‹ Notice sur des plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 5 sur 8 · JETONS DE CORPORATIONS · texte numérisé non relu

JETONS DE CORPORATIONS

Ijf gende :

Charienif^ne debout, couveri d'une armur»; et du manteau impérial; il a la couronne en tête et tient l'épée nue de la main droite et le globe de la main gauche ; il porte , ce semble, un haut-de-chausses à crevées.

Entre double filet.

Revers :

Ecusson pointu chargé de trois tleurs de lis accompagnées en chef d'une main sortant d'un nuage et tenant un hvre, qui sont les armes de l'Université de Paris.

Légende entre double filet.

Trouvé au Pont-au-Change en 1853.

|je champ est rempli par deux personnages debout, la tèto nimbée; le premier parait rcvâtu des ornements royaux, li«nt le sceptre de la raain droite et de la gauche un objet diiîicile à déterminer, lequel pourrait être une palme.

Le second , qui porte les ornements pontificaux , bénit de la main droite et laisse voir danssa gauche un râteau ou un peigne de fer, qui désigne saint Biaise. Entre ces deux figures se trouvent deux fleurs de lis , l'une à la hauteur de la tète , l'autre près des genoux.

Au revers, une légende fruste.

Dans le champ , une équerre et une grande hache surmontée d'un marteau et soutenue d'un compas et d'une truelle. Une fleur de lis accompagne ces instruments et est placée entre les bras de l'équerre et le manche du marteau.

Ce plomb semble appartenir aux charpentiers couvreurs.

Deux personnages assis à côté l'un de l'autre; ils ont la télé couverte d'une couronne ; celui de gauche tient dans sa main un globe surmonté d'une croix. On pourrait y voir la réception de la Sainte Vierge dans le ciel.

Le revers porte deux poissons.

Ce plomb appartenait probablement à la corporation des marchands de poissons; il date de la fin du xiv* siècle.

Trouve au pont Saint-Michel en 1852.

La Viei^e et l'Enfant Jésus ayant tous deux la tête nimbée; mais l'Enfant porte le nimbe divin. A droite et à gauche sont deux arbrisseaux.

Au revers figurent trois épingles posées en pal.

Ce plomb est du xiv° siècle et semble avoir appartenu à la corporation des épingliers.

Trouve au poiil Saint-Michel en 1852.

Suint Honoré deboul, revêtu de ses omemeots pontificaux, lu tète entourée d'un double nimbe, coiffé de la mitre, tenant la crosse de la main gauche et un pain de la main droite.

Le champ est orné d'arabesques.

La communauté des boulangers, qui prenait la qualité de marchands talminiers, maîtres boulangers, est une des plus anciennes qui aient été établies dans la vill» et faubourgs de Paris en corps de Jurande.

Elle a eu longtemps une juridiction particulière, supprimée par cdit du mois d'août 1 7H .

Elle prétendait remonter à Charles VI et même à la minorité de saint Louis, Hugues d'Archies étant grand pannetier, mais ils ne purent présenter qu'un titre de l'année 1500, l" du règne de Charles IX.

Par leurs statuts, ils avaient six jurés , dont trois étaient élus cha<[uc année.

Le brevet coûtait six livres, et la maîtrise neuf cents livres.

1^ chapelle était à saint Honoré. Les patrons étaient saint Honoré et saint La7.arc.

Revers: Boulanger garnissant un four; sa pelle est chargée de deux pains; il est coiffé d'un buridan à plumes.

Le champ est également orné d'arabesques.

Ce jeton a été trouvé au ponl Saint-Michel.

Sainl Michel terrassant le diable sous la forme un peu confuse d'un dragon. Le saint a le front surmonté d'une petite croix, qui couvrait souvent le bandeau porté par les anges dans l'arl du xv" siècle.

Revers: Un écussôn aux armes de France surmonté d'une couronne.

Ce plomb, selon toute probabilité, est un jeton ayant appartenu à la corporation des pâtissiers, l'une des plus anciennes i|ui aient été établies à Paris. Elle existait déjà sous Philippe I", en 1060, et fut confirmée depuis par Philippe V, en 132t; par Charles VI, en 1330; par Charles VII, en 1400; par Charles VIII, en 1480.

C'est desstatuts de ce temps qu'ont été tirés lesxxxiv articles relatifs à la corporation donnés par Charles IX, en 15(î(i; confirmés par Henri III, en 1570; par Henri IV, en 1594 et lo98; par Unis XIII, en 1612; par Louis XIV, en IC53; et enfin par Louis XV, en 1723.

De la communauté des pâtissiers sont sortis les corps des marchands de vins, rôtisseurs, fruitiers, pains d'épiciers. Par les articles XXIV, xxv, xxvide leurs statuts, ils avaient exclusivement le droit de vendre: pâtisserie, volaille, viande, gibier, fruits divers, pain d'épicc et vins de toutes qualités, tant à asseoir qu'en pot et détail.

Ixs pâtissiers jouissuiciit ôgaleinoiit <lii liroit exclusif <U> fabriquer tout ce qui concerne les fers pour oublies, gaufres, cornets, sans omettre le plaisir des dames, en vertu de leurs titres.

Le bureau de la corporation des pâtissiers était situé rue de la Pelleterie, et elle avait pour patron saint Michel, dont lu confrérie était érigée en la chapelle royale de Saint-Michel, ancien enclos du Palais. Les maîtres (lâtissiers étaient en poss(!ssion du chœur, dès avant le règne de Philippe IV, qui i-égnait en 1288. Lorsque cette chapelle fut tombée eu ruines . ils tinrent confrérie en la basse chapelle du Palais, où ils avaient un chapelain.

Le brevet de cette corporation coûtait vingt-cinq livres de ce temps-là, et la maîtrise douze cents livres.

Trouvé au pont Saint-Michel en 18^3.

Variété du plomb précédent.

Saint Michel debout, foulant auv pieds le démon; de la tuaiii droite, il lient une épée haute cl une balance, et de la main gauche une croi.\ longue.

Revers: Armes de France surmontées de la couronne royale et llan(|uéeH de deux fers à gaufres.

Trois alênes posées deux et un.

Aerers: Personnage debout, la tète nimbée , qu'un ange tient par la main ; un troisième personnage, qui semble nimbé aussi, est placé dans l'embrasure d'une porte défendue par deux tours. Serait-ce une représentation de saint Crépin et saint Crépinien ? En ce cas, nous aurions ici un jeton de la corporation des cordonniers.

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