VOUS
n'avez qu’à monter le déclouer. Mon devoir de français est non pas de l’amener, mais de faire amener ceux des ennemis de mon pays.
» L'officier qui venait d’amariner l’Afalante fit alors embarquer Vauquelain dans sa b:'einière, envoya mettre à terre les blessés, et monta lui-même déclouer le drapeau de France.
» La frégate française n'avait que 16 canons; le vaisseau anglais en portait 40, et le combat qu'il eut à soutenir avec l’Atalante fut si rude qu'il sombra le lendemain. Outre le Leostoff, capitaine Deane, Vauquelain ce jour-là avait eu mailles à découdre avec le Vanguard, commodore Swanton, et la Diane, capitaine Schomberg.
» Le commodore Swanton reçut Vauquelain à Québec, en héros.
» Je suis tellement émerveillé de votre défense, lui disait ce brave officier supérieur, que je vous prie de me demander, sans contrainte, ce qui peut vous être le plus agréable.
» Ce que je priserais par-dessus tout, a c'est ma liberté et la permission de rentrer en France ».
Et les documents anglais de l’époque ajcutent :
« L’amiral considérait si grandement cet officier, qu'il » donna l’ordre d’armer de suite un navire pour le mener » en Europe, avec ordre au capitaine d’ok'ir à Vauquelain » et de le débarquer dans le port français qui lui plairait. » 11 lui laissait de plus le choix à faire parmi les Fran=
» çais qu'il désirait voir rapatrier avec lui, sur ce » Vaisseau ».
M. Faucher de Saint-Maurice continue :
« Quelle différence entre cette conduite d’un ennemi loyal et la réception quelui fit, en France, son chef, le ministre de la marine!
» La duchesse de Mortemart ayant suivi Vauquelain depuis sa naissance et connaissant sa valeur, avaitrecommandé tout particulièrement son protégé à M. Berryer, secrétaire de la Marine.
» Celui-ci lui répondit eomme un sot et un maroufle qui sent l'escalier de service.
» — Madame, lui écrivait-il, je sais que Monsieur Vauquelain a servi le Roy avec un zèle etun courageextraordinaires. C’est un héros mais ce n’est pas un noble, et j’ai une foule de ‘ils de famille qui attendent après des promotions. Il appartenait autrefois à la marine marchande ; je lui conseille d'y retourner !.
» C'était ce mème Berryer qui recevait un jour de Bougainville cette bourrade.
» Bougainville Le suppli ‘it de faire un dernier et suprème effort pour sauver le Canada.
1 M. Faucher de Saint-Maurice le qualifie durement, mais avec : toute justice, Il mourut, dit Duclos, après avoir fait beaucoup mieux les affaires de la Pompadour que celles de l'Etat. Cet homme, qui prenait si fort à cœur les intérêts des nobles, était tout simplement fils d'un bourgeois. G. G.
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» — Et, Monsieur, lui ditle ministre impatienté, quand le feu est à la maison, on ne s'occupe pas des écuries. " » — On ne dira pas du moins que vous parlez comme un cheval, lui dit carrément Bougainville.
» Malgré les avis du ministre, Vauquelain obtenait, en 1763, un brevet de lieutenant de vaisseau. Le mémoire auquel j'emprunte ces dates ajoute :
« Une grande artie de la marine royale ne le vit pas >» sans peine élevé à ce grade, qui le mettait en rang de » parvenir dans les premiers postes.
» M. de Praslin, ministre de la marine, ayant besoin » d’un officier capable de s'acquitter d’une mission impor- » tante dans les grandes Indes, donna par éommission le » commandement d’un vaisseau desoixante canons à Vau- » quelain. Ce choix excita encore la jalousie de la marine » royale, qui opposa plusieurs obstacles à son départ. » Vauquelain en triompha et sortit de Rochefort pour se » rendre aux grandes Indes. Pendant la traversée, cet » officier de fortune essuya les plus grands désagréments » de la part des officiers de vaisseaux qu'il commandait. » Enfin, il arriva heureusement à Pondichéry, remplit » avec distinction sa mission et revint en France l’année » suivante.
» M. le duc de Praslin n’était plus alors ministre de la » marine, et celui qui lui avait succédé, faute de connaître » Vauquelain, ne put se garer des rapports de la calomnie.
» Dès que ce brave marin eût mis pied à terre, on lui » enjoignit de rester aux arrêts dans son appartement.
4 + PERD ra Emme
Surpris de cette punition, à proportion de l’applaudissement qu’il comptait recevoir pour s'être acquitté de sa commission avec succès, il eut recours dans sa triste position à la duchesse de Mortemart, digne héritière des vertus comme des terres des gouverneurs de Dieppe. » Les sollicitations de la duchesse dessillèrent les yeux du ministre. Après trois à quatre mois de détention, Vauquelain reçut l’ordre qui lui rendait sa liberté.
» Le premier usage qu’il crut devoir en faire, fut d'aller à Versailles rendre compte de sa traversée des ” 1des. » Mais avant de partir, la reconnaissance lui fit un devoir de saluer et de remercier plusieurs officiers de marine qui n’avaient pas rougi de le visiter dans sa disgrâce. Il sortit à cet effet, sur le soir, et fut trouvé mort le lendemain, percé de coups, sans qu’on ait connu
» les auteurs ».
Qu'il nous soit permis d'ajouter qu'on n’a jamais eu l’idée de faire des recherches sérieuses. En bonne conscience, sa majesté Louis XV pouvait-elle faire pendre, pour un simple roturier, « homme de rien », des « soutiens du trône », de prétendus descendants des Croisés ?
« Ainsi périt à 37 ans un homme qui aurait pu faire l'honneur de n'importe quelle marine. Il eut à lutter contre les préjugés de caste, et opposa toujours son dédain, sa force de caractère, ses états de service, son patriotisme
adisté de triste itière eppe.
yeux tion, té. ’aller des.
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ais eu consndre,
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