‹ Notice sommaire des monuments égyptiens exposés dans les galeries du MuséeChapitre 7 sur 32 · SALLE HENRI IV · texte numérisé non relu

SALLE HENRI IV

Les caractères généraux, propres aux cinq époques dé Tart égyptien, se reconnaissent particulièrement sur les figures de ronde bosse. Dans le premier style memphitique, les statues et les figurines représentent une race musculeiise et trapue ; Tattitude est roide, les pieds sont souvent courts, le nez est droit, quelquefois gros et rond par le bout. La coiffure ordinaire se compose des cheveux coupés courts et leurs boucles sont rendues par de petits carrés.

Sous la douzième^dynastie, les saillies musculeuses des

jambes sont encore Tîgoureusement indiquées; mais à cette deuxième époque on voit s'introduire un nouveau canon des proportions du corps humain qui donne aux figures un aspect plus élancé.

L'école de la dix-fauitième dynastie perfectionna la sculpture des tètes ; les profils sont d'une grande pureté, et les lèvres, mieux dessinées, sourient gracieusement; les jamttes, trop rondes, ont habituellement perdu leur vigueur; on voit apparaître les riches coiffures à petits tuyaux, et le ciseau reproduit quelquefois les longues robes d'étoffes transparentes. Les beaux sphinx et les colosses sculptés sous la dix-neuvième dynastie n'empêchent pas d'attribuer à cette époque le commencement d'une prompte décadence de l'art égyptien, qui se remarque surtout dans les monuments consacrés par les particulit rs.

Les statues de l'école saite ont au contraire reconquis la finesse et le naturel ; la coiffure, assez volumineuse, se compose ordinairement d'une étoffe qui enveloppe complètement les cheveux.

Sous les Ptolémées, les belles figures de style égyptien deviennent très-rares. On conserve au Vatican deux colosses en granit de Ptolémée et d'Arsinoé Philadelphes; leur style est encore purement égyptien, ils se rapprochent des saites sans les égaler. Le Louvre possède une admirable, tête royale, bien franchement égytienne par sa matière et sa coiffure, mais dont le modelé rappelle au contraire les artistes grecs {voy. A, 35). Il ne serait pas raisonnable de classer parmi les statues égyptiennes les imitations romaines de la Villa Hadriani^ dont les ajiteurs n'ont emprunté à l'art pharaonique que des détails de pose ou de costume.

Les n<» 1, 2, 3, 4 représentent la déesse à tète de lionne nommée SekhetW.hes inscriptions montrent qu*elles ont été dédiées par leroiÀménophis III, de la dii-huitième dynastie. Les statues n»* 5,6, 7, 8,9,10, 11, représentent la même déesse; elles furent sculptées à diverses époques et proviennent deThèbes. Le n** 7 porte le cartoucLe de Scheschonk I*''^, le vainqueur du roi Roboam, fils de Salomon«

A 12. — Groupe en granit rose.

Un roi coiffé de la couronne égyptienne, nommée pschent^ est entre deux dieux. Cette méthode d'apothéose était très-usitée en Egypte. Les dieux qui escortent le roi sont ici Osiris et Horus«

A 16. — Colosse en granit rose.

C'est la seule statue royale de grande dimension qui nous reste du premier empire égyptien ; c'est donc un morceau inestimable. Elle représente le roi Sebek- Hotep III, de la treizième dynastie. On dit qu'elle fut trouvée à Bubastis (2). Le torse est remarquable par son type svelte et élancé. Malheureusement la figure est très-mutilée.

A 17. — Statue demi-grandeur, en granit gris.

C'est le même monarque que le colosse du n^i6.

A 18. — Pied d'un colosse en granit rose.

La statue qui s'élevait autrefois sur cette base repré-

' sentait Aménophis III. Vingt-trois nations africaines

(1) Voyez, pour cette déesse, à la salle des dieux.

