BOITES DE MOMIE E, F
Ces deux boites de momie sont une des plus précieuses acquisitions du musée égyptien du Louvre. Ce sont deux cercueils royaux qui ont appartenu à des rois de la onzième dynastie. Le premier, E, est fort simple; il semblerait avoir été improvisé. Le cartouche peint sur la poitrine a été évidemment ajouté lorsque la boîte était déjà peinte et décorée. L'inscription sur le devant est une courte allocution de la demeure funéraire qui va recevoir le roi défunt.
Le cercueil F est, au contraire, assez richement orné ; il était entièrement doré, et les yeux sont incrustés en émail. Toute la décoration se compose de grandes ailes qui enveloppent tout le corps du roi défunt. L'inscription se compose d'abord d'un hommage au dieu funéraire Anubis. Après cette prière vient la mention curieuse que ce cercueil a été dédié au roi Antew l'ainé, par son frère le roi Antew. Il semble que les deux cercueils aient été destinés au même roi ; ils ne s'emboîtent pourtant pas
l'un dans l'autre. Le cercueil doré ne serait-il qu'un cénotaphe, ou bien un hommage adressé au roi Antew l'aîné par son frère, qui aura trouvé le premier cercueil trop mesquin ? C'est ce que je n'oserais décider.
La famille des Antew est la première dynastie ihébaine^ elle précède immédiatement la douzième dynastie dans l'ordre des temps. Ces cercueils, et un troisième que possède le musée britannique, ont été trouvés avec le tombeau de ces rois dans la montagne funéraire voisine de Thèbes. Ces cercueils royaux sont donc d'une authenticité parfaite et d'une prodigieuse antiquité (1).
VITlUr«îE H.
Le Louvre est riche en bijoux égyptiens présentant un intérêt historique.
La coupe d'or porte le cartouche de Thoutmès III^ dixhuitième dynastie. Elle a été donnée, comme récompense, par ce roi à un fonctionnaire, gouverneur des îles, nommé Tothi.
Les bijoux trouvés dans la tombe d''Apis ont été dédiés par le prince Kha^em-uas, comme eœ-votOy dans les chambres qu'il avait fait construire en l'honneur d'Apis. Les grands personnages du même temps ont aussi dédié quelques-uns de ces bijoux.
La plaque découpée à jour, qui est au centre, est une sorte de pectoral. Vu urœus et un vautour les ailes étendues représentent les déesses du ciel du Nord et du Midi; l'épervier à tête de bélier est une des formes du soleil. Il est surmonté d'un cartouche de Ramsès II, qui nous donne la date précise de ces bijoux. Celui-ci est en or incrusté de pâles de verre dont le temps a altéré les couleurs.
(1) Ces deux boites de momie ont été transportées, faute de place» dans la dernière salle de la galerie égyptienne. (P. P.)
A gaacbe est un épervier les ailes étendues; u porte également une tête de bélier. Cette tête est un chef-d'œuvre de ciselure. Tout le corps de Tépervier est couvert de petites plumes en lapis, cornaline ou feldspath vert, f incrustées dans de petites cloisons d'or.
Adroite, un épervier les ailes étendues; même travail que le précédent.
Le gros scarabée en lapis, monté sur un pectoral d'or, provient de la même trouvaille ; à droite et à gauche les déesses Isis et Nephtys sont représentées en adoration; rémail a disparu de ces figures*
Une plaque de serpentine verte revêtue d'or a été dédiée par Piar^ un des principaux officiers de Ramsès IL C'est ce que nous apprend l'inscription gravée au-dessus du scarabée. Le revers porte une inscription gravée avec une délicatesse infinie.
C'est le même personnage qui avait aussi dédié la petite colonne en feldspath vert garnie d'or et le gros scarabée de feldspath vert.
Les cornalines rouges de diverses formes portent les noms du prince Kha-em-^as et du même Psar.
Tels sont les bijoux que savaient faire les contemporains de Moïse. On voit que l'art de ciseler l'or, d'y incruster les pierres fines et de graver les matières les plus dures, était porté au plus haut degré de perfection au moment où les Israélites habitèrent l'Egypte.
