‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 21 sur 35 · I.e bas contient des objets en sparterie de toutes sortes · texte numérisé non relu

I.e bas contient des objets en sparterie de toutes sortes

L'art du vannier était exercé avec une grande habileté chez les Égyptiens. Divers joncs, des fibres de papyrus et des feuilles de palmiers forment les matériaux de ces ouvrages.

Une boite destinée à renfermer des vases de toilette peut donner une idée de l’habileté de leurs ébénistes.

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De pelits coffrets analogues sont dans le corps de l’armoire, quiest, en général, consacrée aux objets de toilette. Les Égyptiens faisaient un grand usage de bois précieui; ils avaient soin d’en imposer une certaine quantité comme redevance aux peuples tributaires. L’Éthiopie leur fournissait l’ébène et l’ivoire, et les princes d’Assyrie envoyaient des bois rares et des meubles élégants parmi leurs tributs.

Sur la première tablette on voit d'abord les peignes égyptiens mais les plus beaux de ces peignes ont dû être classés dans la galerie assyrienne, car nous avons constaté, par le style et les sujets habituels de leurs ornements, que ces peignes , quoique trouvés dans les tombeaux ü’Égypie , provenaient d’Assvric. La mode , déjà souveraine dans ces temps reculés , les avait imposés aux dames égyptiennes. Le peigne, orné d’un bouquetin qui met un genou en terre, représente un sujet familier aux Égyptiens.

Les petits pots et étuis de diverses formes, en bois ou en terre émaillée, servaient à mettre les ingrédients nécessaires à la toilette égyptienne. Le principal était le noir d’antimoine, destiné aux yeux; les aiguilles de bois, de pierre ou d’ivoire, terminées en massue, avaient la forme convenable pour ne pas blesser les paupières dans celte délicate opération. Les petits pots ont tantôt la forme d’une colonne, tantôt celle d’un nœud de roseau qu’on imitait en terre émaillée. Le dieu monstrueux nommé Bcs, qui, à ce qu’il parait, présidait, malgré sa laideur, à la toilette des dames, forme aussi très-habituellement le principal motif de la décoration de ces petits ustensiles. Un charmant petit vase en terre émaillée verte est orné de lions qui alternent avec le dieu Bès, lequel est représenté dansant.

Le nom des ingrédients que devaient contenir les petits vases y est quelquefois écrit. — Sur une petite boite à quatre compartiments, outre le stibium, on trouve les indications suivantes : pour arrêter le sang, peur ôter la douleur.

Les perruques et les fausses tresses étaient très-usitées dans ce pays, où la chaleur engage naturellement à se raser la tête. On voit ici un échantillon de ces tresses : notre musée ne possède pas de perruques entières; mais une tète de momie a conservé une superbe chevelure divisée en tresses fines et nombreuses.

Sur les tablettes supérieures sont des chaussures égyptiennes. Il y avait des brodequins et des sandales en peau très-forte pour

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les hommes, et des brodequins très-légers en maroquin blanc destinés à un pied féminin. Les sandales offrent la même variété; plusieurs paires fraîches et élégantes sont tressées avec du papyrus mélangé avec des matériaux de diverses couleurs. Les unes sont toutes plates, d’autres ont un petit rebord, qui ne cachait pas les doigts du pied. Une paire de pantoufles en maroquin rouge est décorée de dorures ; une découpure d’un joli dessin s’étendait sur le dessus du pied.

On voit aussi des chaussures d’enfant; ce sont des brodequins ou de légères sandales.

ARMOIRE E

Le corps de cette armoire est occupé par une collection des fruits et des grains trouvés dans les tombeaux. Le fruit du baobab provenait sans doute des hautes régions du Nil, car cet arbre n’est pas figuré dans les peintures égyptiennes, et il est difficile de croire qu’il ait existé en Égypte. On a mis dans le bas de ce compartiment des hoyaux égyptiens, habituellement en bois d’ébéne jaune; le bois suffisait ordinairement pour cultiver le léger limon du Nil. Les peintures sur enduit, enlevées d’un tombeau de Thébes, représentent des scènes agricoles. Dans le bas, on voit le la bour exécuté par une charrue tirée par quatre esclaves (plus habituellement on voit un attelage de bœufs ). D'autres hommes fouillent la terre avec le hoyau.

