‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 34 sur 35 · BES · texte numérisé non relu

BES

Aucune divinité égyptienne n'est aussi peu connue jusqu’ici que le dieu monstrueux dont les formes diverses sont rassemblées dans cette armoire. Son corps est ordinairement modelé comme celui d’un homme très-petit, très-trapu et dont les muscles sont extrêmement développés. Ses yeux semblent être empruntés au taureau, scs oreilles dérivent du même type, ses cheveux tombent en boucles sur son cou comme la crinière d’un lion. 11 porte, comme Hercule, une peau de lion sur le dos. Une terre cuite de basse époque le représente dans les bras d’une mère dont les traits indiquent la meme race. On peut rapporter ses variétés è deux caractères principaux. Dans l'un il parait comme un dieu guerrier : il est armé d’un bouclier, et brandit son épée, ou lire de l'arc. Sa langue, qui pend hors de sa bouche, semble encore lui donner un caractère de bestialité plus féroce. Sa coiffure ordinaire se compose d’un bouquet de plumes d'autruche. Un petit bronze de la collection nous le montre cependant sous la forme d’un guerrier de proportions ordinaires, mais coiffé de la mitre pointue de la haute Égypte. Le nom de Bes lui est appliqué sur des bas-reliefs de la basse époque. Ses représentations sont rares sur les monuments anciens, elles existent néanmoins depuis une très-haute antiquité.

Le second caractère du dieu le montre comme se plaisant à la danse et au jeu des instruments- Souvent il joue de la harpe ou frappe des cymbales. On ne connaît pas bien les fonctions que lui attribuaient les Égyptiens. Dans son premier caractère, on le trouve Qguré dans le Rituel funéraire, au chapitre 145, comme gardien du vingtième pylône; il est aussi représenté comme égorgeant des captifs. C'est sans doute au contraire à son second caractère qu’il faut rapporter l’usage où l’on était de placer sa

figure sur les chevets (1) et surtout sur les objets destinés à la toilette des Tommes. Il est aussi représenté en adoration devant le soleil levant. Son aspect général lui donne une analogie frappante avec les personnages qui accompagnent les taureaux à tète humaine, dans les monuments assyriens (2), tandis que son caractère belliqueux et son goût pour la musique rappellent les centaures de la Grèce. Les figures de ce dieu se trouvent en toutes matières, pierres, bois, terre cuite et métaux : les bronzes sont rares jusqu’ici.

Le dieu Bes reçoit aussi plusieurs autres noms, et il est employé dans beaucoup de groupes où ses attributs sont mêlés avec ceux d'autres divinités. Rc\êtu des attributs d’Ammon, il compose une divinité panlhéistique : quelquefois il a seulement une double tête, et c’est ainsi qu’on le trouve figuré dans les dernières vignettes de quelques Rituels funéraires. Souvent sa coiffure est ornée d'un naos où l'on voit le taureau Apis; enfin sa tète est un élément essentiel du groupe qui nous reste à décrire.

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