Il faut encore citer le sceau du roi Horus, de la dixhuitième dynastie ; il porte les titres ordinaires de ce roi, et, sur le côté, un lion passant, du plus admirable style>
Une autre bague d'or, à chaton rectangulaire, porte le nom d'Aménophis II.
Une bague d'or, d'une forme singulière, porte sur sou chaton deux petits chevaux en ronde bosse. On peut y voir un souvenir des deux chevaux de Ramsès II; ce
prince les avait consacrés au Soleil, en souvenir de sa vieloire, au retour de sa première campagne en Asie.
TiriliNE I» J, R, L» M.
La vitrine I contient le masque composé d'une feuille d'or, trouvé dans la chambre d'Apis consacrée par le prince Kha^ embuas f ainsi que divers bijoux provenant du même endroit.
Les autres vitrines sont remplies de figurines funéraires trouvées dans les tombeaux successifs des divers Apis. Elles représentent, en général, des personnages importants de Memphis, dont l'époque se trouve précisée par celle de l'Apis auquel ils rendirent hommage en faisant déposer leur figurine dans son tombeau.
Les belles figurines à fond blanc de la vitrine M appartenaient au même Psar, dont nous avons parlé tout à l'heure, et qui paraît avoir joué un rôle très-important au commencement du règne de Ramsès IL
VITRINE N
(Monaments de la sixième à la dix-huitième dynastie.)
Elle contient des objets très-divers, mais presque tous portant le nom d'un souverain. La boite d'ivoire est d'une excessive antiquité, puisqu'elle porte la légende royale de MérUen-ra qui se place dans la sixième dynastie. On y remarque plusieurs objets intéressants qui ont appartenu à la reine Taifa, épouse d'Aménophis III, dix-huitième dynastie; tels que le bracelet de terre émaillée et l'étui de la même matière. Plusieurs gros scarabées du même règne présentent la circonstance, malheureusement trop rare^ d'avoir été
grayés en mcmoire d'un évcnement important. L'un rappelle le mariage d*Aménopbis III avec Taïa, fille dToua et de Taoua; il constate que les frontières de Tempire égyptien s'étendaient alors jusqu'en Mésopotamie. Un autre scarabée a été gravé pour constater le compte des chasses du même roi, qui avait tué de sa main douze lions jusqu'à Tan dix de son règne.
[Deux vases en bronze qui sont retournés pour en faire voir les inscriptions, ont appartenu à un fonctionnaire de l'ancien empire nommé Ouna. Une paletie de scribe porte le nom de Aaf&enen-Taauaa (dix-septième dynastie).]
YlTRIIifE O.
Tous les scarabées de cette vitrine portent des noms royaux; quelques-uns ne sont pas encore identifiés; mais plus de la moitié appartiennent à Toutmès III, qui fojiruit à lui seul plus de scarabées que tous les autres rois ensemble. Sa légende fut reproduite sur les scarabées jusqu'à des époques très-récentes, soit par vénération pour la personne de ce roi, soit à cause du sens mystique qu'elle présentait.
VITRINE P
(Dix-huitième et dixHieuTième dynasties.)
Elle contient encore quelques objets d'un intérêt historique. Trois petites stèles de bois rappellent les exploits d'Aménophis h^. Ce roi y est figuré terrassant ses ennemis ou les saisissant par les cheveux pour leur trancher la tête. Plusieurs fragments de vases portent des noms de rois. Deux plaques carrées, en terre émaillée, sont ornées de la légende de la régente Hatasou ou Hatschepou^ fille de
ToutmèsI«'. Deux cailloux portent des inscriptions datées de la vingtième dynastie.
Une inscription, très-finement gravée sur un grès ros*, formait le dos d'un petit groupe. Elle rappelle la mémoire de la reine Isinofre, première épouse de Ramsès H, qui figurait dans le groupe avec ses fils, les princes Ramsès ei Khc^em-uas, »
[De petits modèles de traîneaux et de Toutil à lame de bronze appelé sotep portent le nom de la reine Hatasou.
VITRINE Q
(Dix-neu¥ième et vingtième dynasties.)
Des figurines en bois et en terre émaillée d'un beau bleu sont aux noms de Séti !«' et du prince Kha-em-uasy fils de Ramsès II.
