LES ŒUVRES DE RIGHAED
Pendant la période sans doute fort longue qui s*étend de son voyage en Angleterre à sa mort, Richard a beaucoup travaillé. Il a laissé une chronique universelle qu'il paraît avoir deux fois remaniée, une courte chronique relative à TAunis, un catalogue des papes , enfin un certain nombre de poésies , dont les unes sont encadrées dans ses œuvres principales, tandis que les autres, qui semblent toutes dater de son séjour en Grande-Bretagne, forment un opuscule à part. Ces œuvres même ne sont pas les seules qui aient été connues sous son nom; on va voir que seules elles doivent lui être attribuées.
Les uns ont fait de Richard un théologien : Sixte de Sienne (1) a cru reconnaître en lui l'auteur de deux livres sur les contradictions apparentes de TAncien et du Nouveau Testament (2) ; mais le style et le fond de cet ouvrage démentent cette hypothèse, qu'aucune raison sérieuse ne soutient.
D'autres , avec Oudin (3) , lui ont fait honneur d'un écrit en vingt-quatre livres imprimé parmi les œuvres de Hugues de Saint- Victor (4). Cet écrit lui est absolument étranger, et Terreur de Casimir Oudin vient simplement de ce que ne connaissant pas la
(1) Bihliotheca Sancta, Cologne, 1576, in-folio, page 319.
(2) Bihliotheca Patrum^ Lyon, t. XII, p. 647-692 (Parmi les œuvres de saint Julien de Tolède) : « àvxixeijxévcûv, hoc est contrariorum sive conirapositorum in speciem utriusque testamenti locorum libri duo. »
(3) Casimir Oudin , Commentarius de scriptoribus ecclesiœ antiquis , tome II , p. 1597.
(4) Rouen, 1648 , tome II , p. 332 ; les dix premiers livres, sur lesquels repose Thypothèse de Casimir Oudin , sous le titre de Excerptiones priores ; le reste au tome I.