‹ Notice sur l'appareil d'induction électrique de Ruhmkorff et les expériences que l'on peut faire avec cet instrument, par le Vte Th. Du MoncelChapitre 10 sur 11 · FT INSTRUCTIONS POUR LA MANIPULATION · texte numérisé non relu

FT INSTRUCTIONS POUR LA MANIPULATION

Règlement de V appareil. — Prendre pour rhéophores du courant induit des fils recouverts de gutta-percha de 1 mètre à I mètre 1/2 de longueur. — En faire autant, quand on veut réagir sur l’extra-courant. — Bien décaper les contacts de platine de l’interrupteur, en les frottant sur du papier à émeri très-fin. — Le marteau se démonte en retirant le Fil d’argent qui le tient à son support , et pour dégager l’enclume il suffit de dévisser la vis A (fig. 3) qui maintient son ressort collé sur la bande métallique communiquant au commutateur. — Éloigner le plus possible le marteau du fer électro-aimant, au moyen de la vis C. — Si l’étincelle de l’interrupteur est trop brillante , resserrer les vis de la planche qui sert de fond au support de l’appareil , et sur laquelle est placé le condensateur. — Éviter la rouille et la poussière. — Resserrer les vis des deux équerres du commutateur, si celui-ci est trop libre.

1° Inégal pouvoir calorifique des deux pôles du circuit.

(Masson, Neef, Despretz. )

Introduire dans les boutons d’attache du courant induit deux bouts de fil de fer assez gros. — Enrouler en spirale sur ces rhéophores d’autres bouts de (il de fer très-fin et bien décapé. — Présenter, à un millimètre environ l’une de

l'autre , les deux extrémités de ces petits fils de fer. — Tourner le commutateur. — On voit alors un des fils qui rougit et qui brûle , tandis que l'autre s'échauffe à peine. — Comme l'un des pôles du circuit induit (celui qui est à gauche de la bobine.' ) ne fournit pas de l'électricité de grande tension, on peut, sans inconvénient, prendre avec les doigts le fil de fer qui tient à ce pôle. Il n'en est plus de môme à l'autre pôle.

2° Provocation de Vètincelle de la part du circuit inducteur et au travers des vases de verre ou de porcelaine de la pile. — Deux expériences. (Th. du Moncel, Masson. ) „

1° Prendre le rhéophore de gutta-percha qui est en rapport avec le pôle extérieur du dreuit ( celui à droite de la bobine), l’approcher des lames conductrices du courant inducteur ou des vases extérieurs de la pile , et l'étincelle s'échangera avec lui, comme si on lui présentait l’autre rhéophore. — 2° Prendre le rhéophore en rapport avec le pôle intérieur du circuit (celui de gauche de la bobine) , l'approcher du fil de la bobine , et aussitôt l’étincelle sortira à travers la gomme laque qui recouvre ce fil.

3° Provocation de C étincelle de la part du pôle extérieur du circuit induit avec un conducteur isolé du circuit.

Présenter successivement aux deux pôles du circuit induit un bout de fil recouvert de gutta-percha et entièrement libre, on verra alors l'étincelle s'échanger entre le pôle de droite et ce fil, tandis que rien de semblable n'aura lieu à l'autre pôle.

1. Nous entendons, par gauche et droite de la bobine, la gauche et la droite d’un personnage couché sur cette bobine en regardant l’interrupteur.

NOTICE

ï° Augmentation üe l'étincelle électrique par l'interposition de condensateurs supplémentaires. (Masson, Grove.)

Prendre un condensateur en verre, soit bouteille de Leyde, soit jarre, soit condensateur carré, pourvu que le verre ne soit pas trop épais , le placer ou non sur un support isolant, et en faire communiquer les deux armures avec les pôles du circuit induit. — Faire communiquer ces mêmes armures avec les deux branches d’un excitateur à support isolant, et l’on observe entre les boules de cet excitateur, si l’espace qui les sépare offre une résistance moindre que le ' fil du circuit induit, une étincelle volumineuse très-blanche et très-énergique. — Proportionner la grandeur du condensateur au nombre d'éléments de pile employés. — On peut encore augmenter, mais plus faiblement , l’énergie du courant induit en ajoutant un deuxième condensateur au courant inducteur. — Il suffit, pour cela, d’établir une communication entre les armures de ce condensateur et les deux boutons d’attache de l’extra-courant.

5 ° Augmentation de C étincelle par C interruption du courant inducteur entre tes pâles d’un fort électro-aimant .

(M. Ryke.)

Retirer le marteau de l’interrupteur; — Prendre les rhéophores de l’extra-courant, et interrompre, à la main, le courant inducteur entre les deux pôles de l’électroaimant de Ruhmkorff, dans l’appareil pour la polarisation magnétique de M. Faraday. — On trouve alors une augmentation considérable de tension dans l’étincelle échangée de la part du circuit induit. Du reste , cette augmentation vient en partie de ce que le courant inducteur est interrompu plus lentement qu’avec le mécanisme vibrant.

