‹ Notice sur l'administration de l'iode par frictions et de l'application de ce médicament dans les scrophules et quelques maladies du système lymphatiqueChapitre 2 sur 2 · CE · texte numérisé non relu

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puisqu'il présente un moyen sûr et facile de se servir de ce

puissant remède, qui par là , est exempt he reproches

“qu'on a fait à son usage intérieur.

Dans un grand nombre de cas, cette nouvelle manière “suffira seule pour obtenir une guérison complette , et dans -ceux où elle ne seroit qu'imparfaite, on pourra la erminer par une moindre quantité d’iode donnée à l'intérieur.

Cependant je dois rapporter qu'une dame avoit employé cinq onces de la solution d’hydriodate de potasse ioduré , sans en obtenir d'autre effet qu'une diminution d'un des goitres les plus durs et les plus volumineux que j'aie vus : “lle avoit cessé le remède depuis six mois, Dans l’espace de six semaines, ce nouveau procédé a presque entièrement dissout le reste de la tumeur. Ce qui me prouve que dans certains Cas , Ces déux méthodes pourront être auxihaires J'une de l’autre.

Chez trois de ces malades , les tumeurs, kistes ou noyaux que je ne croyois pas pouvoir faire.disparoitre ont continué de se

dissoudre entièrement après qu'on eut cessé les frictions depuis

plusieurs jours.

Quoique je n'aie aperçu par ce nouveau procédé aucun

des symptômes facheux attribués à liode, j'ai suivi avec tous |

ces malades la même marche de prudence, et de défiance que lorsque je l'ai prescrit intérieurement, faisant suspendre des frictions aussitôt que l'action sur le goitre étoit bien prononcée, pour les reprendre huit jours après lorsque je supposois qu'elle commençoit à se ralentir, ignorant jusqu'à quel point la disparution trop prompte de tumeurs souvent aussi volumineuses et aussi anciennes, pourroit être nuisible , et voulant d'ailleurs éviter ces symptômes facheux que je crois être dus à une espèce de saluralion, où à une trop forte action sur les lymphatiques. S

J'ai apporté - chez chacun de ces malades, comme chez tous

(39 | ceux auxquels j'ai prescrit l’iode intérieurement, la plus grande importance au traitement local du goître, soit avant de prescrire ce remède , soit pendant son usage. :

Ce traitement local contribue puissamment à la guérison; ce sont sur-tout les sang-sues, quelques fois des fomentations émoilientes, qui me paroissent dans plusieurs cas, favoriser l'action de l'iode. J'en ai vu où le goître bien loin de se . ramollir, se durcissoit, et devenoit légèrement douloureux, :1l survenoit alors nécessairement de la gêne dans le cou : des sang-sues faisoient disparoitre cette irritation locale partculière à l'iode; ce qui jette quelque lumière sur sa manière d'agir, le goître se guérissoit ensuite facilement. Souvent aussi, j'ai vu l'iode ne produire aucun effet sensible sur le goitre, et quelques applications de sang-sués , déterminer assez rapidement la guérison.

Il ne sufht donc pas de prescrire ui manière banale l'icde dans le goître , les scrophules, ou telle autre lésion du système lymphatique, il y a d’autres indications à remplir pour obtenir tout le succès que l’on doit attendre d'un si grand remède,

La puissante action de l’iode sur le système absorbant,

m'a engagé à l’employer dans des cas de scrophules sans fièvre, c'est-à-dire dans ces cas d'engorgemens indolens des glandes du cou qui font la désolation des familles. .

Les succès que j'en ai obtenus ont surpassé mes espérances.

Je l'ai donné en solution à plus petite dose et avec les mêmes précautions que pour le goitre, mais comme dans ces

cas il y avoit une sorte de foiblesse qu'on retrouve chez un grand nombre de scrophuleux, je l'ai combiné avec des amers et quelque sirop aromatique; la marche de la guérison a été la mème que celle du goiire. Les tumeurs se sont détachées, sont devenues plus mobiles, plus petites, plus molles, mais l’engorgement du tissu cellulaire donnant a

toucher la sensation d’un kiste vide, a persisté assez long-

temps avant que des be entièrement. Entre quelques cas je citerai les deux suivants : Une jeune fille agée de dixsept ans pôrtoit depuis quinze mois sous l'angle de la màächoire, et le long du cou des paquets de glandes scrophuleuses, dont une d'elles, la plus basse restoit ulcérée. On avoit inutilement fait un grand nombre de remèdes; je prescrivis une solution d’'hydriodate de potasse ioduré, dans l’espace de six semaines toutes les glandes se sont dissipées suivant la marche que je viens d'indiquer, excepté celle qui étoit ulcérée. Une fistule pénétrant dans son centre a nécessité ‘un traitement chirurgical pour compléter la guérison.

