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poème des traces fréquentes de son enthousiasme politique ; Southey a trouvé moyen d'y placer réloge de La Fayette , celui de Bris-ot et celui de M""' Rolland ; dans les dernières éditions de son ouvrage, il a supprimé des traits et des pensées qui ne lui paraissaient plus de saison.
Le poète explique les motifs qui l'ont déterminé à composer un poème en l'honneur d'une ennemie et d'une victime de l'Angleterre ; il a voulu défendre une cause juste et sainte. « On
> prétend, dit-il dans sa préface , qu'une condi- » tion essentielle de l'épopée est que le sujet en » soit national ; je me suis mis en opposition » formelle avec cetfe règle , et j'ai choisi pour
> sujet de mon poème les revers des Anglais. Si
> parmi mes lecteurs il s'en trouvait d'enclins à
> faire des vœux pour une cause injuste, parce » que leur pays la défend , je déclare ne point » chercher l'approbation de ces hommes-là. » Southey va plus loin , car, en terminant son dernier livre , il souhaite à tous les peuples qui combattent pour la liberté , des succès semblables d ceux qu'obtint la Pucelle.
L'anJeur âupoimr kcroiquc s'est fidèlement attaché à l'histoire; quand il se permet de déplacer quelque événement , il en prévient son lec-
teur el lui en demande pardon. Le poète nous avertit qu'il n'a poitit voulu donner à son héroïne la passion de l'amour, mais les souvenirs d'une affeclion vaincue, traces vivantes de l'humaine faiblesse , non incompatibles avec la sainteté de son caractère. Les dix livres du poème embrassent les époques éconlées depuis le départ de Jeanne pour Chinon jusqu'au sacre de Charles Yll ; l'auteur s'est arrêté au courorinement du roi à Reims : il ^lait pénible pour un Anglais , ami de la justice *^ d'avoir à parler du procès et de la mort de Jeanne d'Arc. Toutefois la suppression du procès et de la triste fin de la Pucelle, rend l'œuvre de Soulhey fort incomplète. Le poème de Southey présente un vif intérêt par la variété des détails , la noblesse des sentiments, la ma'j-nificence des descriptions et la mâle vérité des caractères. L importance de l'ouvrage nous oblige d'en donner l'analyse.
Lorsque Jeanne alla trouver Baudricourt à Yaucouleurs , Dunois se trouvait chez le capitaine ; Baudricourt et Dunois écoulaient la jeune ' fille avec une grande curiosité. Jeanne paraissait avoir dix-huit ans environ , mais les fleurs de la jeunesse ne brillaient point sur son visage ; une sainte pâleur ajoutait à sa beauté un carac-
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tère qnî n*avait rien de terrestre. Jeanne part pour (Ihinon avec Danois. Ils gravissaient lentement le sentier sinueux de la montagne, s'arrètant par intervalles pour contempler les tours de Vaucouleurs qui. sombres et imposantes, s'élevaient au loin dans la plaine. La profonde Meuse roulait au-dessous d'eux ses eaux brillantes. Le soir, la vue des chaumières de Domremy rappelle aux voyageurs l'alignés les pensées du foyer domestique. La jeune fille jette de longs regards dans le vallon où elle a reçu le jour ; elle y attache ses yeux jusqu'au moment où les objets sont enveloppés dans de noires ombres. Dunois demande à la vierge comment la voloiité céieste s'est fait entendre à son ame pour la première f^i?. Le souvenir des choses pjjssées plaît à notre cxur, lui répond Jeanne, et la vierge raconte au jeune guerrier son enfance, ses habitudes , ses occupations rustiques à Domremy , sa tendresse pour sa compagne Madelon; elle raconte comment, dans une nuit d'orage, un soldat nommé Conrade vint frapper à la porte de la chaumière de son vieil ami Elinor, comment ce guerrier lui parla des invasions ennemies et des maux de la France; son esprit fut fortement frappé des paroles de Com'ade, et depuis lors elle rje rêva que guerre
et délivrance; elle entendait des voix étranges portées par le vent du soir , et durant le crépuscule elle voyait s'agiter dans l'air de bizarres et de confuses images. Les gens du village s'apercevaient de l'air préoccupé de Jeanne; son cher oncle Claude en était devenu triste : la vierge lui avait confié les pensées d'avenir qui brûlaient sa poilrine, mais elle savait que i'heure n'était pas encore venue. Jeanne dit qu'elle aimait à se promener seule dans les endroits les plus sombres de la forêt; elle y rêvait aux actions héroïques, et quelquefois remplie d'une espérance vague, elle se surprenait prêtant l'oreille au brait du vent. La vierge parle de la fontaine des Fées et du vieux' chêne autour duquel les esprits mystérieux faisaient leur ronde de minuit.
