‹ Notice sur Jean Vauquelain de Dieppe [microforme]Chapitre 1 sur 7 · RIT CR AI · texte numérisé non relu

RIT CR AI

E 23 juin 1885, La Presse, de Montréal, a publié un long article de M. Faucher de Saint-Maurice, député au Parlement, sur Jean Vauquelain, de Dieppe, capitaine de vaisseau. Mon ami, M. Benjamin Sulte, s'est empressé de me

4] l'envoyer, sachant bien qu'il me

ferait le ile hand plaisir.

J'en aurais désiré la réimpression intégrale, mais le règlement de notre Société ne l'a pas permis. Par bonheur, il est avec les règlements, comme avec le ciel, des

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accommodements. Au lieu de publier ce travail in-ex- | tenso, j'en donnerai tantôt des résumés, tantôt des ex- | traits, étant bien entendu d’ailleurs que tout, sauf une (| ou deux réflexions, vient de M. Faucher de Saint-Mau- (| rice.

| Dans l’œuvre de M. Faucher de Saint-Maurice, comme | dans toute la littérature franco-canadienne, on sent un || souffle patriotique, un amour, un culte de la France qui m'émeut profondément.

Nous avons abandonné les Franco-Canadiens malgré | leurs efforts héroïques pour rester Français. Ils ne de- | mandent pas aujourd’hui à nous revenir. Cependant ils conservent toujours, pieusement, jalousement, notre langue, notre littérature, nos mœurs, nos croyances ; la France est toujours leur patrie, la terre sainte que tous désirent fouler au moins une fois en leur vie.

Prêtez l'oreille aux accords harmonieux de la lyre de | Louis Fréchette, aux mâles accents de Benjamin Sulte, | aux captivants récits de Faucher de Saint-Maurice; ou- | vrez Garneau, Chauveau, Joseph Tessé, tous, tous sans | exception, poètes, historiens, journalistes, orateurs, chantent et glorifient la France.

Pénétrez dans les profondeurs des couches sociales, sur toutes les lèvres vous entendrez vibrer le nom vénéré de la France.

« Et si quelqu'un veut savoir maintenant jusqu’à quel » point nous sommes Français », s'écriait le regretté O. Dunn, le 14 octobre 1870, « je lui dirai : Allez dans

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les villes, allez dans les campagnes, adressez-vous au plus humble d’entre nous, et racontez-lui les péripéties de cette lutte gigantesque qui fixel’attention du monde; annoncez-lui que la France a été vaincue, puis mettez la main sur sa poitrine, et dites-moi ce qui peut faire battre son cœur aussi fort, si ce n’est l'amour de la patrie.

» Oui, la France est encore notre patrie. Nous le sentons vivement aujourd’hui qu'elle traverse la plus terrible des épreuves. Vraiment nous ignorions peut-être nous-mêmes la force de notre affection pour la France, et nous ne savions pas que ses défaites pourraient nous attrister à ce point, on dirait que chaque revers de ses armes nous atteint dans nos personnes ; ses douleurs sont nos douleurs, et Dieu sait avec quelle impatience nous attendons le jour de son triomphe pour chanter l'hymne d’allégresse, jour qui, certainement, je le crois pour ma part, luira bientôt, quelles que soient les apparences du moment » !.

Ces sentiments, qui font autant d'honneur à la Nou-

velle-France qu’à la France, ont dicté à M. Faucher de Saint-Maurice la biographie de Jean Vauquelain.

Dans l’un de ses voyages en France, M. Faucher de

Saint-Maurice a mis la main sur un ouvrage contenant des renseignements sur l'officier qui commandait l’Ata-

1 Pourquoi nous sommes Français, discours prononcé à Saint-

Césaire, sur la Yamaska, le 14 octobre 1870; réimpression de La Presse, de Montréal, du 23 juin 1885.

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