Au-dessus , on a peint la moisson et une femme qui apporte des vivres aux ouvriers.

Le registre supérieur montre les bœufs qui foulent les grains : des hommes apportent les gerbes dans de grands filets suspendus à des perches.

Dans le second tableau , on charge un grand bateau avec les grains pour les conduire aux greniers.

Le tableau supérieur représente une suite de serviteurs qui apportent au maître le produit de ses champs.

VITRINE F

Manches de divers sceptres ou instruments en os et en ivoire.

Griffes d’un lion trouvées dans un tombeau.

Les mains et les bras appareillés , de bois ou d’ivoire, semblent

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destinés, comme les castagnettes, à marquer la mesure en accompagnant le chant. Une grande paire, en ivoire, est ornée delà tête de la déesse Hathor. Un autre fragment plat, en ivoire, est orné de diverses figures gravées dans un style qui ne parait pas purement égyptien.

YITRINE G.

Emblèmes et attributs portatifs en bois. Le premier, terminé d’uu côté par une main, et à l’autre bout par une tête d’épervier, a la forme des porte-encens. Le bâton recourbé a la forme simple du sceptre royal.

Un chevet, en bois incrusté d’ivoire, est composé de deux parties qui se réunissent à volonté. C’est une disposition très-ingénieuse et destinée probablement aux voyages.

ARMOIRE II

Dans le bas, divers instruments, tels que le bâton pour porter sur l’épaule deux seaux ou d’autres fardeaux , et des bâtons à coches qui semblent un instrument de tissage. On y voit aussi un petit matelas d’enfant rembourré avec un duvet semblable à celui du chardon.

Sur la tablette, collection de flèches de chasse; les bouts sont armés de pierres tranchantes.

Cannes et bâtons : quelques-uns portent des inscriptions intéressantes, telles que : bon bâton pour soutenir la vieillesse, avec le nom du propriétaire.

Dans le corps de l’armoire sont les instruments de musique. Ce sont des cornes, des cymbales et une trompette en bronze; un tambour et un petit tambour de basque ; des luths et des harpes ; l’une d’elles a conservé sa couverture en beau maroquin vert. On sait, par les peintures des tombeaux, que ces harpes étaient en usage dés l’époque de Moïse. L’étui à flûtes est un objet extrêmement rare; il est garni de deux flûtes en roseau; sa peinture montre la musicienne jouant des deux flûtes à la fois.

Une grande toile à franges tapisse le fond de l'armoire; les arcs y sont suspendus, ainsi qu’une béquille, une massue et une sorte de bâton courbé en bois pesant. Les Égyptiens chassaient au vol avec ce bâton; ils étaient assez adroits pour atteindre.

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avec ce projectile, les oiseaux d’eau à long cou qui s’envolaient devant eux. Ils ont souvent peint cette chasse qui parait avoir lté un de leurs divertissements favoris. Un projectile semblable, connu sous le nom de boumérang, est encore en usage parmi certaines peuplades de l’Océanie.

▼ITRUVE I.

Fragment de meuble incrusté d’émaux de diverses couleurs sur un fond de bois doré. Instruments divers. Rames d’une barque sacrée. Coudée égyptienne antique; elle a presque exactement cinq cent vingt-cinq millimétrés. Chaque partie de la coudée a son nom et sa divinité protectrice. Les petits bâtons cylindriques sont des divisions exactes de la coudée; ils portent en général le nom de leur propriétaire. Bâton pour la chasse au vol, forme aplatie.

VITRINE Jf.

Échantillons d’étoffes. Fils de chanvre, de lin et de laine. Résille tricotée en laine poupre, en forme de la coiffure nommé klaft.

Fragment de galons et échantillons de tissus de toute sorte.

Aiguilles de bronze, fuseaux en faïence verte.

ARMOIRE K

Dans le bas de cette armoire, un morceau de bronze tréspesant était destiné à un hoyau dont l'emploi exigeait un bras très-puissant.

Deux jolis chapiteaux en pierre peuvent servir h donner une légère idée des motifs si variés que les architectes égyptiens ont su employer à décorer le sommet de leurs colonnes. Au milieu se trouve un modèle d’édiüce qui semble un grenier.

Sur la tablette, un modèle de barque, des blets à pécher, des cordes et ficelles, et plusieurs poupées en bois.