6 ° Augmentation de ï étincelle par la réunion de plusieurs

SDH LA MACHINE DE KUHMKORFF. 133

appareils d'induction . — Trois expériences. ( MM. Ruhmkorff, Masson, Qdet. )

1 ° Réunir les circuits inducteurs de deux appareils par un fil reliant les colonnes CC' (fig. 6). — Poser une barre de fer sur les bouts de fer qui dépassent les bobines du côté du commutateur. — Enlever le marteau interrupteur d’un des appareils. — Mettre le bouton d’attache A de l’extra-courant du premier appareil en rapport avec l’un des pôles de la pile. — Unir le bouton d’attache B' du deuxième appareil à l’autre pôle de la pile. — Attacher les rhéophores du circuit induit, l’un à la colonne E du premier appareil , l’autre à la colonne V du deuxième appareil. — On a alors une étincelle énergique , ayant une égale tension à ses deux pôles, c’est-à-dire que , dans ce cas, les deux rhéophores peuvent fournir une étincelle à distance , en la provoquant avec un conducteur isolé du circuit. — Inutile de dire que, dans cette expérience , les commutateurs des deux appareils n’ayant aucune fonction à remplir, ne doivent être inclinés ni d’un côté ni de l’autre.

2° Adapter à chacun des deux appareils une pile particulière, réunir le pôle intérieur (de gauche) du premier appareil au pôle extérieur (de droite) du deuxième appareil, et placer les rhéophores aux deux pôles restants. — On a alors un courant induit d’une excessive tension, puisqu’il résulte d’un accouplement en tension*

3° Réunir ensemble, avec la disposition précédente, les deux pôles extérieurs et les deux pôles intérieurs, et l’on a un courant induit de quantité.

7 ° Insufflation de l'étincelle échangée entre deux fl Is métalliques : i° avec un soufflet : 2° avec le souffle. — Trois expériences. (Tii. du Moncel. )

Adapter aux deux pôles de l’appareil deux petits bouts

NOTICE

de fil métallique très-fort que Ton recourbe pour que leurs extrémités ne soient éloignées l’une de l’autre que d'un demi-centimètre. — Appuyer solidement un soufflet sur la table où est placé l’appareil , souffler sur l’étincelle le plus près et le plus fort possible ; on voit alors une large nappe de lumière violette projetée derrière les traits de feu et sillonnée de petites éclairs en zigzags. Si on souffle légèrement, l’atmosphère qui entoure les traits de feu de l’étincelle est seule projetée et ne présente pas de zigzags de feu.

L’expérience de l’ insufflation, quand les rhéophores sont des liquides, est suffisamment expliquée page 27.

8 ° Aspect de L' étincelle au milieu de la flamme d'une bougie. — Sa courbure quand elle est échangée dans le voisinage de celle flamme . — Son allongement quand la flamme est interposée entre les deux rhéophores. — Trois expériences. (Th. dcj Moncbl, Grove.)

Adapter aux pôles de l’appareil deux fils de fer d’assez grosse section pour pouvoir se soutenir eux-mômes. — Les recourber de manière à ce que les deux bouts soient à la hauteur de la flamme de la bougie et que l’étincelle puisse s’échanger dans la partie obscure de la flamme ; on voit alors un globe de feu blanc traversé de temps à autre par des traits de lumière bleue. — Pour suivre la courbure de l’étincelle échangée dans le voisinage de la flamme, il suffit simplement d’écarter la bougie, de manière à laisser les rhéophores au dehors de la flamme. — Pour que l’expérience soit plus visible, il faut régler la hauteur de l’étincelle de manière à ce que sa courbure se fasse au travers de la partie bleue de la flamme, comme on le voit dans la fig. 11. Pour la troisième expérience, il suffit de tenir à la main les deux rhéophores, et d’interposer la flamme entre les extré-

SUH LA MACHINE UE KUHMKORFF.

mités du ül d'où Fétincelle doit jaillir. On s’assure, en mesurant la distance d'explosion dans ce cas et en la comparant à la longueur de l’étincelle à l'air libre, que la llamme facilite considérablement la décharge.

9° Différents aspects de l'étincelle d' induction , suivant quelle est provoquée 1 ° sur des surfaces métalliques polies, oxydées, salies ou non polies ; 2 ° sur des surfaces liquides ; 3° sur des substances carbonisées. — Différence des effets lumineux aux deux pôles. — Cinq expériences . (TH. DIJ Moncel.)

