‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du MuséeChapitre 13 sur 32 · ESCALIER · texte numérisé non relu

ESCALIER

Les auteurs de ces beaux calques ont obtenu la permission de les exposer au Louvre, dans le Musée Égyptien. Ils donnent l'idée la plus exacte de la décoration d'un tombeau royal de la dix-neuvième dynastie.

Les blocs de grès qui sont réunis sous le n^ G. 51 formaient le revêtement d'une muraille au palais de Karnak. Ce n'est qu'un fragment d'une longue inscription connue dans la science sous le nom d'Annales de Touthmès III j récit d'une expédition guerrière entreprise par ce roi, l'an vingt-neuf de son règne, avec énumération des tributs imposés aux vaincus.

Voir plus haut, sous la lettre A, la descriptiou des statues réunies sur le palier.

CbampoHion avait classé les monuments ëgyptiensrëunis dans le Musée Charles X, sous les titres de : !<> Salle des dieux ; 2» Salle civile ; 30 Salle funéraire. Tout en respectant cet ordre excellent, nous avons subdivisé les monuments civils, en faisant une section spéciale pour les monuments historiques, c'est-à-dire pour les objets dont le principal intérêt se rapporte à la série des événements publics. Les progrès de la science ont rendu ces objets plus nombreux aujourd'hui qu'à l'époque de CbampoHion. Mais la dimension des salles n'a pas permis de suivre toujours exactement ces principes; des inscriptions placées dans chaque armoire indiquent la division à laquelle se rapportent les objets qu'elle contient. La salle historique est la première qui se présente en sortant de l'escalier.

Sur la cheminée est placée une statuette d'un travail très-fin; la matière est une sorte de stéatite jaune qui prend un beau poli. Elle représente Aménophis lY, un des derniers rois de la dix-huitième dynastie. Ses traits étaient loin d'être beaux. On a cherché ici sa ressemblance avec soin, car on reconnaît facilement le même profil sur les grands bas-reliefs sculptés par ses ordres en divers endroits. C'est ce roi qui voulut détruire le culte d'Ammon et fit effacer le nom de ce dieu sur les monuments de Thèbes.

66 SALLE HLSTORIQUE.

Les deux sphinx de bronze qui sont à droite et à gauche de cette figure paraissent représenter le roi saîte Ouaphrès.

Les colonnes tronquées qui ornent la salle portent : Tune la statuette du roi PsammétikII, en basalte vert; l'autre, un vase d'albâtre qui a servi d'urne funéraire h un membre de la famille Claudia. C'était originairement un vase égyptien du dixième siècle avant notre ère. Un prêtre du dieu Ammon l'avait fait décorer des cartouches royaux d'Osorkon I«', de la vingt-deuxième dynastie.

ARMOIRE A

Les principaux objets de cette armoire sont, dans le bas, plusieurs stèles provenant du Sérapéum. .

S 1907. — Cette stèle est entièrement peinte à l'encre rouge.

Le roi Pimaï y est figuré adorant un Apis de forme humaine, à tête de taureau, la deuxième année de son règne. Ce roi, que les stèles du Sérapéum ont fait connaître pour la première fois, fut le successeur de Scheschonk m (vingt-deuxième dynastie), vers le milieu du neuvième siècle.

S 1959. — - Cette stèle consacre la mémoire d'un Apis, né l'an 11 et mort l'an 37 de Schescbonk IV, fils du roi Pimaî. Ce dernier Schescbonk n'est également connu que par les stèles du Sérapéum.

S 2252. — Nous fait connaître un prince, Psammétik, fils d'Amasis et d'une reine nommée Tentkhéta, dont le nom était également inconnu avant la découverte de cette stèle. C'est probablement ce même prince qui ne régna que quelques mois avant l'invasion des Perses, et fui le troisième roi du nom de Psammétik*

On y voit aussi un canope de la tombe d'Apis marque au cartouche de Kamsès-MeîamouD.

Les autres inscriptions de cette armoire portent toutes des dates ou des noms royaux intéressants à étudier pour Tarcliéologue.

[Dans le corps de Tarmoire, sur la première tablette, le milieu est occupé par un joli groupe de trois statuettes en or, représentant Isîs et Horus qui étendent la main 8ur Osiris en signe de protection. Osiris, coiffé du diadème AteWy et le corps enveloppé, est accroupi sur un dé en lapis lazuli au nom du roi Osorkon II. L'inscription du socle, reflétée par une glace, contient une formule religieuse en faveur du même roi. Ces figurines sont d'un excellent modelé et d'une finesse remarquable. ]

A côté l'on remarque une figure fruste en basalte vert. C'est évidemment un portrait de roi ; mais les cartouches qui étaient sans doute sur le socle ont disparu avec la partie inférieure de cette belle statuette, qui parait être du meilleur style saîte (I).

