POUR LE MONUMENT A ÉLEVER A LA MÉMOIRE
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Nous donnons ici la teneur de la circulaire rédigée, dans l’intérêt de cette souscription, par les membres de la commission chargée de la surveiller. Elle complète notre notice, et nous nous félicitons de pouvoir la mettre sous les yeux de nos lecteurs :
» De tous les hommes que nos grandes luttes ont rendu célèbres , ils n en est pas dont le nom ait été plus populaire et plus respecté que celui du baron Larrey. Il plane, comme un symbole d’humanité et de réparation, sur presque tous les champs de bataille de la république et de 1 empire. Nouveau Paré , Larrey avait su conquérir la confiance du soldat, témoin de son courageux dévouement, et si le testament et les éloges de Napoléon ont consacré sa gloire, la France, dont il fut un des plus nobles
enfans, se doit à elie-même de perpétuer le souvenir de ses vertus et de ses services.
» Homme d’action, plus encore qu’homme de science, Larrey créa le premier une chirurgie des armées plus active que celle d’autrefois, et allant, jusqu’au milieu des combattans, arracher à la mort des victimes que des secours plus tardifs n’auraient pu sauver. Il est peu de familles, en France, qui ne lui doivent la conservation de quelque personne qui leur est chère. Son exemple , et son ardeur infatigable , communiquèrent aux officiers de santé cet héroïsme dans l’accomplissement de leur mission, dont ils donnèrent tant de preuves, et qu’ils renouvellent chaque jour à notre armée d’Afrique. Enfin, il se distingua constamment par l’abnégation la plus généreuse de lui-même, par un désintéressement digne de l’antiquité, par un dévouement sans borne et de tous lesinstans, à la science, à la patrie, et spécialement au soldat.
« Une telle vie, terminée dans l’exercice des devoirs qui en avaient rempli tout le cours, est un exemple qu il importe de conserver. Larrey personnifiait en lui les plus belles qualités de médecin , et les jeunes officiers de santé militaires, en voyant tant de vertus rémunérées par la reconnaissance publique , voudront marcher sur ses traces, et sentiront quelles aussi peuvent satisfaire une noble ambition.
Interprète des vœux, non seulement du corps médical militaire , mais de tous les médecins, de l’armée et de la France, le conseil de santé des armées, dont Larrey fit partie durant plus de trente ans, proposa une souscription pour élever à cette grande et sainte renommée, un monument semblable à celui qui conserve le souvenir de Broussais.
« M. le maréchal ministre de la guerre, digne appréciateur des services de Larrey, en autorisant cette sou-
scription, s’est inscrit pour une somme de 1,000 francs.
» Une commission, dans laquelle l’armée, l’administration, les corps savans dont Larrey fit partie, et les officiers de santé militaires ont été représentés, s’est formée, afin de recueillir les sommes versées et d’en régler l’emploi. »
Les produits de cette souscription, dans laquelle le denier du soldat et de l’ouvrier se joindra certainement à l’offrande du général, de l’administrateur et du savant, peuvent être adressés dès maintenant, savoir :
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Chez M. Labarraque, trésorier de la commission, rue Saint-Martin , 6g ;
— J.-B. Baillière, libraire, rue de l’Ecole-de-Mé-
decine, 17;
•— Charrière, fabricant d’instrumens de chirurgie, rue de lEcole-de-Médecine , g;
— Thiac, notaire, place Dauphine, 23.