BOITES DE MOMIE E, F
Ces deux boites de momie sont une des plus précieuses acquisitions du musée égyptien duLouvre. Ce sont deux cercueils royaux qui ont appartenu à des rois de la onzième dynastie. Le premier, E, est fort simple; il semblerait avoir été improvisé. Le cartouche peint sur la poitrine a été évidemment ajouté lorsque la boite était déjà peinte et décorée. L’inscription sur le devant est une courte allocution de la demeure funéraire qui va recevoir le roi défunt.
Le cercueil F est, au contraire, assez richement orné; il était entièrement doré, et les yeux sont incrustés en émail. Toute la décoration se compose de grandes ailes qui enveloppent tout le corps du roi défunt. L’inscription se compose d’abord d’un hommage au dieu funéraire Anubis. Après celte prière vient la mention curiecse que ce cercueil a été dédié au roi Ante w l'aîné, par son frère le roi Antew. Il semble que les deux cercueils aient été destinés au même roi; ils ne s’emboîtent pourtant pas l’un dans l’autre. Le cercueil doré ne serait-il qu’un cénotaphe, ou bien un hommage adressé au roi Antew l’aîné par son frère, qui aura trouvé le premier cercueil trop mesquin? C’est ce que je n’oserais décider.
La famille des Antew est la première dynastie thébainc , elle précède immédiatement la douzième dynastie dans l’ordre des temps. Ces cercueils, et un troisième que possède le musée britannique, ont été trouvés avec le tombeau de ces rois dans la montagne funéraire voisine de Thèbcs. Ces cercueils royaux sont donc d’une authenticité parfaite et d’une prodigieuse antiquité.
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Le Louvre est riche en bijoux égyptiens présentant un intérêt historique.
La coupe d’or porte le cartouche de Thoutmès III, dix-huitième dynastie. Elle a été donnée, comme récompense, par ce roi à un fonctionnaire, gouverneur des lies, nommé Téti.
Les bijoux trouvés dans la tombe d’Apis ont été dédiés par le prince Scha-em-Tcm, comme car uofo, dans les chambres qu’il avait
fait construire en l'honneur d’Apis. Les grands personnages du même temps ont aussi dédié quelques-uns de ces bijoux.
La plaque découpée à jour, qui est au centre, est une sorte de pectoral. Un urœus et un vautour les ailes étendues représentent les déesses du ciel du Nord et du Midi ; l’épervier à tête de bélier ■est une des formes du soleil. Il est surmonté d’un cartouche de Ramsès II, qui nous donne la date précise de ces bijoux. Celui-ci est en or incrusté de pâtes de verre dont le temps a altéré les couleurs.
A gauche est un épervier les ailes étendues; il porte également une tète de bélier. Cette tête est un chef-d’œuvre de ciselure. Tout le corps de l’épervier est couvert de petites plumes en lapis, cornaline ou feldspath vert, incrustées dans de petites cloisons d’or.
A droite, un épervier les ailes étendues; même travail que le précédent.
Le gros scarabée en lapis, monté sur un pectoral d’or, provient de la même trouvaille ; à droite et à gauche les déesses Isis et Nephtbys sont représentées en adoration ; l’émail a disparu de ces figures.
Une plaque de serpentine verte revêtue d’or a été dédiée par Psar, un des principaux officiers de Ramsès IL C’est ce que nous apprend l’inscription gravée au-dessus du scarabée. Le revers porte une inscription gravée avec une délicatesse infinie.
C’est le même personnage qui avait aussi dédié la petite colonne en feldspath vert garnie d’or et le gros scarabée de feldspath vert.
Les cornalines rouges de diverses formes portent les noms du prince Sha-em Tam et du même Psar.
Tels sont les bijoux que savaient faire les contemporains de Moïse. On voit que l’art de ciseler l’or, d’y incruster les pierres fines et de graver les matières les plus dures, était porté au plus haut degré de perfection au moment où les Israélites habitèrent l’Égypte.
Il faut encore citer le sceau du roi Horus, de la dix-huitième dynastie ; il porte les titres ordinaires de ce roi, et, sur le côté, un lion passant, du plus admirable style.
Une autre bague d’or, à chaton rectangulaire, porte le prénom d’Aménophis IL
Une bague d’or, d’une forme singulière, porte sur son chaton •deux petits chevaux en ronde bosse. On peut y voir un souvenir
des deux chevaux de Ramsès II ; ce prince les avait consacrés au Soleil, en souvenir de sa victoire, au retour de sa première campagne en Asie.
VITRINE I, JT, K, JL, M.
La vitrine I contient le masque composé d’une feuille d’or, trouvé dans la chambre d'Apis consacrée par le prince Scha-em- Tam, ainsi que divers bijoux provenant du même endroit.
Les autres vitrines sont remplies de figurines funéraires trouvées dans les tombeaux successifs des divers Apis. Elles représentent, en général, des personnages importants de Memphis, dont l’époque se trouve précisée par celle de l’Apis auquel ils rendirent hommage en faisanldéposrr leur figurine dans son tombeau.
