SEKHET
Cette déesse, dans son premier type, porte une tête de lionne. Le Louvre possède de belles statues de cette espèce dans la salîe des grands monuments. Beaucoup de figurines
de Sekhet sont d'une forme extrêmement élancée; on faisait allusion, par cette taille si svelte, au flanc de la lionne, symbole de la déesse. Les Égyptiens estimaient extrêmement les tailles fines aux hanches doucement arrondies. Le Rituel funéraire assimile les membres de rhomme, transfiguré après la mort, aux parties du corps des diverses divinités. Les flancs sont assimilés à ceux de Sekhet. Sekhet portait le titre principal de la grande chérie de Ptah, On lui attribuait la création de la race asiatique, celle qui venait immédiatement après la race d'Egypte, dans Tordre du tableau des familles humaines, tel qu'on Ta retracé à Thèbes, sur les tombeaux des rois. La création des Égyptiens était attribuée directement au dieu Ra. Sekhet avait un autre rôle comme déesse vengeresse des crimes; elle exterminait et torturait les coupables. La partie inférieure d'une figure en faïence bleue montre les jambes de Sekhet, assise sur un trône, sous lequel sont écrasés deux impies. Sekhet, dans ses deux rôles, semble caractériser la radiation solaire, dans sa double action vivifiante et destructive. L'action mortelle du soleil ardent des régions tropicales donne souvent lieu, dans les inscriptions, à des comparaisons très énergiques. Sekhet avait plusieurs variétés. Comme déesse de l'Egypte septentrionale, elle se nommait Ouati; le nom est écrit sur une statuette de bronze et sur une figurine de faïence bleu clair. Associée au dieu Sc^ou, la déesse à tête de lionne se nommait Tewnu. On trouve aussi le nom de Munhi dans son rôle de vengeresse.
La même déesse, dans sa disposition favorable et gra. cieuse pour les hommes, se nommait Beset (la Rubastis des auteurs grecs) ; elle prend alors ordinairement la tête d'une chatte ; elle tient dans sa main gauche le sistre? symbole de l'harmonie du monde. Une sorte d'égide, qu'elle porte sur le bras gauche, se compose d'une tête de
la même déesse, couronnée de divers attributs, avec une sorte de manche orné d'une frange. La main droite tient un seau d*eau lustrale.
L'attribution de la chatte à cette divinité nous a valu une quantité de belles chattes en bronze et en faïence bleue. Les Égyptiens ont su imiter avec un talent infini l'attitude gracieuse des chattes d'Orient, habituellement plus sveltes que les nôtres ; les oreilles percées indiquent qu'on a souvent orné ces figures de bijoux. Il en était sans doute ainsi des chattes sacrées : on remarque également sur ces bronzes des colliers gravés et damasquinés en or. La forme des socles de ces chattes reproduit quelquefois l'hiéroglyphe du nom de la déesse (l).
Une belle statuette de Sekhet, en granit gris, occupe la colonne tronquée au milieu de la salle.
NOWRE-ATOUM.
Ce dieu est caractérisé par une coiffure composée de deux longues plumes qui sortent d'une fleur de lotus. Souvent il est debout, chaque pied posant sur un lion. Nowre- Atoum est qualifié fils de Sekhet, et plusieurs groupes le représentent à côté de sa mère : une belle égide réunit aussi leurs deux têtes. Ce dieu, ou un personnage divin du même nom, faisait partie du tribunal infernal, c'était l'un des quarante-deux assesseurs d'Osiris.
HOBS.
Les fonctions de ce dieu ne sont pas connues, il est caractérisé par une tête de lion. Un superbe bronze, placé sur la cheminée de cette salle peut être comparé aux figu-
(1) Je crois plutôt que c'est la forme du sistre qui est affectée par cet socles. (P. P.)
res de Hobs, qui cependant est ordinairement coiffé avec une mitre ornée de deux plumes d'autruche.