LES QUATRE GÉNIES FUNÉRAIRES
Leurs noms égyptiens étaient Amset, IJapi, Tiou-mautew, Kevah-senouw. Ils étaient censés fils d’Osiris, et chargés de veiller à la conservation des principaux viscères de l’homme. Leurs tètes symboliques sont ajustées, soit à des corps humains, soit à des momies, soit enfin à des vases funéraires de diverses matières (I).
THOTII.
C’était le fidèle conseiller d’Osiris: il avait aidé Horus dans les soins pieux qu’il avait rendus à son père, et l’avait assisté dans ses combats contre Set. On lui attribuait spécialement l’honneur d’avoir justifié Osiris contre scs ennemis; son rôle funéraire repose sur cette légende. Thoth rendait compte à Osiris du pèsement de l’âme; il assistait le défunt dans cette opération et lui ouvrait les portes célestes. Tholh était aussi l’inventeur de l’écriture et de
(1) Voyez l’article des canopcs à la salle funéraire.
toutes les sciences ; on rapportait à ce dieu la rédaction des livressacrés, et il était nommé l’ecrtuafn des dieux et le seigneur de la parole divine.
Des dessins sur papyrus le font voir ici dans son rôle funéraire ; mais il avait un autre caractère qui ne semble se rattacher à ceux-ci par aucun lien apparent. Tholh est identifié avec le dieu Lune. La tête d’ibis, qui le caractérise ordinairement, est surmontée du disque et des deux cornes en croissant. Quelquefois une tête humaine porte pour coiffure la tête d’ibis, avec le diadème atew. De belles figures de bronze, de faïence émaillée et de lapislazuli le représentent avec ces attributs. Thoth Lune a quelquefois le corps entièrement nu et modelé comme celui d’un enfant aux formes élancées, c’est probablement la lune à son premier quartier; plus souvent il est adulte et vêtu de la schenti; il porte alors quelquefois dans ses mains l’<eil d’Horus, symbole de la pleine lune. Dans son caractère de dieu Lune, Thoth est souvent identifié avec le dieu Chous de Tbèbes.
Outre l'ibis, Thoth avait pour emblème le singe cynocéphale, qui le remplace fréquemment. Ces singes et les chacals d’Anubis sont rassemblés sur la tablette inférieure de cette armoire- Dans le bas, plusieurs cotîrets montrent Osiris dans son rôle de juge et d’autres scènes de l’Amenli, où figurent Thoth et Anubis. Une boite de pierre calcaire, avec la figure d'un ibis couché, renfermait une momie d ibis.
AR.VIOIHE D.
IIORÜS.
La légende d’Osiris représente ce dieu comme fils d’Isis et d’Osiris. Il avait vaincu Sel et vengé la mémoire de son père. Il n’avait pas tué son adversaire, il l'avait émasculé, c’est-à-dire qu’il avait affaibli le principe du mal de manière à assurer le triomphe des lois divines sur les forces désordonnées de la nature et sur les efforts des mauvais esprits. Le rôle funéraire d Horus se rattache à la même légende : il assistait l’homme juste au pèsement de l’ûme, et jouait le premier rôle dans la punition des coupables, aux enfers. Mais le culte d’Horus, en s’étendant dans les diverses localités, avait subi des variations presque innombrables. Horus,.
enfant, est représenté le corps nu et les jambes encore légèrement courbées; il reçoit pour coiffure la tresse pendante, symbole de l’enfance. Il porte le doigt à sa bouche comme les petits enfants. Souvent, il est entre Isis et Nephlhys qui lui avait servi de seconde mère- Il prenait diverses coiffures lorsqu’on l’identifia it avec le dieu fil» des triades locales; c’est ainsi qu’il Ggure Hor Amon avec les deux longues plumes qui sont propres au premier dieu de Thebcs.
Horus.fils d'Isis, parait quelquefois confondu avec Harocris ou llorus l’alné. Celui-ci, qui semble avoir été frère d’Osiris, porte une tète d’épervier coiffée du pschent ; il est presque complètement idcntiûé avec le soleil dans la plupart des lieux où il était adoré , et il en est de même trés-scuvent pour llorus, fil» d’Isis.
llorus, comme dieu Soleil, avait un trône soutenu par des lions dont notre musée offre un bel échantillon en bronze. Horus, enfant, devenait alors le soleil levant; on le plaçait sur un lotus dont le bouton s’élance du fond des eaux, lorsqu'il va s'épanouir, comme le soleil levant du sein de l’éther céleste, que l’on croyait liquide. Le Soleil, dans sa force, dissipant les ténèbres et desséchant les terrains impurs, était personnifié dans Horus vainqueur. On le représentait armé d’un dard et perçant le serpent géant Apophis, symbole de Set et, en général, des puissances malfaisantes (1).
Horus enfant, en égyptien Ilarpochrate , portait le doigt à la bouche; c’était un symbole de l'enfance qu’on a pris mal à propos pour le signe du silence. Une figurine de terre émaillée, d’un bleu céleste, le montre dans cette attitude. Ce type a dégénéré dans les imitations grecques et romaines, et s'est divisé en variétés innombrables. Quelques terres cuites, placées sur la seconde tablette, montrent ce dieu avec divers attributs nouveaux qui ne se rencontrent pas dans les monuments de style égyptien.
Dans le haut de cette armoire, on a placé deux grandes figures d’Isis et de Nephlhys dans leur rôle de pleureuses. Le bas rassemble les éperviers, symbole d'Hoius, ainsi que les uroeus ou vipères re-
(I) Suivant une autre légende, Set était au contraire lui-méme le premier vainqueur du serpent; une stfcle du musée de Lcyde le représente dans l’attitude de percer le reptile avec un dard.
présentant des déesses. On trouve particuliérement sous la forme de l’urœus : 1° la déesse des moissons nommée Rannou ; 2° les deux déesses qui présidaient aux deux divisions du ciel. Une petite stèle en pierre calcaire est consacrée au culte de ces déesses. Souvan, déesse du ciel supérieur, était spécialement protectrice de la maternité.
AXIMOIRE G.