‹ Notice historique sur M. le Cte BertholletChapitre 2 sur 2 · II · texte numérisé non relu

II

bîaît porter i^erapreinte de la nouveauté. Infatigable dans le travail, doué d’une persévérance à toute épreuve, il s’oubliait quelquefois des journées entières dans isôa laboratoire. Un fait nouveau , une erreur détruite, üit procédé perfectionné, portaient dans son âme un plaisir inexprimable. Il aimait à répéter cette maxime de Bergmann : plus une vérité nous a coûté de peines et dé-réflexions, plus elle nous fait honneur. Dédaignant cet art, si commun dé nos jours, de noyer quelques faits dans plusieurs volumes, il s’eflbrçà de renfermer le maximum de choses dans le minimum de paroles,Frânc, loyal, juste et bienfaisant; ami sincère de la vérité, lorsqu’il n’avait devers lui qu’un petit nombre de donüéés-et qu’il n’avait point acquis cette certittide nécessaire dans les sciencès exactes, il né se laissait point entraîner par le désir, nialheureusement trop ordinaire, d’èn tirer des conclusions générales et d’établir des théories nouvelles. Lorsque l’expérience ne confirmait point l’opinion qu’il avait émise, il en faisait sans peine l’aveu lé plu^s sincère.

Doué d’une modestie rare et d’un désintéressement sans bornes, également ennemi du faste et de l’intrigue, remplissant ses devoirs avec un zèle soutenu, dépouillé d’ambition, étranger à toutes les factions comme à tous les partis , fuyant lés Orages politiques, et n’ayant en vue que la prospérité de sa patrie adoptive et celle des sciences et des arts, tel futM. le comte Berthollet. Retiré dans sa retraite, il ÿ vivait presque toujours entouré de ses disciples, de ses nombreux amis, et des savans de toutes les nations qui venaient le visiter , quand la inort vînt lé frapper le 22noverabre 1822, à l’âge^de soixante-treize ans.

Homme illustre ! si la voix des vivans peut percer la nuit sombre des tombeaux, avec quelle douce émotion n’as-tu pas dû entendre les tributs de vénération, d’estime.et de reconnaissance, payés à ta mémoire par ce physicien célèbre, le collaborateur et l’ami des Lavoisier et des Monge, et que la Société d’Arcueil voit inscrit avec orgueil parmi ses membres (i), par M. le comte Chaptal (2) et par ces deux habiles professeurs qui 5 tour-à-tour tes élèves et tes émules, se voient appelés à recueillir la plus belle partie de ton béritage(3) I Ah î si les talens et les vertus eussent pu désarmer Ia ‘mort, elle eût reculé devant toi 1 Son empire a pourtant des bornes qu’elle ne saurait franchir. Tu appartiens maintenant à la postérité 5 rien ne saurait t’en arracher. Ce n’est point par de superbes mausolés, élevés leplus souvent au pouvoir ou à la fortune, par l’orgueil ou Ja vanité, que tu dois vivre parmi nous. Tes doctes; travaux, tes découvertes et les nombreux services que tu as rendus à la patrie ,.à ton siècle, voilà les mônumens éternels qui doivent immortaliser ton nom !

(1) M. le marquis de Laplace , au nom de la Chambre des Pairs. Dans le 2 'volume des Mémoires de là Société d’Arcueil, on lit ces mots : L,a Société voit avec orgueil le nom de M. Laplace inscrit parmi ses membres.

(2) A la Chambré des Pairs.

(3) MM. Gay-Lussac et Thenàrd, aajfÇïî»4e l’Académie royale des Sciences.

Del’Imp. de FEÜGUERA'ïj^e di

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