Une autre jeune fille agée de quatorze ans portoit depuis six mois le long du cou un paquet de glandes engorgées; on avoit inutilement .fait tous les remèdes généraux et locaux indiqués en pareil cas ; dans l’espace d'un mois l'usage de la solution d’hydriodaie de potasse ioduré a suffh pour la guérir.

Il en est d’autres, où je n’ai obtenu aucun ini ni bon

ni mauvais, sans que j'aie pu soupçonner la cause d’une pareille différence. Même chose arrive pour le goitre.

J'ai connoissance de plusieurs cas où des préparations de liode prises à l’intérieur ont eu le plus grand succès dans certaines apparences des scrophules , telles que l’ophtalmie, etc. | |

J'ai employé dans les scrophules ma nouvelle méthode par frictions avec un succès presque égal à celui qu'on obtient par la solution saline. Cependant j'ai cru devoir donner la préférence à cette dernière, parce qu'à petites doses elle est éminemment tonique (1).

(1) J'essayai chez deux personnes de couvrir chez l'une un engorgement scrophuleux chez l'autre un goitre, avec un emplâtre ,

composé de quelques grains d'hydriodate de potasse mélé avee

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‘Un médicament qui manifeste une action si puissante sur le système lymphatique, n’aura-t-il pas des succès admirables lorsque son traitement sera alterné avec celui du mercure, ou lors que l'iode combiné avec ce métal sous forme d'iodure, ou d'hydriodate de mercure, sera administré dans les cas de syphilis combinée avec les scrophules, complication , malheureusement trop fréquente chiez la classe peu fortunée des grandes villes , où la débauche est le plus souvent réunie à la plus affreuse misère ? le mereure cesse alors d’être le spécifique d’une maladie dégénerée , et le traitement n'est plus que celui des symptômes, sans qu'aucun remède puisse atteindre le principe du mal.

Cette combinaison de l'iode et du mercure ne peut-elle pas aussi devenir la préparation la plus efficace dans ges cas, ou suivant le savant auteur des maladies de la peau le virus siphi= litique d’un des parens, peut développer les scrophules chez leurs enfans? (V. Abbert, Descript. des mal. de la peau, fol. 226).

Il existe une analogie très-remarquable par les conséquences pratiques qu'on en peut déduire, entre les lésions organiques - des ovaires, et celles dü corps thyroïde. Dans l'une et l’autre de ces lésions, une enveloppe commune renferme des kistes dont chacun présente une nature et des pro— ductions bien differentes: telles que des :concrétions osseuses ou cartilagineuses, des épanchemens gélatineux, quelques-uns sanguins , d’autres purement lymphatiques ou séreux ; ces derniers peuvent acquérir un volume considérable.

Ayant observé quelques goîtres, dans le nombre infini de ceux que j'ai soignés qui me sembloient être assez évidemment des kistes séreux et qui cependant avoient été

l'emplâtre de vigo et de mercure il survint une éruption de pustules

semblables à celles produites par la pommade d’Authenrieth, ce qui ma forcé de renoncer à son usage.

ve.

guéris ; 'calculant par-là l’action étonnante de ce reméde sur le système absorbant, j'ai raisoh d'espérer que l'iodé

sera employé un jour avec succès dans quelques-uns de pioy } q

ces cas d’hydropisie, soit générale soit enkistée, sans com

plication particulière , où l'indication ap est d'activer Pabsorption.

Que l’on se garde bien de croire cependant que je veuille faire de l'iode une panacée universelle , l'expérience de

deux années sur plus de deux cents malades m'a prouvé

que ce remède est un des stimulans les plus énergiques que nous connoissions du système lymphatique ; et la multiplicité des maladies dans lesquelles je l'ai proposé ; telles que dans le goitre, dans les scrophules, dans l’engorgement des glandes soit du sein, soit ailleurs, dans quelques dégénérescenses, ou complication de la maladie syphilitique, dans certaines affections de l’uterus , dans quelques cas d'hydropisie, soit générale , soit enkistée , etc. cette mul= tiplicité , dis-je, n’est qu'apparente, puisque toutes ces maladies ne sont que des lésions du même système. |

Tout est neuf sur ce sujet , le médicament, le choix de la préparation , la meilleure manière de s’en servir, son mode

d'action, les circonstances particulières du système, où générales ou locales, qui neutralisent ses effets , qui les rendent

si puissans, et celles où l’on doit s'en abstenir, il ouvre un

vaste champ aux recherches de la physiologie, et à celle de la

médecine-pratique ; mais je ne saurai trop répéter cet axiomé si connu de Boerrhave , at prudenter a prudente medico, si melhodum nescis , absline,

Comper , D. M.

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