HORUS
La légende d'Osiris représente ce dieu comme fils d'Isis et d'Osiris. 11 avait vaincu Set et vengé la mémoire de son père. Il n'avait pas tué son adversaire, il l'avait émasculé, c'est-à-dire qu'il avait affaibli le principe du mal de manière à assurer le triomphe des lois divines sur les forces désordonnées de la nature et sur les efforts des mauvais esprits. Le rôle funéraire d'Horus se rattache à la même légende : il assistait l'homme juste au pè^ement de l'âme, et jouait le premier rôle dans la punition des coupables, aux enfers. Mais le culte d'fiorus, en s'étendant dans les diverses localités, avait subi des variations presque innombrables. Ho rus, enfant, est représenté le corps nu et les jambes encore légèrement courbées; il reçoit pour coiffure la tresse pendante, symbole de l'enfance. Il porte le doigt à sa bouche comme les petits enfants. Souvent, il est entre Isis et Nephlhys qui lui avait servi de seconde mère. Il prenait diverses coiffures lorsqu'on l'identiOait
avec le dieu fils des triades locales; c'est ainsi qu'il figan Hor-Àmon avec les deux longues plumes qui sont propres au premier dieu de Thèbes.
Horus, fils dlsis, paraît quelquefois confondu ave< llaroëris ou Horus l'aîné. Celui-ci, qui semble avoir élc| frère d*Osiris, porte une tête d*épervier coiffée du pschent, il est presque complètement identifié avec le soleil dans bj plupart des lieux où il était adoré, et il en est de méme| très-souvent pour Horus, fils d'Isis.
Horus, comme dieu Soleil, avait un trône soutenu par des lions dont notre musée ofire un bel échantillon en bronze. Horus, enfant, devenait alors le soleil levant ; on le plaçait sur un lotus dont le bouton s'élance du fond des eaux, lorsqu'il va s'épanouir, comme le soleil levant du sein de l'éther céleste, que l'on croyait liquide. Le soleil, ■ dans sa force, dissipant les ténèbres et desséchant les terrains impurs, était personnifié dans Horus vainqueur. On le représentait armé d'un dard et perçant le serpent géant 1 Àpophisy symbole de Set et, en général, des puissances ri malfaisantes (1).
Horus enfant, en égyptien Harpochrate, portait le doigt à la bouche ; c'était un symbole de l'enfance qu'on a pris mal à propos pour le signe du silence. Une figurine de terre émaillée, d'un bleu céleste, le montre dans cet^e | attitude. Ce type a dégénéré dans les imitations grecques et romaines, et s'est divisé en variétés innombrables. Quelques terres cuites, placées sur la seconde tablette, montrent ce dieu avec divers attributs nouveaux qui ne se rencontrent pas dans les monuments de style égyptien. [|
Dans le haut de cette armoire, on a placé deux grandes II
ji) Suivant une antre légende. Set étaii au contraire lui-mênae le premier rainqueur du serpent; une stèle du Musée de Leyde le représente dans rattiiude de percer le reptile avec un dard.
MONUMENTS BËLIGIËUX. 143
figures d'Isîs et de Nephthys dans leur rôle de pleureuses (1). Le bas rassemble les ëperviers, symbole d'Horus, ainsi que les urseus ou vipères représentant des déesses (2). On trouve particulièrement sous la forme de Turaeus : 1° la déesse des moissons nommée iîannou; 2 les deux déesses qui présidaient aux deux divisions du ciel. Une petite stèle en pierre calcaire est consacrée au culte de ces déesses. Soubany déesse du ciel supérieur, était spécialement pro* tectrice de la maternité.
ARMOIRE E
Aucune divinité égyptienne n*est aussi peu connue jusqu*iei que le dieu monstrueux dont les formes diverses sont rassemblées dans cette armoire. Son corps est ordinairement modelé comme celui d*un homme très-petit, très-trapu et dont les muscles sont extrêmement développés. Ses yeux semblent être empruntés au taureau, ses oreilles dérivent du même type, ses cheveux tombent en boucles sur son cou comme Ja crinière d'un lion. Il porte, comme Hercule, une peau de lion sur le dos. Une terre cuite de basse époque le représente dans les bras d'une mère dont les traits indiquent la même race. On peut rapporter ses variétés à deux caractères principaux. Dans l'un il paraît comme un dieu guerrier : il est armé d'un bouclier, et brandit son épée ou tire de Tare. Sa langue, qui pend hors de sa bouche, semble encore lui donner un caractère de bestialité plus féroce. Sa coiffure ordinaire se compose d'un bouquet de plumes d'autruche. Un petit bronze de la collection nous le montre cependant sous la
Ces deax statuettes ont été transportées dans rarmoire G. Ces objets sont dans rarmoire H.
forme d'un guerrier de proportions ordinaires, mais coiffe de la mitre pointue de la haut« Egypte. Le nom de Bet lui est appliqué sur des bas-reliefs de la basse époque. Ses représentations sont rares sur les monuments anciens, elles existent néan mois depuis une très-haute antiquité.
Lesecond caractère du dieu le montre comme se plaisant à la danse et au jeu des instruments Souvent il joue de la harpe ou frappe des cymbales. Oti ne connaît pas bieo les fonctions que lui attribuaient les Égyptiens. Dans son premier caractère, on le trouve figuré dans le Rituel funéraire, aujphapilre 145, comme gardien du vingtième pylône; il est aussi représenté comme égorgeant des captifs. C'est sans doute au contraire à son second caraerère qu*il faut rapporter l'usage où l'on était déplacer sa figure sur les chevets (1) et surtout sur les objets destinés à la toilette des femmes. Il est aussi représenté en adoration devant le soleil levant. Son aspect général lui donne une analogie frappante avec les personnages qui accompagnent les taureaux à tête humaine, dans les monuments assyriens (2), tandis que son caractère belliqueux et son goât pour la musique rappellent les centaures de la Grèce. Les figures de ce dieu se trouvent en toutes matières: pierres, bois, terre cuite et métaux ; les bronzes sont rares Jusqu'ici. )
Le dieu Bes reçoit aussi plusieurs autres noms, et il est ; employé dans beaucoup de groupes où ses attributs sont; mêlés avec ceux d'autres divinités. Revêtu des attribnts' d'Ammon, il compose une divinité panthéistique : quel-j quefois il a seulement une double tête, et c'est ainsi! qu'on le trouve figuré dans les dernières vignettes de'
(1) Peut-être aussi pour chasser les songes funestes attribués à de mauvais génies.
(3) Une des légendes de Bes le Tait venir du Ta-neler^ pays d'Asie, situé probablcmeal vers le no*^d de TÂrabie.
quelques Rituels funéraires. Souvent sa coiffure est ornée d*un naos où l'on Toit le taureau Apis; enfin sa tête est tin élément essentiel du groupe qui nous reste à décrire.