1° Prendre une bande de cuivre légèrement oxydée ou bien salie avec de la poussière de la terre ou toute autre substance. — Placer l’un des rhéophores sous cette bande métallique et exciter l'étincelle avec l’autre rhéophore. On voit alors que l'étincelle présente un effet différent suivant la nature des pôles et tel qu’il est indiqué tig. 12. — Pour avoir de beaux anneaux colorés sur des surfaces polies, prendre des lames de plaqué d'argent, en mettre une en rapport avec l’un des rhéophores et approcher l’autre rhéophore de la plaque ;

2° Plonger dans l'eau , que l’on aura mise dans un verre, l'un des rhéophores, et exciter l'étincelle avec l’autre à une distance de 3 ou i millimètres. — Opérer la permutation des pôles, et on a successivement les aspects représentés flg. U;

3° Prendre deux morceaux de charbon de bois de chêne que l'on a enlevés encore rouges au foyer, les laisser refroidir, et enlever la légère couche de cendre qui s'est formée ; en les maintenant à une distance d’environ 2 millimètres l’un de l’autre, après les avoir mis en rapport avec les rhéophores, on voit un point de lumière rayonnante au pôle négatif et une lueur rouge au pôle positif. Pour obtenir

NOTICE

ce point de lumière électrique avec de la basane ou du liège, on trempe ces substances dans de l’acide sulfurique; quand elles sont noircies , on les met sécher pendant un ou deux jours. Alors en appuyant le rhéophore négatif sur ces substances ainsi carbonisées, et en excitant Tétincelle avec l’autre rhéophore , on obtient un point très-brillant de lumière électrique.

10° Expérience de M. E. Becquerel sur la recomposition des éléments de l'air sous l influence du courant induit.

Prendre un bout de tube dont on ferme les extrémités à la lampe, et à l’intérieur duquel on introduit deux bouts de fils de platine, fixer les extrémités de ces fils à environ 2 millimètres l’une de l’autre, et au bout d’un quart d’heure ou une demi-heure d’électrisation, suivant la capacité du tube, on voit celui-ci rempli de vapeurs rutilantes (fig. 16).

11° Formation de l'ozone par les cowants induits. — Deux expériences . (MM. E. Becquerel et Fremy.)

Suffisamment expliquées page 37.

12° Étincelles d'induction dans les liquides : 1° "dans les liquides mauvais conducteurs ; 2° dans les liquides bons conducteurs. — Quatre expériences. (MM. Masson, Grove, Quet, du Moncel. )

Suffisamment expliquées page 38 et suivantes.

13° Conductibilité propre de l'alcool (sans décomposition ) pour les courants induits. (Masson.)

Suffisamment expliquée page 43.

14° Manière de rendre les corps secs bons conducteurs y 1 °par

j plaques , 2° par les liquides conducteurs. - Deux expériences. (Th. du Moncel. ).

Attacher une plaque métallique à l’un des pôles de l’appareil et la laisser appuyer sur le plancher ou sur le corps à travers lequel on veut faire passer le courant. Appliquer sur ce même plancher ou sur ce corps, à une distance quelconque, une autre plaque métallique. Cette dernière plaque peut échanger l’étincelle avec le second rhéophore comme si le premier rhéophore eût été en communication directe avec cette plaque. Mômes effets en remplaçant les plaques par de petites flaques d’eau.

15° Danse de la limaille de cuivre entre deux lames de verre . — Ccharge d'une lame métallique également interposée entre deux lames de verre. — Deux expériences. (Th. du'Moncel.)

1° Munir chacune des deux lames de verre d’une feuille de papier d’étain, placer la limaille de cuivre entre les deux surfaces de verre, et séparer celles-ci en soulevant seulement d’un côté l’une des deux lames. Quand les deux feuilles métalliques sont en rapport avec les rhéophores, la limaille se met à danser entre les deux surfaces de verre, comme on le voit (fig. 25).

2° La disposition de l’expérience pour charger une lame métallique à travers deux lames de verre est indiquée fig. 24; les bandes noires représentent les lames métalliques, et celle qui est la plus étendue doit être en rapport avec le pôle extérieur du circuit induit devenu pôle négatif.

16° Pluie de feu entre deux lames de verre. — Rayonnement lumineux autour des lames métalliques apposées sur les verres. — Illumination des liquides conducteurs. —

NOTICE

Différence d'action îles deux pôles . — Quatre expériences.

(Tu. dd Moncel, Poggendokfp. )

Ces expériences, suffisamment décrites pages 4f>, 46 et suivantes, sont représentées fig. 26, 28 et *29. Dans la fig. *26, qui représente la pluie de feu, les raies noires représentent les lueurs bleues qui se trouvent entre les lames métalliques et les surfaces isolantes. La fig. 29 a été gravée en sens inverse de son apparence , c’est-à-dire que TJVI et l’aigrette devraient paraître lumineuses sur un fond noir.