Dans le corps de l’armoire, le milieu de la première tablette est occupé par une boite à jeu. Le dessus et les côtés sont décorés d’inscriptions; sur le petit côté, on voit le propriétaire de la boite nommé Amen-mes, qui dirige des pièces. Sur la tablette, au revers, les cases sont disposées de même, et quelques-unes ont leur

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nom écrit en hiéroglyphes. Ces noms semblent indiquer que le jeu aurait eu un sens astronomique. Parmi les statuettes et figures de celte armoire, on peut remarquer particulièrement une figurine en ivoire du plus ancien style; elle représente un entant nu. Un beau masque de femme en granit rose ; il appartient à l’école des Saïtes, suivant toute apparence, ainsi qu’une tête en basalte vert, qui est certainement un portrait. La figurine de femme nue, en bois, présente une exception assez peu commune : les femmes sont toujours vêtues d’une longue robe collante, qui laisse voir leurs formes. Une autre figurine de jeune fille nue, tenant sur son bras gauche un chat et se peignant de la main droite, était un manche de miroir. Le groupe du milieu appartient au si} le de la dix- huitième dynastie; il représente Amenemap et sa femme Ta-merou.

Sur la seconde tablette, trois figures de bois finement sculptées dans le style de la dix-huitième dynastie.

VITRINE I

Ce compartiment rassemble les échantillons des diverses variétés des faïences et des émaux et verres égyptiens. Celte industrie était extrêmement variée dans ses produits; les boules creuses et les boites en faïence bleue sont de véritables tours de force du métier. On remarquera à la tète d’une série de pions de jeu, deux petits esclaves à genoux, les mains liées derrière le dos, dont l’un présente le type des nègres, et l’autre la physionomie asiatique. Ces pions faisaient peut-être partie de quelque jeu de combat. Les échantillons de verre coloré dans la masse montrent un travail très-avancé dans cette partie de l’art. On savait dessiner, dans l’épaisseur, des fleurs et autres objets à l’aide de filets d’émail. Une série de tètes grotesques en verre jaune et bleu appartient à une autre fabrication. Les portions de corps humains en pâte de verre de diverses couleurs ont été taillées pour servir à composer des bas-reliefs polychromes. Le fond de la vitrine rassemble une collection de pendants d'oreilles et d’anneaux brisés, en toutes sortes de matières, où se distingue encore particulièrement le beau quartz rouge opaque et ses imitations en pâte de verre.

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VITRINES ItK et N.

Petits objets en bois sculptés. Ce sont presque tous des objets de toilette. Les aiguilles de tête sont souvent ornées d’un singe assis. Le petit prisonnier nègre, les mains passées dans des menottes, parait avoir été un ornement. Les boites de toilette présentent les formes les plus variées. Le plus joli motif se compose d’une jeune femme nue, allongée comme en nageant, et tenant dans ses mains une oie du Nil. Le corps de l’oiseau forme la boite, qui se ferme par ses deux ailes. Le plus bel échantillon de ce genre de boites provient du cabinet de Clot-Bey. Une autre boite se forme d’une gazelle qui a les pieds liés.

Les cuillers de toilette étaient destinées à délayer un ingrédient dans un peu d’eau. Leurs manches sont trés-variés : tantôt c’est un eunuque portant une cruche, tantôt c’est une jeune fille qui joue du luth au milieu des lotus où les oiseaux se reposent. Un esclave amène un veau; une jeune Égyptienne coupe des lotus, une autre porte de gros bouquets et des oiseaux d’eau ; ou bien encore c’est un chien allongé qui tient une coquille dans sa gueule.

La collection du Louvre est extrêmement riche dans celte division, surtout depuis -l’acquisition du cabinet de Clot-Bey. Notre industrie pourrait ici trouver quelques modèles à imiter.

VITRINE O

Elle contient les petits objets en os et en ivoire. Ce sont des pions, des petits seaux travaillés dans une dent, et puis encore des objets de toilette. Une boîte ornée d’une belle tête de gazelle est tout en ivoire, sauf les cornes. Les cuillers de toilette se retrouvent ici avec diverses variétés. Toute une série de ces cuillers, de forme carrée, a le manche formé par une femme nue : elle diffère assez notablement du pur style égyptien. Ces objets peuvent venir de la Syrie. Sur quelques-uns on remarque la rosace, ornement fissyrien. D’autres objets d’ivoire trouvés dans les tombeaux d’Égypte, mais portant tous l’empreinte du pur style assyrien, ont dû quitter les galeries égyptiennes pour être classés avec

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leurs analogues dans le musée Assyrien. C’étaient principalement des manches de poignards et de couteaux en ivoire que l’on importait ainsi en Égypte dans les temps antiques.