Les belles figurines à fond blanc de la vitrine M appartenaient au même Psar, dont nous avons parlé tout à l’heure, et qui parait avoir joué un rôle très-important au commencement du règne de Ramsès II.
VITRINE N
Elle contient des objets très-divers, mais presque tous portant le nom d’un souverain. La boite d’ivoire est d’une excessive antiquité, puisqu'elle porte la légende royale de Méri-en-ra, qui se place vers la sixième dynastie. On y remarque plusieurs objets intéressants qui ont appartenu à la reine Taïa, épouse d’Aménophis III, dix-huilièrae dynastie; tels que le bracelet de terre émaillée et l’étui de la même matière. Plusieurs gros scarabées du même règne présentent la circonstance , malheureusement trop rare, d’avoir été gravés en mémoire d’un événement important.
L’un rappelle le mariage d’Aménophis III avec Taxa, fille A'Ioua et de Taoua; il constate que les frontières de l’empire égyptien s’étendaient alors jusqu’en Mésopotamie. Un autre scarabée a été gravé pour constater le compte des chasses du même roi, qui avait tué de sa main douze lions jusqu’à l’an dix de son règne.
VITRINE O
Tous les scarabées de celte vitrine portent des noms royaux ; quelques-uns ne sont pas encore identifiés ; mais plus de la moitié
appartiennent àToutmès III, qui fournit à lui seul plus de scarabées que tous les autres rois ensemble. Sa légende fut reproduite sur les scarabées jusqu’à des époques très-récentes, soit par vénération pour la personne de ce roi, soit à cause du sens mystique qu’elle présentait.
VITRINE P
Elle contient encore quelques objets d’un intérêt historique. Trois pctitesslèlesde bois rappellent les exploits d’AménophisI er . Ce roi y est figuré terrassant ses ennemis ou les saisissant par les cheveux pour leur trancher la tête. Plusieurs fragments de vases portent des noms de rois. Deux plaques carrées, en terre émaillée, sont ornées de la légende de la régente, fille de Toutmè$4 er . Deux cailloux portent des inscriptions datées de la vingtième dynastie.
Une inscription, très-finement gravée sur un grès rose, formait le dos d’un petit groupe. Elle rappelle la mémoire de la reine Isinofre, première épouse de Ramsès II, qui figurait dans le groupe avec ses deux fils, les princes Ramsès et Scha-em-Tam.
SALLE CIVILE
SALLE CIVILE
Cette salle est consacrée aux monuments de la vie privée des Égyptiens. La cheminée est occupée par quatre vases d’albâtre. Au milieu, une tête de statue en pierre calcaire, peinte en rouge, attire les regards et saisit par le profond caractère de vérité qui est empreint sur les traits un peu vulgaires de l’Égyptien qu’elle représente. La parfaite simplicité de ce morceau nous engage à l’attribuer au premier art égyptien, aux artistes antérieurs aux pasteurs.
Nous n’en sommes pas réduit à des conjectures pour la figure du scribe accroupi, placée au milieu de la salle; elle a été trouvée dans le tombeau de Skhem-ka avec les figures réunies dans la salle des plus anciens monuments. Elle appartient donc à la cinquième ou à la sixième dynastie. La figure est pour ainsi dire parlante; ce regard qui étonne a été obtenu par une combinaison très-habile. Dans un morceau de quartz blanc opaque est incrustée une prunelle de cristal de roche bien transparent, au centre de laquelle est planté un petit bouton métallique. Tout l’œil est enchâssé dans une feuille de bronze qui remplace les paupières et les cils. Les sables avaient très-heureusemeut conservé la couleur de toutes les figures de ce tombeau. Le mouvement des genoux et le dessin des reins sont surtout remarquables par leur justesse; tous les traits de la figure sont fortement empreints d’individualité; il est visible que celte statuette était un portrait.
SALLE CIVILE
ARMOIRE A
Le bas de cette armoire renferme des fragments de meubles. Les motifs généralement adoptés pour les pieds de lits, tables et fauteuils, étaient les pieds de lions, de taureaux ou de gazelles. Les têtes d’oies du Nil, de gazelles ou de bouquetins décoraient les bras des fauteuils ou des pliants. On a trouvé des fragments de meubles qui ont dû être extrêmement riches; un bâton orné alternativement de cylindres en faïence bleue et en bois doré est également un fregment de meuble. Le meuble le plus curieux du musée est le fauteuil orné d’incrustations en ivoire que sa grandeur a obligé de placer hors rang, avec les boîtes de momies, dans la salle funéraire. 11 avait un fond tressé, dont on possède encore les débris. Dans le bas de l’armoire, on voit les tabourets et les pliants, ainsi qu’une grande natte de jonc servant de lit. Un petit modèle de lit fort simple ne donne pas une idée des lits bien plus riches que l’on voit souvent figurés dans les peintures.
