‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 17 sur 35 · DANS LE MÊME PASSAGE, A DROITE · texte numérisé non relu

DANS LE MÊME PASSAGE, A DROITE

C 68, 69, 70. — Porte de forme analogue à la précédente , mais surmontée d’un cintre.

Les deux chacals qui présidaient au nord et au midi du ciel reçoivent, dans le cintre, les prières d’un capitaine nommé Horem-hévi, qui était en même temps odiste du roi et scribe royal. Sur les montants sont gravées des prières adressées à divers dieux.

SALLE D’APIS

SALLE D’APIS

Tous les monuments qui sont réunis dans cette salle proviennent des fouilles dirigées par M. Mariette auprès d’Abousir. Elles ont eu pour résultat de mettre au jour les souterrains où les Égyptiens avaient enterré les taureaux sacrés , adorés à Memphis.

Apis (en égyptien Hapi) était le nom de cet animal vénéré, qui personnifiait, aux yeux des peuples, la présence de la divinité. Le dieu suprême, à Memphis, se nommait Ptah. Apis était qua lifié la seconde vie de Ptah, et quelquefois le fils de Ptah. Apis était donc, à leurs yeux, la divinité toujours présente. Lorsqu’il était mort, tout le pays était en tristesse jusqu’à ce qu’il plût à la divinité de se manifester de nouveau. Tout retard dans l’apparition du nouvel Apis était interprété comme un signe de la colère de Dieu, qui refusait sa présence à son peuple. La plus grande joie éclatait, au contraire, quand on avait reconnu les marques sacrées sur un jeune taureau. La statue d’Apis, S. 98, placée au milieu delà salle, fut trouvée en place dans sa chapelle; elle parait avoir été sculptée vers la fin du règne des souverains nationaux. On y distingue parfaitement encore les marques sacrées, quant à la couleur d’Apis ; elles consistaient dans des taches noiresrégulières, terminées en forme de croissant; la tête était noire.

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avec un triangle blanc sur le front (1). La peinture de cette partien’est plus visible sur le taureau.

Le zèle pour les funérailles d’Apis semble avoir augmenté à mesure que l’on s’approche des derniers temps. Les premiers tombeaux étaient très-simples; sous les derniers Sa'ites et sous les Ptolémées, au contraire, les taureaux furent ensevelis dans de magnifiques sarcophages de granit, et les auteurs nous parlent des prodigalités excessives employées souvent pour ces funérailles. La tombe d’Apis est nommée par les Grecs Sérapéum ou temple de Sérapis; mais, pour les Égyptiens, Sérapis n’était autre chose que l’Apis mort; car, chaque mort étant assimilé à Osiris, Apis mort devenait Osiris-apis ou Osar-hapi, d’ouest venu par abréviation Sarapis. Les plus anciens monuments trouvés dans la tombe d’Apis datent du régne d’Aménophis III (dix-huitième dynastie). Le culte de ce taureau existait pourtant dés l’ancien empire, mais les lombes sacrées étaient sans doute dans un autre lieu qui n’a pasété retrouvé. Les dernières inscriptions recueillies jusqu’ici nous conduisent jusqu’à l'époque de Cléopâtre et de son 61s Cæsarion. Après la statue d’Apis, les monuments les plus remarquables de cette salle sont les suivants :

Les deux lions : celui qui occupe le centre de la fenêtre est un chef-d’œuvre, l’imitation de la nature n’y laisse rien à désirer; quoiqu’il ne porte aucune inscription, on peut affirmer qu’il est du dernier style des rois saïtes.

Les deux sphiniS 971 et 972 sont les mieux conservés; les profils sont ünement exécutés. Les rois qu’ils représentent ne sont pas nommés, mais ils ressemblent, le premier au roi Apriès, et le second au roi Nccht-har-hévi.

Les vases que l’on nomme ordinairement canopes sont ici d’une

1) On aperçoit aussi quelquefois dans les peintures des sttles un croissant blanc sur le poitrail.

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taille énorme. Ils servaient à renfermer certaines parties des entrailles, sous la protection des quatre génies, fils d’Osiris. Ou les a trouvés, comme à l’ordinaire, par collection de quatre. Les inscriptions qui les décorent sont des allocutions adressées par les déesses funéraires, qui promettent de protéger la portion d’entrailles de l’ Apis renfermée dans le vase. Les canopes S 1151, 1152, 1153, 1154, se distinguent par la finesse des têtes qui les surmontent; ils sont de la dix-neuvième dynastie.

S 993. — Portion d’un linteau de porte en pierre calcaire.

On y voit un des derniers rois d’Égypte, nommé iïecht-har— hévi, embrassant la déesse Isis. Les cartouches du roi se lisent sur les autres faces.

Le pourtour de la salle est couvert par une collection d'une valeur inappréciable pour l’archéologue. Ce sont toutes les inscriptions trouvées dans les tombeaux d’Apis. Elles ne contiennent habituellement qu’un acte^d’hommage adressé au dieu par les prêtres attachés à son service; mais leur grand intérêt pour la science réside dans une quantité de dates du règne des différents souverains sous lesquels étaient morts les Apis, et dans le nombre de personnages importants qu’elles nous font connaître ou dont elles assignent l’époque. Nous indiquerons seulement ici les plus importantes de ces inscriptions.

S 1453. — Contient la mention de la mort de trois Apis successifs sous le règne de Kamsès II. Il parait que le fils aîné de ce roi, qui était grand-prêtre de Ptahà Memphis, eut une grande ferveur pour le culte d'Apis; on lui doit des travaux importants, et M. Mariette a retrouvé , dans les chambres consacrées par ce prince, des ex-voto précieux que nous décrivons à la salle historique du premier étage (1).