La Pucelle et son compagnon continuent leur route; après une longue marche, ils s'arrêtent dans une chaumière ; ils ont pour hôte un ancien soldat qui leur fait le récit de la bataille d'Azincourt et du siège de Rouen. Jeanne etDunois arriventà Chinon; le bâtard d'Orléans annonce au roi la mission de la Pucelle; Charles se montre d'abord incrédule et consent ensuite à mettre à l'épreuve la jeune inspirée. Les docteurs en théologie approuvent la mission de Jeanne.
Le poète met en scène un inconnu qui se présente devant le roi avec une figure menaçante, et lui reproche de lui avoir enlevé sa seule amie, sa chère Agnès ; cet inconnu, qui prédit à Jeanne des jours de malheurs et l'ingratitude du roi , c'est Conrade, le guerrier même qui était venu s'abriter , dans une nuit orageuse , autour du foyer d'Elinor à Domremy. Puis viennent les combats autour d'Orléans , qui prennent beaucoup de place dans le poème, et dont le récit se trouve interrompu par divers incidents ; Conrade signale sa bravoure à côté de la Pucelle ; un jeune guerrier appelé Théodore , et que le poète suppose avoir été aimé de Jeanne, tombe sous les murs d'Orléans; le jeune Théodore fait entendre en mourant de prophétiques et tristes paroles sur la jeune vierge qui , pour sauver la France , abandonne les joies de la vie et la vie elle-même. Les Anglais et les Bourguignons sont vaincus ; on brûle les morts ; Jeanne prononce leur oraison funèbre. Nous passons rapidement sur la bataille de Patay, sur un combat singulier entre Conrade et Talbot où les deux guerriers succombent. Après la bataille de Patay, le roi arrive ; on prend la route de Reims ; on y parvient sans tirer l'é-
pëe. La solennité du sacre est ainsi racontée : « La matinée était belle, lorsque la multitude réunie pour la brillante solennité , remplissait la ville de Reims de mouvement et de bruit. A travers les rues jonchées de fleurs et de branches de laurier , le cortège immense se rend dans le temple saint. On y voyait la foule des courtisans, et ceux qui dans Orléans soutinrent avec courage les travaux du siège
» Auprès du roi marchait la jeune fille envoyée par le ciel, et couverte de ses armes encore faussées par les coups de l'eanemi. Elle entra dans le temple en tenant haut sa bannière, et la planta sur l'autel : puis de sa main elle épancha sur la tète du monarque l'huile sainte, jadis apportée du ciel à Clovis par une blanche colombe (ainsi le dit la légende).
» Alors la Pncelle plaça sur le front de Charles la couronne de France; puis s'éloignant un peu, elle le contempla durant quek[ues instants, et dans le trouble de son admiration naïve elle se prit à pleurer.
