fut blessé au bras droit, trois des homme? furent tués et un blessé mortellement; les autres, jugeant toute résistance inutile, se constituèrent prisonniers avec armes, bagages et chevaux. On les conduisit d'abord au quartier-général de l'armée du Nord; mais, dans la soirée, ils furent ramenés à Arras et écroués à la maison d'arrêt.

Environ 1000 fantassins revinrent le lendemain à cinq heures du matin; le commandant fit lever M. le maire, l'obligea à l'accompagner jusqu'à l'auberge Soiry, où étaient restés les trois

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Prussiens tués la veille, il fit mettre le feu à cette maison, revînt dans le village qu'il menaçait de réduire en cendres, demanda une contribution de 1,000 francs en argent, et fit amener tous les chevaux de la commune dans le jeu de paume. Grâce à la fermeté et à l'énergie de M. le maire, à l'intercession de M. le curé et de M. rinstiluteur, ils s^ contentèrent d'une somme de 500 firancs, et, après avoir pris les 56 plus beaux chevaux, ils partirent à midi, pour ne plus revenir.

MONTENESCOURT.

MONTENESCOURT, Monteneskurte, Montenoiscourt. (Locrius, Chron. Belg.) Montincorte. (Le Garpentier, ffist. de Cambrai.)

Histoire. — En 1070, Liébert, évêque de Cambrai, accorda à réglise d'Arras l'autel de- Montenescourt (Locrius, Chron. Belg.). L'année suivante, le même prélat céda à l'église de Lens ses aïeux sur ce territoire. (Le Garp., Hist. de Cambrai^

Lewalde de Montenescourt est cité dans une charte de Tabbaye de Marchiennes, de 1151, et Siger, seigneur de Montenescourt, chevalier, est repris comme témoin dans une charte de 1232, par laquelle Jean de Baillelet donne aux religieux de Marœuil une portion de dîme qu'il possédait à Bavelincourt. {Cart. de Ma-- Tœuil.)

Archéologie. — Le clocher date du XV® siècle ; la tour carrée, toute en pierres, surmontée d'une flèche d'une forme hexagone, est très-remarquable.

Il y avait anciennement près de l'église de Montenescourt un château qtd fut depuis transformé en ferme. A en juger par ses épaisses murailles, ce devait être un château fortifié, autour duquel il n'existe plus aucune trace de fossés.

Montehescourt est renommé pour la qualité des pierres de taille qu'on extrait sur son territoire.

Lieux dits. La Citadelle. — Écart de quatre maisons séparées du village par un ruisseau, affluent de la Scarpe avec le Gy.

Caillot.— Ecart d'une maison sur la route départementale n* 12.

La Briqueterie ou Mont-de-Wanquetin. — Ecart d'une maison sur la route départementale d'Arras à Bouquemaison.

Nous citerons aussi la Fontaine-des-Malades, située au lieu dit la Cressonnière. Elle était jadis l'objet d'un pèlerinage très-fréquenté.

RANSART.

RÂNSÂRT, ancienne baronnie de Saint-Vaast.

HiSTOiRB. — L'autel de Ransart fiit donné, en 1141, par l'évèque d'Arras, Alvise, à Robert, abbé de Corbie. Ce village 'dépendait de la justice de Saint-Vaast. Des lettres des papes Alexandre III (1169), Célestin III (1191), Innocent III (1206) constatent que cette abbaye avait la prééminence féodale en ce lieu. Aussi> avant la Révolution, le monastère tenait en seigneurie vicomtière la plus grande partie de la terre de Ransart.

Thomas de Ransart, seigneur de ce lieu, vivait au commencement du XIII* siècle et y demeurait. Une fille de ce nom a porté, depuis, dans la maison de Beaufort, cette terre, avec la seigneurie de Monchy-au-Bois, xme partie de celle de Berles-au-Bois, celle de Bienvillers-au-Bois et celle de Wailly. Elle passa, en 1582, aux de Croy-Solr:, par le mariage d'Anne de Beaufort avec un comte de ce nom. Le 19 janvier 1700, ce dernier vendit à Philippe Widebien d'Ignaucourt-de-Treize, pour 67,000 livres, la terre de Ransart. De Treize étant mort sans avoir soldé le prix de son ac^

qttiteitidti) 61 lai*S(ônt Sd veuvô et sa fiUô en butte aux pouwuites les plus rigoureuses de ses créanciôPs, k terre de Ransart fut ex^ propriéè, et M. Le Sergeant, d'Hendecourt, s'en rendit adjudicataire eh 1718. Un procès s'ensuivit et, dix-huit ans après cette vente judiciaire, Théritière de Treize, qui avait épousé le baron d'Haynin, fut remise en possession de la terre de Ransart. En 1700, année oii le comte de Solre vendit la terre de Ransart, ce village était bien boisé. On rapporte que, pendant la guerre de la sdccession d'Espagne, on y a abattu plus de 50,000 arbres.

Le seigneur devait au roi ou au comte d'Artois un hommage de deux ou trois poules blanches que l'on présentait à la gouvemaace d'Arras. Cette offrande, toutefois, fit naître un procès entre les officiers de ce siège et ceux de l'abbaye de Saint-Vaast ; les uns et les autres s'attribuaient, au nom de leurs maîtres, la mouvance de cette seigneurie. *

Il existe, concernant Ransart, une sorte de dicton, dont on ignore la source^ le voici : Il est 14 heures, le midi de Ransart.

Les 26 et 27 décembre 1870, eut lieu la première apparition de 30 cavahers prussiens; les jours suivants, la commune supporta les réquisitions de tout genre, faites par environ 100 cavaliers et 600 fantassins, accompagnés de trois pièces d'artillerie; le 15 janvî^, deuxième réquisition par 40 cavaliers.

Archéologie. — Il y avait anciennement dans l'église de Ransart, du côté de l'Épître, une chapelle pour le seigneur qui résidait en ce lieu. Des fossés, dont il existe encore des traces bien évidentes, et une tour servant aujourd'hui de pigeonnier, indiquent suffisamment l'emplacement de l'ancien château, sur les fondations duquel une ferme a été étabhe.

Le château de Ransart était une forteresse flaiiquée de 12 tours, fermée de murailles, environnée de fossés à sec, avec un pont-levis à la porte d^entrée. Les bâtiments étaient à l'antique, surtout le corps de logis. La cour était spacieuse et presque ronde, telle qu'on la voit encore.

Ce lieu est riche en souvenirs historiques. En effet, ce fut la demeure de Collart de Beaufort, seigneur de Ransart, gentilhomme

recommandable à tous égards, qui, à l'âge de 70 ans, fut battu en public et condamné à un emprisonnement de sept ans et à une forte amende pour accusation de vauderie.

Lieux dits. Bois-d*Helliers Ce bois, aujourd'hui défriché,

faisait partie de la seigneurie de Ransart.

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