(2) Cette attribution reposait sur les souvenirs de M. Droretti; suivs!» d'autres témoignages, elle proviendrait de Thèbes.

qu'il avait vaincues sont figurées loutaulour de la base, avec leurs noms écrits dans les écussons (!)•

A 20. — Statue en granit gris.

Elle a été usurpée par Ramsès II et provient probablement d'un souverain du premier empire.

A 21, 23, 24. — Au centre de celte salle se trouve un colosse, et aux deux extrémités deux sphinx de granit rose; ces trois morceaux représentent trois générations successives de rois de la dix-neuvième dynastie. Le sphinx était un animal imaginaire, composé d'un corps de lion et d'une tête d'homme : c'était le symbole de la force unie à l'intelligence. On n'appliquait ce mode de représentation qu'à un dieu ou à un roi. Les sphinx féminins étaient, en Egypte, une rare exception ; ils représentaient une reine. Le sphinx n» 21 a le corps d'un jeune lion. Il porte les noms de Ramsès II, mais il remonte à l'ancien empire. Nous avons, dans l'avantpropos, tracé les principaux traits de l'histoire de Bamsès-Meïamoun.

Le second sphinx, n» 23, est d'un type plus lourd, ses formes sont moins parfaites ; il porte les noms de Mé-^ neptab, fils de Ramsès II (2), et deScheschonk I«'; mais comme le précédent, il date de l'ancien empire et Ton y trouve des traces de légendes des rois pasteurs.

Le colosse de grès rouge, n*^ 24, au milieu de la salle, appartient à Çéti II, fils de Ménephtah.Ce fut aussi un roi guerrier qui soutint dignement par les armes la puis-

(1) La légende d'Aménophis III, é?idemment gravée en surcharge, et le c#actère de ce morceau, le font attribuer aujourd'hui à un roi de la 4ouzième ou de la treizième d]rnastie,auque1 il faut par conséquent faire sonneur des conquêtes inscrites sur le socle. (P. P.)

(2) Ce sont ces deux rois que nous considérons comme les contemporains de Moïse.

sance do la dix-neuvième dynastie. Toutes ces attributions nous sont fournies par les légendes gravées sur les piédestaux de ces monuments. Elles contiennent des dédicaces au nom de ces souverains. Séti II tient ici dans sa main un grand bâton d'enseigne sur lequel est gravée toute la série de ses noms et titres royaux.

A 25. — ' Tête en granit noir.

Cette belle tête est coiiïée d'un casque royal. On ignore le nom du roi qu'elle représentait.

A, 26. — Sphinx portant le nom du roi Népbéritès de la vingt-neuvième dynastie (vers 398 avant J.-C.).

▲ 27. — Sphinx semblable, portant le nomduroiHakorîs, vingt-neuvième dynastie (vers 392).

▲ 28. — Statue en basalte.

Elle représente un roi inconnu. C'est un dets beaux morceaux de l'art saîte.

A 29* — Sphinx en grès statuaire.

Il porte les cartouches de Nectanébo, dernier roi des dynasties égyptiennes.

A 35. — Tête en basalte.

Le serpent royal, placé sur cette tête, prouve qu'elle représente un roi d'Egypte, probablement un des Ptolémées, car le style de la sculpture est empreint du génie grec.

Les statues A 36, 37, 38, paraissent les plus anciens morceaux de la sculpture de nos musées; ils remontent à la quatrième et peut-être à la troisième dynastie. Au milieu de leur rudesse on remarquera déjà la justesse de certaines parties, et surtout des genoux. La bande verte, peinte sous les yeux est aussi un caractère d'extrême antiquité. Les deux figures d'homme appartiennent au même personnage; il se nommait Sepa et se

qualifie parent royaL Sa femme se nommait Nesa^ elle prend également le titre de parenU royale.

A 81. — Groupe en pierre calcaire.

Un personnage nommé Nou>re- heb-w est arcompagné de sa femme TaeL Un petit enfant, nommé Ouah^er^ Méri, joue entre leurs jambes. Son nom signifie : celui qui augmente Tamour (1). Lès mutilations proviennent encore dti martelage du nom d'Ammon.

Page 1