Sur un encrier ayant appartenu à un fonctionnaire du grand Ramsès, nommé Psar, est une légende qui ordonne à tout scribe de dire une prière avant de faire usage de ce godet. Une palette porte un cartouche royal qui se lit Rortnen ■ ma-sotep-ra»
VITRINE R
(Vingt et unième â vingt-sixième dynastie.)
On y remarque un joli sphinx en bronze incrusté d'or, portant les noms d'un roi identifié par M. Mariette avec le Smendès que Manéthon place en tête de la vingt et unième dynastie; des amulettes au nom d'Apriès; des cônes funéraires en terre cuite au nom de Tahraka, et un frag« ment d'amulette en forme de contre-poids de collier appelé Ménat^ sur laquelle était inscrit le nom de Nekao
SALLE HISTORIQIJE.
VITRINE S
On y Toit, entre autres objets appartenant aux dernières dynasties, un plateau en terre cuite portant une inscription de l'an IV de Psammétik ; une ferrure en équerre an nom de Darius; des fragments de statuettes avec légendes et des coiffures royales en bronze.]
Cette salle est consacrée aux monuments de la vie privée des Égyptiens. La cheminée est occupée par quatre vases ; d'albâtre. Au milieu, une tête de statue en pierre calcaire, ; peinte en rouge, attire les regards et saisit parole profond caractère de vérité qui est empreint sur les traits un peu vulgaires de l'Égyptien qu'elle représente. La parfaite simplicité de ce morceau nous engage à l'attribuer au premier art égyplien, aux artistes antérieurs aux pasteurs.
Nous n'en sommes pas réduit à des conjectures pour la figure du scribe accroupi^ placée au milieu de la salle ; elle a été trouvée dans le tombeau de Shkem-ka avec les figures réunies sur le palier de l'escalier. Elle appartient donc à la cinquième ou à la sixième dynastie. La figure est pour ainsi dire parlante; ce regard qui étonne a été obtenu par une combinaison très-habile. Dans un morceau de quartz blanc opaque est incrustée une prunelle de cristal de roche bien transparent, au centre de laquelle est planté un petit bouton métallique. Tout l'œil est enchâssé dans une feuille de bronze qui remplace les paupières et les cils. Les sables avaient très-heureusement conservé la couleur de toutes les figures de ce tombeau. Le mouvement des genoux et le dessin des reins sont surtout remarquables par leur justesse ; tous les traits de la figure sont fortement empreints d'individualité ; il est visible que cette statuette était un portrait.
ARMOIAB A.
Le l>as de cette armoire renferme des fragments de meubles. Les motifs géuéralement adoptes pour les pieds de lits, tables et fauteuils, étaient les pieds de lions, de taureaux ou de gazelles. Les têtes d'oies du Nil, de gazelles ou de bouquetins décoraient les bras des fauteuils ou des pliants. On a trouvé des fragments de meubles qui ont dû être extrêmement riches ; un bâton orné alternativement de cylindres en faïence bleue et en bois doré est égament un fragment de meuble. Le meuble le plus curieax du musée est le fauteuil orné d'incrustations en ivoire que sa grandeur a obligé de placer hors rang, avec les boîtes de momies, dans la salle funéraire. Il avait .un fond tressé, dont on possède encore les débris. Dans le bas de l'armoire, on voit les tabourets et les pliants, ainsi qu'une natte de jonc servant de lit. Un petit modèle de lit fort simple ne donne pas une idée des lits bien plus riches que Ton voit souvent figurés dans les peintures. Sur la tablette se trouve un modèle d'édifice qui semble un grenier.
Dans le corps de l'armoire sont des statuettes de diverses époques. Le groupe en bois placé au milieu a beaucoup souffert, il est du plus beau style de la dix-huitième dynastie. La figurine du scribe accroupi, en basalte vert, est d'un style plus récent; l'inscription le nomme Âï, fils é*Hapi.
Une charmante figurine en bois représente une femme vêtue de la longue robe collante; elle est placée sur son socle antique, et l'inscription nous apprend qu'elle se nommait Nau
Sur la seconde tablette se trouve une figure très-curieuse qui paraît être en bois de cèdre; c'est la statuette d'an homme qui porte dans la main gauche un panier. Son socle est antique, les inscriptions ainsi que le style de la figure
montrent que c'est un produit de Tart du premier empire égyptien. Les yeux sont en émail et inscrustés avec beaucoup de soin ; la tête est rase, mais elle a pu être complétée par une perruque.