Les figures en schiste noir sont des images funéraires du prince Kha-em-ua$, fils aîné de Ramsès II. Elles sont accompagnées de quelques figures de personnages do la même époque.

Deux vases d'albâtre finement gravés sont sur la ménie rangée : Tun porte les cartouches du roi Nékao (vingtsixième dynastie); l'autre, le nom de la reine Amenfneri.

Une statuette très-finement sculptée en marbre blanc représentait le roi Aménophis II, agenouillé et offrant des vases à quelque divinité ; la tête a disparu.

1) En raison du caractère, étranger à l'Egypte, de la figure représentée, M. de Bougé élait revenu sur sa première appréciation et pensait qu'on pouvait considérer ce beau morceau comme le portrait d'un roi pasteur, (P. P.)

Sur la seconde tablette, sont des statuettes funéraires en grès rouge, qui appartiennent encoie au prince EhcLembuas. La figurine en faïence, d*un bleu éclatant, est une des figurines funéraires trouvées dans le tombeau de Séli I«', ouvert par Belzoni. Nous considérons ce roi comme le chef de la dix-neuvième dynastie, vers le commencement du quinzième siècle. *

Un vase d'albâtre porte le cartouche de Rameri, de la sixième dynastie.

Un autre vase en faïence bleue est décoré descartouches d'un roi qui n'est connu que par cet objet provenant du Sérapéum; il se nommait Ramsès-si-Phlhah,

Troisième tablette. L'emblème nommé Tat porte le cartouche de Ramsès YlII. Les vases sont marqués aux cariouches d'autres rois de la vingtième dynastie.

Parmi les stèles de cette tablette on remarque une inscription cursive du temps du roi Necht-har-hébi et une stèle du roi Scheschonk lY, où il est indiqué comme fils de Pimaï.

Sur la tablette la plus élevée sont : !<> un vase de la vingtième dynastie; 2o une figure funéraire de Ramsès lY (même dynastie); 3<> une figure fruste en granit rose; elle appartenait au roi Aménophis III (dix-huitième dynastie] et porte son cartouche.

ARMOIRE B

Dans la partie inférieure, un bas-relief en pierre calcaire nous a conservé les traits du prince Kha-em-uasy fils aîné et favori de Ramsès Méiamoun. Ce prince, fils de la reine Isinofre et grand- prêtre de Plah à Memphis, fut très-zélé pour le culte d'Apis, et nous lui devons de nombreux monuments. Ce profil bien caractérisé nous permet de constater qu'on a toujours cherché, avec plus ou moins

de succès, à reproduire sa ressemblance dans les figurines qui portent son nom.

Au-dessus de ces bas-reliefs, un spbinx en bronze représente le roi Ouaphrès (Apriès d'Hérodote); les cartouches de ce roi sont sculptés sur les épaules, mais ils sont difficiles à distinguer, car ils sont cachés sous une inscription fausse gravée plus tard sur les flancs du sphinx.

Le bas de cette armoire contient encore un vase en pierre dure décoré des deux cartouches d'Aménophis I«' et une chatte en bronze dédiée par Psammétik I«'.

Sur la première tablette on voit une statuette en bronze autrefois ornée d'une riche damasquinure en or qui relevait la gravure des vêtements et du tollier. L'inscription du socle nous apprend que cette figure représente la reine Keramamay épouse de Takelothis !•' (vingt-deuxième dynastie). Le galbe de ce corps juvénile est extrêmement gracieux.

Diverses figurines de bronze représentent des rois qu'on n'a pas encore identifiés.

Sur cette même tablette on voit un petit vase d'albâtre qui porte le nom d'une princesse dont l'époque n'est pas connue. Elle s'appelait Noub^em-Techou. Le sens de ce nom est exactement notre locution : Valant son pesant d'or»

Une sorte de bouteille plate en faïence verte, de la forme des eulogies, porte les cartouches de Psammétik I«' (vingt-sixième dynastie).

Au fond, un petit volet provenant d'une chapelle portative, en bois doré et émaillé, montre le roi Amasis en adoration devant Horus. L'autre fragment de bois, de forme analogue, est un souvenir presque unique dans la science, du roi Pétubastès (vingt-troisième dynastie) vers la fin du neuvième siècle.