17 ° Silhouettes et dessins illuminés sur des lames de verre.

— Trois expériences. (Th. du Moncel, Gassiot. )

1° Découper une silhouette en un dessin quelconque sur du papier d’étain, appliquer cette découpure sur une lame de verre posée sur une large plaque métallique, et mettre ces deux garnitures métalliques en rapport avec les pôles de l’appareil d’induction, de manière que la lame métallique la plus étendue communique au pôle négatif. Dans l’obscurité, ces découpures se détachent en noir sur un fond de lumière bleue, qui paraît rayonnante.

2° Souiller sur le verre autour de la découpure et on agrandit le champ de lumière.

3° Peindre une lettre ou un contour quelconque avec un pinceau humecté d’eau acidulée, appliquer sur cette lettre ou ce contour ainsi dessinée, le rhéophore positif de l’appareil ; mettre la plaque métallique en rapport avec le pôle négatif, et l’on obtient l’illumination du dessin reproduit qui se détache en lumière sur un fond noir.

Pour que les contours du dessin soient très-nets dans cette dernière expérience, il faut prendre plusieurs précautions: il faut d’abord que les contours soient très-déliés et écartés les uns des autres pour que la lumière, en rayonnant, ne les

confonde pas ensemble. En second lieu, il faut que ces contours eux-mêmes soient préalablement découpés avec du papier d'étain et substitués à la plaque métallique elle-même. Supposons qu'on veuille illuminer la lettre M, on découpera cette lettre sur du papier d'étain; on l'appliquera sur une planche de bois, et par-dessus on placera la lame de verre ; on calquera ensuite cette lettre sur cette lame de verre en la peignant avec de l'eau acidulée, puis on mettra le papier . d'étain et l’eau acidulée en rapport avec les pôles de l’appareil d'induction. La lettre M se détachera alors en lumière sur un fond noir avec des contours très-arrêtés.

18° Cascade de feu dans le vide. — Deux expériences. (AJ. Gassïot. )

Suffisamment décrites page 50, et représentées flg. 27.

19° Étincelle (T induction dans le vide . — Lumière rouge au pôle positif y lumière bleue au pôle négatif quand le courant n'a pas à vaincre de résistance. — Lumière bleue aux deux pôles quand on introduit dans le circuit une forte résistance . — Deux expériences. (Masson, Ruiim- KORFF.)

Suffisamment décrites pages 59 et 64.

20° Lumière rouge stratifiée quand le vide est fait sur des vapeurs combustibles , telles que vapeurs d'alcool , d'essence de térébenthine y de phosphore, etc. — Écartement et rapprochement des boules. — Expériences variées. (Grov e, Ruiijikorff, Qüet, Gaugain.)

Pour faire cette expérience avec la vapeur d’alcool ou d’essence de térébenthine, on fait d’abord le vide dans l’œuf électrique; quand il est à peu près fait, on ferme le robinet

NOTICE

(le ce récipient , on le dévisse de dessus la machine et on le place au-dessus du goulot d’une bouteille dans laquelle se trouve en très-petite quantité l’alcool ou l’essence. Pour que l’air n’entre pas en trop grande quantité, on a soin avant d’ouvrir le robinet de l’œuf , de serrer avec la main gauche sa garniture et le goulot de la bouteille ; on ouvre alors la communication entre l’œuf et la bouteille. Sous l’influence du vide, l’alcool ou l’essence se vaporise, et cette vapeur remplit le ballon ; on ferme de nouveau le robinet de l’œuf, et on replace celui-ci sur la machine pneumatique. Après avoir fait le vide jusqu’à 2 millimètres, et avoir mis en communication les deux garnitures de l’œuf avec les rhéophores du circuit induit , on voit immédiatement le phénomène se produire sous l’aspect de la fig. 31 ; toutefois, comme on l’a vu page 56 et suivantes, l’aspect du phénomène varie suivant le rapprochement des boules, suivant la forme et la grandeur de l’œuf, suivant l’état de propreté des boules, suivant que celles-ci sont vernies ou non vernies, suivant la perfection du vide, suivant la force de la pile ou la tension du courant induit, mais ces phénomènes doivent être vus dans une obscurité complète. Avec des boules vernies, un vide trèsbien fait, et une forte tension du courant, on peut obtenir des stratifications sans la présence d’aucune vapeur.

21° Lumière résultant du pôle extérieur du circuit induit.

— Manière de la diriger , de la courber . — Deux expériences. (Th. du Moncel, Masson.)

Pour que ces expériences présentent l’effet que nous avons représenté fig. 30, et surtout pour qu’il se produise des lueurs blafardes à l’intérieur du ballon, il faut que le vide ne soit pas trop parfait; la lumière paraît alors blanche dans l’obscurité complète. Quand le vide est trop bien fait, ou que la tension du courant est trop forte, le courant passe

de préférence par les deux boules en produisant le phénomène ordinaire de la lumière dans le vide, mais affaibli.