La tablette supérieure contient des statuettes en pierre, et un moule en pierre calcaire; la figure qu'il servait à mouler était celle d'une pleureuse funéraire.
ARMOIRE B
Le bas de cette armoire contient des vases de terre jaunes et rouges. Il en est d'une solidité et d'une légèreté remarquables, surtout dans les terres jaunâtres.
Sur la tablette sont des étoffes et des vêtements trouvés dans les tombeaux. Une sorte de tunique teinte eu pourpre et une autre teinte en jaune sont des échantillons très- rares des belles teintures antiques. D'autres beaux fragments sont de nuance rouge ou orange ; toutes ces couleurs sont teintes sur laine. Les galons et les broderies présentent des rapprochements curieux avec ceux qui sont encore en usage en Orient. Les étoiTes transparentes, sorte de mousseline grossière, servaient aux premiers vêtements des hommes et des femmes, comme nous l'enseignent les peintures. Le lin est sans exception la matière de ces étoffes, ainsi que celle des belles «.oiles de momies. On n'a retrouvé, en Egypte, aucun tissu de coton.
Dans le corps de l'armoire, le premier compartiment est rempli de vases et ustensiles de bronze.
Un vase de bronze montre sur sa panse, dans un petit bas-relief, un psylle qui enchante un serpent. Parmi les ustensiles, on remarquera une lampe qui a la forme d'une gazelle renversée sur le dos.
Dans les compartiments suivants, sont disposés les vases
de verre et les vases de terre cuite de diverses sortes. Parmi les faïences vertes et bleues, la palme appartient à un fragment de rhython, en pâte bleue, qui rappelle le style assyrien. Un lion, la gueule béante, tient entre ses pattes de devant un petit quadrupède dont la tête est brisée. Les yeux sont en pâte de verre avec une feuille de métal ; des petits trous dans les gencives montrent qu'on y avait aussi rapporté des dents d'une autre matière. Les faïences, couvertes d'émail bleu, présentent des nuances vives et variées; deux longues fioles sont d'une pâte particulièrement fine. L'une, gros bleu, est cassée, et le vernis s'est soulevé ; l'autre, vert céladon, s'est admirablement conservée.
Les bouteilles, en forme de gourdes plates, sont analogues aux eulogies chrétiennes; leur goulot est formé d'une fleur de lotus, et leurs petites anses de deux singes cynocéphales. C'était peut-être des cadeaux du nouvel an, car les inscriptions portent toutes un souhait de bonne année.
Parmi les objets en verre, il faut revendiquer pour rÉgypte la première fabrication des verres ornés d'ondulations de diverses couleurs, quoiqu'on en trouve de semblables dans les tombeaux grecs et romains. En eflet, on remarque dans les peintures de l'ancien empire une foule de modèles de ces jolis vases avec les couleurs les plus variées.
ARMOIRE C
Le bas est occupé par divers vases de terre cuite. Sur la tablette, d'autres échantillons d'étoffes, tels qu'une sorte de brassière, des étoffes brodées, des peluches, des étoffes légères et des échantillons de toiles de momie, dont quelques-unes sont de la plus belle fabrication.
Dans le corps de l'armoire est une riche collection de
plateaax> de coupes et d'autres vases en albâtre, qui présentent la plus grande variété de formes élégantes. Les vases en pierre dure sont diposés au milieu; on y trouve des échantillons de porphyre violet, vert, noir et blanc, de feldspath vert, de lapis-lazuli, de granit rose et d'autres roches égyptiennes. Les matières les plus dures ont été évidées jusqu'à donner à ces vases une extrême légèreté.
ARMOIRE D
Le bas contient des objets en sparterie de toutes sortes.
L'art du vannier était exercé avec une grande habileté chez les Égyptiens. Divers joncs, des fibres de papyrus et des feuilles dé palmiers forment les matériaux de ces ouvrages.
Une boite destinée à renfermer des vases de toilette peut donner une idée de l'habileté de leurs ébénistes.