» La multitude assemblée lui rendait témoignage par son religieux silence ; puis tout-àcoup semblable à la tempête et aux vents en fu-
Fie, mille clameurs se font entendre. Alors la vierge se lève pour prendre la parole; elle fait sisfiie de la main et tout rentre dans le calme.» Le poète fait prononcer à Jeanne un discours en présence de la mullitude assemblée; il met dans la bouche de la Pucelle ses opinions à lui , les doctrines qui, aux dernières années du dixhuitième siècle, retentissaient dans les tribunes de Londres et de Paris. L'envie de faire de la politique dans son poème , a jeté l'auteur dans d'étranges anachronismes et de bien singulières méprises , car les doctrines de la révolution française n'étaient guère favorables aux rois, et la Pucelle avait expiré sur un bûcher pour la cause du roi Charles.
L'analyse que nous venons de présenter a pu donner au lecteur une idée suffisante du poème; nous l'avons mis à même d'en apprécier la forme et le caractère. L'ouvrau;e de Southev révèle une imagination vigoureuse ; il est plein de nobles pensées , de sentiments généieux ; le récit est coloré, les peintures y sont d'une richesse rare. Le poème licroïque de Jeanne d'Arc mériterait d'être plus connu de notre public qu'il ne l'a été jusqu'à ce jour.
Un grand poète tragique d'Allemagne , dont
— 520 -« on a beaucoup parlé dans ces dernières années, a composé une pièce en cinq actes , intitulée la Pucelle d'Orléans. Cette tragédie n'est pas le meilleur ouvrage du poète allemand ; non seulement Schiller ne s'est pas beaucoup gêné avec l'histoire , mais encore il a multiplié les inconvenances dans son drame et n'a tenu aucun compte de la vérité des caractères ; toutefois il est assez intéressant de voir le nom de Schiller sur la liste des poêles de Jeanne d'Arc, et nous devons dire un mot de son œuvre. La pièce allemande débute par un prologue plus ou moins historique , destiné à servir d'introduction à la connaissance des personnages. Thibaut d'Arc, ses trois filles, Marguerite , Louise et Jeanne; Etienne j Claude-Marie etRaymondj leurs amoureux , ei Bertrand j paysan du village , figurent seuls dans le prologue. Jeanne , par ses habitudes de rêverie, éveille la sollicitude inquiète de son père. « Te voici dans ton printemps, lui
> dit-il, cette saison de l'espérance ; ta beauté
> est dans sa fleur, et cependant j'attends tou- » jours en vain que celte fleur délicate dépouille » son calice pour se changer ensuite en des
> fleurs dorées ; oh î cela ne me plaît point et » me fait craindre une cruelle bizarrerie de la
— 3:>l — jialuie. « Jeauiie garde le silence ; elle ne n-poiid pas davantage à ses sœurs qui la pressent de consentir à la triple union que leur père désire. Le paysan Bertrand revient de la ville et donne de tristes nouvelles sur les atYaires du temps ; il apporte un casque qu'une femme in» connue lui a remis en chemin ; Jeanne prend le casque et en couvre sa tète ; Thibaud . sou père, en témoigne de la surprise , mais Raymond excuse la jeune lille : « Cet orneûient guerrier > lui sied bien , dit-il , car son sein renferme 3 une ame virile ; ce casque ne saurait orner uu » front plus noble que le sien. > Bertrand parle d'un chevalier nommé Baudricourt . qui vient de partir de \ aucouleurs pour conduire des secours au roi ; Baudricourt est suivi de près par un ennemi bien plus fort que lui. Jeanne laisse éclater alors son enthousiasme belliqueux: « Point de capitulation î s'écrie-t-elle , point de » traité ! le libérateur va venir ; il se prépare déjà » au combat ; devant Orléans échouera la for- » tune des ennemis.... Le Seigneur, le Dieu » des armées, choisira une tremblante créafurc, » il se glorifiera par une faible jeune fille, car il » est le Tout-Puissant. » Thibaut commence à croire qu'un esprit s'est emparé de son enfHiit.