Dans le corps de l’armoire sont des statuettes de diverses époques. Le groupe en bois placé au milieu a beaucoup souffert, il est du plus beau style de la dix-huitième dynastie. La figurine du scribe accroupi, en basalte vert, est d’un style plus récent; l’inscription le nomme Aï, fils d'Hapi-
Une charmante figurine en bois représente une femme vêtue de la longue robe collante; elle est placée sur son socle antique, et l’inscription nous apprend qu’elle se nommait iVaï.
Dans le fond de cette tablette on voit un moule en pierre calcaire; la figure qu’il servait à mouler était celle d’une pleureuse funéraire.
Sur la seconde tablette se trouve une figure três-curicuse qui paraît être en bois de cèdre; c’est la statuette d’un homme qui porte dans la main gauche un panier. Son socle est antique, les inscriptions ainsi que le style de la figure montrent que c’est un produit de l'art du premier empire égyptien. Les yeux sont en émail et incrustés avec beaucoup de soin; la tête est rase, mais elle a pu être complétée par une perruque.
La tablette supérieure contient des statuettes eu pierre.
SALLE CIVILE
ARMOIRE B
Le bas de cette armoire contient des vases de terre jaunes et rouges. Il en est d’une solidité et d’une légèreté remarquables,, surtout dans les terres jaunâtres.
Sur la tablette sont des étoffes et des vêtements trouvés dans les tombeaux. Une sorte de tunique teinte en pourpre et une autre teinte en jaune sont des échantillons très-rares des belles teintures antiques. D'autres beaux fragments sont de nuance rouge ou orange; toutes ces couleurs sont teintes sur laine. Les galons et les broderies présentent des rapprochements curieux avec ceux qui sont encore en usage en Orient. Les étoffes transparentes, sorte de mousseline grossière, servaient aux premiers vêtements des hommes et des femmes, comme nous renseignent les peintures. Le lin est sans exception la matière de ces étoffes, ainsi que celles des belles toiles de momies. On n’a retrouvé, en Égypte, aucun tissu de coton.
Dans le corps de l’armoire, le premier compartiment est rempli de vases et ustensiles de bronze. On y remarque une série de petits seaux couverts de figures de divinités. Parmi les seaux à libations, le plus grand est un don de Clot-Bey. La principale des représentations qui y sont gravées se compose habituellement d'un sycomore entre les branches duquel apparaît la déesse de l’éther céleste. Elle verse l’eau divine à l'âme d’un défunt qui la reçoit h deux mains pour la boire. Les légendes expliquent que cette eau doit la revêtir d’une nouvelle jeunesse.
Un autre vase de bronze montre sur sa panse, dans un petit bas-relief, un psylle qui enchante un serpent. Parmi les ustensiles, on remarquera une lampe qui a la forme d’une gazelle renversée sur le dos.
Dans les compartiments suivants, sont disposés les vases de verre et les vases de terre cuite de diverses sortes. Parmi les faïences vertes et bleues, la palme appartient à un fragment de rhython, en pâte bleue, qui rappelle le style assyrien. Un lion, la gueule béante, tient entre ses pattes de devant un petit quadrupède dont la tête est brisée. Les yeux sont en pâte de verre avec une feuille de métal; des petits trous dans les gencives montrent qu’on y avait aussi rapporté des dents d’une autre matière. Les
SALLE CIVILE
faïences couvertes d'émail bleu présentent des nuances vives et variées; deux longues fioles sont d’une pâte particuliérement fine. L’une, gros bleu, est cassée, et le vernis s’est soulevé; l’autre, vert céladon, s’est admirablement conservée.
Les bouteilles, en forme de gourdes plates , sont analogues aux eulogies chrétiennes ; leur goulot est formé d’une fleur de lotus , et leurs petites anses de deux singes cynocéphales. C’était peutêtre des cadeaux du nouvel an, car les inscriptions portent toutes un souhait de bonne année.
Parmi les objets en verre, il faut revendiquer pour l'Égypte la première fabrication des verres ornés d’ondulations de diverses couleurs, quoiqu’on en trouve de semblables dans les tombeaux grecs et romains. En effet, on remarque dans les peintures de l’ancien empire une foule de modèles de ces jolis vases avec les couleurs les plus variées.
ARMOIRE C
Le bas est occupé par divers vases de terre cuite. Sur la tablette, d’autres échantillons d’étofTes, tels qu’une sorte de brassière, des éloffes brodées, des peluches, des étoffes légères et des échantillons de toiles de momie, dont quelques-unes sont de la plus belle fabrication.
Dans le corps de l’armoire est une riche collection de plateaux, de coupes et d'autres vases en albâtre , qui présentent la plus grande variété de formes élégantes. Les va«es en pierre dure sont disposés au milieu; on y trouve des échantillons de porphyre violet, vert, noir et blanc, de feldspath vert.de lapis-lazuli, de granit rose et d’autres roches égyptiennes. Les matières les plus dures ont été év idées jusqu'à donner à ces vases une extrême légèreté.
ARMOIRE D