‹ Notice sur Ascanio, opéra de Camille Saint-SaënsChapitre 14 sur 22 · ACTE III i · texte numérisé non relu

ACTE III i

Le troisième acte se passe dans le jardin des Buis, à P'ontainebleau, où François I^"" donne une fête magnifique à l'empereur Charles-Quint, son hôte. Un grand ballet Toccupe presque en entier, précédé toutefois d'une scène que traversent quelques Motifs déjà connus et par conséquent dignes de mention.

La cour s'avance sur un pompeux unisson de quatuor; la phrase continue sa marche sans arrêt jusqu'au bout du premier chœur (p. 237-243) [213-219],

Allô maesloso. g^

^til ^'tM^ *

emplissant la scène d'un mouvement à la fuis noble et joyeux, tandis que trompettes et trombones sonnent leur larges accords sur le théâtre, et, par l'ensemble, évoquent la majesté de quelque page décorative de lUundel.

Dans le groupe des seigneurs espagnols, le Roi a reconnu Benvenuto ; il en fait l'observation à son hôte ; un débat courtois, mais empreint d'ironie, s'engage entre eux, exprimé musicalement par cette formule qui sert de pivot à la scène (p. 243-247)

(ij Voir les noies des pages 45, 56 et 51).

NOTICE SUR ASGANIO

[219-223], et qu'on regrette de ne pas voir empruntée à l'un des Motifs de l'ouvrage :

Maestoso.

(H. Cl. 1" Vns.)

Benvenuto y met fin en s'humiliant devant son ancien maître (p. 248 [224], m. 5). Le Thème du Trat^jî/ (M. II. a) dit pourquoi. Il voudrait achever de fondre la statue de Jupiter ; il demande trois jours pour mener à bien Tentreprise, trois jours (p. 249 et 250) [225 et 226], etTorchestre reproduit un fragment du Motif de Jupiter (M. VI II) sous ces deux formes :

iFl Clar.i

(1" Vns.l

JBL

SjC

64 NOTICE SUR ASCAXIO

C'est prendre par son faible le Roi qui lui promet, s'il réussit, « la faveur la plus haute » ; pendant qu'il s'agenouille pour baiser sa main (p. 251 [227], m. 6), flûte, hautbois et clarinette rappellent les deux Motifs de V Atelier (M. II. a et b).

Alors intervient la Duchesse qui porte un coup droit à son ennemi en demandant pour le vicomte d'Orbec la main de Colombe, dont le Motif (M. XI) résonne doucement sous l'archet des altos doublés par un cor ip. 252-253) [228-22Q]. « Et quand les mariez-vous?» interroge le Roi. « Demain! » répond la Duchesse. « Demain ! » soupire Benvenuto, « demain ! quand il me faut trois jours! » et le thème de la Passion (M.VII.c), rapide comme un éclair, semble justifier cette précipitation (p. 254 [230] m. I.)

Les Motifs de Jupiter et de Charles-Quint (M. VIII et M.R.V.) accompagnent le compliment de bienvenue adressé par François I" à l'Empereur (p. 254-230) [230-232]; enfin la phrase symphonique du début se développe de nouveau, ample et magnifique, avec toutes les forces de l'orchestre et des voix, pour célébrer la gloire des deux souverains, alors qu'ils prennent place dans la tribune où ils assistent au divertissement chorégraphique organisé en leur honneur.

Ce grand ballet, dont le librettiste a rédigé spirituellement le scénario en vieux français (i), recourant, comme il Ta dit, au « savoureux et naif langage du temps de la Renaissance » pour r « esbattement » du compositeur, montre l'évocation des dieux et déesses de l'Antiquité dont les artistes commençaient, au XVI* siècle, à remettre le culte en honneur dans leurs ouvrages.

Voici le titre des douze parties dont il se compose :

1. La Nymphe de Fontainebleau s'éveille et convie les divinités de rOlympe ;

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