VITRINE P

Une grande partie des objets d’or appartenant aux galeries égyptiennes a disparu en juillet 1830; mais il en reste encore suffisamment pour se faire quelque idée des bijoux usuels des Égyptiens. Les chaînes d’or, travaillées en lacet, sont aussi souples que celles que peuvent faire nos meilleurs ouvriers d’Europe. Les colliers étaient souvent à plusieurs rangs ; ils étaient composés d’objets symboliques, comme les poissons sacrés, les lézards, l’œil d'Osiris, les fleurs de lotus. Les fermoirs sont fermés d’un petit verrou qui tient très-solidement. La tête d’épervier servait souvent à décorer les extrémités des colliers, destinées à être attachées sur les épaules. Un charmant motif de chaîne, pour de petites pendeloques, se compose d’une série de vipères sacrées qui relèvent la tête : la pendeloque se termine par une tête de la déesse Halhor.

Une sorte de travail à grains, qui s’est perpétué longtemps en Asie, apparaît dans quelques objets et surtout dans une pendeloque d’or, qui représente un épervier, les ailes étendues. Deux petits cylindres en or, ornés de légendes gravées sont des pbilaclères destinés à porter un texte sacré écrit sur papyrus, comme amulette.

Les objets d’argent sont rares: une petite égide de ce métal, à tête de lionne couronnée, est d’un beau travail. On peut aussi citer un collier composé d’yeux symboliques en argent, avec des grains du même métal, entremêlés d’objets en terre émaillée Le petit épervier à tête humaine, représentant une âme, qui est au milieu de la vitrine, peut être cité comme un exemple de l’émail cloisonné à base d'or. Un autre épervier aux ailes étendues présente également de petits émaux vitrifiés dans leurs cloisons d’or.

Une boucle d’oreille d’or est décorée d'une tête de gazelle très-bien modelée; deux autres représentent l’égide de Pacht.

Les pierres dures étaient taillées avec une grande habileté; des colliers entiers sont composés de pendeloques d’un quartz rouge opaque qui imite le corail et ne lui cède en rien pour l’éclat et la

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couleur. Une collection de pendeloques, en forme d’égides, ornées de la tête de la déesse Maut, en cornalines blanches et rouges, provient des fouilles du Sérapéum, ainsi que le petit Horus coiffé d’un grand diadème divin, taillé dans une superbe sardoine. Des pendeloques et des grains de collier de toutes matières montrent quelle variété de ressources possédaient les bijoutiers égyptiens.

VITRINE Q

Les principales pièces de cette vitrine sont les bracelets en or, incrustés d’émaux. Ici, néanmoins, ce ne sont pas, à proprement parler, des émaux, ce sont des pâtes de verre taillées à l’avance et ajustées dans des cloisons d’or, comme des pierres fines. Parmi les débris d’émail qui subsistent, plusieurs imitent le lapis à s’y méprendre. Le dessin de ces beaui bracelets consiste en un lion et un griffon entre des bouquets de lotus. Le style est celui de la dix-huitième dynastie, autant qu’on en peut juger sur de simples ornements. Deux autres bracelets se composent de grains de lapis et de grains d’or, montés sur des fils d’or trés-flexibles. Dans un troisième bracelet semblable, le quartz rouge s’ajoute à ces deux matières. La série des colliers en verre et en terre émaillée commence ici et se continue dans la vitrine suivante.

TITRHVE R.

Grands colliers de terre émaillée et de verroterie. Ils présentent une variété inconcevable de formes et de couleurs; on y suspendait aussi des amulettes de toute nature, et souvent des rangs entiers de scarabées ornés de légendes. Les colliers, formés d’une infinité de petits disques de terre émaillée bleue, sont une imitation des colliers composés d’un petit disque naturel qui provient d’un mollusque du pays. Ces colliers sont encore en usage dans les régions du haut Nil.

T1TRIIVE S.

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