‹ Notice sur divers manuscrits de la Bibliothèque vaticane: Richard leChapitre 6 sur 26 · LES OEUVRES DE RICHARD · texte numérisé non relu

LES OEUVRES DE RICHARD

chronique de Richard (l), il a mal interprété le passage consacré à notre auteur par la chronique de Cluny (2).

Le Beuf (3) n*a pas été mieux fondé lorsqu'il a publié, sous le nom de Richard, trois fragments relatifs au monastère delà Charité-sur-Loire. Il a trouvé ces fragments dans les écrits inédits d'un auteur français du quatorzième siècle. En tête de son œuvre, ce chroniqueur, dont le manuscrit était dans la Bibliothèque royale, a cité Richard au nombre de ceux auxquels il avait fait des emprunts; puis à Tannée 1216 il Ta de nouveau nommé: a Hucusque cronica Richardi monachi cluniacensis protenditur » et terminatur. » Comme le prieuré de la Charité-sur-Loire dépend de Cluny, Le Beuf en a conclu que les trois fragments en question venaient de Richard, avec lequel ils n'ont en réalité rien do commun.

Nous ne possédons plus les lettres de Richard, mentionnées par Trithème, qui lui-même n'avait pas vu le livre auquel il fait allusion; il n'y a donc rien à tirer de son assertion (4).

On a pu croire jusqu'à ces derniers temps qu'il en était de même de ses poésies. Il est vrai que Baie, dans son catalogue des écrivains anglais, a laissé, au nom de Richard, les titres et les vers initiaux d'un certain nombre de pièces ; mais aucune d'elles n'était connue. Voici les titres donnés par Baie :

Âccedunt quae carmina edidit.

De Cluniacensi monasterio carmen L Roma secunda yocor, meus est...

De Anglia et ejus laude car. 1, Anglia terra ferax et fertil...

De Londino et ejus laude car. L Ibis et in nostros dives Londo...

De transfiguratione Domini car, L Lsetatur hodie matris ecclesiae...

De Maria Magdaleria car. L

(1) Col. 1599 : « Ëgo contra sentio nullum opus singularc de historia suorum temporum a Richardo Cluniacensi scriptum esse : sed bis... expressionibus designari primam partem collectanei citati libris X comprebensam. »

(2) Biblioiheca Cluniacensis ^ col. 1652.

(3) Recueil de divers écrits, etc. Paris, 1738, tome I, page 376.

(4) Johannis Trithemii opéra historica, ex Bibliotheca Marquardi Freheri. Francof. 1601. De Scriptorihus eccksiasticis y p. 277. « ... nihil tamen eorum ad maniis nostras biicusque memini pervenisse. Epistolarum ad diverses lib. 1. »

Yoici comment l'Histoire littéraire a traduit ces derniers mots : « Ricbard, du fond de sa retraite, entretenait des correspondances avec diflférentes personnes de mérite répandues en France et ailleurs. Du temps de Tritbème on conservait un volume de lettres qu'il leur avait écrites. »

Cœlum cœlibes agit nuptias...

Epigrammata quœdam, Ub. h Usus ventilabri quid conférât..» (l).

Une de ces poésies («versus in laudem Anglise ») était mentionnée par le catalogue de la Bibliothèque cottonienne comme étant reproduite en tête du manuscrit Julius , A, VIII; mais le manuscrit ne contenant pas les autres, on en serait resté à les considérer comme disparues sans une publication faite il y a deux ans dans le Neues Archiv (2). M. Wattenbach imprima dans cette revue, d*après une copie faite en Angleterre sur un manuscrit dont la cote n'a malheureusement pas été relevée, les pièces dont on s'est servi au premier chapitre de cette étude. Le fascicule du Neues Archiv était à peine paru que M. Delisle signala ce groupe de poésies à TAcadémie des Inscriptions (séance du 25 août 1876), en établissant qu'une partie des vers dus à Richard et signalés par Baie venait d'être retrouvée. Tout s'accorde à confirmer cette opinion : l'assertion de Baie, la mention du catalogue anglais, le fait que Richard a souvent mélangé des vers à sa prose, et cet autre , que les vers retrouvés remontent au milieu du douzième siècle, et paraissent dus à un moine français en séjour dans une des maisons que Cluny possédait en Angleterre.

Voici l'analyse sommaire de ces pièces : la première raconte comment l'auteur passa la mer; dans la seconde il célèbre les louanges de l'Angleterre; dans la troisième celles de Londres; dans la quatrième il fait l'éloge de Henri de Winchester; dans la cinquième il répond en son nom, et au nom d'un compagnon de voyage, à la lettre d'un ami; dans la sixième il fête le retour d'un prélat qui pourrait bien être encore l'évêque de Winchester ; la septième enfin est écrite à un personnage qui était sur les rangs pour obtenir une chaire épiscopale ou une abbaye. Nous ne connaissons ni ce dernier personnage, ni celui auquel Richard transmet les salutations de son confrère (pièce V). Ces deux pièces sont des lettres, et il en est bien certainement de même pour les autres.

Les distiques de Richard ne sont pas des plus mauvais ; mais on doit lui reprocher d'être obscur et de trop rechercher les jeux de mots. On aura lieu de relever , en examinant sa chronique ,

(1) Scriptorum illustrium Majoris Brytanniœ quam nunc Angliam et Scotiam vocant, catalogus, auctore Joanne Baleo (Bâle, 1559). Centuria décima tertia. Ricardas Ciuniacensis, XIX.

(2) Neues Archiv , etc., 1876 , pages 600 à 604 : Verse aus England , von W. "Wattenbach.

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