22° Illumination d'un fil de platine. — Double lumière stratifiée. — Extinction de ces lumières arec un vide plus perfectionne. — Deux expériences. (Th. dü Moncel. )

Prendre un tube d’eudiomètre, comme le représente la fig. 35, adapter d’un côté à ce tube de cuivre une tige de laiton surmontée d’une boule vernie, — de l’autre un fil de platine très-fin roulé en spirale et terminé par une boule, — faire le vide dans ce tube à 2 millimètres. On voit alors, quand le fil de platine est négatif, une triple lueur bleue couvrir entièrement ce fil, en suivre tous les contours, tandis qu’une lumière rouge ou blanche stratifiée sort de la boule positive. En perfectionnant le vide, une deuxième lumière rouge stratifiée semble ressortir des spires de l’hélice de platine, et avec un vide plus parfait encore ces deux lumières rouges, qui se sont réunies, disparaissent pour laisser la spirale noyée, pour ainsi dire, dans une lueur violette d’un aspect blafard. Il ne reste plus au pôle positif qu’un point de lumière blanche très-brillant, au-dessus duquel se voient parfois quelques petites stratifications blanchâtres ou verdâtres.

23° Lum ières symétriques aux deux pôles de l'œufi lorsque deux courants induits de sens contraire le traversent en même temps , ou qu'on interpose un condensateur dans le cireuit. — Deux expériences. (MM. Masson, Tii. dij Moncel, Gaugain. )

Suffisamment expliquées page 59.

24° Vaiïatiojis du mode de propagation des stratifications . — Trois expériences. (M. Gaugain.)

Suffisamment expliquées page 65.

NOTICK

25° Lumière résultant de l'étincelle condensée . — Sa blancheur dans le vide aux deux pôles du circuit. — Son aspect gazeux , etc. (MM. Drion, Ruhmkorff.)

Suffisamment expliquée page 58.

*26° Cristallisation du carbone dans le vide sous l'influence des courants d'induction. (Despretz.)

Voir page 69.

27° Étincelle d'induction dans le vide barométrique. — Deux expériences. (M. Masson.)

Pour obtenir des tubes fermés dans lesquels ce vide puisse être fait, M. Masson prend un tube de 1 mètre 20 centimètres de hauteur fermé à l’un de ses bouts et étanglé à environ 25 centimètres de cette extrémité. Il remplit ce tube de mercure et le plonge dans une cuve pleine de ce métal. L'équilibre barométrique s'établit aussitôt, et l'espace de 25 centimètres qui forme la chambre du baromètre est détachée du tube par une fusion à la lampe. Si l'on a eu soin d'introduire avant l'opération deux fils de platine , on se trouve avoir un tube fermé dans lequel existe toujours le vide le plus parfait que nous puissions avoir. Dans ce cas , la lumière électrique qui le traverse paraît blanche, et on peut l'arrêter quand c'est le pôle extérieur du circuit qui la fournit, à telle hauteur que l'on veut avec une bague métallique à travers laquelle passe le tube.

28° Soupapes électriques de M. Gaugain.

Expérience suffisamment expliquée page 70.

29° Illumination du tube électrique. (Gassiot. )

SIR L\ MACHINE UK HUHMKORFF.

30° Allongement de l'etincelle d'induction par l'interposition d'une dorure. (Th. DU MoNCEL. )

Interrompre à la main le courant inducteur, et appliquer les deux rhéophores sur la tranche dorée d'un livre, de manière à ce qu’ils soient autant que possible sur une ligne parallèle aux feuillets de ce livre ; on voit alors l’étincelle s’échanger entre les deux rhéophores à une distance qui peut atteindre jusqu’à 80 centimètres si la dorure est neuve. Il faut changer souvent de place les rhéophores, car l’étincelle volatilise la dorure, et celle-ci n’est plus dans les conditions de conductibilité suffisantes pour l’explosion.

On peut reproduire cette expérience d’une manière encore plus belle en faisant éclater l’étincelle sur les ornements dorés d’un livre ; mais il faut que ces ornements ne soient pas trop contournés ni trop larges. Dans ce cas ils paraissent dessinés dans l’obscurité par des traits de feu.

Ges expériences ne peuvent pas être reproduites avec les dorures qui couvrent les cadres, parce que le plâtre sur lequel elles sont appliquées a été rendu trop bon conducteur par sa déliquescence dans l’eau, et que cette propriété, comme nous l’avons déjà dit, se trouve conservée longtemps après que le liquide conducteur est évaporé ; mais on peut obtenir de belles et brillantes étincelles sur les dorures de ballons en caoutchouc qui servent de jouet aux enfants. Sur ces dorures l’étincelle est en zigzags, parce que le conducteur n’est pas homogène.

