‹ Notice sur Ascanio, opéra de Camille Saint-SaënsChapitre 8 sur 22 · PP · texte numérisé non relu

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NOTICE SUR ASGANIO

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La courte réponse de Colombe (p. 65, m. 8) éveille à l'orchestre une allusion au Motif de la Lettre (M. IV) sous la forme vague de rondes, tenues par le basson solo.

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iMais Ascanio se hâte d'ajouter qu'il aura été victime d'une plaisanterie, d' « un jeu d'atelier peut-être » (p. 65, m. 12) et le haut bois lui apporte, en effet, l'écho des deux Motifs de l'Atelier (M. II. a et b'. En outre, tandis que circule parmi les instruments la variante gaie du premier iMotif de Benvenuto uM.I.a), il lui annonce avec joie qu'ils seront « voisins tantôt », le Roi leur ayant concédé le Grand Nesle ip. 66, m. 8). La reprise du madrigal par les deux voix, avec un accompagnement léger et un peu agité, ramène au refrain (p. 70, m. i) une des variations du troisième iMotif d'A5CJ7zw (M.IILci,

Clar.

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lorsque la venue d'un mendiant, qui implore la charité, transforme le duo en trio. Le pauvre homme croit voir de jeunes mariés ; quand il apprend qu'ils ne sont « pas même fiancés », il s'en afflige, et, leur mettant la main dans la main, les bénit.

Episode inutile si l'on veut, quoique servant à dessiner d'un trait délicat le profil des deux amoureux, ce trio, du reste, est plein de grâce chaste, de tendresse respectueuse, de sensibilité émue ; au lieu d'un motif conducteur qui deviendrait superflu, puisqu'il s'agit d'un (( hors-d'œuvre », il offre simplement un thème qui lui sert de b^ise et en sauvegarde l'unité: thème d'autant plus digne d'être mentionné que l'harmonie en est curieuse et rare.

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jj (Hautb. solo.)

Comme récrivait Saint-Saëns à son collaborateur : « C'est une note que Gounod et Massenet ont déjà chantée; mais je crois qu'on la réentendra encore avec plaisir. » 11 ne s'est pas trompé. La complainte du mendiant, l'ensemble final avec sa phrase gracieuse qui sera exactement rappelée à la scène II du IV® acte (p. 77' m- 5)y

M. H. VI. — Les Fiançailles.

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tout le trio, en somme, constitue, au dire de M. Charles Gounod, « un petit chef-d'œuvre de candeur et de style ; il entoure les trois figures d'une véritable auréole de compassion (i) ».

Scène IV. — Tandis que le mendiant s'éloigne et que le ff joli couple du Bon Dieu » entre à rcglisc(p. 80, m. i) sur une variante, plus trouble et comme estompée par la distance du troisième Motif éWscanio (M.III.c),

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le prjvôt de Paris, d'Estourville, s'avance, suivi de quelques amis. Occupant le Petit Nesle, il se croit des droits au Grand et ne saurait admettre qu'on le cède à Benvenuto,

à cet aventurier,

Vn artisan, un... serrurier!

(i) La France, 2] mars iHyo.

et sa plainte ridicule, à laquelle le chœur répond en l'excitant davantage, s'exhale sur deux iMotifs :

Le premier, très rythmé, jaillit dès le début (p. 80, m. 14), passant de l'orchestre à la voix, et répond au caractère demi comique du personnage.

M. X. — Motif de d'Estourville.

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Le second est le Thème du Petit Xesle (M.IX.bi dont le sextolet s'est en quelque sorte desserré et aboutit ainsi à une formule d'accompagnement qui suit toute la scène (p. 80, m. 15) :

Allegro.

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Scène IV. — « Voilà l'envahisseur! » c'est-à-dire Benvenuto; souriant et narquois, il s'annonce par les deux Motifs de Y Atelier (M. II. a et b) qui s'entremêlent avec les deux Motifs précédents (p. 86, m. I et p. 87, m. 4) et deux autres, savoir : le

Thème du Mjîtrc i.M.I.a) qui, suivant le discours, prend unlour plaisant (p. 89, m. 3),

Allegro. ^ ,2d,. vns.)

ou sévère (p. 90, m. 3),

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et le Thème du Grand Xeslc iM.lX.a) qui reparait un instant, avant les mots : « Voici mon titre ! » (p. 88. m. S).

Allegro. (Vni.) ^ '

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Ce titre de propriété une fois remis cntrcles mains du Prévôt, Benvenuto salue et fait demi-tour, tandis que violoncelles et contre-basses battent ironiquement le rythme du iMotif de d'Eslourvilk (M.X.). La mauvaise humeur de ce dernier, ravivée par la reprise du chœur de ses compagnons, cesse avec l'arrivée de la duchesse d'iitampes, laquelle se présente masquée.

Scènes V et VI. — Deux de ses Motifs marquent son entrée

(p. 95, m. 5) : le Thème de la Passion, confié à la flûte solo (M.VII.C) et celui de la Fzer/é, confié à la seconde flûte (M.VlI.b), ainsi rythmé (p. 96, m. i).

AndaDlino.

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En quelques mots, la Duchesse congédie les assistants ; mais elle fronce le sourcil, lorsqu'elle voit que son amie Scozzone l'a suivie au lieu du rendez-vous. Son orgueil se révolte à la pensée qu'on a pu pénétrer ses projets ; déjà même elle frémit d'impatience, et le Thème de la Fierté (M.VII.b) subit une nouvelle déformation qui traduit avec vraisemblance cette sorte de fièvre (p. 97» m. 5).

