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sans borne, aux calomnies et aux humiliations qui le suivirent pendant sa trop courte carrière.
» Au physique Vauquelain était fort bel homme, son œil reflétait Ja douceur et la fermeté. Il avait une figure et une tenue fort agréables, et joignait un courage indomptable à une grande modestie. Ses connaissances nautiques étaient craintes, admirées par ses ennemis, reconnues et admises par toute la marine française.
» Voilà en quelques lignes le portrait de cet homme qui fait dire à notre grand historien Garneau :
« Mon vieil aïeul, courbé par l’âge, assis sur la galerie » de sa longue maison blanche, perchée au sommet de la » butte qui domine la vieille église de Saint-Augustin, » nous montrait de sa main tremblante le théâtre du » combat naval de l’Afalante avec plusieurs vaisseaux » anglais, combat dont il aurait été témoin dans son
° » enfance. »
» Ce nom obscur de Vauquelain ne serait-il pas le point de départ de la volonté et des grandes pensées que Garneau a consacrées toute sa vie à l’histoire de son pays »?
En 1775, Marie-Antoinette, alors dans toute sa gloire,
assistait à la première communion de Meudon; une jeune
fille lui présente un bouquet de fleurs blanches et lui récite un compliment. La reine, charmée, lui demande ce qu'elle peut faire pour elle.
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« J'ose demander à votre Majesté », répond Elisabeth Vauquelain, « qu’elle fasse rendre justice à la mémoire de mon grand-père ».
La reine l’embrasse, lui promet de s'occuper de son affaire et tient parole. Quelques jours après, la fausseté des accusations portées contre Jean Vauquelain fut reconnue.
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« Le roi Louis XVI se fit présenter son fils et, lui annonçant ce résultat, lui dit qu’il se souviendrait des services de son père. Vauquelain lui remit un exemplaire de son « mémoire sur la géographie de l'Afrique ». Quelques mois après, le roi lui confia une mission très difficile au Maroc, et il s’en acquitta de la manière la plus satisfaisante. En 1777, la France ayant résolu d'ouvrir des relations suivies avec l’Extrème-Orient, le roi le nomma son consul en Chine. M. Vauquelin obtint un exequatur de l'empereur Kian-Loung, qui régnait alors. Ce fait depuis ne s’est jamais reproduit. M. Vauquelain a rendu de très grands services et a laissé de très beaux souvenirs en Chine, dans ce mystérieux et riche pays où notre mèrepatrie promène en ce moment, haut et fier, le drapeau tricolore.
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« Voilà en peu de mots, dit encore M. Faucher de Saint- Maurice, ce que j'ai pu recueillir sur la vie de ce grand , oublié de notre histoire. Pour vous bien faire comprendre cette existence qui fut presque tout entière consacrée au
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service de notre pays, j'ai dû recourir aux mémoires, aux archives, aux lettres du siècle dernier. En réunissant ces restes épars, j'ose espérer avoir réussi à faire revivre cette énergique figure de Vauquelain, qui, devant son génie de marin, voyait s’incliner sans réplique Anglais comme Français ».
Nous ne pouvons mieux terminer qu'en reproduisant les dernières phrases de notre auteur.
« Le Nil garde encore l'écho des joyeux chants de rame de nos voyageurs, et, de nos jours, ne comptonsnous pas parmi les nôtres des pilotins, des pilotes, des capitaines au long cours qui sont considérés comme comptant parmi les premiers marins du monde ? Les amiraux Commerell, McClintock, Galibert, Thomasset, Haligon, de Freycinet, le vice-amiral Peyron, ministre de la marine de France, se sont plû à le répéter maintes fois à ceux qui recevaient en rade de Québec l'hospitalité de leur bord.
» Personne de nous ne s’étonuait de l’unanimité de ces officiers généraux à ce propos, car tous nous nous rappelions que les ancêtres de nos matelots, de nos pilotes et de rs capitaines au long cours servaient autrefois sous des commandants dont le type se personnifie tout entier dans le mâle caractère de Vauquelain, le héros de Louisbourg et de la Pointe-aux-Trembles.
» La mer est ingrate, me direz-vous? La fin prématurée
du capitaine de l’Afalante en est une preuve.-A quoi bon encourager pareille carrière?
» Eh! je connais les marins et je les sais par cœur. Si Vauquelain eût vécu, il aurait répondu ce que disait en pareil cas un vice-amiral de France :
» — Je suis loin de me plaindre de la Providence. Si j'avais à recommencer une nouvelle existence, je ne choisirais pas une autre profession que celle de la mer. J'ai toujours aimé la marine pour elle-même, et je ne puis revoir la mer sans la saluer avec une sorte de respect. C'est à la mer que j'ai dû mes premières émotions, c’est elle qui m’a fait homme, qui m'a nourri, qui console encore mes vieux jours par les souvenirs qu’elle m'a laissés et qu’elle m’a permis de laisser à ma patrie ».
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