31° Déviations et zigzags de l'étincelle à travers les limailles métalliques , cuivre , zinc, acier. — Trois expériences.

( Th. dit Moncel. )

Pour que ces effets se montrent dans tout leur développement, il faut que les limailles ne soient pas trop fines, et

NOTICE

surtout qu'elles ne soient pas réunies en petits tas. En les tamisant à travers de la grosse mousseline et en n'en répandant qu’une très-légère couche , on peut obtenir des étincelles continues du plus bel effet. Il suffit pour cela d'appliquer à environ 10 centimètres l'un de l'autre sur la couche de limaille les deux rhéophores, de manière à exciter l’étincelle avec l'un des deux. Avec la limaille de laiton, les zigzags de l’étincelle paraissent verdâtres; avec la limaille de zinc , ces zigzags paraissent bleus ; enfin , avec la limaille d’acier, ces zigzags paraissent rouges en lançant sur tout leur parcours des étoiles de feu.

32° Attraction exercée par les courants d'induction sur la

limaille de laiton. — Répulsion exercée sur la poussière

de charbon . — Deux expériences . (Th. dü Moncel.)

Cette expérience est assez délicate. Il faut pour qu'elle réussisse, d’abord que la force du courant ne soit pas trop grande , en second lieu que la limaille ne soit ni trop grosse ni trop fine. — Il faut s'arranger de manière à ce que l’étincelle n'éclate pas à l'extrémité des rhéophores, ce que l'on obtient en enfonçant le rhéophore , avec lequel on expérimente , dans la limaille elle-même. En s’y prenant avec soin, et en soulevant légèrement ce rhéophore , on entraîne avec lui de petits chapelets de grains de limaille qui semblent distribués sur le tas comme les racines d'un arbre. Tant que l’étincelle n'éclate pas entre les grains de ces chapelets , la houppe qu'on soulève continue à s’allonger; mais aussitôt que l'étincelle part , tous ces chapelets retombent, et il faut recommencer l'expérience.

Avec le charbon le phénomène est précisément inverse; mais, pour qu’il soit bien manifeste, il faut que le charbon soit peu conducteur : il faut prendre, par exemple , du charbon de bois de chêne, que l'on a retiré incandescent du

foyer, et que l’on a pulvérisé étant encore rouge; il suffit alors de plonger dans cette poussière l’un des rhéophores et d’en approcher l’autre. On voit alors, sans qu’il y ait productiorr d’étincelles, les particules de charbon se déplacer comme si on employait un soufflet.

33° Fusées produites pur F étincelle au travers de la fleur de soufre. (Th. du Moncel.)

Quand on fait passer l’étincelle au milieu de la fleur de soufre, l’atmosphère lumineuse de cette étincelle semble éclater, pour lancer tout autour d’elle des espèces de fusées d’un beau bleu , tandis que le jet lumineux ne semble pas impressionné. Il faut, par exemple , pour que cet effet se produise, que l’étincelle soit un peu longue; car, quand elle est trop courte , le soufre fond et brûle immédiatement. Après que l’effet calorifique s’est manifesté , l.e soufre se trouve repoussé et la place au-dessous de l’étincelle est nettoyée.

34° Zigzags de l y étincelle produits par l' interposition d'une, légère couche d'eau sur une planche vernie. — Eclairs de différentes couleurs. — Éclairs en boule. — Attraction de F eau. — Trois expériences. (Th. DU Moncel.)

On trempe son doigt dans de l’eau naturelle ou acidulée , on le frotte ensuite sur une planche vernie jusqu’à ce que la couche d’eau soit bien divisée par le vernis , et on applique en deux points de cette couche d’eau , éloignés d’environ cinq centimètres, les deux rhéophores. Si les conditions de demi-conductibilité sont bonnes, l’étincelle éclate en décrivant des zigzags plus ou moins multipliés.

Il arrive souvent qu’au commencement de l’expérience on n’obtient pas l’effet voulu , mais il faut toujours continuer en cherchant les points de la couche d’eau les plus

favorables; au bout de quelques minutes la chaleur produite par le courant place elle-même le conducteur secondaire dans les conditions voulues. II faut, par exemple, faire attention à ce que la couche d’eau soit la plus mince possible et que le vernis de la planche ne la divise pas par flaques. Dans le premier moment les zigzags de Pétincelle paraissent violets; mais, à mesure que la couche d’eau s’évapore, ils deviennent plus blancs, quelquefois même bleuâtres. Quand une flaque d’eau se présente sur le trajet de l’étincelle , avec une solution de continuité, le trait de feu se termine par une boule rouge. Aussi, quand on veut obtenir des éclairs de ce genre qui, comme je l’ai dit dans mon mémoire sur les éclairs, représentent les éclairs en boule , il faut que la couche d’eau soit beaucoup plus épaisse et que le vernis de la planche la divise par flaques.