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Jeanne reste seule sur la scène : a Adieu, mon- T> tagnes, dit-elle, et vous, prairies que j'aimais, » vallée tranquille et solitaire, adieu! vous ne me » verrez plus promener ici mes pas ; Jeanne vous
» dit un éternel adieu ainsi l'ordonne la
» voix qui s'est fait entendre à moi ; une passion
» qui n'a rien de terrestre me pousse le
» ciel m'a avertie par un signe ; c'est lui qui » m'envoie ce casque ; en le touchant , j'ai senti » une force divine , je me sens entraînée dans le » tumulte des armes ; j'entends qu'on m'appelle » au milieu des orages de la guerre , et le cour- » sier frappe la terre de son pied. » Tel est le prologue de la pièce.
Dans le premier acte , nous sommes à la cour de Charles YII ; des députés d'Orléans arrivent auprès du roi , et font connaître la situation désespérée de la ville. Bientôt de meilleures nouvelles arrivent à la cour ; La Hire annonce une victoire sur les Anglais , remportée par la Pucelle. Le roi veut voir la jeune vierge. Introduite à la cour , Jeanne déclare que sa mission est de délivrer la France. Le deuxième acte nous transporte dans le camp des Bourguignons et des Anglais ; Talbot et le duc de Bourgogne s'accusent l'un l'autre de la défaite qu'ils viennent d'es-
suyer. Orléans est délivré par la Pucelle. Le poète montre la reine Isabelle dans le camp des Anglais , ce qui peut surprendre le spectateur ; la présence d'Isabelle dans le camp donne lieu à une scène d'une rare inconvenance. Jeanne, suivie des guerriers français^ arrive avec ses bannières ; elle pénètre dans le camp , et de tous côtés le combat s'engage. Le deuxième acte se termine par une scène dont l'idée est empruntée à Shakespeare ; c'est celle où la Pucelle presse le duc de Bourgogne de se rallier à la cause de la France et du roi. Le commencement du troisième acte se passe à Ghâloas-sur-Marne , dans le palais du roi ; Dunois et La Hire causent de leur amour pour la Pucelle ; ils sont interrompus par l'arrivée de Charles , d'Agnès , de l'archevêque de Reims et du duc de Bourgogne ; on assiste à de fades entretiens de galanterie entre le roi , Agnès et le duc de Bourgogne, en présence de l'archevêque de Reims. Agnès demande à Jeanne un oracle consolant, « L'Esprit » saint , lui répond la vierge , ne me révèle que ;)- le sort des empires ; les révolutions de ton sort » se passeront dans ton propre cœur. » Tous les personnages, môme l'archevêque dePieims, invitent Jeanne à se choisir un époux; la Pucelle
ivpoiid qu'elle ignore quel sera à cet égard Tordre de rivsprit saint, mais elle veut d'abord achever sa mission. La scène change : l'ennemi se présente, et .leanne ajoute à sa gloire de nouveaux triomphes. Elle se trouve en présence d'un guerrier mystérieux , nommé le Chevalier noir, qui arrive là on ne sait pourquoi , et qui disparaît bientôt. La Pucelle tire ensuite l'épée avec un guerrier ennemi devant qui tout à coup elle s'anele, lorsqu'elle le reconnaît : cet ennemi est Lionel , Jeanne l'aime de l'amour le plus violent. Cette passion pour Lionel , qui n'est fondée sur aucune vraisemblance et n'inspire aucun intérêt, gâte tout le quatrième acte. On est à Reims, on prépare tout pour la cérémonie ; le roi veut que Jeanne marche devant lui, avec cette bannière qui l'a conduite à la victoire ; Jeanne refuse de porter la bannière, parce qu'elle nourrit dans le CAVUv un amour criminel. Klle consent enfin à paraître avec son étendard à la cérémonie; mais soj) visage est pale et troublé , sa démarche est Uial assurée. La famille de la Pucelle est venue à Reims poiu être témoindela solennité. En sortant de l'église , Jeanne voit ses deux sœurs et se jette dans leurs bras. « C'est vous que j'embrasse, leur » dit-elle , ma chère Louise , ma chère Margue-