Le haut de Tarmoire est occupé par des figures royales peintes sur des éclats de pierre.

AEMOIRE C.

Parmi les objets très-divers qui sont dans le bas de cette armoire, nous ferons remarquer une stèle où la reine Ahmes-notcreari est adorée. Cette princesse, épouse du roi Abmosis, qui expulsa les pasteurs à la fin de la dixseptième dynastie, joua sans doute un grand rôle à cette époque si critique pour TÉgypte ; ^n efl*et, elle fut l'objet d'une vénération dont on trouve les traces pendant plus de cinq cents ans après sa mort.

Le coffret rectangulaire, en faïence verdâlre, est une boite à jeu; le dessus est divisé en cases régulières sur lesquelles les pions marchaient d'après certaines règles. Les côtés sont ornés des cartouches de la reine Ha-t-Asou^ fille de Toutmès I^' et régente après sa mort.

Le vase d'albâtre porte le cartouche du roi Népherkérès, de la cinquième dynastie.

Deux garnitures de porte en bronze sont décorées d'inscriptions où se lisent les noms de la reine Nitoeris et de sa mère Schap-en-ap.

[On remarque encore trois vases d'albâtre aux noms des rois Tat-Ka-ra, Pepi et Amenhotep H. ]

Dans le corps de l'armoire on ^ disposé une collection des cartouches. des souverains d'Egypte, gravés ou peints sur des objets d'un petit volume qui permit de les ranger en un ordre chronologique non interrompu.

Le premier est le cartouche de Menés, gravé sur une feuille d'or; mais l'authenticité du monument est fort douteuse. Cette collection s'enrichit chaque jour; la douzième dynastie est presque complète, ntôlgré sa prodi-

gîeuse antiquité. Le dernier cartouche est celui d'Antonin, gravé sur un scarabée en marbre.

Une petite stèle, aux noms d'Aménophis III, mérite surtout l'attention pour la beauté de son travail en terre émaillée, bleu sur blanc. Les cartouches en cuir gaufré de la vingtième dynastie montrent Fantiquité de ce genre d'ornements.

Au-dessus de la série des noms royaux est un chevet en ivoire, qui porte le cartouche du roi Népherkérès, cinquième dynastie; deux vases d'albâtre raccompagnent: l'un porte le nom du roi Merira^ sixième dynastie, et l'autre le nom de Népherkérès.

Un vase de cristal de roche porte les cartouches d'un roi nommé Àmen-rut^ qui est probablement l'Amyrtée des historiens grecs (1).

Dans le haut de l'armoire on remarque deux bas-reliefs qui représentent l'enfance de Ramsès II. Dans l'un, le roi est déjà adolescent ; il est debout près d'un lion, son arc à la main: il porte encore la tresse de cheveux, signe distinclif que l'on quittait à l'âge viril. Ses monuments nous le dépeignent en effet comme ayant fait la guerre dès son enfance.

Dans l'autre fragment, Ramsès II est un véritable enfant; il est déjà roi, comme le montrent la vipère qui surmonte sa coiffure et les titres gravés auprès de lui. Il est coiffé de la grosse tresse pendante et porte le doigt à sa bouche en signe d'enfance.

ARMOIRE D

Cette armoire a reçu des objets de toutes sortes qui n'ont pu trouver place dans leurs séries. On y trouve ;

(I) On a identifié ce prince avec le beau-fils et successeur de Tahraka, nommé, en assyrien, Urdamani. Mais M.deRougé n'admettait pas cette assimilation et voyait dans Amen-rut un Égyptien contemporaia d« Piankbi. (P. P,)

1° Un choix de petites stèles provenant im derapeum, quelques-unes sont dessinées aux deux encres, noire et rouge, avec une sûreté de main étonnante ;

2o Les cônes en terre cuite : on ne connaît pas bien la destination de ces objets; la partie la plus large porte ordinairement une empreinte où se lisent le nom, les titres ou la généalogie d'un personnage défunt ; quelquesans sont utiles pour l'histoire par ces inscriptions;

3° Des tessons de vase, des cailloux et des fragments de pierres couverts d*écriture hiératique. Ils ont servi de nnatériaux pour écrire, sans doute à cause du prix élevé du bon papyrus. On y trouve habituellement des prières funéraires et quelquefois des documents civils.

Le fond de l'armoire est occupé par des boites de momie.

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