Tome II : Défense et Police sanitaires maritimes (sous presse
Dans notre livre : Frontières et Prophylaxie, un problème se trouvait posé en ces termes : « Nous n’avons aucune réglementation de l’hygiène dans la marine marchande et, tant que celle-ci n’existera pas, aucune prophylaxie utile — même limitée aux maladies pestilentielles exotiques — ne pourra s’exercer. Notre premier soin doit tendre à appliquer, dans la marine marchande, une loi analogue à la loi sanitaire de 1902. Cette loi nous permettra de surveiller tout à la fois la construction et l’exploitation de Vhabitation et de l’atelier flottants. »
Cette question d’ailleurs préoccupait déjà certains esprits dans le Parlement, mais le vote d’une loi d’hygiène de la marine marchande n’avait pu jusque-là réunir une majorité.
Au moment où j’écrivais ces lignes, M. le sénateur Chautemps (1) (Journal officiel, séance du Sénat, 26 février 1907), reprenait en main l’organisation de l’hygiène à bord de nos navires de commerce, et il voulut bien puiser une partie de ses arguments dans l’ouvrage que je citais plus haut. Enfin, dans un autre circonstance, M. Thomson (Journal officiel, séance du Sénat, 22 mars 1907), ministre de la Marine, fît allusion à ce même livre devant le Parlement.
La loi d’hygiène de la marine marchande fut votée le 17 avril 1907, et une Commission au sein de laquelle je fus appelé à siéger, fut réunie auprès du ministère de la Marine afin d’élaborer les Règlements d’administration qui devaient accompagner la nouvelle loi.
L’hygiène de la Maripe du commerce vient donc à peine de naître, et c’est en quelque sorte à la codification de ses principes que j’ai consacré le premier volume du Traité d’hygiène maritime.
Certains esprits—par une généralisation un peu hâtive — ont pu croire qu’au point de vue de l’hygiène, nos navires de commerce relevaient de l’hygiène navale, c’est-à-dire de l’hygiène spéciale à nos navires de guerre. L’hygiène de notre marine marchande et celle de notre flotte militaire voisinent, certes, en plus d’un point, mais la seconde est loin de comprendre toute la première. Le marin de T Etat navigue en soldat et c’est en ouvrier que le marin du commerce s’em-
barque; la similitude du milieu n’entralne pas celle des conditions de travail, d’âge ou d’existence.
Le marin du commerce est un ouvrier, ai-je dit ; l’hygiène industrielle lui est-elle strictement applicable? Nous ferons à celle-ci de larges emprunts, elle nous inspirera souvent surtout en parlant des gens de la machine; toutefois — seule — elle ne peut fournir l’entière solution du problème ; Youvrier maritime relève tout ensemblé('de l’hygiène navale et de l’hygiène industrielle.
Etudier la vie du marin, son habitation, son travail, son régime alimentaire, son évolution dans un milieu spécial, l’organisation du service médical qui lui est accordé; étudier la vie de ce marin, non seulement dans la marine au long cours et à vapeur, mais encore à bord des voiliers, des navires de pêche et même sur la batellerie fluviale, telle a été le but du premier volume de Y Hygiène maritime.
Les rapports de la collectivité maritime avec la société — c’est-à-dire la défense et la police sanitaires maritimes qui en découlent — font l’objet du deuxième volume.