De petits coffrets analogues sont dans le corps de l'armoire, qui est, en général, consacrée aux objets de toilette. Les Égyptiens faisaient un grand usage de bois précieux; ils avaient soin d'en imposer une certaine quantité comme redevance aux peuples tributaires. L'Ethiopie leur fournissait l'ébène et l'ivoire, et les princes d'Assyrie envoyaient des bois rares et des meubles élégants parmi leurs tributs.
Sur la première tablette on voit d'abord les peignes égyptiens ; mais les plus beaux de ces peignes ont dû être classés dans la galerie assyrienne, car nous avons constaté, par le style et les sujets habituels de leurs ornements, que ces peignes, quoique trouvés dans les tombeaux d'Egypte, provenaient d'Assyrie. La mode, déjà souveraine dans ces temps reculés, les avait imposés aux dames égyptiennes
Le peigne, orné d'un bouquetin qui met un genou en terre, représente un sujet familier aux Égyptiens.
Les petits pots et étuis de diverses formes, en bois ou en terre émaillée, servaient à mettre les ingrédients nécessaires à la toilette égyptienne. Le principal était le Hoir d'antimoine, destiné aux yeux ; les aiguilles de bois, de pierre ou d'ivoire, terminées en massue, avalent la forme convenable pour ne pas blesser les paupières, dans cette délicate opération. Les petits pots ont tantôt là forme d'une colonne, tantôt celle d'un nœud de roseau qu'on imitait en terre émaillée. Le dieu monstrueux nommé Bès, qui, à ce qu'il parait, présidait, malgré sa laideur, à la toilette des dames, forme aussi très-habituellement le principal motif de la décoration de ces petits ustensiles. Un charmant petit vase en terre émaillée verte est orné de lions qui alternent avec le dieu Bêsy lequel est représenté dansant.
Le nom des ingrédients que devaient contenir les petits vases y est quelquefois écrit. — Sur une petite boîte à quatre compartiments, outre le stibium, on trouve les indications suivantes ; pour arrêter le sang, pour âter la douleur.
Les perruques et les fausses tresses étaient très -usitées dans ce pays, où la chaleur engage naturellement à se raser la tête. On voit ici un échantillon de ces tresses : notre musée ne possède pas de perruques entières ; mais une tête de momie a conservé une superbe chevelure divisée en plusieurs tresses fines et nombreuses.
Sur les tablettes supérieures sont des chaussures égyptiennes. Il y avait des brodequins et des sandales en peau très-forte pour les hommes, et des brodequins très-légers en maroquin blanc destinés à un pied féminin. Les sandales offrent la même variété ; plusieurs paires fraîches et élégantes sont tressées avec du papyrus mélangé avec
des matériaux de diverses couleurs. Les unes sont toutes plates, d'autre ont un petit rebord, qui ne cachait pas les doigts du pied. Une paire de pantoufles en maroquin rouge est décorée de dorures: une découpure d*un joli dessin s'étendait sur le dessus du pied.
On voit aussi des chaussures d*enfant ; ce sont des brodequins ou de légères sandales.
abmqiiue: is*
Le corps de cette armoire est occupé par une collection des fruits et des grains trouvés dans les tombeaux. Le fruit du baobab provenait sans doute des hautes régions du Nil, car cet arbre n'est pas figuré dans les peintures égyptiennes, et il est difficile de croire qu'il ait existé en Egypte. On a mis dans le bas de ce compartiment des boyaux égyptiens, habituellement en bois d'ébène jaune; le bois suffisait ordinairement pour cultiver le léger limon du Nil. Les peintures sur enduit, enlevées d'un tombeau de Thèbes, représentent des scènes agricoles. Dans le. bas^ on voit le labour exécuté par une charrue tirée par quatre esclaves (plus habituellement on voit un attelage de bœufs). D'autres hommes fouillent la terre avec le boyau.
Au-dessus, on a peint la moisson et une femme qui apporte des vivres aux ouvriers
Le registre supérieur montre les bœufs qui foulent les grains : des homm.es apportent les gerbes dans.de grands filets suspendus à des perches.
Dans le second tableau, on charge un grand bateau avec les grains pour les conduire aux greniers.
Le tableau supérieur représente une suite de serviteurs qui apportent au maître le produit de ses champs.