Les planches vernies sont préférables au verre dans ces expériences, par la raison que ce dernier ne divise pas assez ünement l’eau. Il faut môme que les planches ne soient pas trop bien vernies pour que l’expérience réussisse; il en est de môme quand on veut obtenir l’attraction de l’eau. Ainsi, si vous répandez une goutte d’eau sur du verre, de la porcelaine, ou môme une planche bien vernie, la force capillaire paralyse complètement la force électrique. Il faut, dans ce cas, employer du marbre; alors il suffit d’exciter l’étincelle de la part de la goutte d’eau pour que celle-ci suive le chemin qu’on veut lui faire parcourir.

35° Analyse du spectre de l'étincelle d'induction suivant les di fférents métaux : 1° à l'air libre ; 2° dans les différents gaz; 3° dans les liquides. — Nombre indéfini d'expériences. (Masson. )

Pour que ces expériences se montrent sous leur plus bel aspect , il est important de bien régler le goniomètre : et

nous allons donner à cet égard quelques renseignements qui pourront être fort utiles.

Le goniomètre de M. Babinet possède, comme on le sait , deux lunettes, l’une fixe, l’autre mobile sur un levier que l’on peut fixer au moyen d’une vis de pression. Pour adapter cet instrument à l’expérience de M. Masson, on commence d’abord par enlever l’étui mobile de la lunette fixe pour lui substituer un autre étui muni d’une fente trèsétroite, puis on fait glisser sur le corps de la'Iunette un disque noir disposé à cet effet, comme on le voit dans la tig. 40.

Quand cette opération est terminée, on prend le goniomètre et on tourne la lunette mobile, de manière à voir au travers les objets extérieurs; on recule ou on avance le premier étui jusqu’à ce que les fils croisés soient parfaitement distincts, puis on vise un objet placé à une très-grande distance, une tige de paratonnerre, un tuyau de cheminée, ou un clocher, par exemple ; on règle alors le second étui de la lunette jusqu’à ce que cet objet éloigné soit à son point, c’est-à-dire le* plus net possible. On retourne ensuite, sans la déranger, la lunette mobile, et on la place dans le prolongement de la lunette fixe pour viser la fente. Il faut , pour que l’appareil soit bien réglé, que cette fente paraisse très-nette, ce que l’on obtient en enfonçant ou en reculant plus ou moins l’étui qui la porte.

Quand le règlement de l’instrument est ainsi effectué, on fixe le prisme en flint sur le miroir mobile qui occupe U» centre du goniomètre avec de la cire molle. On s’arrange de manière que cette cire molle ne couvre pas entièrement le miroir, afin que l’une des arêtes du prisme puisse être vue par réflexion. Si cette arête, ainsi vue par réflexion . se trouve sur le prolongement de l’arête naturelle , le prisme est bien perpendiculaire au plan du cercle, et par conséquent se troftve dans de bonnes conditions pour l’effet

NOTICE

lumineux que l’on veut observer. On place alors le prisme, que nous supposons être équilatéral , de manière à ce qu’une de ses faces soit à peu près parallèle à la direction du pinceau de lumière ' passant par la fente. Ce pinceau de lumière tombe donc sous un angle de 30° sur l une des faces du prisme; c’est à peu près l’angle convenable pour obtenir le minimum de déviation; cependant, comme cet angle varie avec la nature du prisme, il importe de trouver par l’expérience cette déviation minimum. Pour cela, on considère d’abord le spectre à l’œil nu, en se plaçant dans la direction des rayons émergents. On tourne alors la glace sur laquelle est placé le prisme jusqu’à ce que le spectre tourne, c’est-à-dire jusqu’à ce que le spectre, au lieu de venir de gauche à droite, semble venir de droite à gauche; un peu avant cette transformation on se trouve avoir

atteint le minimum de déviation. Pour obtenir exactement

le point , on déplace la lunette mobile jusqu’à ce qu’on perçoive distinctement une des couleurs du spectre ; on tourne ensuite très-faiblement le prisme soit d’un côté, soit de l’autre, jusqu’à ce que cette couleur ne se déplace plus sensiblement pour un certain arc décrit , ce dont on peut s’assurer au moyen des fils de la lunette. Quand on est arrivé à ce point, l’appareil est dans les conditions convenables pour l’expérience. Alors on place devant la fente l’excitateur électrique, de manière à ce que l’étincelle éclate précisément à la hauteur du milieu de l’ouverture. On regarde ensuite par la lunette mobile, et on voit les différentes couleurs du spectre sillonnées par les raies brillantes dont nous avons parlé.