S 1555. — Se rapporte à un Apis mort pendant le temps où Ménephthah, qui succéda à Ramsès II, n’était encore que prince

(1) Voyez à la page 65.

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royal. Le culte d’Apis était alors en grand honneur ; on peut juger, par l’idolâtrie du veau d’or, quel empire cette superstition avait déjà pris sur l’esprit des Israélites pendant leur séjour dans la basse Égypte, d’où Moïse les fit sortir vers celte époque.

S 1898. — Celte stèle est datée de l’an vingt-huit du roi Scheschonk III; elle est précieuse par la généalogie de la famille royale qu’elle contient. Vingt-deuxième dynastie.

S 1904, 1905, 1906. — Ces inscriptions nous ont donné le nom d’un roi inconnu jusqu’ici, Pichaï, père de Scheschonk IV. Un taureau sacré, né l’an vingt-huit de Scheschonk III, mourut l’an deux de Pichaï, et les stèles nous apprennent qu’il vécut vingtsix ans. On comprend que ces secours sont bien précieu x pour la chronologie. Les auteurs grecs disaient qu’Apis devait être tué au bout de vingt-cinq ans, s’il ne mourait pas naturellement avant ce terme. Il parait que cette règle n’était pas en vigueur sous la vingt-deuxième dynastie, puisqu’on y trouve deux Apis qui vécurent au moins vingt-six ans.

S 1969. — Se rapporte à un Apis mort l’an trente-sept de Sclusehonk IV. Ce roi et les trente-sept années de son règne sont également une nouvelle acquisition, entièrement due aux stcles du Sérapèum.

S 1995. — Cette inscription, tracée à l’encre et bien peu lisible, permet pourtant de reconnaître les deux cartouches de Bockoris, dont ces stèles ont également révélé les premières le vrai nom égyptien, qui se lit Bok-en-rentv (vers 720 av. J.-C.).

S 2018. — Est datée de l’an 24 du troisième roi éthiopien, Tahraka (vers 672 avant J.-C.).

S 2035. — Est l’épitaphe d’un Apis né l’an 46 de Tahraka, et mort l’an 20 de Psammétik 1 er (vers 645).

S — Cette pierre, d’une admirable gravure, est datée de l’an 52 de Psammétik P r . Elle constate une restauration de la tombe d’Apis entreprise à ce moment.

S 2213. — Est l’épitaphe officielle de l’Apis mort l’an 16 de Nékao (vers 595).

S 2244. — Épitaphe semblable pour l’Apis mort l’an 12 du roi Ouaphrès (vers 578).

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S 2259. — Épitaphe de l’Apis mort l’an 23 du roi Amasis (vers 549). Outre la beauté de la gravure, qui fait de ces stèles officielles des monuments hors ligne et sans analogues dans les musées d’Europe, elles établissent d'une manière complète la chronologie de toute cette partie de l'histoire d'Égypte.

S 2251. — Cette stèle nous montre un prêtre du temps d’Amasis, nommé Psammétik-nofre-sim, prosterné devant Apis; on remarquera l'excellent dessin du taureau sacré. L’inscription rapporte la généalogie paternelle du personnage jusqu’à la dix-neuvième génération.

S 2287. — Celte inscription , devenue malheureusement à peu prés illisible, était l’épitaphe de l'Apis mort sous Cambyse, et né, à ce qu’il semble, l’an 25 d'Amasis. On possède son sarcophage sculpté par ordre de Cambyse.

S 2274. — C'est l’épitaphe du taureau mort l’an 4 de Darius, Nous pensons que c’e^l le même Apis que Cambyse blessa, dans sa fureur, lorsqu’à son retour de la malheureuse expédition d’Èthiopic, il trouva les Égyptiens se livrant aux réjouissances qui accompagnaient les fêles de la théophanie d’un nouvel Apis (en 518 av. J.-C.).

S 2303. — Stèle datée de l’an 3-4 de Darius. Cette belle inscription a été dédiée par un prêtre nommé Psammélik-em-chou (en 488).

I.c manque de place n’a pas permis de continuer à développer chronologiquement les inscriptions des époques suivantes; on a seulement exposé quelques exentplaires qui peuvent servir d’échantillons pour étudier les changements successifs introduits dans le style des écritures égyptiennes jusqu’au temps des Romains.

S — Est le moulage d’une inscription qui rappelle le gouvernement, en Égypte, d’un prince ou satrape inconnu jusqu’ici; il se nommait Khabaiseh ; on le proclame Aimé d'Apis, et cette inscription est gravée sur un sarcophage du Sérapéum.

S — Fragment d’une stèle en granit noir. C’était l’épitaphe de l’Apis mort l’an 51 du roi Ptolémée Évergéle II (179 aY. J.-C.)* Elle relate toutes les époques de sa vie.

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PORTE DO SÉBAPÉÜM.

Une porte égyptienne sépare la salle d’Apis d’un cabinet où sont rangés les monuments de la sculpture des premières dynasties. Cette porte, dont M. Mariette a soigneusement remonté toutes les parties dans leur ordre primitif, donnait accès dans les souterrains de la tombe d’Apis. Elle avait été construite au commencement de la dynastie des Ptolémées. Les prêtres d’Apis ont gravé leurs actes d’adoration sur toutes ses parties. Les inscriptions, généralement datées, nous font connaître une foule de personnages intéressants du temps des Lagides.

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