VITRINE F
Manche de divers sceptres ou instruments en os et en ivoire.
Griffes d'un lion trouvées dans un tombeau.
Les mains et les bras appareillés, de bois ou d*ivoire, semblent destinés, comme les castagnettes, à marquer la mesure en accompagnant le chant. Une grande paire, eo ivoire, est ornée de la tête de la déesse Hathor. Un autre fragment plat, en ivoire, est orné de diverses figures gravées dans un style qui ne paraît pas purement égyptien,
YITRIIVE G.
Emblèmes et attributs portatifs en bois. Le premier, terminé d'un côté par une main, et à Tautre bout par une tête d'épervier, a la forme des porte-encens. Le bâton recourbé à la forme simple du sceptre royal.
Un chevet, en bois incrusté d'ivoire, est composé de deux parties qui se réunissent à volonté. C'est une disposition très-ingénieuse et destinée probablement aux voyages.
ARMOIRE H
Dans le bas, divers instruments, tels que le bâton pour porter sur l'épaule deux seaux ou d'autres fardeaux, et des bâtons àcochesqui semblent un instrument de lissage. On y voit aussi un petit matelas d'enfant rembourré avec un duvet semblable à celui du chardon.
Sur la tablette, collection de flèches de chasse; les bouts sont armés de pierres tranchantes.
Cannes et bâtons : quelques-uns portent des inscriptions intéressantes, telles que ; bon bâton pour soutenir la vieil' lesse^ avec le nom du propriétaire.
I>ans le corps de l'armoire sont les instruments de musique. Ce sont des cornes, des cymbales et une trompette en bronze; un tambour et un petit tambour de basque; des luths et des harpes; Tune d'elles a conservé sa couverture en beau maroquin vert. On sait, par les peintures des tombeaux, que ces harpes étaient en usage dès Tépoque de Moïse. L*étui à flûtes est un objet extrêmement rare; il est garni de deux flûtes en roseau ; sa peinture montre la musicienne jouant des deux flûtes à la fois.
Une grande toile à franges tapisse le fond de Tarmoire; les arcs y sont suspendus, ainsi qu'une béquille, une massue et une sorte de bâton courbé en bois pesant. Les Égyptiens c)>a»saieiit au vol avec ce bâton; ils étaient assez adroits pour atteindre, avec ce projectile, les oiseaux d'eau à long cou qui s'envolaient devant eux. Ils ont souvent peint cette chasse qui paraît avoir été un de leurs divertissements favoris. Un projectile semblable, connu sous le nom de boumérang^ est encore en usage parmi certaines peuplades de l'Océaaie.
TITRINEI.
Fragment de meuble incrusté d'émaux diverses
couleurs sur un fond de bois doré. Instruments divers. Rames d'une barque sacrée. Coudée égyptienne antique; elle a presque exactement cinq cent vingt-cinq millimètres. Chaque partie de la coudée a son nom et sa divinité protectrice. Les petits bâtons cylindriques sont des divisions exactes de la coudée ; ils portent en général le nom de leur propriétaire. Bâton pour la chasse au vol, forme aplatie.
VITRINE J
Échantillons d'étoffes. Fils de chanvre, de lin et de laine.
Résille tricotée en laine pourpre, en forme de la coiffure nommée klaft.
Fragment de galons et échantillons de tissus de toute sorte.
Â^iguilles de bronze, fuseaux en faïence verte
ARMOIRE Ro
Dans le bas de Tarmoire, des modèles de barque, des cordes, etc.
Sur la tablette, un morceau de bronze très-pesant était destiné à un boyau dont l'emploi exigeait un bras puis» sant.