Dans les excitateurs construits par M. Kuhmkorflf, les deux boules terminales peuvent se dévisser; il ne s’agit doncque d’avoir des boules faites avec les différents métaux que

1, On peut, pour cotte expérience préparatoire, prendre, la lumière (l’une bougie.

l'on veut étudier et de les visser successivement aux extrémités des tiges de l’excitateur pour obtenir les spectres résultant de la fusion électrique de ces métaux. Pour régler cet excitateur, il suffit d'avancer à distance à peu près convenable la tige supérieure, en la faisant glisser dans son étui. Alors on règle au maximum la longueur de l'étincelle en élevant successivement la tige inférieure, au moyen d'une vis de rappel.

La tige supérieure de cet excitateur doit être en rapport avec le pôle extérieur du circuit induit et l'armure isolée du condensateur, tandis que la tige inférieure, qui n'est pas isolée, doit se trouver en rapport avec le pôle intérieur du circuit et l'armure non isolée du condensateur.

36° Phosphorescence du verre d y Urane. — Multiplicité de ses images. (Faraday.)

Suffisamment expliquée page 86.

37° Phosphorescence du sulfate de quinine. — Illumination par la lumière de Vétincelle dans le vide , de dessins faits avec cette substance et invisibles à la lumière du jour.

(Ed. Becquerel, Stores, Eisenhlor. )

Suffisamment expliquée page 87.

38° Réactions Æ induction des courants induits . — Deuxexpériences. (Th. dü Moncel. )

Suffisamment expliquées page 90.

39° Réactions réciproques nulles entre les courants d y induction. (Th. du Moncel, Despretz. )

Suffisamment expliquée page 90.

NOTICE

'*•0° Différence de tension entre les courants d'induction et l'électricité des machines. (Th. dü Moncel.)

Voir page 91.

41° Suppression de V étincelle à l' interrupteur de l'appareil lorsque le courant induit est fermé par un conducteur n'offrant pas une grande résistance. ( Th. du Moncel. )

Voir page 93.

42° Absence d'étincelles au moment de la fermeture du courant inducteur. — Bruit produit dans le fa de la bobine au moment de l'interruption.

Voir page 93.

fc3° Expériences démontrant que les courants induits de l'appareil de Ruhmkorff se propagent comme s'il n'y avait qu'un seul courant de produit. (Poggendorff , Th. nu Moncel.)

Voir page 93.

H° Décompositions photo-électriques produites par les courants d'induction. — Trois expériences. (Grove, Masson.)

Voir page 97.

Décompositions polaires des courants d' induction avec séparation des éléments combinés. (Quet, Masson. )

Voir page 98.

46 ° Oxydations polaires . — Formai ion d'anneaux colorés . — Six expériences. (Grove.)

Les expériences que nous venons d’indiquer sont loin de comprendre toutes celles que l’on peut faire avec l’appareil de M. Ruhmkorff, elles peuvent être variées à l’infini, et les chercheurs pourront facilement en découvrir de nouvelles, en répétant avec cet instrument toutes celles qu’on a faites avec l’électricité des machines. Us pourront, à cet effet, consulter avec avantage le mémoire de M. Perey sur l’électro-statique, publié dans X Annuaire météorologique de France , de 1849; le mémoire de M. Ducis, présenté à l’Académie des sciences dans la séance du 15 mars 1852; les traités d’électricité de MM. Becquerel, de Delarive; les Archives de V électricité , etc., etc.

Tout dernièrement M. Poggendorff a publié deux nouvelles séries d’expériences sur les réactions calorifiques de l’étincelle aux différents points de son parcours et sur les variations de la force électrique d’induction, suivant la manière dont sont pratiquées les interruptions -du courant inducteur. Nous avons déjà dit que M. Ryke avait étudié cette dernière question et avait reconnu que la force du courant induit augmentait quand l’interrupteur était placé entre les pôles d’un fort électro-aimant. M. Poggendorff prétend qu’on peut obtenir le même effet en plaçant l’interrupteur sous le récipient de la machine pneumatique dans lequel le vide a été pratiqué. Tl est bien difficile d’apprécier les causes qui peuvent agir sur ces phénomènes; mais je crois aussi que la constatation de ces variations d’intensité électrique est tellement délicate et dépend de tant de circonstances accidentelles, qu’il est bien difficile de les attribuer exclusivement à telle ou telle condition physique dans laquelle on s’est placé.

Nous dirons enfin, en terminant, que M. Ruhmkorff

Voir page 100

construit en ce moment, pour le gouvernement sarde, . des appareils de très-grandes dimensions. Il sera curieux de voir dans quel rapport et jusqu’à quelle limite peut croître la force inductrice, eu égard à la quantité de til enroulé.

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