HATHOR
Cette décâse figure sur les plus anciens monuments de rËgypte ; c'était la divinité locale des établissements égyptiens de la presqu*île de Sinaï, et particulièrement des mines de cuivre exploitées dès la quatrième dynastie. Hathor était fille du Soleil ; les Grecs l'ont assimilée à Vénus, et en effet elle était considérée comme le type de . la beauté, surtout sous le rapport des yeux. Elle porte ordinairement sur sa tète l'hiéroglyphe de son nom: un dieu Horus dans un naos. En effet, le nom d' Hathor signifiait Vhabîtation d*Horus. Une autre coiffure d'Hathor consiste dans un disque solaire, orné de deux cornes et surmonté souvent de deux longues plumes. Hathor, considérée contrae déesse mère, est souvent identifiée avecisîs, La vache était son emblème ordinaire; alors souvent elle était couronnée des attributs d'Hathor. Le sistre était particulièrement attribué à cette déesse ; sa tête, ornée des oreilles de vache est une partie presque essentielle de la base du sistre au son duquel les prêtres égyptiens attribuaient des propriétés mystérieuses.
Les temples d'Hathor se distinguaient parles chapiteaux de leurs colonnes, qui étaient formés de têtes de cette déesse, ornées d'oreilles de vache et surmontées d'un naos. >.
Le rôle funéraire d'Hathor était très-important : sous la forme d'une vache de couleur tachetée, elle recevait le défunt arrivant à l'occident, c'est-à-dire au tombeau. Dans ce type, elle prend souvent le nom de iVou6, qui signifie, au sens propre, Tor, et au sens figuré, le lieu où reposait la momÎH et où le germe humain devait prendre sa nouvelle forme pour la résurrection. Elle semble alors s'iden-
tifler avec le ciel nocturne. Un des derniers chapitres do Rituel funéraire montre la vache d'Hathor jouant le rôle de la mère céleste, dans le sein de laquelle Tâme da défont prendra naissance pour la vie éternelle.
Hathor est représentée dans de belles figures de bronze Dans son rôle de mère où elle double Isis, elle tient son enfant sur les genoux et prend la tête symbolique de la vache. On trouve aussi des figurines de cette déesse en terre émailiée bleue.
Les tablettes supérieures et inférieures de cette armoire contiennent des stèles relatives au culte de ces diverses divinités, ainsi que les figures des divers animaux qui leur étaient consacrés.
ARMOIRE G
Cette division est consacrée au mythe d'Osiris qui constitue un chapitre assez tranché dans la religion égyptienne Osiris était le dieu local d'Abydos, et il est à peine mentionné dans les plus anciens tombeaux de Memphis. L'époque la plus florissante de la ville d*Abydos paraît avoir été la XII» dynastie, c'est peut-être à cette époque que le culte d'Osiris s'est étendu sur toute TÉgypte. Raconter en détail la légende d'Osiris dépasserait de beaucoup les bornes de cette notice; en voici la substance : La déesse Nout (l),qui représente la voûte céleste, épouse du dieu Seb, assimilé par les Grecs à Saturne, était accoocbée de cinq enfants, dans les cinq jours complémentaires de Tannée. Le règne d'Osiris, le premier de ces cinq dieux, avait été l'âge d'or de l'Egypte. Le cartouche d'Osiris, considéré comme roi d'Egypte, lui donne souvent le nom d*Ounnowréy qui signifie Vétre bon par excellence. Son frère Set^ le Typhon des Grecs, l'ayant détrèné, le
(1) Netpé de ChampoUion.
tua et dispersa les fragments de son corps ; mais Isis, sa sœur et son épouse ayant réuni ces parties, après de longues recherches, ressuscita Osiris par ses enchantements. Elle avait été principalement assistée dans ses soins pieux par Nephthys, sa sœur, par Horus, fils d'Osiris et d'Isîs, et par Thoth et Anubis, qu'on donne comme ministres de ce dieu. Horus triompha à son tour de Set et recouvra glorieusement le royaume de son frère, après divers inci* dents de cette guerre des dieux, qui est souvent rappelée j dans le texte du Rituel funéraire. Les prêtres égyptiens I avaient lié avec cette fable une quantité d'allégories. Le chapitre 17 du Rituel funéraire se joint au Traité dlsis et d'Osiris pour nous faire considérer ce mythe comme se rapportant en partie à la cosmogonie : le triomphe d*Horus sur Typhon représente Tharmonie de la création succédant au désordre du cahos.