Allegro, (irt vn».i

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Prudemment, elle Tinvitc a se taire, l'assurant d'ailleurs qu'elle n'en veut point à son « cher Florentin Cellini », ce qui ramène aux violoncelles (p. 98, m. 10) le Thème de la Fourberie (M.VII.b), pour indiquer la perfidie de ses intentions.

Scènes VII et VI II. — Ascanio paraît; il sort de l'cglisc en relisant cette lettre dont le Motif (M. IV) revient une dernière fois à l'orchestre (p. 100, m. i). Que l'aire ) La Duchesse l'attend, et ses projets semblent révélés par la clarinette qui reprend le frag-

ment mélodique à l'instant chanté par elle au sujet de ce « cher F^lorentin ». C'est Ascanio qu'elle vise en effet ; déjà même elle croit le tenir, lorsque surgit Benvenuto qui ne laisse à son élève ni le soin, ni le temps de répondre. A son tour, il interroge cette femme masquée dont il devine le nom : hardiment il s'élance pour défendre la faiblesse innocente contre la force perverse, et le Thème de V Affection (M.I.b), confié successivement aux premiers violons, au basson et à la clarinette, dit à quel sentiment obéit le maître lorsque, congédiant l'clcve, il reste seul avec la Duchesse.

Le duel s'engage, et Benvenuto en marque la première passe avec ces mots : « Il est deux nobles cœurs que j'aime, » phrase qui ne se retrouve plus ailleurs, mais dont les fragments et le rythme très marqué circulent à travers le présent duo (p. 1 03-1 12) :

Ail" mod".

On peut, du reste, regretter celte inutile dérogation au système (jusque-là assez rigoureusement suivi) du leitmotiv, alors que les Motifs de Benvenuto, d'Ascanio et de la Duchesse fournissaient des éléments tout aussi riches en leur essence, et beaucoup plus logiques en leur emploi. Heureusement reparaît dans la riposte de la Duchesse et dans la tin de la scène une sorte de dérivation ou déviation du Thème du Dévouement (M.I.c), comme pour montrer à quel péril s'expose Thumble mortel qui ose braver la maîtresse du Roi (p. 100, m. ()).

Mollo al!ej,'ro

Car il l'a reconnue sous son masque. Prévoyant déjà l'issue

fatale d'un tel caprice, il la somme de renoncer à l'amour d'Ascanio; tour à tour il implore et défie, mais le Thème de la Passion (M.VII.cj appuie la réponse de la Duchesse : « Jamais ! » (p. 113 [109], m. 3) ; un trait de violon (p. 113. [109], m, 7), qui reproduit la cadence chantée par elle au tableau précédent (M.R.IV) jaillit comme l'éclair d'une épée et marque la fin de rengagement. (( Je me vengerai ! » s'écrie la femme offensée, et clarinettes, bassons, violoncelles répètent le Thème de la Passion (M.VII.c) pour en expliquer la cause. Tandis qu'elle pénètre dans l'hôtel de Nesle, Scozzone s'approche de Benvenuto et l'avertit du danger que lui fait courir une pareille injure. « Qu'importe .^ » réplique-t-il bravement ip. 115 [ni], m. 7), et le Thème de V Affection (M.I.bi, soupiré par le cor, indique à quel mobile le maître obéit en se dévouant pour l'élève.

Scène IX. — Toute cette scène est particulièrement curieuse \ à noter, car à peine y trouverait-on deux mesures non formées d'un motif conducteur. Colombe sort de l'église; Benvenuto la suit du regard et demeure interdit. Voilà bien le modèle qu'il cherche pour son Hébé, et, très finement, le compositeur place ici non pas encore le Motif de Colombe, puisque l'artiste ignore le nom de la jeune fille, mais le Motif de la Beauté (M. VI), puisqu'elle représente à ses yeux le type rêvé. Ce thème si pur et si suave, écrit ici (p. iiô et 117) [112 et 113], non plus à trois, mais à quatre temps.

a, naturellement pour corollaire celui d'Hété lM.R.II), que les premiers violons glissent sous les paroles mêmes de Benvenuto (p. 117 [113], m. 8) : « Hébé, céleste llébé ! ».

En voyant d'Estourville venir chercher celle qu'il nomme à haute voix sa fille, le sculpteur songe à son travail (p. 118(114], m. 8), comme l'indique le retour des deux Motifs de V Atelier (M. II. a et bi, et à l'acte remis par lui au détenteur du Nesle. Le Motif de d'Estounnlle iM.X) prouve que le Prévôt a entendu l'interpellation (p. 119 [115), m. 3»; le Thème du Petit Nesle (M.IX.b) en précise même l'objet (p. 1 19 [i 1 5], m. 7), et, quand ce seigneur commet l'insolence d'oser déchirer un papier qui porte la signature royale, le Thème du Travail (M. II. a) reparaît au quatuor, menaçant d'abord ip. 120 [116], m. i\ mais aussitôt suivi par le Motif de la Beauté (M.\'Ii,car, au moment où Benvenuto tirait sa dague pour répondre à l'msulte, Colombe s'est jetée entre les combattants (p. 120 [116], m. 4). « Elle vous a sauvé tout simplement la vie,» s'écrie Benvenuto, et le Thème de V Affection (xM.I.b) qui s'enchaîne avec le Motif de fEstourville (M.X), souligne le défi réciproque qu'ils se lancent (p. 120 [116], m. I iV Scozzone a suivi des yeux toute la scène ; elle a deviné l'impression causée à son amant par la vue de cette jeune fille, et la douleur qu'elle en ressent donne naissance au quatrième des Motifs de Scozzone,

M. V. d. — Thème de la Souffrance.

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' (Vdi. et Allutj.

qui gémit sourdement, presque sinistrement, à ces mots : « 0 saignante blessure! » (121 [117], m. 7) et forme un douloureux contraste avec la scène suivante.

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