‹ Notice sur Jean Nicolas Barthélemi Gustave LevratChapitre 17 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lorsque je publiai, en 1854, une courte notice sur un voyage entomologique que je venais d'effectuer au Mont- Pilat, je ne crus pas devoir donner l’'énumération complète des espèces que j'y avais capturées.

Désireux de revoir plus dune fois les lieux qui m’avaient laissé d'agréables souvenirs, j’espérais y rencontrer de nouvelles richesses destinées à augmenter considérablement le catalogue de cette localité.

Depuis lors, six explorations que j'ai faites dans ces montagnes, en diverses années et à des époques variées, me mettent à même de faire une énumération moins incomplète, dont la rédaction m'a été rendue aussi plus facile et plus certaine par la bienveillance toujours inépuisable de quelques uns de mes collègues.

MM. Foupras, Claudius Rey, Muzsanr, PERROUD , GABILLOT, Penner, Boamour, ont souvent visité ces lieux et ont bien voulu me communiquer de précieux renseignements qui font tout le prix de ce travail.

Hélas! à ces noms affectionnés, pourquoi ne puis-je joindre un nom (le plus, celui d’un ami qui, deux fois, fut mon compagnon de voyage ?

Quand, joyeux, je parcours les montagnes du Pilat , jetant aux échos ma bruyante ritournelle d’écolier en vacances, ilest un lieu sauvage où ému je n'arrête; alors ma chanson devient prière. Là, Pedre Onmancey et moi nous faisions autrefois une halte au bord du torrent pour y causer les

“auseries du cœur.

Aujourd’hui la tombe nous sépare !

Je n’ai point la prétention de donner ici un catalogue complet de tous les Coléoptères que l’on peut récolter à Pilat; sans doute, malgré nos minutieuses recherches , bon nombre d’espèces rares y restent encore ignorées.

En livrant au vent de la publicité ces quelques pages remplies de noms d'insectes, je n'ai qu'un but, celui d’inspirer aux naturalistes qui les liront le désir de visiter ces lieux , afin d'y faire quelques intéressantes captures.

Je n’estimerai heureux si, répondant à mon appel, ils peuvent un jour, en parcourant leurs collections, lire quelques mots de plus à ce vrai journal de la vie entomologique, à ce journal de chaque jour dont on avoue toutes les pages, el” dans lequel s'inscrivent, date pour date, en hiéroglyphes de perles et de pierreries échappées de l’écrin de Dieu même, les plus purs de nos souvenirs, les plus douces de nos amitiés.

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