Dans le corps de Tarmoire, le milieu de la première tablette est occupé par une boîte à jeu. Le dessus et les côtés sont décorés d'inscriptions; sur le petit côté, on voit le propriétaire de la boite nommé Àmen-mes^ qui dirige des pièces. Sur la tablette, au revers, les cases sont disposées de même, et quelques-unes ont leur nom écrit en hiéroglyphes. Ces noms semblent indiquer que le jeu aurait eu un sens astronomique.. Parmi les statuettes et figures de cette armoire, on peut remarquer particulièrement une figurine en ivoire du plus ancien style; elle représenté un enfant nu. Un beau masque de femme en granit rose; il appartient à Técole des Saïtes, suivant toute apparence, ainsi qu'une tête en basalte vert, qui est certainement un portrait. La figurine de femme nue, en » bois, présente une exception assez peu commune : les femmes sont toujours vêtues d'une longue robe collante, qui laissé voir leurs formés. Une autre figurine de jeune fille nue, tenant sur son bras gauche un chat et se peignant de la main droite,, était uu .manche de miroir. Le groupe du milieu appartient au style de la dix-huitième dynastie; il représente iémefi^mop et sa femme Ta mer au.
Sur la seconde tablette, trois figures de bois finement sculptées dans le style de la dix-huitième dynastie.
Sur la troisième tablette, deux jolis chapiteaux en pierre peuvent donner une légère idée des motifs si variés que les architectes égyptiens ont su employer à décorer le sommet de leurs colonnes.
VITRINE II
Ce compartiment rassemble les échantillons des diverses variétés des faïences et des émaux et verres égyptiens. Cette industrie était extrêmement variée dans ses produits, les boules creuses et les boîtes en faïence bleue sont de véritables tours de force du métier. On remarquera à la tête d'une série de pions de jeu, deux petits esclaves à genoux, les mains liées derrière le dos, dont Tun présente le type des nègres, et Tautre la physionomie asiatique. Ces pions faisaient peut-être partie de quelque jeu de combat. Les échantillons de verre coloré dans la masse montrent on travail très-avancé dans cette partie de Tart. On savait dessiner, dans Tépaisseur, des fleurs et autres objets à Taide de filets d'émail. Une série de tètes grotesques en verre jaune et bleu appartient à une autre fabrication. Les portions de corps humain en pAte de verre de diverses couleurs ont été taillées pour servir à composer des basreliefs pol) chromes. Le fond de la vitrine rassemble une collection de pendants d'oreilles et d'anneaux brisés, en toutes sortes de matières, où se distingue encore particulièrement le beau quartz rouge opaque et ses imitations en pâte de verre.
VITRIIVES M et N.
Petits objets en bois sculpté. Ce sont presque tous des objets de toilette. Les aiguilles de tête sont souvent ornées
d'un singe assis. Le petit prisonnier nègre, les mains passées dans des menottes, paraît avoir été un -ornement. Les boîtes de toilette présentent les formes les plus variées. Le plus joli motif se compose d'une jeune femme nue, allongce comme en nageant, et tenant dans ses mains une oie du Nil. Le corps de Toiseau forme la boîte, qui se ferme par ses deux ailes. Le plus bel échantillon de ce genre de boîtes provient du cabinet de £|]ot-Bey. Une autre boite se forme d'une gazelle qui a les pieds liés.
Les cuillers de toilette étaient destinées à délayer un ingrédient dans un peu d'eau. Leurs manches sont très-variés : tantôt c'est un eunuque portant une cruche, tantôt c'est un jeune fille qui joue du luth au milieu des lotus où les oiseaux se reposent. Un esclave amène un veau ; une jeune Égyptienne coupe des lotus, une autre porte de gros bouquets et des oiseaux d'eau ; ou bien encore c'est un ehien allongé qui tient une coquille dans sa gueule.
La collection du Louvre est extrêmement riche dans cette division, surtout depuis l'acquisition du cabinet de Glot-Bey. Notre industrie pourrait ici trouver quelques modèles à imiter.
VITRINE O
Elle contient les petits objets en os et en ivoire. Ce sont des pions, des seaux travaillés dans une dent, et puis encore des objets de toilette. Une boîte ornée d'une belle tête de gazelle est tout en ivoire, sauf les cornes. Les cuillers de toilette se retrouvent ici avec diverses variétés. Toute une série de ces cuillers, de forme carrée, a le manche formé par une femme nue : elle diffère assez notablement du pur style égyptien. Ces objets peuvent venir de la Syrie. Sur quelques-uns on remarque la rosace, ornement assyrien. D'autres objets d'ivoire trouvés dans les tombeaux d'Egypte, mais portant tous l'empreinte du pur style
assyrien, ont dû quitter les galeries égyptiennes pour être classés avec leurs analogues dans le musée Assyrien. C'étaient principalement des manches de poignards et de couteaux en ivoire que Ton importait ainsi en Egypte dans les temps antiques.