!> rite; dans cette foule étrangère, vaste désert » d'hommes , je sens dans mes bras un sein fra- » ternel. » Jeanne témoigne à ses sœurs le désir de retourner îivec elles à Domremy. g Je veux, dit- » elle, redevenir une bergère; je vous servirai » comme une humble seiTante , et j'expierai par » une sévère pénitence le crime de m'ètre vai- » nement élevée au-dessus de vous. » Le poète suppose que le père de Jeanne croit sa fdle magicienne ; violant toutes les convenances morales, il présente Thibaud comme accusateur de sa fdle devant le roi ; Jeanne ne répond point aux questions que lui adresse son père sur la nature de ses révélations, et celui-ci en conclut que sa fdle a vendu son ame à l'ennemi des hommes, l^ans le cinquième acte, la Pucelle, réputée pour magicienne , est allée se cacher dans les profondeurs d'une forêt ; elle a pour compagnon de fuite Raymond , à qui elle déclare qu'elle n'a jamais eu ni liaison ni pacte avec les esprits de l'abîme. La reine Isabelle , à la tête d'une troupe de soldats , fait la Pucelle prisonnière. Dans la dernière scène, Jeanne, qui a brisé les liens de sa captivité, reparait sur le champ de bataille; blessée mortellement, elle demande sa bannière et meurt enveloppée dans les plis de son éten-
dard , comme dans un linceul. Le roi ordonne que d'autres étendards soient apportés, et qu'on en couvre le corps de la Pucelle. Ainsi finit le drame. L'héroïque figure de Jeanne d'Arc avait frappé l'imaginaiion de Schiller ; on rencontre dans son œuvre plusieurs traits où se montre son génie poétique, mais on conviendra que l'auteur allemand a poussé beaucoup trop loin les licences du drame. Malgré de nombreux défauts, cette tragédie , qui fut représentée pour la première fois à Weimar en 1801, excita le plus vif enthousiasme ; le spectacle de l'héroïque jeune fille qui sauva l'indépendance de sa patrie , ne pouvait que remuer fortement à cette époque l'ame et l'imagination des Allemands. On trouva dans le drame de Schiller des hymnes belliqueux qui semblaient être faits pour réchauffer le patriotisme, et c'est à la situation politique de l'Allemagne qu'on peut attribuer surtout l'immense succès de la pièce.
Trois poètes de notre époque ont célébré Jeanne d'Arc ; on connaît la tragédie de M. d'Avrigny, celle de M. Soumet et la Messénienne de M. Casimir Delavigne ; ces trois ouvrages ont été jugés par le public, et nous pouvons nous dispenser de les analyser JWM, d'Avrigny, Soumet
et Casimir Delavigne ont vengé la mémoire de Jeanne d'Arc des mauvais vers de Chapelain et des honteuses attaques de Voltaire. On a souvent répété que la littérature française n'avait pas encore son poème épique ; Jeanne d'Arc est le plus beau sujet d'épopée , comme nous l'avons déjà remarqué, ou plutôt l'histoire de Jeanne d'Arc est une épopée toute faite , une épopée tombée du ciel ; mettez-y des vers comme en faisait Racine , et nous aurons un poème épique divin. Espérons qu'il sortira de la génération nouvelle un poète pour retracer la touchante et sublime vie de la Pucelle.
Cette Notice sur la Pucelle d'Orléans dépasse les bornes ordinaires d'une notice ; en prenant la plume , nous étions loin de penser que notre travail recevrait une aussi grande extension ; mais le charme véritable et le grand intérêt du sujet nous ont séduits et entraînés ; il nous a semblé que jusqu'ici la vie et le caractère de Jeanne d'Arc avaient été mal compris, mal appréciés, et, pour montrer la vierge guerrière sous un jour convenable, nous avons été obligés de multiplier les témoignages, les détails etles couleurs.