VITRINE P
Une grande partie des objets d'or appartenant aux galeries égyptiennes a disparu en juillet 1830 ; mais il en reste encore suffisamment pour se faire quelque idée des bijoux usuels des Égyptiens. Les chaînes d'or, travaillées en lacet, sont aussi souples que celles que peuvent faire nos meilleurs ouvriers d'Europe. Les colliers étaient souvent à plusieurs rangs ; ils étaient composés d'objets symboliques, comme les poissons sacrés, les lézards, l'œil d'Osiris, les fleurs de lotus. Les fermoirs sont fermés d'un petit verrou qui tient très-solidement, La tête d'épervier servait souvent à décorer les extrémités des colliers, destinées à être attachées sur les épaules. Un charmant motif de chaîne, pour de petites pendeloques, se compose d'une série de vipères sacrées qui relèvent la tête : la pendeloque se termine par une tête de la déesse Hathor,
Une sorte de travail à grains, qui s'est perpétué longtemps en Asie, apparaît dans quelques objets et surtout dans une pendeloque d'or, qui représente un épervier, les ailes étendues. Deux petits cylindres en or, ornés de légendes gravées sont des phylactères, destinés à porter un texte sacré écrit sur papyrus, comme amulette.
Les objets d'argent sont rares : une petite égide de ce métal, à tête de lionne couronnée, est d'un beau travail. On peut aussi citer un collier composé d'yeux symboliques en argent, avec des grains du même métal, entremêlés d'objets en terre émaillée. Le petit épervier à tête humaine, repré-
92 SALLE CIYHE.
sentaut une âme, qui est au milieu de la vitrine, peut être cité comme un exemple de l'émail cloisonné à base d'or. Un autre épervier aux ailes étendues présente également de petits émaux vitrifiés dans leurs cloisons d'or.
Une boucle d'oreille d'or est décorée d'une petite tête de gazelle très-bien modelée; deux autres représentent l'égide de Sekhet.
Les pierres dures étaient taillées avec une grande habileté ; des colliers entiers sont composés de pendeloques d'un quartz rouge opaque qui imite le corail et ne lui cède en rien pour l'éclat de la couleur. Une collection de pendeloques, en forme d'égides, ornées de la télé de la déesse Maut, en cornalines blanches et rouges, provient des fouilles du Sérapéum, ainsi que le petit Horus coiffe d'an grand diadème divin, taillé dans une superbe sardoine. Des pendeloques et des grains de collier de toutes matières montrent quelle variété de ressources possédaient les bijoutiers égjptiens,
TITIUNE Q.
Les principales pièces de cette vitrine sont les bracelets en or, incrustés d'émaux. Ici, néanmoins, ce ne sont pas, à proprement parler, des émaux, ce sont des pâtes de verre taillées à l'avance et ajustées dans des cloisons d'or comme des pierres fines. Parmi les débris d'émail qui subsistent, plusieurs imitent le lapis à s'y méprendre. Le dessin de ces beaux biacelets consiste en un lion et un griffon entre des bouquets de lotus. Lé stvle est celui de la dixbuilième dynastie, autant qu'on en peut juger sur de simples ornements. Deux autres bracelets se composent de grains de lapis et de grains d'or, montés sur des fils d'or tres-flexibles. Dans un troisième bracelet semblable, le quartz rouge s'ajoute à ces deux matières. La série des
colliers en verre et en terre ëmaillée commence ici et se continue dans la vitrine suivante. [Au fond, petites figurines en or des dieux Ra, Schou, Toth, Bes, et une belle statuette d'Horus en argent.]
VITRINE a.
Grands colliers de terre ëmaillée et de verroterie. Ils piésentent une variété inconcevable de formes et de couleurs ; on y suspendait aussi des amulettes de toute nature, et souvent des rangs entiers de scarabées ornés de légendes. Les colliers, formés d'une infinité de petits disques de terre émaillée bleue, sont une imitation des colliers composés d*un petit disque naturel qui provient d'un mollusque du pays. Ces colliers sont encore en usage dans les régions du haut Nil .
YITRINE S.